La place de la musique dans les séries américaines aujourd’hui

"Six Feet Under", "Stalker", "Grey's Anatomy", "Newport Beach", "Vampire Diaries", "Les Frères Scott", des séries à la bande-son importante - Jérémie D. CC BY-NC

« Six Feet Under », « Stalker », « Grey’s Anatomy », « Newport Beach », « Vampire Diaries », « Les Frères Scott », des séries à la bande-son importante – Jérémie D. CC BY-NC

Qu’elle soit présente pour accompagner une séquence, pour donner son sens à un numéro chanté, ou encore qu’elle serve parfois d’univers dans lequel évoluent les personnages, la musique dans les séries télé n’a jamais été aussi importante que depuis une dizaine d’années. Elle passionne les fans, au même titre que les intrigues qu’ils suivent religieusement chaque semaine, permet de mettre en lumière certains artistes et, il faut bien le reconnaître, constitue à elle seule un business que les producteurs de télévision et de musique ne peuvent indéniablement négliger.

Quand chanson rime avec bande-son

Au même titre que les films, la plupart des épisodes de séries américaines sont aujourd’hui rythmés par une bande-son plus que jamais pensée comme un élément incontournable, indissociable du reste de l’oeuvre télévisuelle produite. Et comme dans la majorité des films réalisés aujourd’hui, cette bande-son alterne morceaux purement orchestraux et chansons interprétées par des artistes plus ou moins connus suivant les cas. Et à chaque fois, peu importe le type de série que l’on regarde, ces morceaux et ces chansons en question sont toujours là pour appuyer ou renforcer ce que l’on voit à l’écran, notamment lors de séquences à fort potentiel émotionnel (en gros, sortons les violons et vous sortirez les mouchoirs!). Des séquences qui, bien souvent, dans les séries dramatiques en tout cas, interviennent à la fin des épisodes, au moment du fameux climax, lorsque les personnages sont confrontés à des moments ou des événements marquants qui changeront potentiellement le cours de la série et de leur vies (et qui, surtout, vous donnerons envie de ne pas manquer le prochain épisode, évidemment!). C’est encore plus flagrant lors du fameux season finale (dernier épisode d’une saison), où une ballade efficace accompagne presque toujours les dernières minutes de l’épisode, créant à coup sûr un moment culte pour les fans, qu’ils se repasseront parfois en boucle, en attendant la saison suivante et la résolution de l’abominable cliffhanger qui leur fera retenir leur souffle des mois durant.

Pochettes des premiers albums des séries "Buffy contre les vampires" et "Dawson" - Jérémie D. CC BY-NC

Pochettes des premiers albums des séries « Buffy contre les vampires » et « Dawson » – Jérémie D. CC BY-NC

Si l’on se penche un peu plus sur cette tendance qui fait des musiques entendues dans les séries américaines un élément essentiel pour les fans, on peut dire qu’elle semble avoir réellement commencé à prendre de l’ampleur à la fin des années 1990, avec des séries comme Buffy contre les vampires ou Dawson, qui font d’ailleurs partie des premières séries à avoir commercialisé des CD reprenant les musiques entendues au cours des épisodes, à la façon des bande-originales de films (quel fan de ces deux séries ne se souvient pas de « Close Your Eyes », le thème musical de Buffy et Angel, composé par Christophe Beck et entendu à de nombreuses reprises au cours des saisons 2 et 3 de Buffy, ou encore des chansons « Kiss Me » et « Feels Like Home », entendues durant la saison 2 emblématique de Dawson ?). Ce procédé commercial s’est ensuite répandu, devenant de plus en plus fréquent au fil des ans, notamment avec des séries comme Newport Beach, Les Frères Scott ou encore Grey’s Anatomy qui ont toutes fait l’objet de plusieurs compilations sous forme de CD, la musique ayant une part plutôt importante dans ces trois séries (et ne parlons pas des génériques de Newport Beach, des Frères Scott ou même, avant ça, de Dawson, qui sont tous devenus cultes).

