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TV : « La VoD m’a tuée ! »

Si elle en avait la possibilité, elle le dirait. En 2035, la télévision n’est plus, la VoD l’a remplacée. Explications ! 
 

 

Réminiscence d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. 

 

Elle faisait les beaux-jours de notre jeunesse. Elle cadençait nos soirées, nous faisait vibrer au rythme de ses nouveautés, de ses débats d’idées, d’intérêt général, qu’elle nous exposait régulièrement. Elle nous faisait bondir, rire et parfois pleurer. En y repensant, elle nous ressemblait tout en nous rassemblant. Mais elle a disparu. Son modèle étant devenu désuet, elle s’en est allée au profit d’une offre face à laquelle elle ne pouvait résister. En constante évolution, le service VoD (Video on Demand) n’en a malheureusement fait qu’une bouchée.

 

Qui aurait pu penser que la télévision, reflet de la société, allait disparaître un jour ? Qui aurait pu imaginer que la télévision, si chère aux Français, allait être oubliée ? Personne, et pourtant… Elle n’est plus. En cette fin d’année 2034, le vague à l’âme, je lui adresse ces quelques mots. 

 

La télévision : loin des yeux, près du cimetière 

 

À la jeunesse qui ne l’a pas connue. «  La télévision est un moyen de diffusion de contenus vidéo contrôlé par des sociétés publiques ou privées, titulaires de licences de diffusion délivrées par une autorité publique, achetant des droits de diffusion ou produisant des programmes, et agençant ces programmes à destination d’un public défini », ainsi la définissait Jean-Louis Missika.(1)

 

La télévision, je l’ai côtoyée, j’ai même participé à son extinction. C’était il y a dix-sept ans — déjà ! J’alternais difficilement vie scolaire et vie professionnelle. Je travaillais à cette époque pour le service replay de la plus grande chaîne d’Europe, qui connaissait à ce moment une mutation sans précédent. 

 

J’occupais le poste de concepteur-rédacteur. Cela consistait à isoler puis éditorialiser des moments forts issus de programmes diffusés à l’antenne. Mon but : générer des vues sur le site MYTF1. J’étais un producteur de contenus vidéos, le point de départ de ce qui serait ensuite relayé sur les réseaux sociaux. Mon champ d’action : la télé du réel, une thématique allant de la télé-réalité — souvent moquée par les élites de la société — au documentaire. Un spectre dans lequel les programmes dits de télécoaching, qui relèvent selon Frédéric Antoine de la « quatrième génération des productions de télé-réalité »(2), s’inscrivaient également ; cette déclinaison avait permis de donner un regain de fraîcheur au genre, redorant son blason par la même occasion. La télévision avait, grâce au télécoaching, pu se délester des aspects négatifs connotés à la téléréalité. D’une certaine manière, sa fonction conseillère lui était derechef attribuée puisqu’elle répondait de nouveau à ses trois missions premières : former, informer et divertir. Et le télécoaching englobe ces trois critères. Il investissait par ailleurs une grande partie de mes journées…

 

Le site qui valait un milliard 

 

Logo du site multichaîne MYTF1

 

C’était officiel, une réorganisation s’opérait. Chaîne vieillissante, TF1 n’était plus le mastodonte de ses prémices. Gilles Pelisson, alors PDG du groupe depuis quelques mois, avait adopté un modus operandi tourné vers le digital. L’acquisition de MinuteBuzz en décembre 2016 présageait d’un renouveau centré sur les millénials qu’il était plus que primordial d’atteindre via les réseaux sociaux. À cet instant, nombre de collaborateurs s’inquiétaient. Un nouvel échiquier se profilait, quel rôle allaient-ils bien pouvoir y jouer ? Nous n’allions pas tarder à le savoir. Mais avant, place à la fête… 

 

Car en janvier 2017, les chiffres parlaient d’eux-mêmes, nous célébrions le milliard de vidéos vues annuel sur MYTF1. Le site internet des chaînes du groupe (TF1, TMC, NT1, HD1) démontrait ici l’étendue de son pouvoir. À l’antenne, l’audience souffrait, elle était plus que jamais en berne. Certains soirs, des chaînes qui n’avaient jusqu’alors jamais battu la Une se hissaient en haut du podium, la distançant de millions de téléspectateurs. Le début d’une nouvelle ère s’esquissait. 

