Rachat d’une entreprise par un géant mondial : est-ce le bon choix ?

Un verre, une amitié, une collaboration, une bande dessinée, me voici lancée avec mes deux acolytes dans une aventure pleine de rebondissements. Qui pouvait deviner que notre métier allait évoluer de cette façon ? 

12 juillet 2015 – Une rencontre allait modifier ma vie professionnelle future. 20h30, dans un café stand-up appelé « Le Paname Art Café », je rencontre Mayada et Maissa, deux jeunes filles accompagnées d’un ami que l’on a en commun. Je découvre alors que ces deux jeunes femmes sont dessinatrices et illustratrices sur les réseaux sociaux, notamment sur instagram. « Desperate Bledardes » est leur alias. Autour de trois verres de coca-cola, notre amitié débute. « Donne-moi ton compte Facebook et ton numéro, on reste en contact ! ».

Dès cet instant, nous savions déjà que nous allions devenir inséparables.

Mayada - Marina - Maissa / dessin réalisé par Mayada Gargouri le 26 janvier 2017

Mayada – Marina – Maissa / dessin réalisé par Mayada Gargouri le 26 janvier 2017

2 mars 2018 – Les pages Instagram et Facebook de « Desperate Bledardes » comptent déjà plus de 840 000 fans, mais nous souhaitons aller beaucoup plus loin que ça. Mayada et Maissa furent approchées par de nombreuses boîtes de productions audiovisuelles pour lancer leur bande dessinée à l’écran après avoir reçu un véritable succès en librairie lors de la publication de leur premier volet en septembre 2017. Cette BD, nous l’avions réalisée toutes les trois. C’est grâce à cela que notre collaboration vit le jour.  Maissa était la scénariste, Mayada la dessinatrice et graphiste, et je m’occupais du marketing et de la communication. Malgré un record de ventes en librairie, nous savions pertinemment que l’avenir du livre était en perdition. En effet, les éditeurs de livres commencaient à connaître une forte concurrence face à des éditeurs spécialisés dans le livre numérique. Ce déclin pouvait être expliqué par le coût élevé du papier à cause de la chute de ses tirages. Si nous souhaitions continuer à publier de nouveaux volets, il fallait alors se diriger vers la lecture numérique.

France 3 parle de Desperate Bledardes - 2017

France 3 parle de Desperate Bledardes – 2017

12 juillet 2020 – Cinq ans déjà. Cinq ans d’amitié. Deux ans de collaboration. Deux ans de succès sur internet. Date clé de la création de notre entreprise. Nous lançons officiellement notre première édition d’une BD en ligne. Cette BD n’a rien d’ordinaire. Nous l’appelons d’ailleurs WBD. Web-bande-dessinée. C’est la première WBD mettant en avant un grand nombre d’influenceurs. À l’ère du digital, il est important de savoir que ces influenceurs possèdent des milliers voire des millions de followers sur les réseaux sociaux. Ils sont en grande partie source d’achats et de décisions. Leurs recommandations et critiques sur Instagram, YouTube ou Facebook se répandent rapidement autour d’eux par le bouche-à-oreille. Ils sont devenus depuis plus d’une dizaine d’années des personnes clés dans une stratégie digitale. Les mettre en avant dans une bande dessinée en ligne, c’était un choix très important pour nous. « Ça passe ou ça casse. ».

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L’intelligence artificielle au service du journalisme en 2035

Depuis des années, les médias font face à de nouveaux défis. Du web 2.0 à la réalité augmentée en passant par la robotique, toutes les professions sont concernées par ces évolutions et le journalisme n’y a pas échappé. Aujourd’hui les professionnels de l’information doivent s’adapter à cette nouvelle intelligence artificielle et numérique. Qu’en est-il du métier de journaliste ?

