L’infotainment

Votre émission qui décrypte la tendance de l’infotainment

 

Tendance médiatique mais surtout télévisuelle, l’infotainment mélange d’information et d’entertainment (divertissement en français) a fait ses débuts dans les années 80 aux États-Unis. Mais c’est dans les années 90 que la tendance prend véritablement une tournure à part entière.Très vite, l’infotainment débarque en France notamment par le biais d’émission produite par Jean-Luc Delarue ou Thierry Ardisson et conquiert aussi le reste du monde. Notion souvent dépeinte dans un contexte négatif, l’infotainment est accusée de faire l’éloge de la télévision peu qualitative, elle ne serait présente que pour divertir ou pour vendre de l’espace publicitaire. L’observatoire des médias Acrimed parle même d’information « à très faible teneur informative, toujours fédératrice des opinions. » Nous verrons dans quel contexte l’infotainment s’impose, quels sont les moyens utilisés pour produire des programmes ludiques et divertissants mais en même temps informatif. Puis nous étudierons également la réception globale de cette tendance médiatique, son avenir et ses limites visibles.

Les Émissions politiques : séduire le téléspectateur en démocratisant la politique

 

La vie privée des politiques

La tendance des émissions politiques actuelles est de mélanger l’information et le divertissement. Et aujourd’hui, force est de constater qu’elles sont de plus en plus à la recherche de polémiques, de buzz. La raison ? L’audience que cela engendre sur les réseaux sociaux lorsqu’ils y sont relayés. La télévision, par le biais des émissions politiques entre autres, offre des produits télévisuels qui répondent à la demande de la société spectacle qui est la nôtre, l’interview ou le débat politique doivent alors être ludiques et distrayants. Pour cela, les sociétés de production se focalisent sur la vie privée des hommes politiques. Il se dessine ici un véritable effet de mode où l’intérêt du public ne se porte que sur l’apparence, le futile plutôt que sur le fond
et le concret. Cette nouveauté rompt donc avec les codes des débats politiques, qui furent un temps, étaient sérieux. Cette tendance d’émissions de confessions où les politiques se mettent en scène s’est développée durant les années 80, tout d’abord sur TF1, avec Questions à domicile présentée par Anne Sinclair et Pierre Luc Séguillon dans laquelle ils interviewaient des hommes politiques à leurs domiciles tels que François Mitterrand, Jacques Chirac, Jean Marie Le Pen… Puis, récemment sur France 3 avec Marc Olivier Fogiel faisant allonger sur le divan de son émission Jean François Copé ou Jean Luc Mélenchon pour des séances de psychanalyses, mais encore Michel Drucker qui invite de manière hebdomadaire les politiques dans Vivement dimanche sur France 2.
Pour illustrer concrètement cette tendance, prenons pour exemple la nouvelle émission de Karine Le Marchand :« Une ambition intime » diffusée pour la première fois sur M6 le dimanche 9 octobre 2016. Une émission que l’on pourrait qualifier de politico-people qui consiste, au vu des premières images, à parler avec les politiques sans jamais parler de politique.
Dans Une Ambition Intime, Karine Le Marchand, installée sur un canapé, interviewe les possibles candidats à l’élection présidentielle de 2017. L’interview se fait dans une maison ou un appartement meublés où objets et photos faisant référence à différents événements de leur vie sont dispersés ici et là. La séance questions/réponses dure entre 20 et 40 minutes. La présentatrice essaie de cerner l’homme ou la femme appelés à diriger la France, en posant des questions décontractées ou décalées. Le but étant de pénétrer dans leur sphère privée et personnelle : vie intime, vie de famille, sexualité, enfance, amour, jeunesse, etc., et ce, pour en extraire des révélations intimes exclusives. On peut notamment connoter cette technique au voyeurisme. Vous l’aurez compris, la logique éditoriale d’Une Ambition Intime est avant tout, comme son nom l’indique,
concentrée sur l’intime. Dans l’émission du 9 octobre dernier, Marine Le Pen, dont le parti politique est plus que jamais décrié — et pour cause — se dévoile sous un autre jour, on s’aperçoit qu’elle n’hésite pas à montrer ses sentiments et à se confier à Karine. Le pari est de facto gagné, car l’émission a pour objectif premier de rendre les hommes et femmes politiques sensibles, humains, ayant des sentiments comme tout citoyen.
Avec « Une ambition intime », c’est un réel plan de communication qui s’opère pour le politique, il se dévoile comme jamais il ne l’a fait auparavant, il joue à outrance la carte de la proximité afin d’élargir son champ d’action et ainsi séduire de nouveaux électeurs. Par sa sympathie, il gagnera à coup sûr des points sur les différents sondages qui fleurissent quotidiennement.
On s’écarte in fine de tout contenu politique (idéologie, stratégie, proposition) pour se concentrer sur le portrait des candidats. Au niveau des audiences, c’est un succès, l’émission a fait 13,6 % de part d’audience (3 millions de téléspectateurs) soit plus que L’Émission politique de France 2 ; la « peopolitisation » aguiche donc.

