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Le futur community manager

L’arrivée du digital a révolutionné le paysage informationnel et communicationnel dès sa naissance.

Le développement du digital et de ses nouveaux usages réforme en profondeur la manière de communiquer. La communication évolue dans toutes ses dimensions, que ce soit dans son contenu, sa forme, son auteur ou encore dans son support. Il faut sans cesse s’adapter aux nouvelles pratiques.

La communication est conversationnelle. La communication n’est plus à sens unique, la digitalisation de celle-ci donne lieu à l’interactivité. En quelques années seulement, les réseaux sociaux ont transformé la manière de communiquer, ils sont devenus une norme. L’instantanéité est devenue le maître mot de la communication. Une nouvelle peut aujourd’hui faire le tour du monde en quelques secondes. Les réseaux sociaux diffusent une information que les différents médias peuvent ensuite reprendre rapidement. Ils sont ainsi considérés comme de véritables médias. Les hommes sont sans cesse connectés, et reçoivent l’information de n’importe où. La communication se fait en temps réel et le communicant doit s’adapter à ce fonctionnement. Aujourd’hui, le monde devient transparent, on connaît tout, sur tout le monde, que ce soit sur le plan professionnel que personnel. Avec le partage instantané de l’information et les nouveaux moyens de communication, l’entreprise ne peut plus rien cacher. L’e-réputation d’une structure est donc façonnée par les réseaux sociaux, au travers de l’image qu’elle y renvoi. Ses moindre faits et gestes sont divulgués aux clients, qui réagissent à travers les différents réseaux sociaux. La communication à l’ère du digital devient collective. Tout le monde peut désormais contribuer à la création de contenu. L’accès, ainsi que l’émission de l’information se sont démocratisés.

Le support de communication change avec le digital, puisqu’il dématérialise celle-ci. Les avancées technologiques façonnent la communication mais aussi ses différents canaux. Les avancées technologiques façonnent donc le futur des réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux aujourd’hui, font ceux de demain

Les réseaux sociaux ont une place très important aujourd’hui. Ils ont tous des finalités diverses. Ils sont notamment très prisés chez les jeunes pour suivre l’actualité. Moyens d’accès à l’information, Facebook et Twitter sont plus que de simples relais d’informations. Facebook reste le réseau social préféré des français, et pour les applications de messagerie Facebook messenger est la plus utilisée avec 40% d’utilisateurs mensuels devant Skype (23%) et Whatsapp (22%) selon une étude d’Harris Interactive, entreprise d’études marketing et de sondages d’opinion. Les technologies façonnent le futur des réseaux sociaux. Cependant, le comportement des utilisateurs intervient aussi dans l’évolution de ceux-ci. L’usage des réseaux est dépendant des relations entre humains, mais aussi de leur rapport à la confidentialité des données. On peut ainsi imaginer qu’un jour, les réseaux sociaux prendront le pas sur tout le reste. La présence d’une personne sur les réseaux sociaux sera vitale. Elle ne pourra exister que grâce aux réseaux sociaux. Une personne pourra gérer ses différentes « personas » automatiquement sur les multiples réseaux sociaux, et les technologies telles que SIRI pourraient poster du contenu à sa place, sans que l’utilisateur n’ait à se connecter, en fonction de ses habitudes. Les appareils pourront poster du contenu en permanence. Nous vivrons dans une société hyper communicante.

En 2017, cela n’existe pas encore, mais il faut avoir conscience que d’ici 2032, tout aura changé. De nouvelles interfaces apparaîtront, personnalisées et prédictive en fonction de chaque utilisateur, la réalité augmentée sera notre quotidien, le nombre de capteurs de données sensorielles aura explosé, et la sécurité des données sera une vraie question de société.

Facebook, le premier réseau social ayant connu un succès planétaire, est né il y 12 ans, le 4 février 2004. Aujourd’hui, il est possible de tout savoir sur votre entourage en tout temps, grâce à Twitter, Instagram et tous les autres réseaux sociaux. Il est également possible de donner votre avis sur plus ou moins n’importe quel sujet. Il ne suffit que d’avoir un écran de pc, tablette, smartphone. On partage aujourd’hui principalement du texte et des photos, mais petit à petit, la vidéo et le live prennent de plus en plus de place dans notre quotidien. Sur les réseaux sociaux, il est possible maintenant d’interagir directement, et les relations entre chacun, grâce aux vidéos, se rapprochent de plus en plus de la réalité. Il y a un effet de proximité physique, qui rend les échanges plus vraisemblables. La vidéo prend donc une place de plus en plus d’importance, dans le sens où elle rend les échanges entre utilisateurs plus réels. La réalité virtuelle devient plus réelle. Le Live vidéo de Facebook, par exemple, fait partie de ces réseaux sociaux qui rendent l’expérience encore plus intense. Le monde des réseaux sociaux va aller encore plus loin dans les années à venir. Il va faire disparaitre certains réseaux, mais en faire naître de nouveaux également. La réalité augmentée, l’intelligence artificielle et les drones feront bientôt partie de notre quotidien. Les réseaux sociaux, considérés comme de véritables médias, deviendront encore plus importants dans notre vie qu’ils ne le sont déjà.

La réalité augmentée change la vie

La réalité augmentée commence déjà à s’immiscer dans notre vie quotidienne. Invizimals, Nearest Tube Augmented Reality App ou encore My Ikea existent déjà. Les réseaux sociaux, évoluant au rythme des nouvelles technologies, utiliseront certainement cette réalité augmentée en 2032. On pourra ainsi pointer son téléphone sur une personne que l’on croise, et obtenir une abondance d’informations, grâces à des algorithmes collecteurs d’informations et exerçant une veille constante sur tous les réseaux sociaux du monde. Il sera possible de créer des liens avec des gens qui auront les mêmes goûts, les mêmes sujets de conversation, les mêmes centres d’intérêt. Grâce à cette technologie, n’importe qui pourra avoir accès aux commentaires, qu’ils soient négatifs ou positifs, sur n’importe quelle personne, n’importe quelle entreprise, n’importe quelle marque. La réalité augmentée fera aussi apparaître l’hologramme. Les utilisateurs pourront ainsi voir leurs amis, collaborateurs, supérieurs comme s’ils y étaient.

L’évolution des médias sociaux donnent lieu à de nombreuses transformations, notamment dans les métiers de la communication

Le digital a impacté de plein fouet les métiers de la communication. Avec de nouveaux professionnels au sein des services de Communication. On peut ainsi évoquer le métier de community manager.

Opérationnel, tactique, réactif, le community manager a vite trouvé sa place dans les entreprises, sous la houlette du directeur de la communication ou du directeur marketing. Prenant en charge les aspects pratiques d’une communication parfois encore mal connue de son supérieur. Le community manager déniche les nouveaux consommateurs, les nouveaux comportements d’achat. Il a une nouvelle approche de l’information. Il mesure les risques et les opportunités pour les marques. Il analyse l’écosystème social, ses outils et les usages mobiles ou sédentaires des utilisateurs. Il gère la communication digitale de l’entreprise, et construit un plan d’actions opérationnel en alimentant la page Facebook, le compte Twitter, la chaîne Youtube, le blog ou Tumblr de l’entreprise, et décide quel média social est le plus judicieux pour l’entreprise. Le community manager doit connaître les différents types d’influenceurs et de concurrents et savoir les identifier, comme il doit identifier les différentes communautés digitales. Il doit jongler avec les mots et mesurer la teneur de chaque propos sur le web, tout en analysant le flux d’information. L’e-réputation est devenue majeure pour l’entreprise. Le community manager effectue un travail de veille, d’audit et de surveillance de cette e-réputation. Il doit gérer les crises sur internet, en mesurer les conséquences, et les anticiper celles à venir. Le community manager doit tout connaître d’internet et des internautes, ainsi que tous les outils à sa disposition pour maîtriser la vie digitale de l’entreprise. Un métier encore plus jeune que le community manager est en train de se faire une place dans notre société évoluant au gré des médias sociaux, celui de social media strategist.