La réalité virtuelle : Un nouveau média à part entière

Déjà en 2017, plusieurs chaînes d’information se sont essayé à un tout nouveau modèle de journalisme, « Le journalisme immersif ». La pionnière : Nonny de la Peña, ancienne directrice générale d’Emblematic Group (anciennement, Virtual Pyedog) et chercheur à l’École Annenberg pour la communication et le journalisme à l’Université de Californie du Sud. (source wikipedia, mettre un lien). En 2015, elle a expérimenté cette nouvelle forme immersive de journalisme, dont l’objectif était de permettre au spectateur de prendre place au sein de l’actualité, de l’histoire. Son projet le plus connu reste « Project Syria ». Cette expérience immersion est diffusée pour la première fois en janvier 2014 et propose au spectateur une immersion inédite dans une ville syrienne dévastée par la guerre, les bombardements et le combats. Réalisée par l’agence Smart, cette vidéo plonge le regard du spectateur à 360°, se mettant à la place du journaliste syrien qui déambule dans les rues d’une ville dévastée par les bombardements et les combats entre l’armée de Bachar Al-Assad et les milices islamistes.

ARTE 360, le Parisien 360, tous se sont ensuite essayés au documentaire immersif 360°. En 2035, toutes les rédactions disposent sans exception de la réalité virtuelle. La première a avoir pris en compte la réalité virtuelle comme véritable média était la célèbre chaîne américaine d’information en continu, CNN. Elle avait développé le journalisme immersif et avait proposé des reportages en 360°. Une unité entièrement dédiée à la réalité virtuelle avait vu le jour, ce qui donna les premiers reportages du journalisme immersif. À l’époque, couvrir certaines actualités via des vidéos immersives était une petite révolution. Ce nouveau mode de journalisme permettait de plonger le spectateur au cœur de l’action et cela représente une nouvelle façon de raconter l’histoire. C’est en quelque sorte une expérience une expérience sublimée du terrain.

De son côté, la chaîne ABC News a plongé les spectateurs au cœur d’une parade militaire de Corée du Nord dans le cadre du projet « Inside North Korea». Diffusé pour la première fois le 10 décembre, ce documentaire a été réalisé en partenariat avec la société de réalité virtuelle Jaunt, et distribué via l’application du même nom. Alors que l’utilisateur est assis confortablement sur son canapé, celui-ci a la véritable sensation d’être en plein coeur d’une manifestation du 70ème anniversaire du Parti du travail de Corée, au beau milieu de la place Kim II-sung.  

 

Inside North Korea VR | ABC News #360Video

Considéré en 2016 comme une simple gadget visuel, la Réalité virtuelle fait partie intégrante des nouveaux médias. Interactivité, personnalisation, mobilité, immersion, la réalité virtuelle répond au besoin d’une époque en pleine mutation. La réalité virtuelle est le seul média qui place l’utilisateur au centre, lui donnant ainsi la possibilité de contrôler, diriger son champ de vision, choisissant ce qu’il veut regarder.

Dans le monde de la réalité virtuelle, le potentiel de l’empathie est accentué. L’actualité est vécue par le spectateur ce qui provoque de l’émotion, de l’empathie comme aucun autre média. Les sujets réalisés en 360° sont très puissants en sensation, car ils permettent une immersion totale du spectateur, il propose un effet une présence intense. L’impression de vivre un événement réel, car le spectateur n’est pas séparé par un écran ou une télé.

Dans les années 2000, les téléspectateurs étaient déjà confrontés à ce type de « journalisme sensationnel ». Les chaînes d’information en continu, en quête d’audimat, étaient dans une course au scoop, entrainant ainsi la publication d’informations dont les sources n’étaient pas toujours fiables et vérifiées. De plus, la recherche du sensationnel était omniprésente. Pour capter l’attention des téléspectateurs, les médias ont très vite fait appel au sensationnel et aux images chocs. Mais, ce journalisme d’immersion repose sur l’idée qu’avec plus d’empathie, nous sommes capables de mieux comprendre l’information. Or, faire ressentir l’émotion n’a pas pour finalité de faire comprendre le monde. [LE1] Le journaliste doit l’expliquer, le distancer et mettre l’information dans le contexte. C’est pour cette raison, que le journaliste a développé une toute nouvelle façon de raconter l’information sans pour autant la dénaturer.