PUNCHLINE : L’émission qui souhaite charmer les jeunes

Laurence Ferrari part du constat suivant : “les Français en ont marre des Politiques, mais pas de la politique”. Parmi eux se cachent plus de trois millions de jeunes Français qui voteront pour la première fois en 2017. Néanmoins, ce n’est un secret pour personne, il existe un véritable barrage entre les politiciens et la jeune population : ces derniers peinent à se faire entendre par l’élite gouvernante. Toutefois, c’est un électorat qu’il faut absolument séduire, des voix à acquérir plus que tout…L’objectif des politiques en campagne se dessine alors clairement : être en odeur de sainteté auprès des jeunes en vue de l’élection présidentielle de 2017. Avec Punchline, Laurence Ferrari donne la parole à ceux qui vont incarner la France de demain. Ainsi, leur discours, leurs maux, mais surtout leurs attentes seront une bonne fois pour toutes entendus par les politiques. A cet égard, chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, elle recevra les candidats en face à face. L’émission se compose de 60% d’images et de 40% d’interview. De la bande-annonce à son look en passant par son contenu, elle se révèle racée et différentes des autres où le temps se fait long. Son offre est rythmée, dynamique et plutôt fraîche.Grâce à Punchline donc, Laurence Ferrari ne perd plus de temps et va droit au but — comme les jeunes.

Les Talks Shows : entre humour et clashs

 

L’humour :  la carte incontournable

Le talk-show vient tout droit des États-Unis. Il est apparu dans les années 90 en France et illustre pleinement le mélange des genres : mêlant humour et interviews, divertissement et culture, programme ludique et actualité politique. Dans ces émissions se trouve une panoplie d’invités issus de milieux divers : cinéma, littérature, politique, télé-réalité, musique conversant d’une manière plutôt détendue : on peut retrouver notamment sur le même plateau une star du showbiz,un écrivain, un élu politique, une actrice, un journaliste/essayiste, un chanteur…Depuis un certain temps, beaucoup de talk-shows utilisent l’humour, la parodie voire la provocation pour divertir, accrocher le téléspectateur et rompre avec les anciennes émissions dites « sérieuses ». Il s’agit là plus de discuter que de débattre sur des sujets susceptibles d’intéresser les téléspectateurs. Tous ces éléments résultent de la formule de l’émission à la demande des animateurs et producteurs. L’influence du show-biz et des talk-shows a littéralementtransformé la télévision française. Citons les talk-shows les plus populaires mélangeant parodie et sérieux : Tout le monde en parle en 1999 présenté par Thierry Ardisson et son acolyte Laurent Baffie, le roi de la gaffe et de la provocation surnommé le « sniper ». Puis, On ne peut pas plaire à tout le monde de Marc Olivier Fogiel ou encore On a tout essayé qui est devenu le On n’est pas couché actuel dans lesquels se mettaient en scène des sketches humoristiques.