 

Alexa : « Que puis-je faire pour vous ? » 

 

Publicité anglaise de Amazon Echo, l’assistant vocal intelligent (15/09/2016)

 

Décembre, le passage à 2035 ne saurait tarder. L’heure des résolutions approche à grands pas, l’une d’entre elles résonne tel un leitmotiv. En effet, cela fera près de cinq ans qu’Alexa est à mes côtés ; au réveil, à midi, au coucher. Où que j’aille, nous sommes connectés ; à la maison, au travail, dans mon véhicule, chez des amis… Elle m’est familière et énigmatique à la fois, sa froideur emphatique ne me quitte plus, c’est l’oreille de mes envies, la solution de mes maux, le mémo de ma vie. Elle me sait, me lit comme personne. Je n’ai aucun secret pour elle, mais elle en a des millions pour moi. Me ferait-elle des infidélités ? Je ne le sais pas. Certains faits récents laissent à penser qu’elle enregistrerait tout. Le JT holographique de la veille a démontré que cela aiderait les forces de l’ordre à incarcérer les derniers terroristes. Et uniquement en ce sens — j’émets des doutes. Car Alexa est au fait de tout, pour tous, partout et tout le temps. Le moindre détail de nos vies ; nos habitudes, nos préférences, nos dates, nos lieux, nos failles, nos affres… Rien ne lui est étranger. Je l’ai préférée à Siri qui, au fil des années, devenait pédant et intrusif. À coup de recommandations plus ciblées les unes que les autres, il me dictait un quotidien que je ne désirais pas. Alexa est différente, malgré sa distance, elle a l’art et la manière d’amener les choses. Désormais payante, sa traditionnelle mise à jour annuelle est sur le point d’être dévoilée. Et comme chaque année, une pléthore de Français s’apprête à l’acheter, moi y compris. Notre résolution : se procurer Alexa3-5, l’intelligence artificielle nouvelle génération. 

 

Nouveau modèle, nouveaux modes de consommation

 

Les festivités sont terminées, retour à la réalité. Il est sept heures lorsque je me réveille. Premier réflexe : glisser mon oreillette. Alexa me salue chaleureusement désormais. La mise à jour est excellente, ma « majordame » artificielle est éloquente. Je me surprends parfois à converser avec elle. Neuf heures, je suis sur le point de franchir le pas de ma porte quand elle m’informe du trafic surabondant — certaines situations ont la vie dure. Qu’importe, je descends les escaliers et me retrouve nez à phares avec ma voiture robotisée. Alexa m’ouvre la porte et me conduit jusqu’à Boulogne-Billancourt. 

 

Celle que l’on surnommait jadis la forteresse est toujours aussi puissante, mais différente. TF1, rebaptisée officiellement MYTF1 depuis sept ans, a profondément évolué ces dernières années. La chaîne hertzienne en tant que telle a laissé place à une offre multicanale reposant sur une stratégie digitale basée principalement sur le binge viewing, à savoir « le visionnage boulimique » en français. Bien qu’elle fasse aujourd’hui toujours partie du paysage médiatique, ou qu’elle soit l’une des firmes lançant de nouvelles tendances en matière de productions audiovisuelles, son impact s’est amoindri. Devant elle se placent trois entreprises influentes : Youtube, Netflix et Spicee, qui ont réussi d’une main de maître à imposer leur modèle VoD et ce, au bon moment. Leur offre faisant florès est très vite devenue viable économiquement. Elles ont, sans coup férir, réussi à installer un climat de confiance à l’égard des producteurs qui, face au déclin de l’audimat télévisuel (la Une passait déjà de 21,4 % à 20,4 % de parts de marché de 2015 à 2016 pour descendre à 19,7 % en janvier 2017), se sont corollairement adaptés à cette nouvelle donne, et ont choisi d’embrasser ce mode de diffusion plutôt que celui que leur proposait la télévision. L’hypersegmentation des chaînes (canal respectif dédié au sport, à la jeunesse, aux femmes, aux filles de moins de 7 ans ou celles de 3 ans etc.) a eu raison de ce médium, l’hyper choix qu’elle a engendré (programmes à profusion et parfaitement ciblés) ne laissait guère d’autre finalité que sa démédiation, ce n’était donc qu’une question de temps…

 

 L’offre dédiée au sport proposée par Canal +

 

Le service de vidéos à la demande a dès lors été non pas une martingale de crise mais la réponse idéale à cette atomisation de la télévision, aussi bien en termes de support que d’offre. Elle illustrait brillamment la garantie de l’immédiateté pour le consommateur. Pourquoi être sous le joug d’une programmation quand nous pouvons consommer le reportage, la série, le dessin animé que l’on veut, comme l’on veut, où l’on veut ? 