Si nous remontons 20 ans en arrière, de nombreux médias, surtout les médias français, étaient affolés de voir la réalité virtuelle s’approprier l’univers journalistique. Or, notre monde a évolué, et nous devons nous adapter aux changements. Il a été très difficile pour les journalistes de s’adapter aux changements, et d’intégrer une nouvelle sémantique, un nouveau langage.

L’essor des algorithmes…

 

Crédit: Josh Jarman

 

Le 20 septembre 2035, un article rédigé par un algorithme programmé en collaboration avec un journaliste a remporté le prix Pulitzer dans la catégorie Journalisme. C’est une première pour la profession. Tant redoutés en 2014, les « robots-journalistes » ont inlassablement évolué et ont perfectionné leur niveau.

Conçu à l’initiale pour filtrer de grandes quantités de données brutes afin de les convertir en récit personnalisé dans un style d’écriture assez limité, leur mission ont véritablement évolué. Aujourd’hui, les robots-journalistes sont capables de recueillir des informations, faire des captures d’écran sur internet et poster eux-mêmes leur propre article en ligne. Leurs articles ont même la mention « article écrit par un robot ou une intelligence artificielle » au bas de page.

Bien qu’aujourd’hui, les agences de presse du monde entier diffusent des milliers d’articles conçus par des algorithmes, le métier de journaliste n’est pas mort pour autant. Alors que les missions des algorithmes ont clairement évolué, ces dernières restent tout de même limitées. Les journalistes ont réussi à conserver une part de leur métier. Car en effet, quand bien même la robotique[LE1]  a grandement évolué ces dernières années, le robot se trouve toujours dans l’incapacité de se déplacer sur le terrain, dans l’incapacité d’accorder des interviews, et n’acquiert pas la notion de neutralité, fer de lance du métier de journaliste.

Toutes ces évolutions ont contribué à intégrer au sein des écoles de journalisme des sections informatiques afin d’apprendre aux élèves à coder. Mais cela ne démontre en aucun cas que le métier de journaliste est meurtri. Une réelle collaboration entre les mondes informatiques et la presse s’est développé ces dernières années. Exemple : le site Owni.fr se présente comme un média d’enquête, de reportage et de data-journalism, dédié aux cultures numériques ainsi qu’aux nouveaux enjeux de société. Cette évolution n’a donc pas exterminé le métier de journaliste, comme on pouvait si bien l’affirmer 15 ans auparavant, dans la mesure où il existe une véritable forme de collaboration entre les robots et les journalistes. Ces derniers auront ainsi la possibilité de se pencher un peu plus sur des sujets de fond, et traiter l’actualité à la manière d’un documentaire.

…au service du slow-journalisme

 

 

Comme son nom l’indique, le « slow journalisme » prend le temps d’informer. Grâce à l’avènement des robots-journalistes, le concept du slow journalisme, qui avait vu le jour dans les années 2000 est plus que d’actualité en 2035. Très tendance dans les années 2000, ce discours « slow » a peu à peu envahi de nouveau les médias, se traduisant par des modes de production en opposition à l’immédiateté et à l’instantanéité qui caractérisaient nos sociétés en 2015. Alors que les robots-journalistes ont pris le pas sur la construction de brèves, le commentaire de compétition sportive, ils laissent du temps aux journalistes de traiter des sujets de fonds sous forme de web-documentaire.

Une nouvelle manière de raconter l’information

 

 

À l’image du documentaire « Prison Valley, l’industrie de la prison », le web-documentaire est de nouveau d’actualité au sein des rédactions désireuses de traiter des sujets de fonds, laissant les « journalistes-robots » traiter l’actualité en direct. Un tout nouveau journalisme narratif s’est développé allant à contre-courant de ce que prédisaient les spécialistes de l’époque, prônant un journalisme instantané.