Les Clashs

En plus des débats sur l’actualité, le sel d’un bon talk-show réside également en ses clashs qui peuvent être parfois synonymes de succès d’audience. La fin d’année 2016 a en effet été marquée par de nombreuses joutes, soit en face à face ou par média interposés. De Quotidien, avec Hugo Clément qui accuse Nicolas Domenach de faire preuve de journalisme de complaisance, à Karine Lemarchand qui, sur le plateau de C l’Hebdo, défend bec et ongle son programme Une Ambition Intime devant à un Patrick Cohen pour le moins sceptique, ou encore Laurence Ferrari qui n’hésite pas à régler ses comptes avec Jean-Michel Apathie sur France 5 ; ce dernier ayant tenté d’écarter I-télé du deuxième débat de la primaire de la droite et du centre…Force est de constater que dans les talk-shows, les éclats de voix sont bien souvent de la partie. Pourquoi ? La raison est simple, les accrochages verbaux intéressent le plus grand nombre et les journalistes, eux, l’ont plus que jamais compris car ils n’hésitent pas à en traiter les moindres détails, peu importe le médium : radio, web, télévision, réseaux sociaux, tout est légitime pour relayer le conflit. En février dernier, le site web de l’hebdomadaire Challenges, dont la ligne éditoriale est majoritairement économique, titrait l’un de ses articles « Taubira à ONPC : une leçon de communication à Léa Salamé et Yann Moix » suite au passage de l’ancienne garde des Sceaux dans l’émission On n’est pas couché, talk-show diffusé tous les samedis soir sur France 2. Les commentaires du public y sont nombreux. Il est une nouvelle fois au rendez-vous, commentant, critiquant et argumentant aussi bien surle site que sur Twitter et Facebook.

La mise en scène

L’exemple le plus typique du talk-show français présent depuis 10 ans sur France 2 est On n’est pas couché. Cette mission d’infotainment réunit tous les codes du genre : elle met notamment son invité dans une position peu agréable. En effet, les dispositions sont telles que l’invité est assis seul sur un siège inconfortable lors de la « confrontation ». Face aux chroniqueurs, il est exposé de manière vulnérable parfaitement illustrée par de gros plans. De plus, le plateau est assez froid et intimidant à travers ses lumières projetées sur l’invité. La couleur majoritaire est le bleu (couleur symbolique de la vérité, comme l’eau limpide qui ne peut rien cacher), elle peut vite devenir étouffante si elle est trop présente. C’est également une couleur intimidante associée à la connaissance, l’intelligence. Tous ces moyens sont mis en oeuvre pour que l’invité se sente mal à l’aise (épaules rentrées, jambes croisées). Le réalisateur fait beaucoup de zoom pour montrer la gestuelle de l’invité qui est le plus souvent en position de défenseface aux chroniqueurs. Cela donne le ton de l’émission. Ce procédé scénique peut être lié à d’autres talk-shows notamment celui de Sébastien Cauet : « La méthode Cauet » diffusée sur TF1 de 2003 à 2008. La couleur principale du plateau était le bleu. L’invité installé dans un fauteuil était seul face au présentateur et public. Il était relié à un capteur cardiaque fixé au bout d’un doigt, plus ou moins à même de transcrire son état d’esprit et de stress ce qui pouvait le mettre dans une position inconfortable. Là encore la scénographie est telle que l’invité se sent mal à l’aise ; le clash est aussi recherché donc pas de complaisance. À l’inverse, dans l’émission de Michel Drucker, Vivement Dimanche, les invités se sentent nettement plus à l’aise, assis sur un canapé au même niveau que le présentateur (et son chien qui parfois fait son apparition sur le plateau). Ce qui donne un côté thérapeutique, le ton est alors plus doux, plus bienveillant. Le plateau majoritairement est rouge (couleur énergique, pénétrante et d’une certaine manière rassurante et enveloppante). Finalement, la scénographie est un élément phare du talkshow, c’est un propos clef de la ligne éditoriale. C’est une des premières choses que les téléspectateurs aperçoivent et avec lesquels ils se font une idée rapidement de l’émission, de son ton… D’où son importance. La décoration, la lumière sont choisies pour mettre l’ambiance autant pour les invités que les téléspectateurs. Rien n’est laissé au hasard. Les plateaux sont ainsi étudiés avec les producteurs et les rédacteurs en chef des émissions, ils sont loin d’être un détail à négliger. Le décor parle de lui même et en premier, avant le présentateur et les chroniqueurs… C’est alors le premier message qui est envoyé aux téléspectateurs.

Les magazines télévisés : le sensationnel à tout prix ?