Il ne faut évidemment pas oublier que les séries ont une dimension tout autant commerciale qu’artistique et c’est pour cela que les producteurs savent très bien qu’elles représentent un formidable moyen de mettre en lumière certains artistes, qu’ils soient déjà connus ou plus confidentiels, voire même débutants parfois. La série Les Frères Scott a par exemple fait découvrir le chanteur Gavin DeGraw, qui interprète notamment « I Don’t Want to Be », le générique de la série, la série Vampire Diaries a utilisé la reprise de « Skinny Love », interprétée par Birdy, dans l’avant-dernier épisode de sa saison 2 (avant que Birdy n’explose réellement au niveau mondial), et la série médicale Grey’s Anatomy a fait découvrir à un plus large public le chanteur Andrew Belle et les groupes The Fray et Snow Patrol (la dernière séquence de l’épisode final de la saison 2, devenue culte et durant laquelle on peut entendre le titre « Chasing Cars » interprété par Snow Patrol justement, est d’ailleurs à découvrir ou re-découvrir ci-dessous).

A noter également que depuis quelques temps la tendance aux États-Unis semble être à l’utilisation de reprises dans les séries. On peut citer le cas, là encore, de Grey’s Anatomy qui, durant sa saison 10 (diffusée entre septembre 2013 et mai 2014), a utilisé des reprises de titres connus dans ses épisodes, avec par exemple des versions plutôt réussies de « Total Eclipse of the Heart » de Bonnie Tyler (interprétée pour l’occasion par Jill Andrews) et de « Man in the Mirror » de Michael Jackson (reprise par J2), et plus récemment le cas de la série Stalker, lancée à la rentrée sur la chaîne américaine CBS, et qui, à la fin de chacun de ses épisodes, gratifie ses téléspectateurs d’une reprise de chanson célèbre dans une version plutôt sombre, collant bien à l’esprit de la série (le premier épisode de la série se termine par exemple par une reprise hypnotique de « Creep » du groupe Radiohead interprétée par Michelle Branch, à écouter ci-dessous).

En résumé, on peut dire que les fans aiment les séries qu’ils regardent pour leurs personnages, leurs intrigues, mais aussi pour leur musique. Chacun a ses épisodes préférés, ses séquences cultes, et ci-dessous voici deux de mes séquences cultes (que je me suis moi aussi passées en boucle), extraites du tout dernier épisode de Six Feet Under et du dernier épisode de la saison 2 de Newport Beach, histoire d’étayer un peu plus encore mon propos (attention aux spoilers!).

La mode des comédies musicales 

On le sait, les comédies musicales, à travers le théâtre, et notamment Broadway, ou encore par le biais de nombreux films sortis au cinéma, font partie du patrimoine culturel américain et les Américains en sont très friands. Il est donc normal que la télévision ait décidé de surfer sur cette tendance des oeuvres de fiction intégrant des scènes chantées à leur histoire, et c’est d’autant plus vrai depuis quelques années.

Pochette de l'album "The music of Glee - season 1, volume 1" - Source: www.amazon.com

Pochette de l’album « The music of Glee – season 1, volume 1 » – Source: www.amazon.com

Aujourd’hui, si on pense « comédies musicales » à la télévision on pense forcément à la série Glee. Lancée en mai 2009 sur la chaîne américaine Fox, avec un épisode pilote vu par plus de 9,6 millions de téléspectateurs, Glee, qui raconte l’histoire des membres de la chorale (« glee club » en anglais) du lycée William McKinley, est très rapidement devenue un vrai phénomène, surtout auprès des adolescents. Les deux premières saisons ont rassemblé en moyenne 9,77 et 10,11 millions de téléspectateurs respectivement, un épisode de la saison 2, en 2011, a été diffusé après le Super Bowl (preuve de son succès et de la confiance que la Fox accordait alors à la série), et la série a accueilli des invités prestigieux tels que Britney Spears (à qui deux épisodes ont été entièrement consacrés en 2010 et 2012), Ricky Martin ou encore Gwyneth Paltrow. Et forcément, devant le succès grandissant de la série, tout un dispositif de merchandising s’est mis en place.

Les personnages de Glee reprenant dans chaque épisode entre 5 et 8 titres issus d’un répertoire très varié allant des chansons extraites de comédies musicales à succès (Grease, West Side Story, Wicked, …) aux hits passant à ce moment-là à la radio (Lady Gaga, Katy Perry, Coldplay, Rihanna, …), plusieurs albums comprenant les chansons les plus emblématiques de la série sont évidemment sortis dans le commerce. En quelques mois, le premier album (Saison 1, Volume 1) s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux États-Unis et, si aujourd’hui les albums reprenant les titres de chaque saison ont cessé de paraître (en raison de ventes probablement en baisse), des albums plus événementiels voient encore le jour (le dernier en date était consacré au centième épisode de la série, diffusé outre-Atlantique en mars dernier) et chaque chanson entendue dans la série est disponible au format digital sur iTunes, juste après la diffusion des épisodes (plus de 13 millions de singles digitaux ont d’ailleurs été vendus entre 2009 et 2011).