Bibliographie

Articles en ligne

 

  • ROCHE Sophie, (3 Mars 2017), « Le journalisme : vers une intelligence artificielle ? », arte.fr, Repéré à
    http://future.arte.tv/fr/le-journalisme-vers-une-intelligence-artificielle

 

 

 

 

  • GIZARD Dakota, (11 juin 2016), « Journalisme 360° : une réalité (virtuelle) bientôt inévitable », horizonsmediatiques.fr, Repéré à
    https://horizonsmediatiques.fr/2016/06/journalisme-360-une-realite-virtuelle-bientot-inevitable/

 

 

 

Revues

 

 

 

 

 

Le nouveau-né Facebook

Le compte à rebours affiche désormais une heure. Les panneaux lumineux du métro tournent en boucle depuis plusieurs jours sur celui-ci. Tout le monde en parle, les journaux, la radio, la télévision mais l’effervescence est à son comble sur la toile et surtout sur les réseaux sociaux.

Il laissa échappé un soupir en pensant à la longue journée qui l’attendait. Sa montre affichait déjà des appels manqués, des mails en attentes et une dizaine de notifications sur le réseau social de l’entreprise.

Arrivé à sa station, il se dirigea rapidement vers la sortie avant de prendre la direction des bureaux de son entreprise. En entrant au siège de la banque, il pris la direction, non pas du service digital mais de celui de la communication client.

La communication sur les réseaux sociaux et plus précisément le community management, est devenu un point crucial dans la relation client et surtout dans le marketing. Plusieurs années auparavant, au commencement des réseaux sociaux, les entreprises ont eu du mal à s’approprier ces nouveaux canaux de communication. Et pourtant, elles ont très vite compris l’enjeu que représentait les réseaux sociaux, au vu de l’engouement des internautes pour ces outils.

En près de 10 ans Facebook à pu réunir 1 milliards d’inscrit. Si au début, les internautes aimaient un peu tout et n’importe quoi, ils ont vite commencé à se détacher des marques qui les sollicitaient de toute part sur internet. Envahit par la publicité dans leur espace personnel, les réseaux sociaux représentant pour eux une sorte de journal intime, les marques ont du redoubler d’effort pour toucher leur client et augmenter leur visibilité.

Et pour cela, elles ont commencé à cibler leur publicité. Un ciblage rendu possible par le nombres de données collectées sur la toile. Données de géolocalisation, intérêts, sujet de discussion, autant de points sur lesquels s’appuient les entreprises pour personnaliser le message le plus finement possible, dans un contexte où le client assommé de publicité, rejette de plus en plus violemment les publicités ne lui correspondant pas.

La visibilité étant importante pour les marques, Facebook a donc décidé le 15 janvier 2013 de rendre cela payant.  Alors qu’avant, un message touchait plus de 50% de sa communauté Facebook, désormais à peine 3% de celle-ci est atteinte par ce même message. Il a donc fallu aux marques investir de l’argent. Ainsi les publicités sponsorisées sont nées sur les réseaux sociaux et le prix à payer n’a cessé d’augmenter en même temps que les marques prenaient conscience de l’importance de leur présence sur la toile. Et aujourd’hui que nous réserve le géant Facebook ?

Il sortit de ses pensées en entrant dans l’open space. Ils étaient tous là, prêts pour le lancement. Marie s’approcha de lui en toute hâte, le salua avant de lui lancer : « Ça y est tout le monde est en place, Eric. Plus que 30 minutes ». Il la remercia et s’installa devant son propre ordinateur. Les équipes étaient effectivement prêtes. La modération sur les réseaux sociaux avait déjà commencée, et pour ceux ayant terminé, on voyait apparaître sur leur écran le compte à rebours dont les secondes défilaient. Le « bébé Facebook » comme certains aimaient l’appeler, allait bientôt être lancé.

Le géant bleu, avait annoncé un an auparavant sa volonté de créer un nouveau réseau social, laissant le suspense planer sur les nouvelles fonctionnalités de celui-ci. Les avis avaient été très mitigés à cette annonce. Certains ne voyant pas très bien qu’elle pourrait être ce nouveau réseau social, d’autres impatients de savoir ce qu’on nous réservait, si bien sur le plan personnel que professionnel. Mais la campagne de communication lancée par Facebook avait eu raison de tous les doutes. Spots publicitaires, affiches, et les nombreux messages sur leur réseau social avaient fini par emballer les médias et la population mondiale sans compter ce fameux compte à rebours qui ajoutait au suspense.

Les théories étaient nombreuses et Eric, bien qu’il ne se soit très peu laissé embarqué dans les discussions spéculatrices, avait sa propre idée. Facebook avait effectivement énormément innové ces dernières années. Entre les vidéos de profil, les smileys omis présent qui ont surpassé le classique « J’aime » en quelques mois et les innovations en termes de partages d’images, les chaines YouTube intégrées directement dans le profil des utilisateurs, tout cela montre d’une part, la volonté de Facebook de se diversifier mais aussi de fidéliser sa communauté de plus en plus tentée d’aller voir ailleurs.

Les internautes ne se focalisent plus sur un seul et même réseau mais investissent toutes les plateformes possibles. Il est désormais rare de rencontrer une personne qui n’a qu’un seul profil sur la toile. Les réseaux sociaux se sont multipliés en quelques années. Des communautés ce sont dessinées autour de thème et de centres d’intérêts tel que la cuisine, le sport, la mode ou encore l’actualité, un thème sur le quel Twitter est devenu une référence. Désormais les internautes peuvent choisir leur réseau social en fonction de ce qu’ils aiment, échanger avec une communauté d’expert ou encore découvrir un univers. Si avant nous avions des réseaux sociaux destinés à un public large ou a des professionnels, désormais ils sont autant ciblés que les publicités .

Les différents profils et réseaux, représentent une difficultés pour les entreprises qui doivent s’adapter à ces différents supports qui utilisent des format de médias de plus en plus variés. Comme les vidéos, les images animés, les sons, ou ces manières d’interagir par hashtag, smileys, micro messages etc.

Mais cette diversité des profils et des réseaux sociaux, est aussi une aubaine pour les marques et ça, Eric l’a tout de suite compris. 20 ans dans le métier et jamais autant d’informations sur des consommateurs ont pu être récupérées ces 10 dernières années.

Les centres d’intérêt des internautes sont mis au grand jour, et les marques en profitent. Elles passent des accords entre elles pour récupérer de la data. Vous vous connectez avec votre compte Facebook sur Amazon ? Alors ne vous étonnez plus si après votre achat, un éditeur vient vous proposer sur votre réseau social ses nouveautés ou même si votre banque qui à enregistré votre carte de paiement comme lui appartenant vous propose ses nouvelles offres. Mais le plus effrayant pour Eric, est bien sur les données que nous récupérons au delà du virtuel. Montre connectée, maison connectée, lunettes connectées et même vêtement connecté, des données de santé ou de les habitudes chez soi sont collectées. Les données récupérées ne sont plus virtuelles mais bien physiques.

Et au vu des dernières actions financières de Facebook, cette tendance n’est pas prête de faiblir. Le géant a racheté ces dernières années de nombreux réseaux sociaux, Whatsapp, Instagram, plus récemment Snapchat, YouTube, sans parler de la multitude des petits réseaux sociaux qui ont été aspirés par le géant bleu.

Il ne restait désormais plus que 5 minutes. Autour de lui, tout le monde était fixé sur le compte à rebours. Dès le lancement de la plateforme les équipes devaient investir le réseau et découvrir les nouvelles fonctionnalités et réfléchir à comment au nom de la marque ils pourront se l’approprier. Bien sûr aucune annonce de Facebook n’avait laissé entendre que les entreprises pourrait investir le réseau social. Peut-être celui ci serait il destiné uniquement aux internautes pour une utilisation personnel ? Mais il en doutait fort. Pourquoi sinon développer des canaux  plus adaptés à la publicité ? De plus, au vu de l’argent investit par les marques dans la communication digitale, qui était devenue l’un des budgets les plus important pour la plupart des grands noms, il était quasiment certain que Facebook ne se couperait pas de ces revenus.