 

LES ÉMISSIONS JUDICIAIRES : entre réalité et fiction

Depuis quelques années, on assiste à une explosion d’émission traitant d’affaires judiciaires. La télévision dépasse alors son rôle d’informateur du public pour tenter de devenir un acteur actif du monde judiciaire, un informateur de la justice. Passant par Les enquêtes impossibles sur NT1, Faites entrer l’accusé sur France 2 ou Enquêtes criminelles sur W9, ces chroniques judiciaires ont un point commun, c’est de proposer du sensationnalisme, une ambiance de polar. Ce mélange de documentaire et fiction nous donne des frissons mais nous sommes paradoxalement attirés par ces émissions. Pourquoi aimons-nous avoir peur ? Sommes-nous tous masochistes ? Concentrons-nous sur le magazine d’enquêtes criminelles Crimes présenté par Jean Marc Morandini, diffusé sur NRJ 12. Chaque émission se rend dans une ville de France et revient sur trois faits divers qui se sont produits dans la région et qui ont marqué l’actualité. Chaque enquête met en lumière les personnes qui ont été au coeur d’un fait divers, comme les familles des victimes, les proches des criminels, leurs avocats, les enquêteurs, les journalistes locaux pour donner une sensation de réalité. Crimes donne aussi la parole à ceux qui ont souffert, qui souffrent encore pour que les téléspectateurs ressentent une certaine empathie. À côté de cela, l’ambiance du docu-fiction est glauque et morbide, c’est oppressant. La mise en scène est le plus souvent violente : les détails sordides du crime sont un à un relayé, des images où l’on peut voir le cadavre sont exposées, la musique fait quant à elle frissonner. Tous ces éléments procurent de la peur et en même temps de l’excitation comme si nous étions plongés dans un thriller haletant et nous voulions savoir la chute de l’histoire. Cette émission mi — fiction, mi-narrative, mi documentaire, mi-archives nous donne bel et bien un effet de réel et de trash !

Le sensationnel, synonyme de succès ?

Faut-il faire dans le sensationnel pour être entendu ? La question est posée, la réponse, elle, se révèle mitigée. D’une part, elle tendrait vers l’affirmation car de facto, le racoleur attire. Mais d’autre part, il n’est pas forcément gage de bonnes audiences à la télévision. Prenons pour exemple l’émission Cash Investigation présentée par Élise Lucet depuis 2012, la journaliste s’y illustre pugnace, pouvant perturber son interlocuteur, mais aussi frontale à la limite de l’impertinence. À l’image du numéro diffusé le 7 septembre 2015, intitulé « Mon président est en voyage d’affaires », qui met en évidence une séquence pour le moins musclée entre Rachida Dati et Élise Lucet. Cette scène a été isolée et mise en ligne sur YouTube afin d’aguicher le téléspectateur et lui donner l’envie de regarder l’émission. Le teaser a fait florès sur le web, mais ce numéro de Cash Investigation n’a pas brillé par son succès le jour de sa diffusion. Il s’agit même du pire score de la saison 2015-2016 pour le programme : 1 100 000 personnes étaient devant leur poste. L’audience moyenne se situe généralement entre 2 et 3 millions de téléspectateurs.

Le reportage d’immersion

Une émission est particulière intéressante. Il s’agit d’Enquête Exclusive. C’est une émission d’investigation diffusée depuis 2005, en deuxième partie de soirée, présentée par Bernard de La Villardière. Souvent interdit au -10, voire -12 ans. Ses audiences sont bonnes, elle fonctionne bien, nous pouvons même parler de succès car elle passe de mensuelle à hebdomadaire en 2008. L’émission existe depuis presque douze ans maintenant, ce qui prouve que c’est une valeur sûre. Enquête exclusive joue avec des codes particuliers. Ces thèmes de prédilections sont les sans limites autour de la dépravation. Des sujets bien souvent racoleurs. Le trash, le cash, la controverse et les sujets chauds (prostitution, drogues, trafics…) sont récurrents. On s’aperçoit que l’émission crée un climat de peur et de paranoïa. Pour ce faire, ils utilisent des procédés comme la musique, graphisme de l’émission. (Noir rouge et blanc), ou par l’expression grave et l’intonation formelle. Enquête Exclusive subit de nombreuses critiques. La plus grave et plus fréquente, ils sont accusés de ne pas retranscrire la réalité. C’est une grosse attaque pour les journalistes. L’émission en fait trop, elle monte en épingle les situations, ou elle détourner les sujets pour servir le propos de l’émission. Enquête exclusive n’invente pas les faits mais les met en exergue, les accentue, les dramatise pour leur donner plus de poids et une dimension plus « entertainment », de divertissement, plus dramatique et pas seulement de sujet de société. Ce qui lui apporte une plus value, une valeur ajoutée. C’est ce qui lui vaut d’être sujet à des moqueries, des parodies. Bernard de La Villardière est moqué pour son ton formel alors que l’émission ne traite que de sujets racoleurs. Elle porte l’identité d’une émission de société bas de gamme où le sensationnaliste est roi. C’est tout de même une émission avec de grands reportages, durant laquelle l’immersion est faite par de vrais journalistes reporters. A noter, elle a gagné huit récompenses dans le milieu du journalisme. Mais c’est malheureusement son mélange avec des codes du divertissement qui la décrédibilise.

Mana Hosokawa

Karima Ikiou

Tom Robert

La chaîne afro-américaine BET arrive en France

Par @FabSpadeMc

Le groupe Viacom France (MTV, Game One, Nickeleodeon…) lance une version française de sa chaîne BET à partir du 17 novembre 2015.

Créée en 1980, BET (pour Black Entertainment Television) est une chaîne dite « communautaire » afro-américaine qui possède plus de 100 millions d’abonnés aux Etats-Unis. Elle est notamment connue pour la cérémonie des BET Awards qui célèbre chaque année les personnalités ayant marqué la musique.

La chaîne sera disponible dans les bouquets classiques : CanalSat, Free, Numéricable…

Reste à savoir si elle proposera des contenus inédits à destination des minorités françaises…

BET arrive en France le 17 novembre ! http://t.co/HSUvT0moEH pic.twitter.com/8FIInq7DwQ

Source : betfrance.fr

 

L’adaptation d’œuvres littéraires en séries télévisées d’animation

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Le 8 octobre 2014 sortait sur grand écran le film français Lou ! Journal Infime, l’adaptation de la bande-dessinée Lou ! publiée aux Éditions Glénat depuis 2004.
Quel rapport avec les dessins animés et la télévision ? Tout simplement que ce film n’est pas la première adaptation de l’œuvre, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une adaptation en série télévisée d’animation, diffusée d’abord sur M6, puis sur Disney Channel France et plus récemment sur la chaîne 6Ter.

Affiche du film et couverture du premier tome de la BD de Lou !

Affiche du film et couverture du premier tome de la BD de Lou ! Montage de Irène Quaglia CC BY-NC

Mais l’adaptation de cette bande-dessinée en dessin animé est très loin d’être un cas unique.
On peut d’ailleurs catégoriser ces adaptations en fonctions de leur origine : Japon, USA et Europe. Dans une grande majorité les dessins animés télévisés sont adaptés de mangas, comics et bandes dessinées, et plus rarement de romans.

Le phénomène du pays du Soleil Levant

On peut dire que le phénomène vient du Japon, pays expert en adaptations puisque là-bas il est quasi systématique qu’un manga soit adapté en animé et vice-versa, ils sont même parfois produits simultanément.

En réalité, le 1er dessin animé adapté d’une œuvre littéraire diffusé à la télévision française est un manga japonais : Goldorak. C’est donc en 1978 que sur Antenne 2, les Français ont pu visionner le premier dessin animé adapté d’une version papier. Ont suivi Dragon Ball et Les Chevaliers du Zodiaque (adaptés des mangas éponymes) en 1988 dans l’émission culte Le Club Dorothée sur TF1.
Dans les exemples les plus récents, on peut citer les séries des Bleach, Naruto et One Piece, qui désormais passent le plus souvent sur des chaînes thématiques du type Game One ou D7 pour la TNT.

Mais le Japon est aussi connu dans le monde de l’animation télévisée pour ses adaptations de romans, notamment occidentaux, qui ont connu un fort succès chez nous. On pourra citer par exemple Tom Sawyer, adapté du héros de Mark Twain et diffusé en 1982 sur Antenne 2, Rémi sans famille, connu pour être le dessin animé le plus joyeux de tous les temps, diffusé la même année et adapté du roman Sans famille d’Hector Merlot. De même que Les Quatre Filles du Docteur March qui a fait l’objet de deux adaptations japonaise: la première en 1981 et la seconde en 1987.

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Les USA sous la domination des Super Héros

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Affiche de promotion pour l’arrivée de la série « Marvel Super-heroes » en 1966, première adaptation d’un comic en série animée à la télévision.

La situation aux États-Unis est assez semblable, puisque ce sont surtout les comics qui sont adaptés au petit écran. La première adaptation a vu le jour en 1966 et relate les aventures des héros de Marvel : Captain America,Thor, Hulk, Iron Man et Namar le Prince des Mers. La série intitulée The Marvel Super Heroes, tient plus de l’animation de planches de comics plus que de dessins animés comme on les connaît aujourd’hui, puisque les producteurs se sont contentés de reprendre les comics Marvel en impulsant de légers mouvements (de bouches, de bras) et en rajoutant des voix aux personnages.

Elle a eu un gros succès au USA mais n’a jamais été diffusée en France, chez qui les super-héros ont mis plusieurs décennies avant de percer le petit écran. En effet, ce n’est qu’en 1992 que le premier dessin animé de super héros est diffusé dans l’Hexagone : Batman. Les adaptations les plus récentes, diffusées en France, sont celles de Marvel’s Avenger Assemble (en 2013 sur la chaîne Disney XD) et les Tortues Ninja (en 2012 sur Nickelodéon, puis rediffusée sur France 4 en 2014). Rien que pour les Marvels, il y a eu au total (séries produites aux États-Unis) près de 14 adaptations en séries animées télévisées.

L’amour de l’Europe pour la bande dessinée

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Bandes dessinées européennes adaptées à la télévision. Montage de Irène Quaglia CC BY-NC

Chez nous ce sont également les bandes dessinées qui sont la meilleure source d’inspiration. Boule et Bill par exemple a connu sa première adaptation en 1975 et une nouvelle série est actuellement en production sous l’égide de France Télévision, Dargaud Média et Belvision (2014-2015). Lucky Luke débarque quant à lui à la télévision française en 1983. Cependant on peut remonter encore plus loin avec, en 1959, 9 films (de 13 minutes chacun), réalisés par les Studios TV Animation Dupuis mettant en scène les Schtroumpfs. On peut encore en citer beaucoup : Astérix et Obélix, Tintin, Garfield, Bécassine, le Marsupilami, Iznogoud, Titeuf, et bien d’autres.

Du côté des adaptations de romans on a pour les plus connus :

  • Le Petit Prince, visible en 2003 sur France 3.
  • Les Malheurs de Sophie, qui reprend la célèbre trilogie de la Comtesse de Ségur et diffusé 1997  sur France 3, Canal J, puis plus tard sur France 5 et TiJi.
  • Plus récemment, on peut compter l’adaptation de la saga Tara Duncan de l’auteur française Sophie Audouin-Mamikonian en 2010 et dont la suite est toujours en production, diffusée d’abord sur M6, puis sur Disney Channel.

On ne cite que quelques exemples parmi la ribambelle d’adaptations existantes mais cela donne déjà un aperçu de la quantité d’adaptations d’œuvres littéraires en animations à la télévision. En effet, selon le SPFA, ce sont 51% des dessins animés produits qui sont issus d’adaptations. Ce phénomène peut s’expliquer de par le fait que la bande dessinée est très semblable au cinéma, au théâtre et à la télévision. En effet, on note des similitudes au niveau de leur stratégie narrative, la construction des personnages, mais aussi le cadrage et la mise en scène. La bande dessinée s’impose ainsi par son univers narratif et visuel.
Il est également intéressant de noter que la télévision est le premier média à avoir adapté des albums de bande dessinée.

Rentrée 2014-2015 des dessins animés
(figurent ici seulement les animations issues d’adaptations)

 

tableau_rentree2014

 

Sources

Les marques et les web-séries

Arrivées au début des années 2000, les web-séries ne cessent de se développer et de proposer des contenus éditoriaux de qualité. A la croisée de la série télévisée, du court métrage et du web, elles n’étaient au départ qu’un moyen d’expression utilisé par des amateurs ou des étudiants en cinématographie. Face à l’explosion des plateformes vidéo, les marques sont de plus en plus nombreuses à adopter cette forme de communication.

Une web-série est une série composée d’épisodes courts, moins de cinq minutes en général, diffusée essentiellement sur Internet. Elle apparait en particulier sur les plateformes d’hébergement de vidéos telles que YouTube, Dailymotion et plus modestement Vimeo. L’accès au haut débit dans les foyers et la multiplication des écrans individuels (smartphones, tablettes, ordinateurs), permettent aux Français de consommer de plus en plus la vidéo, mais également de la commenter, de la partager et ou de la « liker » via l’intermédiaire de leurs réseaux sociaux préférés. Les consommateurs délaissent de plus en plus le poste de télévision même si leur appétit pour les contenus audiovisuels ne cesse de croître. Ainsi, le téléfilm du soir n’est plus une référence pour les annonceurs.

Le financement des web-séries

http://webseriesmag.blogs.liberation.fr/.a/6a01a511726f8d970c01a73e129af1970d-pi

La websérie « Noob » – webseriesmag.blogs.liberation.fr

Les web-séries connaissent différents modes de financement. Ils peuvent être par fonds propres venant du réalisateur, grâce au crowdfunding (financement participatif) avec Noob par exemple, une série en ligne française qui a réussi à lever 682 161€ auprès de ses fans sur la plateforme Ulule en mai 2013, en vue de réaliser un long-métrage. Les plateformes de diffusion permettent également de financer ses nouvelles séries réservées à Internet. Fort de son succès, l’entreprise américaine Netflix a ainsi produit la web-série House of Cards, qui elle, se rapproche du format classique des séries télévisées. A l’origine du « binge-watching », pratique qui consiste à regarder tous les épisodes d’une série à la suite, House of Cards séduit les internautes mais aussi les chaines de télévision qui s’empressent de la diffuser.

Les marques sont également de plus en plus nombreuses à produire leur propre programme dans le but de promouvoir leur image.

Eviter la publiphobie pour une meilleure promotion

Ce format de communication constitue un intérêt majeur pour les marques puisqu’il permet de capter l’attention de leur cible sans employer un discours commercial, souvent perçu comme agressif, et ainsi éviter de générer un phénomène de rejet (publiphobie). Par ailleurs, selon une étude faite par Australie fin 2013, 38 % des Français trouvent la publicité « inutile et désagréable » et 55 % l’estiment « ennuyeuse ».

En adoptant le « Branded Entertainment » ou marketing du divertissement, les enseignes s’impliquent dans la production de divertissement et veillent à véhiculer d’une manière plus ludique et subtile une histoire en lien avec leur identité, leur territoire et leurs valeurs. La marque s’immisce ainsi dans l’espace digital de l’internaute dans l’espoir qu’il adhère et qu’il diffuse la web-série sur les médias sociaux.

Il y a eu plusieurs tentatives : Allociné avec « Dedans Allociné », Le Monde avec « La petite histoire » ou encore HEC Paris avec la série « Melting Potes ». L’une des plus célèbres est certainement la web-série d’Oasis Be Fruit, « l’Effet Papayon » apparue en avril dernier. Avec 7 millions de vues pour les trois premiers épisodes, la série d’Oasis a attiré plus de 80 000 fans supplémentaires sur la page YouTube de la marque.

Un dispositif transmédia au-delà du réel

La websérie « L’effet Papayon » – www.oasisbefruit.com

En collaboration avec l’agence de communication Marcel, l’Effet Papayon met en scène un couple de fruits connu des fans, Ramon Tafraise et Frambourgeoise. De nombreux bloggeurs ont d’ailleurs reçu un faire-part les invitant au mariage des deux protagonistes. Mieux encore, il était possible de voir l’annonce de cet évènement dans les journaux tels que le Parisien ou Libération.

D’autre part, Oasis Be Fruit a invité les internautes à trinquer avec eux en envoyant une cannette à toutes les personnes qui postaient le Hashtag « #JeTrinqueAvecRamonEtFramb » sur les réseaux sociaux. La marque a également permis à un fan de gagner une lune de miel en postant « #MariageDeRamonEtFramb ».

Le dispositif transmédia mis en place ici tente d’effacer la frontière qui sépare le virtuel du réel. Par exemple, la marque a créé un site internet qui parodie un célèbre site pornographique : youpomm (http://www.youpomm.com/). L’humour permet de faire adhérer totalement le consommateur en transformant ainsi leurs émotions en actes d’achat. C’est pour cela que les consommateurs sont intégralement impliqués dans leur communication.

Toutefois, coûteuse à réaliser, une web-série doit respecter un certain nombre de règles pour espérer un retour sur investissement : teasing en amont du lancement, stratégie de médiatisation, qualité du contenu, format court, incitation au partage, etc. De même que, le nombre de vues des vidéos n’est pas représentatif de l’efficacité de celles-ci. D’autres facteurs comme le nombre de partages ou la consultation de contenus additifs (à travers le site de la marque par exemple) doivent aussi être pris en compte dans les résultats.

Enfin, les nouvelles tendances montrent de cette façon que les web-séries ont dorénavant leur place dans les stratégies de communication des grandes marques.

Sources images :

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