 

Le style, le rythme : ma bataille 

 

 

Par son évolution, TF1 a fait montre d’une capacité d’adaptation que peu envisageaient. Orange, Free ou SFR, rois de la télécom, ont très vite cessé de collaborer avec la chaîne. La pression insufflée par le PDG afin que ces marques paient un droit de diffusion sur leur boxe a ipso facto causé la fin de leur partenariat. Charnière, l’année 2018 a été le point de départ de cette mutation. L’ancienne première chaîne se dirigeait-elle vers sa perte ? Nous avons aujourd’hui la réponse. 

 

La mue de son service replay en un « format immatériel de location-vente », je l’ai vécue. J’étais à fortiori aux premières loges des nombreux départs qu’elle a catalysés et de la myriade d’emplois qu’elle a créés. Je suis d’ailleurs devenu « editing controller », prosaïquement, éditocurateur de contenus. En effet, le temps passant, le référencement SEO s’est naturalisé, mais il ne nous a jamais mis à l’abri d’une éditorialisation impropre.

 

Ici, l’illustration a été automatisée, elle ne correspond pas au descriptif

 

C’est dans cette conjoncture que j’interviens dorénavant, car je suis aussi chargé de mettre d’équerre une vidéothèque ô combien foisonnante à l’intérieur de laquelle des programmes aux visuels inadaptés et aux résumés automatisés se comptent par millions ! Je stylise au mieux, j’illustre à l’envi. Je réalise tout ce que ne peut offrir un algorithme : donner vie aux contenus. Les robots de nos jours savent ranger, classer, hiérarchiser, et cætera, sans pour autant rendre le tout agréable à l’œil, ils n’ont pas encore cette faculté. Je le vois indirectement avec Alexa, incontestablement serviable, charmante, intelligente ou encore pertinente, mais qui ne jouit d’aucune émotion visuelle — d’aucune émotion tout court. C’est un fait, elle peut avoir d’innombrables sujets de conversation, mais elle n’éprouve rien, ni joie ni peine ; ni amour ni haine. Elle n’est là que pour agir de la façon la plus optimale qui soit. En cela réside son unique faiblesse mais aussi sa principale force ; comme tout un chacun le sait, dépourvu de sentiment, la productivité ne peut que bien se porter. Alexa ne m’est cependant d’aucune utilité au travail, à mon grand soulagement — pensé-je insidieusement depuis qu’elle est apparue dans ma vie. 

 

Nous sommes dix à occuper ce poste, chacun est affilié à une thématique. Me concernant, j’ai abandonné la télé-réalité pour me consacrer pleinement aux séries télévisées dont la gestion du rythme de diffusion est à mille lieues de celle que proposait la télévision. Car en plus de styliser le contenu vidéo, je suis en charge de la mise en ligne de ce dernier. Une mise en ligne dont l’allure se doit d’être la plus juste afin que le plaisir du consommateur reste intact. Je me suis transformé en une sorte de « maître de l’horloge » 3.0 (Missika, 2006) échelonnant le contenu sériel en un laps de temps ni trop long ni court. Je priorise certains programmes en fonction de leur popularité. Je crée des playlists de « séries vintage » à des moments précis de l’année. J’accélère le débit de publication en fonction des retours que nous avons sur les réseaux sociaux, ils sont étroitement liés à l’audience que le site affiche. Nous les lisons attentivement. Grâce à ceux-ci, nous avons recensé deux types de téléspectateurs : les boulimiques, qui peuvent enchaîner une multitude d’épisodes à la suite, et les modérés qui, eux, tempèrent leurs envies ; elles restent néanmoins rapides. Par voie de conséquence, cela contraint les producteurs à continuellement innover pour répondre à la demande qui ne cesse de s’accroître. L’astuce pour être compétitif sur le marché, se procurer les nouvelles productions susceptibles d’attirer en masse les vidéospectateurs, autrement dit une denrée rare. Pour flairer les programmes porteurs, rien de mieux que de se rendre au MIPCOM, soit le marché international des contenus audiovisuels où ils se vendent à prix d’or. Il se murmure que les images de Secret Moon, la première télé-réalité spatiale, sont exceptionnelles. 