« Ça y est c’est parti » lança son voisin de bureau. effectivement le compte à rebours avait disparu de son écran laissant place à un mot de bienvenue. Le tutoriel commença. Des la dernière phrase lu, le message fracassé. Laissant place à un véritable mini-système solaire. Dès lors que ses yeux passaient sur l’une ou l’autre des planètes celles-ci affichaient des détails. C’était incroyable. Eric venait de comprendre, il ne s’agissait pas en réalité du « Bébé Facebook » mais d’un réseau social beaucoup plus gros.

Sur une seule et même plateforme les internautes peuvent connecter leurs différents réseaux sociaux. Chaque planète représentant un de ces réseaux. Ils ont ainsi la possibilité de glisser rapidement entre ces différentes plateformes. Plus besoin de télécharger plusieurs applications. Une seule suffit. Cela facilite grandement les échanges et les interactions. Une sorte de mur est aussi disponible mais qui cette fois laisse apparaître toutes les publications sur les réseaux sociaux connectés à la plateforme. Les notifications sont elles aussi regroupées. On peut même personnaliser son fil d’actualité en ne faisant apparaître qu’un seul profil ou plusieurs selon nos envies juste en cliquant sur le logo du réseau social.

Mais l’une des nouveautés est la possibilité de s’accrocher à des tendances grâce à des mots clés, sans être obligé de s’abonner à un compte pour voir les actualités sur un thème donné. Tout comme sur Twitter il suffit de taper quelques mots clés pour voir les messages, et même garder ces tendances pour en faire un fil d’actualités permanent. Cet outil est depuis longtemps utilisé par les marques pour leur veille de réputation ou concurrentielle.

Facebook a donc décidé de donner le pouvoir aux utilisateurs de choisir les messages qu’ils veulent recevoir. Un point non négligeable pour les marques qui vont certainement pouvoir utiliser ces données pour cibler d’avantage leurs clients. De même que de voir les réseaux sociaux qu’il connecteront et ainsi connaitre leur gout, leur centre d’intérêt et les messages auxquels ils sont sensibles selon leurs profils et leurs discussions.

Cette plate-forme semble une aubaine dans le regroupement de données, reste plus qu’a savoir comment Facebook va laisser les marques les utiliser et le prix à payer pour y accéder.

Outre le coté marketing, il est clair que le travail des équipes de community manager d’Eric va être grandement facilité. Chacune de celles-ci sont réparties selon les réseaux sociaux. Instagram par exemple, est sujet à modération de la part de l’équipe « Photo » comme il l’appel familièrement. Bien que les images soient utilisées sur d’autres plateformes, sur ces réseaux sociaux elles en sont les formats principaux. Les publications partagées les ne sont pas publicitaires comme sur Facebook, mais développé l’image de l’entreprise via les événements qu’elle organise ou au salon, conférence auxquels elle participe. D’autres équipes s’occupent de sujets plus spécifiques comme les partenariats avec le football et la cuisine qui investissent plusieurs réseaux sociaux dont ceux d’experts dans le sujet. En temps que banque, les activités de celle-ci se sont développée autour de sujet divers et variés afin de se donner de la visibilité sur des sujets sur lesquels on ne l’attend pas.

Chaque équipes est donc organisée sur des sujets différents, interagissant bien sûr en elles pour harmoniser les publications et promouvoir les actions sur les différentes plateformes. Ce point va donc être grandement facilité par la nouvelle plateforme de Facebook, ou l’on peut facilement accéder aux différents réseaux.

Il est désormais clair pour Eric que les réseaux sociaux ne sont pas mort et sont intarissable en terme de renouvellement et d’innovation. En tant que responsable social média, son métier n’a de cesse d’évoluer en fonction des réseaux sociaux  et  des demandes et des attentes des consommateurs, toujours plus exigeants.

Tout le monde était encore en  ébullition et continuait de découvrir de nouvelles fonctionnalités. Il décida finalement de lâcher son ordinateur et d’aller se chercher un café. Arrivé à la machine, il lui présenta sa montre, qui avait valeur de badge d’identification. A peine avait-elle lu les données qu’elle commençait déjà à lui servir son café. Il le prit et lâcha finalement un juron. Un café allongé, non sucré. Il avait beau râler, il le savait, quand il était de mauvaise humeur c’est toujours ce qu’il prenait et même s’il en avait envie, il jeta la boisson en lançant un lointain « Foutu machine ».