Voici d’ailleurs deux exemples de chansons que l’on a pu entendre au cours des cinq premières saisons de la série. La première, une reprise de « Don’t Stop Believing » du groupe Journey, est devenue LE titre emblématique de Glee après avoir été interprété dans l’épisode pilote (le titre sera à nouveau chanté à la fin de la saison 1 et au cours du centième épisode notamment) et la seconde, une reprise du titre « Pompeii » de groupe Bastille, est la dernière chanson interprétée lors de l’épisode final de la saison 5 (le dernier épisode diffusé à ce jour).

Le business dérivé de Glee ne s’est pas arrêté là car sont également parus des romans, des applications mobiles et tablettes, des jeux vidéos karaoké, et deux séries de concerts ont même eu lieu en 2010 et 2011 aux États-Unis et au Royaume-Uni, donnant ensuite naissance au film Glee, le concert 3D, sorti au cinéma en août 2011, puis en DVD et Blu-ray quelques mois plus tard. La série a également fait émerger une nouvelle génération de comédiens-chanteurs talentueux, parmi lesquels on peut citer Lea Michele, la star de la série (qui a cette année sorti son premier album solo), Darren Criss, Jonathan Groff (qui a depuis prêté sa voix à un personnage de La Reine des Neiges de Disney et décroché le rôle principal de la série Looking, diffusée sur HBO), ou encore Naya Rivera.

Depuis environ deux saisons, les audiences de Glee sont pourtant en baisse (une baisse très nette surtout lors de la saison 5, diffusée entre septembre 2013 et mai 2014 et qui ne rassembla que 4,57 millions de téléspectateurs en moyenne) et la saison 6, qui compte seulement 13 épisodes et sera diffusée entre le 9 janvier et le 20 mars prochain sur la Fox, sera la dernière (la série ayant été profondément marquée par le décès d’un de ses comédiens principaux, Cory Monteith, en juillet 2013). Mais indéniablement, Glee est une série qui aura marqué l’histoire de la télévision américaine et des séries pour adolescents.

Pochette de l'album "Once More, with Feeling" de la série "Buffy contre les vampires" - Source: www.amazon.com

Pochette de l’album « Once More, with Feeling » de la série « Buffy contre les vampires » – Source: www.amazon.com

D’autres séries, souvent dramatiques et dont l’univers est tout sauf musical, ont également cédé aux sirènes de la comédie musicale, mais seulement le temps d’un épisode. La volonté d’offrir aux fans un tel épisode, détonnant complètement avec le reste de la série, provient souvent de l’envie pure et simple du créateur de la série de se faire plaisir. C’était notamment le cas de Shonda Rhimes, la créatrice de Grey’s Anatomy, qui a écrit en 2011 (au cours de la saison 7 de la série) un épisode musical reprenant certains titres emblématiques entendus au cours des premières saisons de la série médicale, et donc interprétés cette fois-ci par le staff de l’hôpital Seattle Grace (concept assez original pour une série plutôt sérieuse). L’épisode a été énormément critiqué et ne marquera pas les mémoires pour sa grande qualité, au contraire par exemple de « Once More, with Feeling », l’épisode musical de Buffy contre les vampires (issu de la saison 6 de la série) dans lequel un démon contraint les personnages à chanter et qui fait partie des épisodes remarquables de la série, notamment parce que presque toutes les chansons de l’épisode ont été composées et écrites spécialement pour l’occasion par Joss Whedon, le créateur de la série (exercice qu’il n’avait jamais fait auparavant).

Mais aujourd’hui, devant notamment la baisse d’audience de Glee, on peut se demander s’il n’y aurait pas, depuis quelques temps, une sorte de désamour du public pour les comédies musicales à la télévision. Dans ce sens, on peut citer par exemple l’échec récent de la série Smash, diffusée entre février 2012 et mai 2013, le temps de deux courtes saisons, sur la chaîne américaine NBC, et qui n’a pas vraiment trouvé son public. Malgré un thème original (la création d’une comédie musicale sur la vie de Marilyn Monroe, mettant ainsi en place un procédé de comédie musicale dans la comédie musicale) et un épisode pilote extrêmement réussi, les épisodes suivants ont déçu et le départ de la créatrice de la série à l’issue de la saison 1 n’a rien arrangé. À noter également qu’en janvier prochain la chaîne ABC lancera à son tour sa série sous forme de comédie musicale, Galavant (annoncée comme inscrite dans la tradition de Sacré Graal des Monty Python). Les critiques qui ont déjà vu l’épisode pilote sont peu enthousiastes à l’égard de la série et il faut bien avouer que la bande-annonce (visible ci-dessous), à coups de chevaliers qui se mettent tout à coup à chanter, donne plutôt envie de rire, et pas forcément pour les bonnes raisons.

Malgré tout, on peut faire confiance aux Américains pour arriver à donner un nouveau souffle aux comédies musicales à la télévision et on peut déjà parier que d’ici une ou deux saisons on verra arriver sur nos petits écrans une nouvelle série musicale à succès, comme eux seuls savent le faire.

Musique, ton univers impitoyable

Pour terminer ce tour d’horizon de la musique dans les séries télé américaines, il convient également de s’intéresser aux séries qui se passent dans l’univers de la musique (sans être pour autant des comédies musicales puisque les personnages ne se mettent pas à chanter sans raisons).

Sheryl Crow, Gavin DeGraw, Kid Cudi, des artistes apparus dans "Les Frères Scott" - Jérémie D. CC BY-NC

Sheryl Crow, Gavin DeGraw, Kid Cudi, des artistes apparus dans « Les Frères Scott » – Jérémie D. CC BY-NC

La première que l’on peut citer, pour sa longévité impressionnante (9 saisons, diffusées entre 2003 et 2012) et le fait qu’elle ait passionné toute une génération d’adolescents et de jeunes adultes, est la série Les Frères Scott (One Tree Hill en version originale). Bien que d’abord vendue comme une série principalement immergée dans l’univers du basketball, notamment à travers ses deux personnages principaux, Lucas et Nathan, deux lycéens (et accessoirement demi-frères) qui rêvent de jouer en NBA, la série a rapidement développé un important univers musical, que ce soit par sa bande-son, le fait que chacun de ses épisodes (en anglais) porte le titre d’une chanson ou d’un album, ou encore et surtout grâce à la trajectoire que prennent certains de ses personnages, dont Haley et Peyton, la première devenant chanteuse et la seconde ouvrant au cours de la saison 5 son propre label musical (repris ensuite par Haley lorsque Hilarie Burton, l’interprète de Peyton, quitta la série à la fin de la saison 6).

Et ce qui est certain c’est que si des personnages attachants et des intrigues parfois rocambolesques, proches du soap opera, ont contribué à fidéliser un public majoritairement jeune, la musique y a également grandement participé. Devant l’engouement des fans, le personnage d’Haley a par exemple pris de l’importance, trois albums reprenant les titres entendus dans la série sont sortis entre 2005 et 2007, et de nombreux artistes sont apparus au fil des neufs saisons, dont Sheryl Crow, Kid Cudi, le groupe Fall Out Boy ou encore bien sûr Gavin DeGraw, l’interprète du générique de la série, notamment apparu dans un épisode de la première saison et dans l’épisode final de la série, pour boucler la boucle.

Toujours dans la lignée des séries se déroulant dans l’univers de la musique, et cette fois-ci plus précisément dans celui de la musique country, Nashville. Lancée en septembre 2012 sur la chaîne ABC et actuellement en plein dans sa troisième saison, Nashville doit son titre à la ville dans laquelle son action se déroule, qui se trouve également être le berceau de la musique country. Reposant sur la rivalité entre ses deux personnages principaux, Rayna James, un star de la country dont les ventes d’albums faiblissent, et Juliette Barnes, une jeune starlette qui commence à lui faire de l’ombre, la série fait la part belle à la musique, à travers les différentes séquences chantées qui rythment les épisodes (séances d’enregistrements, performances sur scène, …).

Pochette de l'album "The music of Nashville - season 1, volume 2" - Source: www.amazon.com

Pochette de l’album « The music of Nashville – season 1, volume 2 » – Source: www.amazon.com

Plusieurs albums sont là encore sortis depuis le début de la série, reprenant la plupart des chansons interprétées par les différents personnages (et qui, en grande majorité, sont des chansons composées spécialement pour la série), et Nashville, portée notamment par les actrices Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et Hayden Panettiere (Heroes), est, il faut bien l’avouer, extrêmement addictive. De plus, elle propose une bande-son réussie qui a le mérite de mettre en lumière un genre musical assez peu connu en dehors du territoire américain.

Pour finir, au rayon des nouveautés, la chaîne Fox proposera dès le 7 janvier la série Empire, créée par Lee Daniels (le réalisateur des films Precious et Paperboy), qui, elle, se déroulera dans l’univers du hip-hop et racontera l’histoire de Lucious Lyon, un producteur qui, après avoir appris qu’il est malade, doit décider auquel de ses trois fils il va remettre son empire musical. Interprétée notamment par les comédiens Terrence Howard, Taraji P. Henson et Gabourey Sidibe (l’actrice principale de Precious, justement), Empire aura la particularité de proposer une bande-son écrite et produite tout spécialement par Timbaland, producteur et compositeur à succès, à qui l’on doit notamment les titres « Cry Me a River » de Justin Timberlake ou « Apologize » de OneRepublic. On peut donc supposer que, si le succès est au rendez-vous, des albums et autres produits dérivés verront là encore le jour et la Fox semble d’ailleurs croire beaucoup en Empire puisque la série sera diffusée juste après la grosse machine American Idol (version américaine du télé-crochet Nouvelle Star), qui rassemblait encore, la saison dernière, plus de 11 millions de téléspectateurs en moyenne. La bande-annonce est à découvrir ci-dessous:

De manière générale, on peut donc dire qu’aujourd’hui la musique contribue au succès des séries qu’elle accompagne, en participant autant à leur dimension narrative qu’à leur dimension esthétique. Et devant cet engouement des fans pour la musique entendue dans les séries, les producteurs capitalisent sur ce succès en proposant toute une gamme de merchandising et un placement d’artistes de grande ampleur, faisant alors des séries télé un business majeur, s’étendant bien au-delà du médium télévisuel.

Sources:

Campagne de communication : Les boissons sont à l’honneur !

Plusieurs campagnes de communication sur les boissons ont été dernièrement élaborées sous différentes formes. On se consacrera principalement sur deux d’entre elles très innovantes :
Perrier mise sur l’univers artistique avec le Street Art ;
Oasis enfile les costumes de superhéros.

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La marque Perrier invite le Street art sur ses bouteilles, en sortant une édition limitée « Perrier inspired by Street Art », qui relook ses produits de façon artistique.

De ces créations ressort neuf designs uniques, qui seront disponibles jusqu’à la fin de l’année.

PerrierStreetArtPour ce faire, Perrier a fait appel à trois street artistes :
– l’américain Jon One, pour les bouteilles en verre ;
– la japonaise Susu, costumise les bouteilles en plastique ;
– le brésilien Kobra, revête les canettes.

Le but de cette campagne est de présenter les différentes façettes du Street art au grand public, grâce au choix réfléchi d’utiliser une diversité visible dans la sélection des trois artistes. La japonaise Susu s’est inspirée de la nature, de la lumière, du ciel et des fleurs pour délivrer des œuvres colorées et parfois géométriques, alors que, quant à lui, le brésilien Kobra a utilisé un kaléidoscope de couleurs fluorescentes.

Cette opération est une bonne stratégie marketing pour la marque, qui en profite pour faire parler d’elle, mais il s’agit aussi pour les artistes d’un bon moyen pour gagner en visibilité et en notoriété par l’exposition de leur créations.

Voici le teaser de la campagne Perrier inspired by Street art :

Oasis a elle aussi élaboré une série de canettes collector faisant référence à des personnages de superhéros, en collaboration avec Warner Bros Consomer Product et DC Entertainment, qui est apparue le 27 octobre 2014, à l’occasion des 75 ans du superhéro Batman.

Cette campagne conçue par Marvel, transforme à cette occasion les fruits d’Oasis :

03-2 Oasis Heros

– La framboise devient Wonder Woman ;
– La mangue représente la référence à l’honneur en Batman ;
– L’orange enfile le costume de Superman ;
– La fraise fusionne avec le personnage Flash.

Teaser de la campagne :

Ces canettes sont regroupées dans deux coffrets (par lot de deux) qui coûte 15 euros chacun. Ces derniers sont disponibles chez Colette, le concept store parisien.

A savoir que la marque Oasis joue énormément ces derniers temps sur leur campagne de communication, d’une part, avec leur web série « l’effet papayon », d’autre part, à travers plusieurs produits dérivés, telle que la sortie de nouveaux bonbons Oasis en partenariat avec la marque Haribo :

 les-nouveaux-bonbons-haribo-oasis03-3 Oasis Bonbons

Sources :

Campagnes de communication : le fooding dans les grandes distributions

Depuis cet été, plusieurs grandes distributions ont orienté leur campagne de communication par la mise en avant du fooding, soit de manière amusante, soit de manière plus sérieuse.

Monoprix, la marque où les produits ne font plus « bip » en caisse !

D’une part, Monoprix a fait appel aux agences Rosapark et Kaazba, pour élaborer une campagne éphémère dans un de leur magasin parisien, en transformant le temps d’une journée le son des « bips » de leurs caisses enregistreuses, lors du passage des produits alimentaires de leur marque.

Entre autre, le lait faisait « Meuh », les oeufs « Cot-cot », les croquettes « Miaou », l’eau gazeuse « Pshitt » ou encore le thé jouait l’hymne anglaise.

Cette action a donné lieu à une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dans le but de faire circuler la démarche innovante de la marque :

 
Les bips aux caisses des Monoprix changés en… par mistersexybuzz

Cette campagne a été mise en place dans le but de faire sourire les clients, mais surtout de les inciter à acheter davantage des produits de leur marque, pour entendre davantage ces bruits insolites. Pour cette occasion, cette stratégie marketing a permis à la marque de constater une augmentation de la vente de ses produits, et de faire le buzz sur les réseaux sociaux grâce à la vidéo publiée sur Dailymotion et Youtube (voir vidéo ci-dessus).

« Monoprix veut montrer que les marques de distributeur, elles aussi, peuvent être des produits désirables et enlever tous les clichés qui persistent encore chez les consommateurs. », déclare Jean-Patrick Chiquiar, co-fondateur de l’agence Rosapark

 

Carrefour joue sur l’équilibre alimentaire…

D’autre part, une autre marque de grande distribution, Carrefour, a quant à elle développé une campagne de communication beaucoup plus sérieuse, nommée « à quelle fréquence », élaborée, fin septembre 2014, par un comité d’experts de l’alimentation et de la santé publique, qui devance la « Loi santé » de Marisol Touraine pour lutter contre l’obésité.

Cette campagne instaure des indicateurs de consommation sur les emballages des produits alimentaires de la marque Carrefour, par la création de différents pictogrammes :

03 Carrefour - Aquellefrequence - Indicateurs

Indicateurs Carrefour de sa campagne « à quelle fréquence » – source : foodly.fr

Ces quatre pictogrammes ont été évalués selon les critères suivants :
– La base de leur recettes ;
– Les habitudes de consommation ;
– Des données de santé publique ;
– Des données scientifiques établis par une méthodologie de l’offre de communication britannique.

Le but de cette initiative : Faire bénéficier aux consommateurs d’une alimentation riche et variée, mais aussi valoriser l’image de la marque de distribution, qui joue sur le bien-être de ses clients par leur équilibre alimentaire.

Cette démarche sera mise en place dans tous les magasins Carrefour à partir du mois de décembre 2014 sur une gamme de 700 de leurs produits.

Initiative parfois critiquée :

33 sociétés savantes et associations, dont notamment la Société française de la santé publique, ont fait une pétition pour suspendre cette campagne de communication, la jugeant non conforme à l’étiquetage nutritionnel simplifié proposé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du transport (ANSES), imposant cinq pictogrammes de couleurs différentes et non quatre.

Pour Que Choisir, c’est une « Initiative efficace et pleine de bon sens, mais qui, dévoilée juste avant la présentation du projet de loi santé qui doit justement trancher la question, risque de créer la confusion dans l’esprit du consommateur. »

Vous pouvez retrouver la campagne « A quelle fréquence » sur leur site dédié à cette démarche : aquellefrequence.fr

Sources :