 

Force est de constater que le progrès ne s’arrêtera jamais, il tuera sur son passage une kyrielle d’objets. Face à lui, la télévision n’avait aucune chance. Elle s’est éteinte en léguant, in fine, tout à la VoD. 

 

>> Et vous, qu’en pensez-vous ? 

 

Scénario pensé par Tom ROBERT et mis en ligne par Alexa.

 


Bibliographie : 

 

(1) Jean-Louis Missika. (2006). La fin de la télévision. Paris : éditions du Seuil et La République des idées. 

 

Sitographie : 

 

  • Articles scientifiques 

 

(2) Antoine Frédéric, « Le télé-coaching ou la légitimation de la télé-réalité », Télévision, 1/2010 (N° 1), p. 65-78. 

 

Combes, C. (2015). « Du rendez-vous télé » au binge watching : typologie des pratiques de visionnage de séries télé à l’ère numérique. » Études de communication, 44,(1), 97-114. 

 

  • Presse en ligne 

 

Alexis Delcambre. (1er décembre 2016). TF1 prend le contrôle de MinuteBuzz. Le Monde.fr. 

 

Damien Mercereau. (12 avril 2017). TF1 battu par France 3 et M6 en prime time. TV Mag Le Figaro. 

 

Fabien Soyez. (6 janvier 2017). Vie privée : Amazon Alexa, témoin à la barre ? CNET France.fr 

 

La voiture du futur. (27 février 2017). Future Arte TV

 

Kevin Boucher. (23/04/2017) Free refuse à son tour de payer pour diffuser TF1. PureMédias by Ozap.fr 

 

Guillaume Fraissard et Olivier Zilbertin. (20 juin 2008) La VoD, chance ou menace pour la télé ? Le Monde.fr

 

Benoît Daragon (17 février 2017) Audiences et finances en berne : le groupe TF1 en chantiers. Le Parisien.fr.

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Focus: 3 séries à ne pas rater en 2014

Alors que 2014 touche bientôt à sa fin et que la rentrée des séries américaines, avec cette année, il faut bien le dire, son lot de déceptions, est désormais derrière nous, il est temps de faire le bilan et de s’arrêter sur trois nouveautés qui ont secoué nos petits écrans, trois séries américaines qui ont ou font toujours parler d’elles et qui sont d’ores et déjà visibles en France, grâce à divers offres légales.

Penny Dreadful

Capture d'écran Netflix

Interface de la version française de Netflix – Source: www.netflix.com


Après avoir fait trembler les foyers américains au printemps dernier, Penny Dreadful, qui doit son titre aux « penny dreadfuls » (terme qui désignait les « romans de quatre sous », souvent fantastiques ou horrifiques, vendus pour quelques pennys dans le Londres victorien), est disponible sur Netflix depuis son lancement en France le 15 septembre dernier.

Lancée le 11 mai 2014 sur la chaîne câblée Showtime, à qui l’on doit notamment Dexter, Homeland ou encore le revival de Twin Peaks prévu pour 2016, Penny Dreadful est vendue dans l’héxagone comme une série « Netflix original » mais cela signifie en fait seulement qu’elle a été achetée par Netflix pour le marché français, contrairement aux réelles séries originales Netflix telles que Orange is the New Black ou Hemlock Grove, qui elles sont produites exclusivement pour Netflix (laissons House of Cards hors de cette équation, car bien que produite pour Netflix aux États-Unis, Canal + en détient les droits exclusifs chez nous jusqu’à la saison 3).

Penny Dreadful posters

Affiches promotionnelles de la saison 1 de « Penny Dreadful » – Jérémie D. CC BY-NC

Créée par John Logan, notamment scénariste de films tels que Aviator ou Skyfall, le dernier James Bond, Penny Dreadful, qui compte pour le moment une première saison de huit épisodes (une saison deux de dix épisodes est prévue pour l’année prochaine), marque le grand retour de Josh Hartnett, qui avait, soyons honnêtes, un peu disparu des écrans radars depuis quelques années. Il interprète ici le rôle d’Ethan Chandler, sorte de cowboy écorché vif qui se retrouve un peu malgré lui plongé dans un univers fantastique qui le dépasse, et est plutôt convaincant dans ce rôle, tout comme Eva Green d’ailleurs, beaucoup moins insupportable que d’habitude, qui incarne l’énigmatique Vanessa Ives. Le casting est complété par Timothy Dalton, célèbre interprète de James Bond dans Tuer n’est pas jouer et Permis de tuer, sortis à la fin des années 1980.