 

Bibliographie :

HOSSLER Mélanie, MURAT Olivier, ALEXANDRE Jouane, Faire du marketing sur les réseaux sociaux, Eyrolles, 2014, 320 p.

MELTZ Raphaël, 7 janvier 2009, « Marc L*** », Le Tigre, [En ligne] Disponible sur : http://www.le-tigre.net/Marc-L.html

ZUBERT Thomas, DES ISNARDS Alexandre, 2011, Facebook m’a tuer, Nil Editions, 246 pages

Webographie :

BOUR Laurent, 2014, « Le community manager du futur est à la porte ! », Journal du Community Manager, [En Ligne] Disponible sur : http://journalducm.com/2014/09/29/community-manager-du-futur-4550/

FOURNIER Audrey, 2014, « Quatre questions sur l’avenir de Facebook », Le Monde [En Ligne] Disponible sur : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2014/04/24/quatre-questions-sur-l-avenir-de-facebook_4406297_651865.html

GRANT Robin, 2015, «  L’évolution du social média en 2015 », We are social, [En Ligne] Disponible sur : http://wearesocial.com/fr/thought-leadership/lvolution-du-social-media-en-2015

RONFAUT Lucie, 2016, « Facebook prépare son avenir loin de son réseau social », Le Figaro, [En Ligne] Disponible sur : http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2016/01/31/32001-20160131ARTFIG00131-facebook-prepare-son-avenir-loin-de-son-reseau-social.php

ROPARS Fabien, 2013, « Explications : la règle des 20% de texte dans les publicités Facebook », Le Blog du Modérateur, [En Ligne] Disponible sur : http://www.blogdumoderateur.com/la-regle-des-20-de-texte-dans-les-publicites-facebook/

SUTTER Béatrice, 2015, « Réseaux sociaux 2025 : 4 scénarios possibles », L’ADN, [En Ligne] Disponible sur : http://www.ladn.eu/actualites/reseaux-sociaux-2025-4-scenarios-possibles,article,29319.html

VIARD Rudy, 2015, « La liste des entreprises rachetées par Facebook », Webmarketing Conseil, [En Ligne] Disponible sur : http://www.webmarketing-conseil.fr/la-liste-des-entreprises-rachetees-par-facebook/

 

Durable, intelligente et numérique : Bienvenue dans la ville du futur

 

 

L’architecte Vincent Callebaut et son équipe ont proposé le projet « Paris Smart City 2050 » dans le cadre du « Plan Climat Energie » de la Mairie de Paris

L’architecte Vincent Callebaut et son équipe ont proposé le projet « Paris Smart City 2050 » dans le cadre du « Plan Climat Energie » de la Mairie de Paris

 

 

Paris, 2030 – Grâce à la collecte systématique des données issues des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), Paris est désormais une ville 2.0, une ville intelligente. Toujours en quête d’innovation, elle offre les outils nécessaires à ses citoyens pour qu’ils puissent contribuer au développement des services urbains et structure son espace dans une logique de développement durable et numérique, ce qui ne manque pas d’impacter la fonction du communicant public. Quels sont les enjeux de la ville du futur ?

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Le retour du vinyle : un phénomène innovant

vinyl

illustration vinyle

L’arrivée du numérique a de plus en plus dématerialisé la musique : les ventes de CD ne cessent de chuter. Cependant, un objet prend le contre pied de cette tendance : le vinyle fait (enfin) son grand retour. Profitant de cette mode, les artistes se servent de ce support pour proposer des expériences inédites. 

L’apparition du CD dans les années 1990 suivie rapidement par la montée en puissance du numérique aura eu raison du disque microsillon qui, peu à peu, avait disparu des bacs. Cependant, la recherche du meilleur son possible et la quête du bel objet ont fait revivre ces disques vintage.

