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Le futur community manager

L’arrivée du digital a révolutionné le paysage informationnel et communicationnel dès sa naissance.

Le développement du digital et de ses nouveaux usages réforme en profondeur la manière de communiquer. La communication évolue dans toutes ses dimensions, que ce soit dans son contenu, sa forme, son auteur ou encore dans son support. Il faut sans cesse s’adapter aux nouvelles pratiques.

La communication est conversationnelle. La communication n’est plus à sens unique, la digitalisation de celle-ci donne lieu à l’interactivité. En quelques années seulement, les réseaux sociaux ont transformé la manière de communiquer, ils sont devenus une norme. L’instantanéité est devenue le maître mot de la communication. Une nouvelle peut aujourd’hui faire le tour du monde en quelques secondes. Les réseaux sociaux diffusent une information que les différents médias peuvent ensuite reprendre rapidement. Ils sont ainsi considérés comme de véritables médias. Les hommes sont sans cesse connectés, et reçoivent l’information de n’importe où. La communication se fait en temps réel et le communicant doit s’adapter à ce fonctionnement. Aujourd’hui, le monde devient transparent, on connaît tout, sur tout le monde, que ce soit sur le plan professionnel que personnel. Avec le partage instantané de l’information et les nouveaux moyens de communication, l’entreprise ne peut plus rien cacher. L’e-réputation d’une structure est donc façonnée par les réseaux sociaux, au travers de l’image qu’elle y renvoi. Ses moindre faits et gestes sont divulgués aux clients, qui réagissent à travers les différents réseaux sociaux. La communication à l’ère du digital devient collective. Tout le monde peut désormais contribuer à la création de contenu. L’accès, ainsi que l’émission de l’information se sont démocratisés.

Le support de communication change avec le digital, puisqu’il dématérialise celle-ci. Les avancées technologiques façonnent la communication mais aussi ses différents canaux. Les avancées technologiques façonnent donc le futur des réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux aujourd’hui, font ceux de demain

Les réseaux sociaux ont une place très important aujourd’hui. Ils ont tous des finalités diverses. Ils sont notamment très prisés chez les jeunes pour suivre l’actualité. Moyens d’accès à l’information, Facebook et Twitter sont plus que de simples relais d’informations. Facebook reste le réseau social préféré des français, et pour les applications de messagerie Facebook messenger est la plus utilisée avec 40% d’utilisateurs mensuels devant Skype (23%) et Whatsapp (22%) selon une étude d’Harris Interactive, entreprise d’études marketing et de sondages d’opinion. Les technologies façonnent le futur des réseaux sociaux. Cependant, le comportement des utilisateurs intervient aussi dans l’évolution de ceux-ci. L’usage des réseaux est dépendant des relations entre humains, mais aussi de leur rapport à la confidentialité des données. On peut ainsi imaginer qu’un jour, les réseaux sociaux prendront le pas sur tout le reste. La présence d’une personne sur les réseaux sociaux sera vitale. Elle ne pourra exister que grâce aux réseaux sociaux. Une personne pourra gérer ses différentes « personas » automatiquement sur les multiples réseaux sociaux, et les technologies telles que SIRI pourraient poster du contenu à sa place, sans que l’utilisateur n’ait à se connecter, en fonction de ses habitudes. Les appareils pourront poster du contenu en permanence. Nous vivrons dans une société hyper communicante.

En 2017, cela n’existe pas encore, mais il faut avoir conscience que d’ici 2032, tout aura changé. De nouvelles interfaces apparaîtront, personnalisées et prédictive en fonction de chaque utilisateur, la réalité augmentée sera notre quotidien, le nombre de capteurs de données sensorielles aura explosé, et la sécurité des données sera une vraie question de société.

Facebook, le premier réseau social ayant connu un succès planétaire, est né il y 12 ans, le 4 février 2004. Aujourd’hui, il est possible de tout savoir sur votre entourage en tout temps, grâce à Twitter, Instagram et tous les autres réseaux sociaux. Il est également possible de donner votre avis sur plus ou moins n’importe quel sujet. Il ne suffit que d’avoir un écran de pc, tablette, smartphone. On partage aujourd’hui principalement du texte et des photos, mais petit à petit, la vidéo et le live prennent de plus en plus de place dans notre quotidien. Sur les réseaux sociaux, il est possible maintenant d’interagir directement, et les relations entre chacun, grâce aux vidéos, se rapprochent de plus en plus de la réalité. Il y a un effet de proximité physique, qui rend les échanges plus vraisemblables. La vidéo prend donc une place de plus en plus d’importance, dans le sens où elle rend les échanges entre utilisateurs plus réels. La réalité virtuelle devient plus réelle. Le Live vidéo de Facebook, par exemple, fait partie de ces réseaux sociaux qui rendent l’expérience encore plus intense. Le monde des réseaux sociaux va aller encore plus loin dans les années à venir. Il va faire disparaitre certains réseaux, mais en faire naître de nouveaux également. La réalité augmentée, l’intelligence artificielle et les drones feront bientôt partie de notre quotidien. Les réseaux sociaux, considérés comme de véritables médias, deviendront encore plus importants dans notre vie qu’ils ne le sont déjà.

La réalité augmentée change la vie

La réalité augmentée commence déjà à s’immiscer dans notre vie quotidienne. Invizimals, Nearest Tube Augmented Reality App ou encore My Ikea existent déjà. Les réseaux sociaux, évoluant au rythme des nouvelles technologies, utiliseront certainement cette réalité augmentée en 2032. On pourra ainsi pointer son téléphone sur une personne que l’on croise, et obtenir une abondance d’informations, grâces à des algorithmes collecteurs d’informations et exerçant une veille constante sur tous les réseaux sociaux du monde. Il sera possible de créer des liens avec des gens qui auront les mêmes goûts, les mêmes sujets de conversation, les mêmes centres d’intérêt. Grâce à cette technologie, n’importe qui pourra avoir accès aux commentaires, qu’ils soient négatifs ou positifs, sur n’importe quelle personne, n’importe quelle entreprise, n’importe quelle marque. La réalité augmentée fera aussi apparaître l’hologramme. Les utilisateurs pourront ainsi voir leurs amis, collaborateurs, supérieurs comme s’ils y étaient.

L’évolution des médias sociaux donnent lieu à de nombreuses transformations, notamment dans les métiers de la communication

Le digital a impacté de plein fouet les métiers de la communication. Avec de nouveaux professionnels au sein des services de Communication. On peut ainsi évoquer le métier de community manager.

Opérationnel, tactique, réactif, le community manager a vite trouvé sa place dans les entreprises, sous la houlette du directeur de la communication ou du directeur marketing. Prenant en charge les aspects pratiques d’une communication parfois encore mal connue de son supérieur. Le community manager déniche les nouveaux consommateurs, les nouveaux comportements d’achat. Il a une nouvelle approche de l’information. Il mesure les risques et les opportunités pour les marques. Il analyse l’écosystème social, ses outils et les usages mobiles ou sédentaires des utilisateurs. Il gère la communication digitale de l’entreprise, et construit un plan d’actions opérationnel en alimentant la page Facebook, le compte Twitter, la chaîne Youtube, le blog ou Tumblr de l’entreprise, et décide quel média social est le plus judicieux pour l’entreprise. Le community manager doit connaître les différents types d’influenceurs et de concurrents et savoir les identifier, comme il doit identifier les différentes communautés digitales. Il doit jongler avec les mots et mesurer la teneur de chaque propos sur le web, tout en analysant le flux d’information. L’e-réputation est devenue majeure pour l’entreprise. Le community manager effectue un travail de veille, d’audit et de surveillance de cette e-réputation. Il doit gérer les crises sur internet, en mesurer les conséquences, et les anticiper celles à venir. Le community manager doit tout connaître d’internet et des internautes, ainsi que tous les outils à sa disposition pour maîtriser la vie digitale de l’entreprise. Un métier encore plus jeune que le community manager est en train de se faire une place dans notre société évoluant au gré des médias sociaux, celui de social media strategist.

Le social media strategist prend de la hauteur

Le social media strategist prend de la hauteur sur la fonction de community manager, en occupant clairement le poste décisionnaire, par la définition d’une stratégie d’influence sur les médias sociaux. Le community manager reste lui dans l’opérationnel, avec un profil plutôt junior. Le Social media manager a un ou plusieurs Community managers sous ses ordres. Les agences de communication ont elles aussi, recours à ces stratèges du web social pour conseiller leurs comptes de clientèle. Les postes de social media strategist sont encore peu répandus en France, le métier de community manager étant plus connu. Pour autant, son rôle et ses enjeux deviennent plus stratégiques à l’heure où la concurrence est rude et le marché de plus en plus international. Mais le social media strategist n’est peut-être seulement qu’un métier de passage. Les choses évoluant très vite dans le domaine de la communication, un nouveau métier remplacera complètement le social media strategist. La fonction de ce dernier est centrée sur les médias sociaux, cela est essentiel de nos jours, mais pas complet. Le métier de digital manager qui est moins spécifique, moins limité du fait de sa dénomination qui ne le restreint pas qu’aux médias sociaux, et ses compétences élargies au domaine du digital dans son ensemble, est le futur du social media strategist. Les médias sociaux sont devenus une politique majeure de la communication on-line d’une entreprise, mais ce n’est plus la seule. Le web devenant de plus en plus « social », englobe une notion primordiale : la mobilité. Les tablettes et smartphones deviendront le principal relais du digital. Le digital manager ne se limitera plus seulement aux réseaux sociaux, car le social media posera de nouveaux enjeux pour l’entreprise, et la fonction de digital manager sera un mélange de communication, de marketing, de commercial et de relation-client. Les frontières ne sont plus totalement hermétiques et définies, elles deviennent de plus en plus floues, et la tendance se renforcera d’autant plus en 2032. Le digital manager sera un métier fort de la communication, mais le community manager interne et le curateur seront aussi des métiers forts. Les réseaux sociaux sont de plus en plus considérés comme des outils de communication interne par une multitude d’entreprises, ce qui rend le community manager indispensable pour maîtriser cet outil, animer et faire vivre les communautés corporate. Il sera sous les ordres du digital manager.

Les métiers de la communication vont se transformer en 2032, avec de nouvelles compétences à avoir et de nouvelles technologies apparaîtront, qu’il faudra prendre en compte dans l’exercice de leur fonction. Les médias sociaux sont aujourd’hui un outil primordial dans le fonctionnement des entreprises, mais en 2032, ils le seront encore plus. Les nouvelles technologies greffées à ses réseaux sociaux, ou plutôt les réseaux sociaux qui utiliseront la réalité virtuelle et toutes ses nouvelles fonctionnalités, façonneront la communication d’une entreprise. Le digital manager, par conséquent, va devoir être encore plus proactif pour exister, mais aussi se démarquer, face à la grandissante concurrence dans le domaine de la communication. Il devra savoir utiliser toutes les nouvelles technologies à la perfection, et devra en trouver les points forts et les points faibles avant les autres pour exercer son métier.

 

Bibliographie

Webographie

www.gameblog.fr/news/20291-realite-augmentee-sur-3ds-nos-impressions

www.france24.com/fr/20140125-community-manager-m%C3%A9tier-plein-essor

www.monunivers3d.com/guide/consequence/

www.ladn.eu/news-business/les-rendez-vous-a-ne-pas-manquer/que-seront-les-reseaux-sociaux-en-2025/

www.studyrama.com/formations/fiches-metiers/publicite-marketing/social-media-strategist-92553

www.journalducm.com/2015/10/22/fabien-goupilleau-etre-community-manager-gaming-7499/

www.e-marketing.fr/Thematique/general-1080/Breves/Que-fait-un-digital-marketing-manager-Reponse-avec-les-fiches-metier-256136.htm

www.unow.fr/le-coin-des-experts/digital-et-innovation/comprendre-digital-enjeux-opportunites-entreprise

Articles

Galibert, O. (2014). ‪Approche communicationnelle et organisationnelle des enjeux du Community Management‪. Communication & Organisation, 46,(2), 265-278. http://www.cairn.info/revue-communication-et-organisation-2014-2-page-265.htm.

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L’intelligence artificielle transforme le métier de journaliste en 2032

L’intelligence artificielle, un moyen de faciliter le travail

Crédit photo : Mohanraj Durairaj / Flickr – Le New York Times a eu recours à des robots rédacteurs durant la campagne présidentielle des États-Unis.

Nous sommes déjà au mois de juillet 2032 et la cérémonie des Jeux-Olympiques de Los Angeles vient d’avoir lieu. Cela fait maintenant près d’un an que j’ai rejoint le média sportif L’Équipe en tant que journaliste. Notre métier a été quelque peu bouleversé. En effet, la presse papier n’existe plus depuis plusieurs années déjà. Vu que les consommateurs ont désormais le moyen d’aller chercher l’information sur Internet, ils ne prennent plus la peine d’aller acheter le journal. Cela complique grandement notre tâche. Aujourd’hui, toutes les personnes peuvent écrire un article ou un billet, sur leur blog ou sur leur site amateur. On se doit donc de proposer des analyses plus poussées pour se différencier d’eux et mériter notre salaire. La disparition de la presse papier a obligé les médias sportifs à se renouveler et proposer du contenu innovant à ses abonnés. Sur le site de L’Équipe, la plupart des articles ne sont visibles que pour les abonnés. Pour les non-abonnés, les dix premières lignes sont affichées avant de devoir s’abonner pour lire la suite. Un modèle qui existe depuis plusieurs années déjà et qui réussi bien au média sportif. En effet, ces articles sont réalisés par des journalistes reconnus dans le milieu et qui peuvent offrir des contenus de qualité. Malgré tout, pour ne pas obliger ses fans à payer, le média sportif laisse la gratuité des brèves. Pour celles-ci, les rédacteurs n’ont même plus besoin de les réaliser. Désormais, des intelligences artificielles prennent le soin de s’en occuper. De ce fait, à chaque instant de la journée, le site reste alimenté. En plus de cela, ces robots s’occupent de mettre à jour les divers classements et résultats. Une tâche qui était souvent jugée ingrate par les rédacteurs. Cette innovation est une très bonne chose pour nous, car nous pouvons désormais pleinement nous concentrer sur la qualité de nos articles. Comme l’affirme Kris Hammond : « Notre but est juste de fournir aux journalistes des outils qui les débarrasseront des tâches les plus répétitives et les moins intéressantes. Ils dégageront ainsi du temps pour accomplir leurs missions nobles : reportages de terrain, investigations, analyses. » 1
En plus d’avoir engagé des intelligences artificielles pour alimenter en permanence le site et accroître sa communauté, L’Équipe reste très actif sur les réseaux sociaux. Celui-ci a d’ailleurs parfaitement réussi à utiliser les nouvelles fonctionnalités de Facebook. Ce réseau social, qui est toujours le plus utilisé dans l’Hexagone et partout en Europe, met à disposition un grand nombre de systèmes de notifications personnalisables. Il offre ainsi des outils de communication variés et indispensables à la popularité du média. Cependant, ces outils exigent aussi de donner envie aux internautes de cliquer sur nos articles. Pour la moindre petite information, on doit réussir à la transformer en véritable buzz. On est pleinement entré dans une ère du sensationnalisme. Plus il y a de visites, plus il y a d’annonceurs importants et plus cela génère des revenus. Nos salaires sont d’ailleurs définis par cela : des primes nous sont attribuées en fonction de la popularité de nos articles.

La réalité augmentée permet de consommer l’information différemment

Le patron du média sportif s’est toujours dit qu’il fallait se démarquer des concurrents pour pouvoir percer dans le milieu du sport. Un milieu qui s’est énormément transformé en une dizaine d’années. Depuis les Jeux-Olympiques 2024 de Paris, de nombreux investisseurs ont racheté les plus grands clubs sportifs français. Mais c’est surtout autour du E-Sport que notre métier a considérablement changé. Intégré pour la première fois aux J-O de Tokyo en 2020, les compétitions de jeux vidéos ont tout de suite plu aux spectateurs. Paris avait pris le risque de l’intégrer dans son édition et cela avait très bien fonctionné. Depuis cette période-là, L’Équipe a décidé de consacrer autant de rubriques au E-Sport qu’au football ! Un changement majeur, car le foot restait le sport numéro un en France. Étant arrivé à un moment où le milieu du football était bouché, j’ai préféré me spécialiser dans le E-Sport et j’ai finalement pu intégrer L’Équipe.
Le fait de ne traiter que d’un seul sport m’a permis d’approfondir mes connaissances dans ce domaine et ainsi de mieux répondre aux attentes des lecteurs. A ce sujet, les internautes ont la possibilité de nous partager une liste de sujets qu’ils souhaitent voir traités. Chaque semaine, l’ensemble des rédacteurs se réunissent et se répartissent les thèmes à traiter parmi les plus populaires aux yeux des lecteurs. Le fait de ne plus avoir à réaliser les brèves nous permet de nous concentrer pleinement sur ces projets. Bien sûr à côté de ceux-ci, nous pouvons nous consacrer aux dossiers qui nous intéressent et que l’on pense pertinent de publier. Par exemple, je profite de mon voyage à Los Angeles pour finaliser un portrait sur un jeune E-Sportif qui voit sa notoriété accroître depuis quelques mois. Il est vrai qu’on peut rapidement se perdre dans les nombreux projets que l’on a en cours, mais L’Équipe a trouvé un moyen de nous aider. En accédant au portail intranet du site web, des intelligences artificielles nous rappellent les tâches que l’on doit réaliser. En plus de cela, nous donne un maximum d’informations sur nos thèmes. Par exemple, pour le portrait que je dois traiter, “ces robots” m’ont donné accès à plusieurs informations personnelles du jeune homme. Je peux retrouver la photo, le numéro de téléphone ou encore les différents articles traités sur lui. Une base de donnée considérable qui permet de se lancer pleinement dans la rédaction. Toutes ces informations proviennent des archives du média sportif, mais aussi d’un travail des gestionnaires qui mettent à jour régulièrement toutes ces données. Tout un contexte qui permet actuellement à L’Équipe d’être le pilier dans son domaine.

Crédit photo : CNEWS Matin – Microsoft a imaginé des personnes regardant le Superbowl en réalité augmentée.

D’ailleurs, le média sportif a tenté un coup pour ces Jeux-Olympiques. Il a offert la possibilité à ses abonnés d’acquérir un casque de réalité virtuelle à moindre coût. Ce casque est assez incroyable, car il permet à l’utilisateur d’être placé dans la tribune et de pouvoir sentir au mieux l’ambiance de l’événement. Ce qui est encore plus intéressant pour l’utilisateur concerne le traitement de l’information. Dès qu’un article, en rapport avec le sport que l’utilisateur regarde, voit le jour, il est notifié à travers la réalité augmentée. En choisissant de cliquer dessus, l’information se déroule devant ses yeux, sur un fond transparent pour pouvoir continuer à suivre la rencontre dans le même temps. Bien sûr, s’il ne souhaite pas être dérangé durant l’événement, il peut très bien désactiver ce système. Après l’avoir essayé durant un plus petit événement, j’ai été bluffé. On se sent au cœur de l’ambiance et cette sensation est complètement différente de le regarder devant sa télévision. Cette innovation ne vient de voir le jour qu’il y a quelques mois et de ce fait, il n’y aura qu’un accès pour le Stade et la Piscine Olympique. Ce qui est déjà très pratique, car la plupart des épreuves très attendues se déroulent dans ces deux lieux. Après avoir rapidement rappelé le contexte qui entoure le média sportif pour lequel je travaille, il est temps pour moi de me remettre au travail.

Les lives donnent de l’importance aux internautes

Hier, j’ai pu vivre la cérémonie d’ouverture des J-O sans avoir à travailler, mais pour cette première journée d’épreuve, je vais devoir me mettre à rédiger. Je profite du long trajet qui sépare l’hôtel de la salle E-Sport Olympique pour préparer l’ébauche de mon premier article. Muni de mes écouteurs avec micro, je parle à haute voix et mon portable retranscrit mes propos. Cela fait des années maintenant que je me sers principalement de mon téléphone pour la rédaction de mes papiers. Si je garde toujours mon ordinateur sur moi, celui-ci sert exclusivement à rechercher des informations et à la publication finale des articles. Même si désormais la fonctionnalité pour accéder au tableau de bord d’un site est plus pratique sur Smartphone, je suis resté de la « vieille école » et je préfère le faire de mon PC. Après quelques minutes, je suis enfin arrivé dans la salle. Si du monde est présent pour l’événement, le E-Sport ne fait pas encore l’unanimité aux États-Unis. Cela tombe bien, car mes supérieurs m’ont proposé de réaliser un papier d’ambiance sur cette première journée de compétition. Je m’installe tranquillement en fin de salle pour observer l’atmosphère. Ne plus avoir à retranscrire les résultats me réjouit d’avance, car il y a énormément de rencontres en même temps. Dès la fin des premières parties, je me dirige vers plusieurs spectateurs pour leur demander leur ressenti. Portable à la main, mon application retranscrit les propos des diverses personnes interrogées. Les avis sont très partagés et cela est très intéressant, car je vais avoir de quoi dire dans mon article. Je me dirige donc vers un open-space dédié à tous les journalistes. Je dois avoir publié l’article pour 14h, alors il ne faut pas que je traîne. Plusieurs endroits comme cela sont situés autour des grands lieux. Ces salles permettent aux rédacteurs d’être plus tranquilles. Après avoir montré ma carte de presse, je peux rentrer dans le bâtiment. En plus d’offrir plusieurs moyens de restauration, la salle est équipe de la WIFI. En quelques minutes, je termine mon article grâce aux interviews retranscrites sur mon téléphone. Dès la fin de celui-ci, je peux me connecter sur mon PC pour le publier sur le site web. Arrivé sur mon tableau de bord, je met l’article dans ma zone de texte et je choisis les titres pour les réseaux sociaux. Après avoir choisi l’image et un titre aguicheur, je peux publier l’article. Avant la publication officielle sur le site web, les intelligences artificielles vont pouvoir de nouveau travailler. A ce moment-là, pendant quelques minutes « ces robots » corrigent et reformulent certaines phrases pour rendre le contenu plus propre. Toutes les fautes d’orthographe sont corrigées et les phrases peu compréhensibles sont modifiées. Dès la fin de cette vérification, le module me montre les modifications et quand je les valide, l’article prend vie sur le site. En quelques secondes, je reçois la notification que mon article a bien été publié. Une bonne chose de réalisée. Je profite d’une petite pause pour analyser mes statistiques de la semaine précédente. Une application, ressemblant à Google Analytics, nous permet de voir le trafic généré à partir de notre article. Un moyen de savoir si on a été performant durant cette période.

Crédit photo : RFI / Manon Mella – Des journalistes retransmettent un live depuis le réseau social Facebook.

Cet après-midi, j’ai été choisi pour effectuer un live sur les réseaux sociaux, avec un deuxième journaliste de L’Équipe. Depuis quelques années déjà, le média sportif a choisi de mettre ses internautes au cœur de l’actualité sportive. Tous les jours, il donne la possibilité aux lecteurs de voter pour les sujets à traiter dans la journée, et cela laisse quelques heures aux journalistes pour les préparer et en discuter avec eux. Ce rendez-vous quotidien nous rappelle que notre de métier de journaliste sportif n’a pas totalement disparu, car on réalise une tâche diverse que celle du rédacteur web. On peut discuter et argumenter autour de notre passion pour faire valoir nos idées. Après avoir pris connaissance des sujets à traiter, nous prenons un maximum d’informations avec mon collègue. Dès que cette collecte est terminée, nous démarrons le live dans un local que le comité olympique nous a prêté. Le live se lance et nous sommes mis en avant sur le site internet et rapidement partagés sur les réseaux sociaux. Au bout de quelques secondes, plusieurs centaines de personnes sont en train de poser leur question. Une intelligence artificielle arrive à mettre en exergue les questions les plus pertinentes, grâce à un système d’identification des principaux mots-clés en corrélation avec les sujets, et cela nous permet de débattre. Après près d’une heure de live, celui-ci se termine et marque la fin de ma première journée olympique. Le temps de rentrer à l’hôtel, je profite de la localisation pour m’informer sur l’actualité de la Californie. Une première journée qui me rappelle pourquoi j’ai toujours rêvé devenir journaliste sportif.

Le Monde, mars 2010.

SOURCES :

Bibliographie :

  • ANTHEAUME Alice. 2016.Chapitre 7 – Les robots de l’information. Le journalisme numérique, Deuxième édition. 208 pages.
  • CHARON Jean-Marie. 2010. De la presse imprimée à la presse numérique. Réseaux, Volume 160-161. 344 pages. doi : 10.3917/res.160.0255.
  • GREINER Dominique. 2010. La presse écrite face au défi du numérique. Transversalités, Volume 116. 185 pages. doi : 10.3917/trans.116.0079.
  • MOROZOV Evgeny. 2012. Un robot m’a volé mon Pulitzer. Le Monde Diplomatique, Volume 702. 28 pages.
  • NEVEU Erik. 2013. Sociologie du journalisme. Repères. 128 pages.
  • SCHERER Eric. 2011. A-t-on encore besoin des journalistes ? Manifeste pour un « journalisme augmenté ». Presses Universitaires de France. 189 pages.
  • SINCLAIR Anne. 2013. Mort de la presse écrite, survie du journalisme. Le Débat, Volume 176. 192 pages. doi : 10.3917/deba.176.0101.

Webographie :