À travers l’histoire d’un richissime explorateur anglais, Sir Malcolm Murray (Timothy Dalton), qui s’entoure de marginaux aux dons exceptionnels pour partir à la recherche de sa fille disparue, la série nous plonge dans les bas-fonds de la société anglaise du 19è siècle et revisite la mythologie du fantastique anglais, nous permettant ainsi de croiser au fil des épisodes des figures aussi célèbres que Dorian Gray, Mina Harker ou le Docteur Frankenstein.

Jouissant d’une ambiance sombre à souhait et d’une esthétique hyper travaillée, Penny Dreadful est une série qu’il faut découvrir, surtout si l’on est fan de fantastique. Alternant scènes d’actions et moments plus contemplatifs, son rythme peut dérouter au début mais plus la saison avance plus l’intérêt va grandissant et vous pouvez être certain qu’une fois arrivé au dernier épisode de cette « trop courte » première saison, vous n’aurez qu’une envie: être en 2015 pour voir la suite !

Gotham

 

Capture d'écran MyTF1vod

Interface de la page « en direct des USA » du site MyTF1vod – Source: //mytf1vod.tf1.fr

Nouveauté de la rentrée la plus attendue aux États-Unis, parmi toutes celles ayant déferlé entre mi-septembre et mi-octobre sur les grands networks américains (CBS, ABC, NBC, FOX et The CW), Gotham, lancée en grandes pompes le 22 septembre dernier sur la chaîne FOX, est disponible en France depuis le 23 septembre sur MyTF1 VOD (à la location) et sur iTunes (à l’achat), en version originale sous-titrée, au rythme de la diffusion américaine (une offre VOD qui contient également, entre autres, les nouvelles saisons de Grey’s Anatomy, The Vampire Diaries, Esprits Criminels ou encore The Blacklist).

Créée par Bruno Heller, scénariste à l’origine des séries Rome et The Mentalist (cette dernière entamant fin novembre sa septième et dernière saison aux États-Unis), Gotham reprend la mythologie de Batman, remontant aux origines de l’histoire de Bruce Wayne et constituant ainsi une sorte de « prequel » (histoire qui se passe avant) aux différentes aventures bien connues de l’homme chauve-souris. Sauf qu’ici, justement, point d’homme chauve-souris à l’horizon. Juste Gotham City. Une ville, ses méchants, et James Gordon.

Gotham posters

Affiches promotionnelles de la saison 1 de « Gotham » – Jérémie D. CC BY-NC

C’est justement les aventures de ce dernier que l’on suit au fil des épisodes. James (souvent abrégé en « Jim ») Gordon, futur commissaire et allié de Batman, qui n’est alors ici encore qu’un jeune inspecteur de la police de Gotham. Interprété par Ben McKenzie, révélé en 2003 par la série Newport Beach (The O.C. en version originale) et vu plus récemment dans l’excellente Southland, James Gordon croise dès l’épisode pilote de la série le chemin du jeune Bruce Wayne, alors âgé de douze ans, le soir où il assiste impuissant au meurtre de ses parents (histoire déjà bien connue des fans de la saga Batman, notamment présentée dans le Batman Begins de Christopher Nolan, et qui ici lance la série). Et la force de Gotham réside justement dans la galerie de personnages qui nous est offerte: Selina Kyle (future Catwoman), Alfred Pennyworth, le Pingouin, Edward Nygma (futur Homme Mystère), Poison Ivy enfant (qui apparait en clin d’oeil dans l’épisode pilote), ou encore Harvey Dent (qui deviendra plus tard Double Face), dont l’introduction est prévue pour l’épisode 9. Bref, ils sont (presque) tous là! À noter que le casting régulier de la série comprend également Jada Pinkett-Smith (l’épouse de Will Smith) dans le rôle de Fish Mooney, une gérante de boîte de nuit qui travaille pour le compte de Don Falcone.