Aux Etats-Unis, d’après les chiffres publiés par Billboard, les ventes de vinyles ont augmentées de 16,3% sur les 9 premiers mois de l’année 2012. La croissance est continue depuis 5 ans. Parallèlement les ventes de CD ont chutées de 13 % tandis que les ventes numériques ont augmentées de 14 %, toujours moins que le disque microsillon. En 2009, le vinyle représentait à peine 30% du chiffre d’affaire des disquaires. Aujourd’hui le pourcentage tourne entre 70 et 80%. En France, on est passés de 145 010 vinyles vendus en 2006 à 329 439 l’an dernier.

Cet essor s’explique, entre autre, par le fait qu’une nouvelle population d’acheteurs est apparue : les plus jeunes sont venus s’ajouter aux collectionneurs. Les disquaires s’accordent à dire que la moyenne d’âge s’est déplacée de 30-40 ans à 20-40. Certains d’entre eux découvrent même l’objet qui avait déjà passé l’âge d’or pour cette génération.

Il est encore tôt pour parler de « raz de marée » mais le retour du vinyle se ressent jusque dans les enseignes culturelles où ce dernier avait quasiment disparu. Les surfaces dédiées ont plus que doublé. La plupart des enseignes Fnac, par exemple, accueillent désormais un rayon par style musical (raggae, jazz, hip-hop …).

La Face B de la tendance

Face à l’essort des commandes soudaines (de plus en plus d’artistes sortent leurs titres sur ce format), les moyens de production tendent vers une incapacité à répondre à la demande et les usines sont saturées. La chute des ventes dans les années 1990, a entrainé l’arrêt des productions de machines à vinyle, faute de rentabilité.

Malgrès un succès certain, il faut relativiser le bilan. A l’âge d’or du vinyle, une petite commande représentait 10 000 exemplaires. Il est même arrivé d’avoir des commandes montant jusqu’à 1 million. Aujourd’hui une commande normale est en moyenne de 500 exemplaires. L’usine leader française fondée en 1967 ne compte aujourd’hui plus que 16 presses, contre 50 dans les années 80. Les usines sont alors forcées de travailler dans l’urgence et les délais de fabrication peuvent durer plusieurs mois.

Des idées innovantes 

Grâce à son format, le vinyle permet la customization au niveau du graphisme et du visuel des pochettes mais aussi au niveau du disque lui même. Originalement de couleur noire, on a vu se multiplier les disques colorés, transparents ou encore découpés.

Aujourd’hui l’industrie du disque pousse la customisation encore plus loin grâce à l’appuie des nouvelles technologies.

Quelques exemples :

  • Breakbot et son vinyle en chocolat :Pour son album, By Your Side, l’artiste du label Ed Banger Breakbot à frappé fort : il édite 100 exemplaires du vinyle de l’album en … chocolat ! Le vinyle peut-être lu entre 3 et 5 fois et contient 3 titres bonus.

  • Jack White, record de vente. Pour son vinyle Lazaretto, Jack White redouble d’inventité. L’une d‘elle consiste à la mise en place de deux hologrammes représentant des anges. Ce vinyle consitue la meilleure vente de LP depuis 1994 avec 60 000 copies écoulées. (hologramme présent à 6min28 sur la vidéo ci-dessous)

  • Docteur Popular et sa carte musicale. L’artiste américain a sorti son single Dazzler sur carte postale. Au verso, la matière de la carte a permis de recréer les microsillons propre à sa musique dans l’objectif de s’en servir comme d’un véritable vinyle. Un concept qui fonctionne sur toutes les platines et qui est beaucoup plus pratique et transportable qu’un vinyle habituel.

dazzler-turntable

  • Le label allemand, Kontor Records : un vynile sans platine. Pour promouvoir un de ces artistes, le label spécialisé en musique électronique a choisi un support original pour ces envois promotionnels. Un disque 33 ou 45 tour qui est entièrement lisible avec son smartphone (Android, iOS ou autres). C’est le packaging du disque avec une enveloppe en papier qui fait office de support au disque. Cela permet aux téléphones de capter le QR Code nécessaire à la lecture du signal audio.

Sources :