Le social media strategist prend de la hauteur

Le social media strategist prend de la hauteur sur la fonction de community manager, en occupant clairement le poste décisionnaire, par la définition d’une stratégie d’influence sur les médias sociaux. Le community manager reste lui dans l’opérationnel, avec un profil plutôt junior. Le Social media manager a un ou plusieurs Community managers sous ses ordres. Les agences de communication ont elles aussi, recours à ces stratèges du web social pour conseiller leurs comptes de clientèle. Les postes de social media strategist sont encore peu répandus en France, le métier de community manager étant plus connu. Pour autant, son rôle et ses enjeux deviennent plus stratégiques à l’heure où la concurrence est rude et le marché de plus en plus international. Mais le social media strategist n’est peut-être seulement qu’un métier de passage. Les choses évoluant très vite dans le domaine de la communication, un nouveau métier remplacera complètement le social media strategist. La fonction de ce dernier est centrée sur les médias sociaux, cela est essentiel de nos jours, mais pas complet. Le métier de digital manager qui est moins spécifique, moins limité du fait de sa dénomination qui ne le restreint pas qu’aux médias sociaux, et ses compétences élargies au domaine du digital dans son ensemble, est le futur du social media strategist. Les médias sociaux sont devenus une politique majeure de la communication on-line d’une entreprise, mais ce n’est plus la seule. Le web devenant de plus en plus « social », englobe une notion primordiale : la mobilité. Les tablettes et smartphones deviendront le principal relais du digital. Le digital manager ne se limitera plus seulement aux réseaux sociaux, car le social media posera de nouveaux enjeux pour l’entreprise, et la fonction de digital manager sera un mélange de communication, de marketing, de commercial et de relation-client. Les frontières ne sont plus totalement hermétiques et définies, elles deviennent de plus en plus floues, et la tendance se renforcera d’autant plus en 2032. Le digital manager sera un métier fort de la communication, mais le community manager interne et le curateur seront aussi des métiers forts. Les réseaux sociaux sont de plus en plus considérés comme des outils de communication interne par une multitude d’entreprises, ce qui rend le community manager indispensable pour maîtriser cet outil, animer et faire vivre les communautés corporate. Il sera sous les ordres du digital manager.

Les métiers de la communication vont se transformer en 2032, avec de nouvelles compétences à avoir et de nouvelles technologies apparaîtront, qu’il faudra prendre en compte dans l’exercice de leur fonction. Les médias sociaux sont aujourd’hui un outil primordial dans le fonctionnement des entreprises, mais en 2032, ils le seront encore plus. Les nouvelles technologies greffées à ses réseaux sociaux, ou plutôt les réseaux sociaux qui utiliseront la réalité virtuelle et toutes ses nouvelles fonctionnalités, façonneront la communication d’une entreprise. Le digital manager, par conséquent, va devoir être encore plus proactif pour exister, mais aussi se démarquer, face à la grandissante concurrence dans le domaine de la communication. Il devra savoir utiliser toutes les nouvelles technologies à la perfection, et devra en trouver les points forts et les points faibles avant les autres pour exercer son métier.

 

Bibliographie

Webographie

www.gameblog.fr/news/20291-realite-augmentee-sur-3ds-nos-impressions

www.france24.com/fr/20140125-community-manager-m%C3%A9tier-plein-essor

www.monunivers3d.com/guide/consequence/

www.ladn.eu/news-business/les-rendez-vous-a-ne-pas-manquer/que-seront-les-reseaux-sociaux-en-2025/

www.studyrama.com/formations/fiches-metiers/publicite-marketing/social-media-strategist-92553

www.journalducm.com/2015/10/22/fabien-goupilleau-etre-community-manager-gaming-7499/

www.e-marketing.fr/Thematique/general-1080/Breves/Que-fait-un-digital-marketing-manager-Reponse-avec-les-fiches-metier-256136.htm

www.unow.fr/le-coin-des-experts/digital-et-innovation/comprendre-digital-enjeux-opportunites-entreprise

Articles

Galibert, O. (2014). ‪Approche communicationnelle et organisationnelle des enjeux du Community Management‪. Communication & Organisation, 46,(2), 265-278. http://www.cairn.info/revue-communication-et-organisation-2014-2-page-265.htm.

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TV : « La VoD m’a tuée ! »

Si elle en avait la possibilité, elle le dirait. En 2035, la télévision n’est plus, la VoD l’a remplacée. Explications ! 
 

 

Réminiscence d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. 

 

Elle faisait les beaux-jours de notre jeunesse. Elle cadençait nos soirées, nous faisait vibrer au rythme de ses nouveautés, de ses débats d’idées, d’intérêt général, qu’elle nous exposait régulièrement. Elle nous faisait bondir, rire et parfois pleurer. En y repensant, elle nous ressemblait tout en nous rassemblant. Mais elle a disparu. Son modèle étant devenu désuet, elle s’en est allée au profit d’une offre face à laquelle elle ne pouvait résister. En constante évolution, le service VoD (Video on Demand) n’en a malheureusement fait qu’une bouchée.

 

Qui aurait pu penser que la télévision, reflet de la société, allait disparaître un jour ? Qui aurait pu imaginer que la télévision, si chère aux Français, allait être oubliée ? Personne, et pourtant… Elle n’est plus. En cette fin d’année 2034, le vague à l’âme, je lui adresse ces quelques mots. 

 

La télévision : loin des yeux, près du cimetière 

 

À la jeunesse qui ne l’a pas connue. «  La télévision est un moyen de diffusion de contenus vidéo contrôlé par des sociétés publiques ou privées, titulaires de licences de diffusion délivrées par une autorité publique, achetant des droits de diffusion ou produisant des programmes, et agençant ces programmes à destination d’un public défini », ainsi la définissait Jean-Louis Missika.(1)

 

La télévision, je l’ai côtoyée, j’ai même participé à son extinction. C’était il y a dix-sept ans — déjà ! J’alternais difficilement vie scolaire et vie professionnelle. Je travaillais à cette époque pour le service replay de la plus grande chaîne d’Europe, qui connaissait à ce moment une mutation sans précédent. 

 

J’occupais le poste de concepteur-rédacteur. Cela consistait à isoler puis éditorialiser des moments forts issus de programmes diffusés à l’antenne. Mon but : générer des vues sur le site MYTF1. J’étais un producteur de contenus vidéos, le point de départ de ce qui serait ensuite relayé sur les réseaux sociaux. Mon champ d’action : la télé du réel, une thématique allant de la télé-réalité — souvent moquée par les élites de la société — au documentaire. Un spectre dans lequel les programmes dits de télécoaching, qui relèvent selon Frédéric Antoine de la « quatrième génération des productions de télé-réalité »(2), s’inscrivaient également ; cette déclinaison avait permis de donner un regain de fraîcheur au genre, redorant son blason par la même occasion. La télévision avait, grâce au télécoaching, pu se délester des aspects négatifs connotés à la téléréalité. D’une certaine manière, sa fonction conseillère lui était derechef attribuée puisqu’elle répondait de nouveau à ses trois missions premières : former, informer et divertir. Et le télécoaching englobe ces trois critères. Il investissait par ailleurs une grande partie de mes journées…

 

Le site qui valait un milliard 

 

Logo du site multichaîne MYTF1

 

C’était officiel, une réorganisation s’opérait. Chaîne vieillissante, TF1 n’était plus le mastodonte de ses prémices. Gilles Pelisson, alors PDG du groupe depuis quelques mois, avait adopté un modus operandi tourné vers le digital. L’acquisition de MinuteBuzz en décembre 2016 présageait d’un renouveau centré sur les millénials qu’il était plus que primordial d’atteindre via les réseaux sociaux. À cet instant, nombre de collaborateurs s’inquiétaient. Un nouvel échiquier se profilait, quel rôle allaient-ils bien pouvoir y jouer ? Nous n’allions pas tarder à le savoir. Mais avant, place à la fête… 

 

Car en janvier 2017, les chiffres parlaient d’eux-mêmes, nous célébrions le milliard de vidéos vues annuel sur MYTF1. Le site internet des chaînes du groupe (TF1, TMC, NT1, HD1) démontrait ici l’étendue de son pouvoir. À l’antenne, l’audience souffrait, elle était plus que jamais en berne. Certains soirs, des chaînes qui n’avaient jusqu’alors jamais battu la Une se hissaient en haut du podium, la distançant de millions de téléspectateurs. Le début d’une nouvelle ère s’esquissait. 

 

Alexa : « Que puis-je faire pour vous ? » 

 

Publicité anglaise de Amazon Echo, l’assistant vocal intelligent (15/09/2016)

 

Décembre, le passage à 2035 ne saurait tarder. L’heure des résolutions approche à grands pas, l’une d’entre elles résonne tel un leitmotiv. En effet, cela fera près de cinq ans qu’Alexa est à mes côtés ; au réveil, à midi, au coucher. Où que j’aille, nous sommes connectés ; à la maison, au travail, dans mon véhicule, chez des amis… Elle m’est familière et énigmatique à la fois, sa froideur emphatique ne me quitte plus, c’est l’oreille de mes envies, la solution de mes maux, le mémo de ma vie. Elle me sait, me lit comme personne. Je n’ai aucun secret pour elle, mais elle en a des millions pour moi. Me ferait-elle des infidélités ? Je ne le sais pas. Certains faits récents laissent à penser qu’elle enregistrerait tout. Le JT holographique de la veille a démontré que cela aiderait les forces de l’ordre à incarcérer les derniers terroristes. Et uniquement en ce sens — j’émets des doutes. Car Alexa est au fait de tout, pour tous, partout et tout le temps. Le moindre détail de nos vies ; nos habitudes, nos préférences, nos dates, nos lieux, nos failles, nos affres… Rien ne lui est étranger. Je l’ai préférée à Siri qui, au fil des années, devenait pédant et intrusif. À coup de recommandations plus ciblées les unes que les autres, il me dictait un quotidien que je ne désirais pas. Alexa est différente, malgré sa distance, elle a l’art et la manière d’amener les choses. Désormais payante, sa traditionnelle mise à jour annuelle est sur le point d’être dévoilée. Et comme chaque année, une pléthore de Français s’apprête à l’acheter, moi y compris. Notre résolution : se procurer Alexa3-5, l’intelligence artificielle nouvelle génération. 

 

Nouveau modèle, nouveaux modes de consommation

 

Les festivités sont terminées, retour à la réalité. Il est sept heures lorsque je me réveille. Premier réflexe : glisser mon oreillette. Alexa me salue chaleureusement désormais. La mise à jour est excellente, ma « majordame » artificielle est éloquente. Je me surprends parfois à converser avec elle. Neuf heures, je suis sur le point de franchir le pas de ma porte quand elle m’informe du trafic surabondant — certaines situations ont la vie dure. Qu’importe, je descends les escaliers et me retrouve nez à phares avec ma voiture robotisée. Alexa m’ouvre la porte et me conduit jusqu’à Boulogne-Billancourt. 

 

Celle que l’on surnommait jadis la forteresse est toujours aussi puissante, mais différente. TF1, rebaptisée officiellement MYTF1 depuis sept ans, a profondément évolué ces dernières années. La chaîne hertzienne en tant que telle a laissé place à une offre multicanale reposant sur une stratégie digitale basée principalement sur le binge viewing, à savoir « le visionnage boulimique » en français. Bien qu’elle fasse aujourd’hui toujours partie du paysage médiatique, ou qu’elle soit l’une des firmes lançant de nouvelles tendances en matière de productions audiovisuelles, son impact s’est amoindri. Devant elle se placent trois entreprises influentes : Youtube, Netflix et Spicee, qui ont réussi d’une main de maître à imposer leur modèle VoD et ce, au bon moment. Leur offre faisant florès est très vite devenue viable économiquement. Elles ont, sans coup férir, réussi à installer un climat de confiance à l’égard des producteurs qui, face au déclin de l’audimat télévisuel (la Une passait déjà de 21,4 % à 20,4 % de parts de marché de 2015 à 2016 pour descendre à 19,7 % en janvier 2017), se sont corollairement adaptés à cette nouvelle donne, et ont choisi d’embrasser ce mode de diffusion plutôt que celui que leur proposait la télévision. L’hypersegmentation des chaînes (canal respectif dédié au sport, à la jeunesse, aux femmes, aux filles de moins de 7 ans ou celles de 3 ans etc.) a eu raison de ce médium, l’hyper choix qu’elle a engendré (programmes à profusion et parfaitement ciblés) ne laissait guère d’autre finalité que sa démédiation, ce n’était donc qu’une question de temps…

 

 L’offre dédiée au sport proposée par Canal +

 

Le service de vidéos à la demande a dès lors été non pas une martingale de crise mais la réponse idéale à cette atomisation de la télévision, aussi bien en termes de support que d’offre. Elle illustrait brillamment la garantie de l’immédiateté pour le consommateur. Pourquoi être sous le joug d’une programmation quand nous pouvons consommer le reportage, la série, le dessin animé que l’on veut, comme l’on veut, où l’on veut ? 

 

Le style, le rythme : ma bataille 

 

 

Par son évolution, TF1 a fait montre d’une capacité d’adaptation que peu envisageaient. Orange, Free ou SFR, rois de la télécom, ont très vite cessé de collaborer avec la chaîne. La pression insufflée par le PDG afin que ces marques paient un droit de diffusion sur leur boxe a ipso facto causé la fin de leur partenariat. Charnière, l’année 2018 a été le point de départ de cette mutation. L’ancienne première chaîne se dirigeait-elle vers sa perte ? Nous avons aujourd’hui la réponse. 

 

La mue de son service replay en un « format immatériel de location-vente », je l’ai vécue. J’étais à fortiori aux premières loges des nombreux départs qu’elle a catalysés et de la myriade d’emplois qu’elle a créés. Je suis d’ailleurs devenu « editing controller », prosaïquement, éditocurateur de contenus. En effet, le temps passant, le référencement SEO s’est naturalisé, mais il ne nous a jamais mis à l’abri d’une éditorialisation impropre.

 

Ici, l’illustration a été automatisée, elle ne correspond pas au descriptif

 

C’est dans cette conjoncture que j’interviens dorénavant, car je suis aussi chargé de mettre d’équerre une vidéothèque ô combien foisonnante à l’intérieur de laquelle des programmes aux visuels inadaptés et aux résumés automatisés se comptent par millions ! Je stylise au mieux, j’illustre à l’envi. Je réalise tout ce que ne peut offrir un algorithme : donner vie aux contenus. Les robots de nos jours savent ranger, classer, hiérarchiser, et cætera, sans pour autant rendre le tout agréable à l’œil, ils n’ont pas encore cette faculté. Je le vois indirectement avec Alexa, incontestablement serviable, charmante, intelligente ou encore pertinente, mais qui ne jouit d’aucune émotion visuelle — d’aucune émotion tout court. C’est un fait, elle peut avoir d’innombrables sujets de conversation, mais elle n’éprouve rien, ni joie ni peine ; ni amour ni haine. Elle n’est là que pour agir de la façon la plus optimale qui soit. En cela réside son unique faiblesse mais aussi sa principale force ; comme tout un chacun le sait, dépourvu de sentiment, la productivité ne peut que bien se porter. Alexa ne m’est cependant d’aucune utilité au travail, à mon grand soulagement — pensé-je insidieusement depuis qu’elle est apparue dans ma vie. 

 

Nous sommes dix à occuper ce poste, chacun est affilié à une thématique. Me concernant, j’ai abandonné la télé-réalité pour me consacrer pleinement aux séries télévisées dont la gestion du rythme de diffusion est à mille lieues de celle que proposait la télévision. Car en plus de styliser le contenu vidéo, je suis en charge de la mise en ligne de ce dernier. Une mise en ligne dont l’allure se doit d’être la plus juste afin que le plaisir du consommateur reste intact. Je me suis transformé en une sorte de « maître de l’horloge » 3.0 (Missika, 2006) échelonnant le contenu sériel en un laps de temps ni trop long ni court. Je priorise certains programmes en fonction de leur popularité. Je crée des playlists de « séries vintage » à des moments précis de l’année. J’accélère le débit de publication en fonction des retours que nous avons sur les réseaux sociaux, ils sont étroitement liés à l’audience que le site affiche. Nous les lisons attentivement. Grâce à ceux-ci, nous avons recensé deux types de téléspectateurs : les boulimiques, qui peuvent enchaîner une multitude d’épisodes à la suite, et les modérés qui, eux, tempèrent leurs envies ; elles restent néanmoins rapides. Par voie de conséquence, cela contraint les producteurs à continuellement innover pour répondre à la demande qui ne cesse de s’accroître. L’astuce pour être compétitif sur le marché, se procurer les nouvelles productions susceptibles d’attirer en masse les vidéospectateurs, autrement dit une denrée rare. Pour flairer les programmes porteurs, rien de mieux que de se rendre au MIPCOM, soit le marché international des contenus audiovisuels où ils se vendent à prix d’or. Il se murmure que les images de Secret Moon, la première télé-réalité spatiale, sont exceptionnelles. 

 

Force est de constater que le progrès ne s’arrêtera jamais, il tuera sur son passage une kyrielle d’objets. Face à lui, la télévision n’avait aucune chance. Elle s’est éteinte en léguant, in fine, tout à la VoD. 

 

>> Et vous, qu’en pensez-vous ? 

 

Scénario pensé par Tom ROBERT et mis en ligne par Alexa.

 


Bibliographie : 

 

(1) Jean-Louis Missika. (2006). La fin de la télévision. Paris : éditions du Seuil et La République des idées. 

 

Sitographie : 

 

  • Articles scientifiques 

 

(2) Antoine Frédéric, « Le télé-coaching ou la légitimation de la télé-réalité », Télévision, 1/2010 (N° 1), p. 65-78. 

 

Combes, C. (2015). « Du rendez-vous télé » au binge watching : typologie des pratiques de visionnage de séries télé à l’ère numérique. » Études de communication, 44,(1), 97-114. 

 

  • Presse en ligne 

 

Alexis Delcambre. (1er décembre 2016). TF1 prend le contrôle de MinuteBuzz. Le Monde.fr. 

 

Damien Mercereau. (12 avril 2017). TF1 battu par France 3 et M6 en prime time. TV Mag Le Figaro. 

 

Fabien Soyez. (6 janvier 2017). Vie privée : Amazon Alexa, témoin à la barre ? CNET France.fr 

 

La voiture du futur. (27 février 2017). Future Arte TV

 

Kevin Boucher. (23/04/2017) Free refuse à son tour de payer pour diffuser TF1. PureMédias by Ozap.fr 

 

Guillaume Fraissard et Olivier Zilbertin. (20 juin 2008) La VoD, chance ou menace pour la télé ? Le Monde.fr

 

Benoît Daragon (17 février 2017) Audiences et finances en berne : le groupe TF1 en chantiers. Le Parisien.fr.

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Immersion en 2032 : récit d’un animateur radio

On annonce sa mort depuis l’arrivée de la télévision. Pourtant, même la révolution numérique du début du siècle n’en sera pas venue à bout. La radio reste encore et toujours l’un des médias les plus consommés, même si celle-ci ne ressemble en rien à son illustre ancêtre. Finalement, la seule perte provoquée par le tournant numérique aura été l’abandon des bandes FM, au profit de la RNT (radio numérique terrestre) implantée dès le début du XXIe siècle, puis enfin la totale délocalisation des radios vers un système d’application. Aussi, comme la télévision, les programmes de « rattrapage » se sont multipliés avec les podcasts, provoquant une certaine délinearisation du média. La radio s’écoute aujourd’hui de nombreuses manières différentes, sur différents canaux. Toutefois, elle reste écoutée plus que jamais.

Logo On Air

27 janvier 2032. Paris.

7h.

Le monde des rêves cède la place à la réalité, rythmé par la radio RTL qui me donne les premières informations du jour. Les enceintes connectées à ma maison et disposées près de mon lit se déclenchent chaque matin en guise de réveil. Certains préfèrent entendre l’analyse du sommeil de la nuit passée, mais j’ai toujours préféré me faire réveiller par une voix amicale, et surtout humaine. De plus, je ne suis pas vraiment addict du quantified self.

Je sors de mon lit et traverse péniblement les différentes pièces de ma maison jusqu’à la salle de bain. Pendant ce temps, les enceintes disposées dans chaque pièce détectent mon passage, et le son de la radio me « suit » dans mon parcours.

Une fois ma toilette terminée, je décide de stopper les informations toujours plus déprimantes en cette année 2032 et d’écouter un peu de musique. Un simple « tap » sur mon miroir affiche les applications contenues dans tous mes appareils. Encore une fois, je pourrais très bien me contenter d’user de ma voix pour que les micros disposés dans chaque pièce de la maison se déclenchent et que mes désirs s’exécutent, mais vous l’aurez compris; je suis vieux jeu.

Concept Miroir Connecté

Je clique sur l’application Apple music, et lance une playlist entrainante. Une voix robotique m’annonce que ma voiture connectée quitte son parking souterrain et sera devant chez moi dans 15 minutes. Je file dans la salle à manger, toujours suivi par ma musique. Un café, une pomme, j’enfile ma veste et mes écouteurs sans fil. La musique se coupe dans ma maison et continue dans mes oreilles. Je sors de chez moi; pile à l’heure.

8h30

Ma voiture est au coin de la rue. Une alerte vient me « toquer » au poignet : ma smartwatch m’annonce que mon chauffeur robotique est devant chez moi. Parfois les objets connectés ont leur utilité, parfois un écran ne sert à rien et il suffit de regarder devant soi. La porte de la voiture s’ouvre, je m’y introduis sereinement et claque la porte.

Il est temps d’aller travailler. Destination : Les studios de Radio France.

En 2032, aucune voiture n’est stationnée dans Paris. Toutes les voitures sont connectées et autonomes, elles rejoignent d’elles-mêmes d’immenses parkings souterrains en périphérie après avoir déposé leur passager à destination.

Les changements opérés dans ce domaine m’interpellent puisque le destin de l’automobile était fortement lié à mon propre métier, celui d’animateur radio. L’écoute de la radio linéaire se faisait auparavant en priorité au volant d’une voiture. Aujourd’hui, les lecteurs embarqués dans les voitures s’apparentent plus à des sortes d’iPad rattachés au tableau de bord. Ils permettent d’accéder à la radio, bien sur, via des applications, à des podcasts pour l’écouter en différé mais aussi à n’importe quel autre contenu, comme des applications de streaming musical.

Ce domaine ayant complètement effacé les ancestraux supports tels que le CD, et même des dinosaures tels que que le vinyle, qui connaissait un certain retour jusqu’à 2020, et aujourd’hui la cassette, support privilégié du yuccie, digne descendant du hipster, ce jeune urbain branché qui sévit dans de nombreux arrondissements de la capitale.

Le streaming musical est d’autant plus important car il s’est rapidement mis à empiéter sur les plates-bandes radiophoniques, si bien qu’aujourd’hui, les radios musicales ont pratiquement disparues, au profit d’émissions ciblés.

Perdu dans mes pensées, je n’avais pas vu que je suis presque arrivé à destination. Ma voiture dépasse allègrement la statue de la liberté du XVIe avant de me déposer devant l’entrée des studios de Radio France.

9h

Sitôt déposé, mon chauffeur file loin jusqu’à se perdre dans les brumes matinales de la ville.

Je pousse les grandes portes du Studio. Celui-ci est relativement vide comme à l’accoutumée. Depuis l’explosion du travail en freelance, et l’accessibilité financière du matériel audio indispensable à la réalisation d’une émission de radio, beaucoup peuvent enregistrer leurs interventions depuis chez eux. Cette pratique est née dès la fin du siècle dernier, avec l’arrivée des ordinateurs qui permettaient alors l’automatisation de la radio. La pratique freelance en radio c’est le voice track, une technique permettant de pré-enregistrer des interventions dans des émissions. L’animateur ne produit donc plus en direct, mais plusieurs jours à l’avance. Ce système s’est très vite démocratisé, en premier par les petites radios locales, attirées par l’économie de coût de personnel qu’il offrait. Aujourd’hui, le voice track s’est généralisé même dans les grandes radios nationales.

Pour ma part, je suis un irréductible animateur traditionnel, je me rends encore dans les locaux de la radio. J’écris des chroniques chaque jour sur un fait d’actualité que j’expose dans une émission dédiée à l’information généraliste sur Radio France.

9h15

Le moment de ma chronique approche. L’émission a déjà commencé depuis un moment. Je me faufile discrètement jusqu’à une chaise vide, enfile le casque sur mes oreilles et rapproche le micro de ma bouche, puis, j’écoute attentivement ce qui se dit.

L’émission d’aujourd’hui est l’une des rares à être encore réalisée et diffusée en direct. Elle traite principalement d’actualité politique aujourd’hui, l’élection présidentielle 2032 approchant, les médias de toutes parts sont en effervescence.

Autour de moi, chaque animateur et invité du jour est assis en face de son micro. Tout un chacun essaye de ne pas trop regarder son smartphone et de faire mine de se passionner pour la discussion, elle-même scrutée et retransmise en direct sur internet via les cameras disposées ici et là dans le studio. Cela fait bien longtemps que la radio n’est plus seulement auditive. Cependant, elle a le mérite de pouvoir encore offrir tous les éléments indispensables de compréhension à l’oral, ce qui rend l’image relativement accessoire.

En face de moi, accroché sur le mur, se trouvent plusieurs grands écrans. L’un affiche l’habituel programme de l’émission, un « cartoucheur » numérique dans lequel sont stockés les chansons et jingles prêts à être lancés.

Cartoucheur Radio

L’autre écran, affiche en temps réel le nombre d’auditeurs, mais aussi lesquels écoutent la radio directement via l’application Radio France et lesquels ont vu ce programme se pusher sur leur radio-sur-mesure.

En effet, depuis quelques années, de nombreux auditeurs délaissent leurs radios habituels pour adopter une consommation sur-mesure de la radio. Via l’analyse algorithmique de leur navigation internet et centres d’intérêt, la data engendrée permet d’affiner les programmes que ces outils seront en mesure de leur offrir. Ces outils de « smart curation » sont aujourd’hui très populaires, preuve si il en est de l’intérêt pour les auditeurs d’une certaine personnalisation dans le choix des contenus.

Au vu des chiffres affichés sur l’écran, la plupart des utilisateurs passent tout de même par notre canal principal, à savoir l’application Radio France. Cela n’est pas étonnant, car l’émission proposée est dédiée à l’information généraliste, et est rarement poussée sur les radios sur-mesure affinant leur recherche sur des thématiques plus précises.

Auparavant, les audiences radio tombaient 4 fois par an (hors été) et étaient mesurées par Médiamétrie qui réalisait des enquêtes téléphonique sur un panel représentatif. Autant vous dire que je vois aujourd’hui cette méthode comme une pratique d’un temps ancien, pourtant, elle était encore à l’oeuvre il y a a peine dix ans.

L’animateur principal termine sa phrase, et propose aux auditeurs de se retrouver après une courte page de publicité. Sitôt tout le monde dévêt son casque et une musique de fond se lance. Non, en 2032 publicité ne rime pas avec musique d’ambiance. Les données personnelles de nos auditeurs sont devenus une denrée précieuse pour les annonceurs depuis le début du siècle, et ont permis peu à peu le remplacement des pages de publicités « communes » à tous par des publicités ciblées. Beaucoup plus efficaces, ce type de marketing, qui sévit aujourd’hui dans tous les médias, nous épargne également à nous, animateurs, de se coltiner des pages de publicités durant nos brèves pauses.

11h05

Je sors des studios de la radio m’aérer l’esprit. L’émission n’aura pas dépassé d’une minute. Les règles de régularité du temps d’émission ont été renforcées depuis que Apple souhaite imposer des durées très précises sur ses podcasts. Toutefois, il y a peu d’intérêt, dans le cadre d’une émission dédiée à l’actualité généraliste, à accorder au podcast. Ce type d’émission dispose d’une durée de vie très courte, puisque l’actualité sera déjà périmée demain, à l’inverse d’émissions historiques, philosophiques ou culturelles qui peuvent durer très longtemps en faisant l’objet de courantes re-éditorialisations. Cette pratique est née de la convergence entre la consommation sur-mesure de la radio et l’archivage du web, ayant permis l’accès publique à des millions de contenus radiophonique ré-utilisables dès lors qu’un thème revient sur le devant de la scène.

D’une certaine manière, il nous faut, en tant que médias, satisfaire les caprices de Apple, Google et autre Amazon afin de s’assurer un bon référencement. Pour la radio, le format podcast est extrêmement important puisque le différé est aujourd’hui bien plus consommé que le direct. Conséquence : une certaine perte d’indépendance des radios et une position d’abus dominante de la part du GAFA, ces intermédiaires ayant confirmé leur statut de nouveaux médias avec la révolution numérique du début du siècle, ils imposent aujourd’hui leur domination écrasante sur tous les autres.

Logo GAFA

11h20

Encore quelques tâches à accomplir. La première, et la plus fastidieuse, sera l’écoute des émissions enregistrées cette semaine, afin de corriger au montage certaines anomalies. L’écoute des voice tracks reçus en vue de prévenir leurs auteurs si jamais une erreur s’y trouve.

Enfin, je profiterais du temps restant pour me confronter aux journalistes robots qui sévissent de plus en plus sur la toile afin de récolter des informations pour écrire ma chronique de demain. Puis, autant en profiter pour utiliser l’équipement audio haute qualité des studios de Radio France pour enregistrer mes propres voices track pour une radio concurrente, avec laquelle je travaille depuis 3 ans désormais, à l’abri des regards indiscrets de mes collègues; cette pratique n’étant pas vraiment légale. 

Voilà le monde dans lequel nous vivons désormais. Un monde ultra-libéral ou un journaliste doit faire preuve de ruse en enchainant plusieurs travaux dans le but de bien gagner sa vie. J’aime mon métier. Mais j’ai conscience que l’environnement n’est pas des plus propices pour en vivre pleinement. Paradoxalement, les médias n’ont jamais été aussi accessibles et consommés.

17h

Ma voiture connectée me dépose devant chez moi avant de repartir seule en dehors de la capitale. Mon programme de ce début de soirée : enregistrer une émission pour une web radio participative. Le thème de ce soir, cinéma, avec le grand sacre des oscars approchant à grands pas. Aucune rémunération pour ce projet. Mais nous rentrons ici dans le domaine d’une passion, et d’un passe-temps.

Une chose est sure, le monde de la radio a bien évolué depuis le siècle dernier, mais ce média est plus que jamais présent dans nos vies. La radio s’est démultipliée dans ses formes et ses usages. Exit le poste Radio FM, nous l’écoutons aujourd’hui sur n’importe quel objet connecté, de la table au miroir en passant par le frigo, sans oublier des objets plus traditionnels comme le téléphone. Nous l’écoutons en différé, pouvons interagir avec elle, choisir nos programmes avec précision dans des radios émettant du monde entier dont le flux passe désormais par internet.

La radio est loin d’être morte, même si en vivre pleinement est aujourd’hui compliqué. Contrairement à la presse écrite qui a complètement disparu des radars, les robots sont encore loin de pouvoir émuler la voix et la pensée humaine avec naturel, et encore moins d’user d’humour. Du moins, ils en sont incapables pour le moment…

BIBLIOGRAPHIE :

Podcast :

Revue :

Articles :

Vidéo :

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Etre journaliste de sensation n’est pas un métier si facile

 

Posté le 17 août 2032, à 18h27
Par Sunsetshine

 

Bienvenue cher visiteur ! Aujourd’hui je ne vais pas faire un article comme les précédents. Je sais que ce blog est avant tout un blog d’information sur les sujets les plus « tendances » du moment. Mais  je vais plutôt en ce jour aborder avec vous un sujet qui me tient particulièrement à cœur : ma profession de journaliste de sensation. J’exerce ce métier depuis maintenant 5 longues (et intéressantes) années. J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup lu et j’ai beaucoup vu aussi. Je suis également passée par des états de déconvenue mais aussi de joie intense. La suite de ce récit vous plaira peut-être. Il vous donnera sûrement envie de lire la suite et de connaître mon expérience. Peut-être aussi que vous aurez envie de faire ce métier, comme moi. A vous de voir. Pour en savoir plus,  cliquez ci-dessous.

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Le Social media manager de demain

Internet a apporté de grands changements dans le monde économique et donc professionnel. Créateur de nouveaux métiers, ces professionnels du web voient constamment leur corps de métier se transformer.

Son père connu sous le nom de Tim Berners-Lee a nommé “world wide web” son ambition créatrice d’un “moyen de partage de documents informatique”. C’est un monde numérique qui prend forme et qui se consolide peu de temps après, via la création des adresses web (URL), de l’Hypertext Transfer Protocol (HTTP) et de l’Hypertext Markup Language (HTML). L’apparition du web a très vite fait évoluer la manière de communiquer, ceci tant par le format, le contenu, que l’auteur lui-même. Tout le monde peut être créateur d’information en tous genre, ainsi très vite les marques ont assimilé les codes du web afin d’être entendu par les clients et prospects de manières différentes, de l’usage des médias historiques (radio, TV).  Continue Reading →

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Gamification : le jeu et le ludique deviendront-ils la base de toute communication ?

Avec un marché mondial s’élevant à 99,6 milliards de dollars en 2016, il était évident que le jeu vidéo et ses codes allaient s’insérer et impacter la communication. Aujourd’hui, la gamification fait partie des buzzword du marketing et de  la com’. Focus sur cette approche qui impactera le métier de Community Manager en 2030.

Source : levillagebyca.com,  » les techniques de gamification appliquées aux startups »

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La réalité virtuelle au service du journalisme

La digitalisation de la société a eu de nombreuses répercussions sur les procédés de partage de l’information, ainsi que la chute de la presse papier.  Cette dernière était autrefois centralisée avec un flux partant des médias vers une audience. Aujourd’hui, la mécanique est différente. L’information est diffusée en continu et elle émane de tous et est à destinations de tous. Dans ce contexte, les mutations du genre sont multiples et certaines ont dores et déjà commencé. Elles me serviront de point de départ pour cet article.

@mobileministryforum

 

11h12. Je quitte mon domicile. Le grand jour est arrivé. Aujourd’hui je m’envole pour les Maldives. Cela fait une dizaine d’années que ces îles sont en pleine perdition. Bientôt, elles disparaîtront totalement de la surface de la planète à cause de la montée des eaux. 80% des 1 200 îles que compte l’archipel ne sont qu’à un mètre d’altitude au-dessus de la mer.

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Le JT de 2032 : inéluctable ou désuet ?

En 2017, le journal télévisé vit une crise sans précédent : il est victime de la mutation numérique de l’information. Cette année marque l’obsolescence de la « grande messe ». Mais en 2032, qu’est donc devenu le journal télévisé et ses journalistes du petit écran ? Focus sur un métier passionnant qui rythme mon quotidien.

 

@Thinkstock

Le JT victime de la « Révolution numérique »

Le 29 juin 1949, c’est le top départ du Tour de France. Retransmis pour la première fois en direct à la télévision, les Français découvrent un nouveau genre : le journal télévisé. Cette invention, ancrée dans la mémoire collective, bouleverse l’histoire des médias. Son heure de gloire sonne dans les années 60, en tant que média de masse incontournable. Le JT a su, au fil des années, nous prouver qu’il était indispensable. Il nous informe quotidiennement, nous distrait, nous cultive, nous convainc. Il cadence nos vies et s’installe comme un rituel journalier. Il est présent à l’heure du déjeuner ou du dîner. Chaque jour, nous l’attendons avec impatience. À 13h ou à 20h00 le générique qui retentit capte notre attention. Inconsciemment, il fait parti intégrante de nous. Officiellement, il a su faire évoluer notre société et a franchi un nouveau cap dans notre rapport à l’information. Les figures emblématiques de Claire Chazal, Jean-Pierre Pernaut et Patrick Poivre D’Arvor nous sont plus familières que jamais. Malheureusement, David Pujadas fut évincé du petit écran il y a 15 ans. Tirant sa révérence, il laissa en moi un souvenir impérissable.

 

En 2017, la donne change. Le JT n’est plus ce qu’il était : son public est vieillissant (entre 53 et 59 ans en moyenne selon Libération) et son audience s’essouffle progressivement. Un avis de décès a même été confirmé ! William Irigoyen, ancien présentateur du journal télévisé d’Arte affirme que « Le JT est mort, même si son cadavre bouge encore ». Qui est le coupable d’un ted déglIn ? Explications !

La Révolution numérique en est la cause principale. Cette croissance rapide des technologies de l’information et de la communication (TIC) vient littéralement bouleverser la sacralisation du rendez-vous vespéral. Sur un nouveau terrain nommé le web, les citoyens jouissent des potentialités de l’Internet. Rapidité, multimédialité, interactivité … des facilités qui viennent rompre l’image pérenne du JT. Mais, pas seulement ! La florescence des chaînes d’information en continu (BFM, CNews, LCI, Franceinfo) viennent concurrencer directement le JT – souffrant également de la dispersion de l’audience sur les chaînes de la TNT.

Pauvre JT ! Comment as-tu survécu à toutes ces transformations qui ont fait périr ta popularité ?

2032 : IA au service des journalistes télé

 

Les robots-journalistes en 2032 (source : Méta-Média)

Paris, année 2032. Journaliste et présentatrice TV pour France Télévisons, je défie sans cesse la numérisation et les progrès technologiques. Depuis quelques années déjà, mon secteur de travail fait face à des évolutions sociales : l’accélération du timing de l’information et la culture de l’instantané ; mais également économiques via l’érosion des sources de financement par l’arrivée des nouveaux médias. De profondes modifications ont impacté le cœur de mon métier et la relation que j’ai avec les téléspectateurs. En effet, j’assure le lien entre les reportages, les témoins et les spécialistes qui viennent éclairer un sujet ou animer un débat sur le plateau. Visiblement, le JT n’est pas mort contrairement à la rumeur de 2017. En revanche, il se déporte vers le numérique. Mais comment, allez-vous me dire ?

Aujourd’hui, mon équipe et moi disposons d’une palette de nouveaux outils pour rendre accessible l’actualité aux citoyens. Chaque jour, je suis attentive aux nouveaux supports de recherche, de diffusion et de production d’informations. Un enjeu de taille, une bataille au quotidien. Celui du tri, de la collecte et de la vérification de l’information, qui devient majeur au regard de la multiplicité des sources (blogs spécialisés, flux RSS, réseaux sociaux, etc). Rien ne m’échappe désormais ! Heureusement, de nouvelles recrues ont intégré France Télévisions afin de nous aider : des robots-journalistes. Plus puissants que jamais, ils dominent depuis peu notre société en détruisant sur leur passage la presse papier. Ils sont habiles à sélectionner les informations, détecter des sujets susceptibles d’intéresser les téléspectateurs, et de filtrer de multiples quantités de données brutes. Parallèlement à ces missions, ces algorithmes sont capables de rédiger des brèves et d’alimenter le site de France 2. Une intelligence artificielle qui nous est plus qu’utile dans le processus d’élaboration du JT. Avec une équipe dynamique, dans laquelle l’interaction prime, nous faisons preuve de vigilance quant au rythme accéléré des infos qui défilent sur le web. Éviter les fake news, rumeurs, et bad buzz en constante évolution est un défi perpétuel.

Nouveaux modes de productions, nouvelle ère télévisuelle

Aussitôt, nos sujets vérifiés et validés, nous commençons le tournage du JT qui baigne dans l’esprit du web. En effet, les contenus télévisuels sont adaptés aux nouveaux formats, tons et tendances du web. Force est de constater que le public consomme le numérique sur des formats plus courts et de manière instantanée. Nous produisons du contenu pour qu’il soit consommable sur différents types de médias : TV, sites web, réseaux socio-numériques, applications mobiles, etc. Désormais, les infos du JT ont une vie bien remplie : avant, pendant et après le broadcast.

En amont, j’annonce mes sujets sur les réseaux sociaux afin d’obtenir un maximum de réactions. Une fois en direct, nous diffusons certains tweets à l’antenne. Puis, nous reprenons des extraits du JT sous formes d’articles pour créer le buzz. Notre objectif : faire vivre l’émission dans le temps et sur différents types de supports.

Prenons un exemple : récemment, mon coéquipier a réalisé un reportage dans lequel il s’est mis en scène, tel un youtubeur. Celui-ci apparait dans une petite case à l’extrémité de la vidéo et commente ce qu’il voit. Il revisite l’art du reportage avec les codes du web et son côté ludique ! Les robots-journalistes, bien qu’intégrés dans l’équipe, ne sont pas encore en mesure de s’affranchir des reportages de terrain, de mener à bien des investigations et des interviews. Une joie que notre place de présentateur de JT n’ait pas été substituée par ces intelligences artificielles ! En revanche, le développement fulgurant de ceux-ci me laisse perplexe quant à l’avenir…

 

Avis aux téléspectateurs : visionnez le JT autrement !

Une fois le JT fini, les téléspectateurs sont maîtres de leur consommation. La télévision a considérablement évolué, parallèlement aux technologies de télédiffusion. Streaming vidéo, Netflix, Tv mobile, vidéos en direct sur les réseaux sociaux, VoD, etc. Il s’agit de nouveaux formats, qui d’après Éric Scherer, Directeur de la Prospective à France Télévisions, entrainent le passage du PAF (paysage audiovisuel français) au PAP (paysage audiovisuel personnalisé). De facto, « la télévision devient une expérience personnelle sur écrans individuels où les attentes, en matière de découverte se transforment très vite » souligne t-il, selon Méta-Média. Le mode de réception change. L’individu lambda visionne le JT en replay sur son iPhone ou tablette à tout moment de la journée et selon ses envies. Le prime time devient donc anachronique et laisse place au différé. Le téléspectateur choisit ses programmes, s’informe et se divertit librement. Quel bonheur ! De plus, l’année 2032 laisse place aux TV connectées à l’aune du web 3.0 !

Tv connectée tactile dotée d’une reconnaissance gestuelle et faciale

Largement plus développée qu’Apple TV et Android TV, la télévision est connectée à Internet, aux smartphones, aux montres connectées, etc. Elle dispose d’un assistant personnel intelligent nommée Tivy, disponible à tout moment pour répondre à nos services. Ce téléviseur intelligent est l’organe principal de la maison connectée. Ses fonctionnalités permettent de contrôler les appareils connectés présents au sein de sa maison. Elle joue ainsi le rôle d’interface entre les objets connectés et l’utilisateur. Grâce à Tivy, l’individu peut, depuis son téléviseur twitter, envoyer un SMS, éteindre sa machine à laver ou ajuster la luminosité de ses lampes etc. Mais également regarder deux chaînes en même temps.

Le téléspectateur totalement à l’aise avec la technologie devient gourmand et avide de nouvelles sensations tactiles et interactives. Une TV multifonctions qui est d’ores et déjà connectée à nos voitures. Un dispositif qui permet aux parents de faire visionner des podcasts à leurs enfants depuis le tableau de bord ! Une idée de génie pour un trajet en toute sérénité… !

Twitter, Facebook : des adversaires redoutables indélébiles

Avez-vous déjà imaginé un monde sans journaliste télévisé ? Serait-il synonyme d’une société dépourvue d’information ? Les notions de journaliste et d’information ont toujours été liées, car la dernière est le fruit du travail du premier. Dorénavant, ce point est nuancé. Bien que le JT subsiste, l’information n’est pas que télévisée. 2032 signe l’air de l’infobésité dans laquelle la dictature de l’instantané prime. Les géants du numérique : Google, Facebook, Apple, Amazone (GAFA) et les réseaux sociaux conquièrent la société de l’information. Les plus en vogue sont Facebook et Twitter. Un tandem de choc qui change notre manière de nous informer. Ce nouveau rapport à l’information permet aux infonautes de transformer les productions journalistiques en morceaux choisis. L’accès aux news se font par fragments et de façon aléatoire au fil des alertes reçues sur nos smartphones. Outre le fait que Facebook et Twitter proposent également de visionner le JT en live, les robots-chatteurs sont devenus leurs meilleurs acolytes. Je m’explique. En se connectant à Facebook ou Twitter Messenger, il est désormais possible de converser avec des médias. Ceux-ci mettent à disposition de leurs lecteurs un robot conversationnel sur leurs comptes Facebook et Twitter pour répondre à nos questions lorsque nous les sollicitons. Des « bots » permis par l’intelligence artificielle, dont l’objectif est d’informer et séduire.

 

Chatteurs-robots sur les comptes Facebook, Twitter et d’autres réseaux sociaux (source : Thinkstock)

À l’aube du « web first », la consommation d’un média unique à proprement parlé n’existe donc plus. Elle laisse place à une compilation faite par un algorithme des sujets susceptibles d’intéresser l’individu. Ainsi, nous avons la capacité de décomposer, recomposer les contenus médiatiques, puis de les remettre en circulation accompagnés d’une touche personnelle de commentaires. Par conséquent, les habitudes de commentaires et de partages sur Facebook et Twitter, ou le recours à des hashtags qui construisent un fil d’actualité renouvellent les interactions entre producteurs d’information et citoyens.

Toute cette myriade d’informations numériques et de données laisse place à une problématique. Celle de la protection des données personnelles des individus qui suscite les questions de sécurité, d’éthique et du droit à l’ère du « Big data ». Débat persistant qui, on l’espère portera ses fruits d’ici quelques années. Affaire à suivre …

Écrit par Karima Ikiou


Sources :

Bibliographie 

Lancien Thierry (2011), « Le journal télévisé :  de l’événement à sa représentation », Presses Universitaire de Bordeaux. 

Webographie 

  • Articles en ligne :

Blandin Claire (2015), « Le journal télévisé, incontournable ou dépassé ?», InaGlobal.

Carasco Aude (2015), « La télévision du futur est à nos portes », La Croix.

Guillaud Hubert (2016) « Comment la techno bouleverse-t-elle notre rapport aux faits ? », InternetActu.net.

Maire Jérémie (2017) , « Les robots-chatteurs sont-ils l’avenir du journalisme ? », Télérama.

Potier Clara, Nadau Louis (2015), « Il est 20 heures, le JT se meurt », Libération

  • Revues :

Kredens Elodie, Rio Florence (2015) « La télévision à l’ère numérique : entre pratiques émergentes et reconfiguration de l’objet médiatique », Études de communication.

Mercier Arnaud (2016), « Révolution numérique : les journalistes face au nouveau tempo de l’info », InaGlobal.

M. Arnaud,  P-C Nathalie (2014) « Mutations du journalisme à l’ère du numérique : un état des travaux »Revue française des SIC. 

R. Franck, F. Dominique, M. Emmanuel (2012), « L’offre d’informations est-elle plus diversifiée sur le web qu’à la télévision ? Une comparaison exploratoire entre sites d’actualité et journaux télévisés »Réseaux.

  • Blog : 

Blog de Poiroux Jérémie (2015), « Essai sur l’avenir du journalisme ».

  • Podcast : 

Munier Jacques (2016), « Le nouveau journalisme », France Culture.

 

 

Galerie

Quand la politique prend le pas sur la technologie pour transformer un métier de communicant

Depuis maintenant 10 ans Marine Le Pen, présidente de la république, a causé du tort dans le monde associatif par la politique qu’elle mène. Beaucoup d’associations ont disparu et celles qui existent encore aujourd’hui n’ont pas toujours la trésorerie nécessaire pour embaucher des salariés, dont des chargé de communication.

Aujourd’hui, après quelques années de galère, enfin une bonne nouvelle, je viens de décrocher un poste de chargé de communication dans l’associatif et dans une association qui correspond aux valeurs que je cherche à défendre depuis que j’ai l’âge d’avoir une conscience politique. Il faut dire que depuis la fin de mes études, ce secteur a beaucoup évolué et pas vraiment dans le sens qui me convient.
Quand je prends un peu de recul, je me rends compte que le contexte politique actuel et le chemin qu’il a pris depuis plusieurs années en sont certainement les principales causes.

Retour sur des années mouvementées en politique

En 2012 après des années de politique de droite, on a assisté à un semblant d’alternance par l’arrivée de François Hollande du Parti socialiste qui a eu un mandat difficile et qui a déplu à beaucoup dont une très grande partie des électeurs de gauche. En 2017, M. Macron devient président de la République, en promettant une alternative au clivage gauche-droite présent depuis le début de la Ve république. Il a réussi à battre Marine le Pen, la candidate du Front national dans une période de montée des extrêmes.

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/07/2017-marine-le-pen-%C3%A0-lelys%C3%A9e-.html

Marine Le Pen, à l’Elysée en mai 2022.

Seulement les 5 ans qui ont suivi n’ont pas, non plus, convaincu les électeurs sur cette véritable alternance attendue. Ce qui a, je pense, amené Marine LePen à accéder au pouvoir en 2022. C’est à partir de là, que, pour ce qui est de mon poste et de ma fonction de chargé de communication, tout, c’est gâté.
Il est clair que l’idéologie de ce parti ne correspond en rien avec l’objet social des associations dans lesquelles, j’ai et je souhaite travailler.
Alors que les subventions accordées aux associations baissaient déjà de manière exponentielle depuis la présidence Sarkozy, puis Hollande, puis Macron. Depuis l’ère Marine, cette tendance s’est affirmée et tranchée.

Je vois aujourd’hui un vrai tournant qui s’est produit pendant et après la campagne présidentielle de 2017 qui pourrait se résumer comme la campagne critique des médias, accusés d’être partiaux, de gauche qui ont choisi de détruire un candidat de droite pour favoriser le candidat E. Macron qui a été élu président. Une grosse partie de la population française a perdu confiance en eux et en l’information de manière générale. Elle reste aujourd’hui, encore, sceptique et souvent sensible aux tendances complotistes. Cela a impacté et impacte encore aujourd’hui le métier de communicant. Il y a une forme de méfiance généralisée. Qui ne s’est malheureusement pas arrangée par la suite.

De lourdes conséquences sur le secteur associatif

Ce contexte et cette évolution politique et géopolitique ont, avant toute chose, raréfié le nombre de postes de chargé de communication dans l’associatif puisqu’ils ont raréfié le nombre d’associations existantes. La raison est simple, les subventions accordées qui permettaient jusque-là à bon nombre d’associations d’exister et d’embaucher des salariés, ont été suspendues.
Le planning familial a disparu, ou a été contraint de disparaître, selon les interprétations, dès l’arrivée au pouvoir de Madame Lepen. Ce n’était qu’un début. Un des symboles, pour moi, marquant d’une dynamique qui ne s’arrêterait pas en “si bon chemin” a été la récupération des locaux de la LICRA (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) par le gouvernement en 2023. Depuis beaucoup d’associations ont disparu, et celle qui existent encore ont dû totalement repenser leur fonctionnement et se séparer de bons nombres de salariés. J’ai moi aussi perdu mon travail de chargé de communication dans ce contexte et passé quelques années durant lesquelles j’ai dû élargir le spectre des organisations dans lesquelles je me voyais travailler.

Enfin il y a deux mois, j’ai trouvé un travail et dans un domaine qui me plaît. Alors certes, il a fallu que je me dirige vers des associations plus consensuelles, possédant une histoire ou une part d’identité en lien avec le catholicisme, mais j’ai trouvé. Et ces associations se portent bien et mènent des actions auprès de publics qui sont dans le besoin, ou dans une situation sociale qui m’alerte.

Un métier qui à du s’adapter

Cela fait donc déjà deux mois que je suis chargé de communication au Secours Catholique dans le service du mal-logement. Et je me rends compte après 5 années sans emploi que le métier a quelque peu changé.

Dans le métier de communicant et particulièrement dans ce secteur, beaucoup de choses ont changé et pas seulement ces cinq dernières années. Ces évolutions sont en grande partie dues aux technologies qui sont en perpétuelle mutation. Aujourd’hui beaucoup de pratiques ont changé et la technique a permis des évolutions profitables au travail quotidien, tout en apportant, dans un même temps, son lot de nouvelles problématiques.
Nous perdons beaucoup moins de temps dans le choix des cibles et dans les réflexions qui précèdent une publication ou une campagne de communication. Avec la collecte de données personnelles et les informations que l’on possède les uns sur les autres, c’est un algorithme qui définit à qui tel ou tel message doit s’adresser. Cela va encore plus loin. Ces mêmes algorithmes nous indiquent la forme que doit prendre le message en fonction de cibles définies. Les questions sur la préservation des données et la notion de vie privée dont on parlait énormément lorsque j’étais étudiant ont peu à peu disparu, face à la tournure prise. Aujourd’hui, on ne parle d’ailleurs même plus, dans le débat public, de la notion de vie privée ou de données personnelles. On parle d’informations non-publiques. Tendez l’oreille, tout est dans la symbolique et la nuance. Il parait même que le gouvernement aurait pour chacun de nous une fiche précise d’informations très personnelles. « Un peu comme un fichier Tulard [ Créé sous le régime de vichy, c’est un ensemble de fichiers d’informations sur les personnes juives qui porte le nom de son créateur], mais avec les moyens de la technologie moderne ».

François DUPAIRE et Farid BOUDJELLAL, La Présidente, 2015, Les Arènes BD – Demopolis, p82

La logistique a, elle aussi évolué. Nos boîtes mail répondent pour nous à la plupart de nos e-mails. Elles nous débarrassent, il faut bien le dire, de toutes ces tâches chronophages qui étaient une sorte de fil rouge de nos journées. Elles ne répondent pas à tous, mais à la plupart des demandes générales, de question de logistique, pratique, etc. Les appareils planifient pour nous nos rendez-vous en fonction de nos disponibilités et nous les rappellent quotidiennement.

Et puis, chose nouvelle également, le fait de ne plus travailler sur un ordinateur. Avec l’évolution des objets connectés c’est mon bureau mon nouvel ordinateur. Enfin mon bureau quand je suis au travail. Mais ça peut être toute sorte d’objets mon poste de travail. C’est finalement juste la machine matérielle qui a disparu, ce qu’il y avait dedans je l’ai avec moi partout. Il me faut juste un objet connecté avec une surface. Ça évite de le transporter, de risquer de le casser et de perdre toutes les données et ça permet d’avoir tout sur soi à tout moment. Il faut juste s’équiper d’un serveur personnelle à laisser chez soi ou au bureau et accepter l’idée que de toute façon les autorités ont un contrôle sur la plupart de ces données.

Sur le plan idéologique du métier, une des problématiques qui (particulièrement dans le domaine associatif de solidarité) apparaît avec ces évolutions technologiques prend racine dans ce contexte politique particulier. En effet, les technologies ont évolué et nous permettent d’être plus efficace, mais elles ont profité également aux services de renseignements qui ne voient pas d’un très bon œil l’existence de telles structures dans lesquelles je souhaite m’investir professionnellement. Bien que des associations comme le Secours Catholique soient pour le gouvernement plus honorables que la ligue des droits de l’homme, elles n’en restent pas moins à surveiller. Et la totalité des actions de telles structures ne leur convient pas toujours. Le secours catholique avait un service qui intervenait sur les problématiques carcérales, mais nous n’avons plus d’accès en détention. On sent que l’action de l’association devrait se diriger vers un public plus ou moins choisi. Et que ce même gouvernement n’est pas totalement dupe des positions de l’association qui ne rentre pas totalement dans ses lignes.

http://fr.ubergizmo.com/2013/02/15/holocauste-hologrammes.html

Réunion par hologramme

La surveillance s’est généralisée, et il nous faut ruser pour pouvoir se retrouver sur des temps de travail commun pour organiser une forme de résistance. Heureusement, ces mêmes évolutions technologiques nous le permettent aussi. Nous assistons depuis déjà de nombreuses années à cette tendance de repli sur soi. Et l’accès aux commandes de partis extrêmes n’est pas un privilège français. Ces montées de partis politiques nationalistes sont présentes dans beaucoup de pays du monde. Ces évolutions technologiques nous permettent beaucoup plus facilement de se retrouver malgré les distances qui peuvent nous séparer. La généralisation des hologrammes donne des réunions qui seraient apparues comme surréalistes il y a encore 20 ans, mais facilite le travail des ONG présentes dans plusieurs pays. Les possibilités de cryptage ont crû ce qui est une bonne chose pour nos actions, dans le même temps, les possibilités de déchiffrage se sont elles aussi perfectionnées. Sans faire de parallèle, aucun, j’ai parfois un sentiment de vivre ce qu’on me racontait enfant dans les livres d’histoire sur la résistance. À des différences technologiques près.

Sur le plan idéologique, il y a aussi des conséquences

Le climat politique actuel a aussi bousculé les questionnements, divergences qui depuis un bon nombre d’années, animaient le secteur de l’associatif. À cette époque, il y avait par rapport à la professionnalisation de la communication dans ce secteur et l’usage de techniques au départ propres au marketing et au monde de l’entreprise, deux écoles. Une qui ne voulait pas en user et souhaitait que ces associations concentrent leur travail de communication sur la participation citoyenne, quand, l’autre, au contraire, utilisait ces méthodes pour sensibiliser et récupérer des dons qui leur permettaient une indépendance financière. On parlait de mode fonctionnel et relationnel « les modes fonctionnel (basé sur les principes du marketing) et relationnel (fondé sur la participation et la conscientisation) dans les stratégies de communication externe des organisations humanitaires » (Florence Carion). Ces divergences n’ont jamais cessé et chaque association avait son appréciation de cette question. Cependant cette question est devenue secondaire car aujourd’hui, les principales préoccupations de ces associations (pour celles qui existent encore) sont de réussir à convaincre que leur action n’est pas veine et de réussir à faire passer leur message, au sens propre comme au figuré. Il faut faire face à une forme de censure, et une nouvelle notion de vérité qui serait celle détenue par le pouvoir en place. Cette même notion de vérité d’État pose également un problème sur le travail de recherche d’informations, et d’accès à l’information. On à longtemps parlé de fake news avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2017 aux États-Unis. A l’époque ce n’était pas encore la norme et c’était suffisamment rare et marquant pour qu’on s’arrête sur le sujet, mais aujourd’hui cette tendance c’est généralisée, et la méfiance vis à vis de la presse a permis aux politiques de s’engouffrer et de se saisir de cette « opportunité » pour imposer leurs vérité propre.

Bien que sceptique avec une sensation parfois d’impuissance face à une situation et ce gouvernement bien en place, je garde l’espoir que les choses changent et qu’ils finissent par rendre le pouvoir. C’est finalement au moment où ces associations, dans lesquelles je souhaite travailler, ont le plus de travail pour répondre à leur objet social qu’elles peuvent en réaliser le moins. Drôle de paradoxe.

Nicolas Noireau

Bibliographie / Webographie

Florence Carion, « La communication associative  », Communication [En ligne], Vol. 28/1 | 2010, mis en ligne le 23 septembre 2011, consulté le 18 avril 2017;

François DUPAIRE et Farid BOUDJELLAL. (2015).  La Présidente. Paris: Les Arènes BD – Demopolis

Coreight. (2014, Le 14 aout). Fascinante ou effrayante, la communication du future est déjà à notre porte [Billet de blog]. 

Baccelli François, « Les réseaux de communication du futur », Annales des Mines – Réalités industrielles, 4/2010 (Novembre 2010), p. 5-9.

Ixchel Delaporte. (2016, le 16 décembre). Comment les maires FN musèlent les associations. L’humanité.

Galerie

Rachat d’une entreprise par un géant mondial : est-ce le bon choix ?

Un verre, une amitié, une collaboration, une bande dessinée, me voici lancée avec mes deux acolytes dans une aventure pleine de rebondissements. Qui pouvait deviner que notre métier allait évoluer de cette façon ? 

12 juillet 2015 – Une rencontre allait modifier ma vie professionnelle future. 20h30, dans un café stand-up appelé « Le Paname Art Café », je rencontre Mayada et Maissa, deux jeunes filles accompagnées d’un ami que l’on a en commun. Je découvre alors que ces deux jeunes femmes sont dessinatrices et illustratrices sur les réseaux sociaux, notamment sur instagram. « Desperate Bledardes » est leur alias. Autour de trois verres de coca-cola, notre amitié débute. « Donne-moi ton compte Facebook et ton numéro, on reste en contact ! ».

Dès cet instant, nous savions déjà que nous allions devenir inséparables.

Mayada - Marina - Maissa / dessin réalisé par Mayada Gargouri le 26 janvier 2017

Mayada – Marina – Maissa / dessin réalisé par Mayada Gargouri le 26 janvier 2017

2 mars 2018 – Les pages Instagram et Facebook de « Desperate Bledardes » comptent déjà plus de 840 000 fans, mais nous souhaitons aller beaucoup plus loin que ça. Mayada et Maissa furent approchées par de nombreuses boîtes de productions audiovisuelles pour lancer leur bande dessinée à l’écran après avoir reçu un véritable succès en librairie lors de la publication de leur premier volet en septembre 2017. Cette BD, nous l’avions réalisée toutes les trois. C’est grâce à cela que notre collaboration vit le jour.  Maissa était la scénariste, Mayada la dessinatrice et graphiste, et je m’occupais du marketing et de la communication. Malgré un record de ventes en librairie, nous savions pertinemment que l’avenir du livre était en perdition. En effet, les éditeurs de livres commencaient à connaître une forte concurrence face à des éditeurs spécialisés dans le livre numérique. Ce déclin pouvait être expliqué par le coût élevé du papier à cause de la chute de ses tirages. Si nous souhaitions continuer à publier de nouveaux volets, il fallait alors se diriger vers la lecture numérique.

France 3 parle de Desperate Bledardes - 2017

France 3 parle de Desperate Bledardes – 2017

12 juillet 2020 – Cinq ans déjà. Cinq ans d’amitié. Deux ans de collaboration. Deux ans de succès sur internet. Date clé de la création de notre entreprise. Nous lançons officiellement notre première édition d’une BD en ligne. Cette BD n’a rien d’ordinaire. Nous l’appelons d’ailleurs WBD. Web-bande-dessinée. C’est la première WBD mettant en avant un grand nombre d’influenceurs. À l’ère du digital, il est important de savoir que ces influenceurs possèdent des milliers voire des millions de followers sur les réseaux sociaux. Ils sont en grande partie source d’achats et de décisions. Leurs recommandations et critiques sur Instagram, YouTube ou Facebook se répandent rapidement autour d’eux par le bouche-à-oreille. Ils sont devenus depuis plus d’une dizaine d’années des personnes clés dans une stratégie digitale. Les mettre en avant dans une bande dessinée en ligne, c’était un choix très important pour nous. « Ça passe ou ça casse. ».

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