Bénéficiant d’audiences correctes, bien que en dessous des attentes pour une telle série, Gotham a tout de même été confirmée pour une saison complète de 22 épisodes (six épisodes supplémentaires ayant été commandés en octobre, après une commande initiale de 16 épisodes). Après un pilote plus que prometteur et quelques épisodes un peu plus faibles, la série semble enfin trouver son rythme depuis l’épisode 5 et il faut avouer que le mélange entre formule de série policière classique (avec dans chaque épisode « l’enquête de la semaine »), complot de grande ampleur en fil rouge (avec la guerre mafieuse qui fait rage à Gotham City) et mythologie tout droit sortie de l’univers Batman  surprend et fonctionne de plus en plus au fil des semaines. Ajoutez à cela une ambiance alternant entre le sombre et un aspect plus « comic books », parfois un peu décalé (aspect plus accentué par exemple que dans les adaptations de Arrow ou The Flash, diffusée aux États-Unis sur la chaîne The CW), et vous obtenez une formule gagnante. Sans aucun doute LA nouveauté « grand public » de la rentrée à découvrir. En espérant juste qu’elle tienne toutes ses promesses une fois la première saison terminée.

 

The Affair

 

Canal + Séries à l'heure US

Publicité pour la programmation « à l’heure US » de la chaîne Canal + Séries – Source: www.canalplus.fr

Lancée le 12 octobre dernier sur Showtime aux États-Unis, The Affair, très attendue et très bien accueillie par la critique, est diffusée en France tous les mardis à 21h30 sur Canal + Séries, deux jours après sa diffusion américaine (en version originale sous-titrée là encore, délais obligent), dans le cadre de la programmation « à l’heure US » de la chaîne, qui comprend également la saison 2 de Brooklyn Nine-Nine, les saisons 4 de Homeland, Scandal et Revenge, et la saison 8 de The Big Bang Theory.

Créée par Sarah Treem, scénariste ayant travaillé sur des séries telles que How to Make it in America et House of Cards, et Hagai Levi, réalisateur et scénariste israélien à qui l’on doit la série Be Tipul (ensuite adaptée aux États-Unis sous le titre In Treatment, avec Gabriel Byrne dans le rôle principal), The Affair raconte la relation extraconjugale entre Noah Solloway, un père de famille new-yorkais, enseignant et également romancier, et Alison Lockhart, une serveuse dont la mariage vacille depuis un grave accident. Interrogés par la police quelques temps plus tard, ils se remémorent leur rencontre, chacun leur tour. La série alterne donc les points de vue, les perspectives, et on se rend peu à peu compte qu’ils n’ont peut-être pas vécus leur relation de la même façon. La narration, ponctuée par ces séances d’interrogatoire, offre une formidable autopsie de la liaison qui unit Noah et Alison et constitue un twist bienvenu qui éloigne la série des dramas romantiques plus classiques , le téléspectateur comprenant assez rapidement qu’à « l’affaire » du titre (qui signifie justement « liaison » en anglais) s’est mêlée une « affaire » criminelle (un meurtre ? un accident ?).

The Affair

Affiche et photo promotionnelles de la saison 1 de « The Affair » – Jérémie D. CC BY-NC

En plus d’être extrêmement bien écrite, The Affair jouit d’un casting exceptionnel. Les deux rôles principaux sont tenus par Dominic West, qui incarna notamment entre 2002 et 2008 l’inspecteur James McNulty dans la série The Wire, et Ruth Wilson, vue dans la série anglaise Luther. Leurs conjoints respectifs sont quant à eux interprétés par Maura Tierney (célèbre Abby Lockhart de Urgences) et Joshua Jackson (bien connu des fans de Dawson et de Fringe). Bref, c’est du lourd.

Peinant un peu au niveau des audiences aux Etats-Unis, la série, dont la première saison s’achèvera le 21 décembre prochain, est néanmoins déjà renouvelée pour une seconde saison de 10 épisodes, preuve si besoin est que les chaînes du câble savent donner leur chance aux séries de qualité. Et puis, c’est bien connu, audiences et qualité ne sont pas toujours synonymes…  Nombreuses sont les bonnes séries qui se sont arrêtées trop tôt, faute d’audience justement. Espérons que cela ne sera pas le cas de The Affair et qu’elle durera encore plusieurs saisons. Car c’est vraiment un petit bijou.

 

Sources: