Par Shanna Abanda-Lama

© Shanna Abanda-Lama – Timothé Tekasala, étudiant en première année de diplôme supérieur de comptabilité et de gestion

Dans une période où la santé mentale est devenue un sujet central, notamment chez les jeunes actifs, Timothée Tekasala partage une vision du sport comme espace d’équilibre et de dépassement de soi, bien au-delà du simple effort physique.

À seulement 23 ans, Timothée Tekasala mène une vie bien rythmée entre ses études en comptabilité, son alternance et sa passion de toujours : le sport. Étudiant en première année de Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion (DSCG), il consacre chaque jour un moment à l’activité physique. Entre football, musculation et projet d’avenir, ce jeune pantinois voit dans le sport bien plus qu’un simple loisir : un véritable mode de vie.

Blacksheep.- Vous souvenez-vous de votre toute première séance de sport à la salle ?

Timothée Tekasala.- Oui, je m’en souviens ! C’était vraiment une séance de découverte. J’ai fait quelques exercices de base comme le développé couché, et j’ai un peu touché à toutes les machines. C’est ce que tout le monde fait au début : on est excités, on veut essayer. Ce n’était pas une séance marquante, mais c’est là que tout a commencé.

B.S.- Comment votre rapport au sport a-t-il évolué depuis vos débuts ?

T.T.- C’est une passion qui s’entretient avec le temps. Mon entourage y est pour beaucoup : ma famille et mes amis sont tous dans le milieu du sport. Quand on s’entoure de personnes positives, qui dégagent la même énergie que nous, ça pousse à se dépasser.
Mais il y aussi eu des périodes plus compliquées : les blessures, la maladie, ou simplement les aléas de la vie. Ce n’est jamais linéaire. Malgré ça, je n’ai jamais rien lâché, parce que le sport reste m’a bouffée d’air, un équilibre.
J’ai même un ami que j’ai initié à la salle, et aujourd’hui il court des marathons et participe à des compétitions. J’ai aussi rencontré un athlète de bodybuilding qui m’a inspiré. Tout cela m’a appris à varier les plaisirs, à ne pas tomber dans la routine et à garder la motivation.

B.S.- Vous avez mentionné avoir été blessé. Comment avez-vous surmonté cette période ?

T.T.- Ma dernière blessure remonte à environ un an. Je me suis sectionné les tendons alors que j’étais au sommet de ma forme. Ça a été très difficile : j’ai dû arrêter le sport pendant plusieurs mois. C’était frustrant, comme pendant le confinement. J’étais bloqué chez moi, sans pouvoir m’entraîner.
Mais j’ai pris sur moi. Une fois remis, j’ai tout donné. Aujourd’hui, mes performances sont même meilleures qu’avant. Cette blessure m’a appris qu’il fallait toujours savoir se relever.

B.S.- Pensiez-vous que vous seriez la même personne dans le sport ?

T.T.- Non, pas du tout. Le sport libère. Il permet d’évacuer la pression du quotidien, que ce soit liée au travail, aux études ou aux problèmes personnels. Il m’aide à garder la joie de vivre. Sans le sport, je ne serais clairement pas la même personne.

B.S.- Beaucoup de personnes abandonnent après quelques semaines. Qu’est-ce qui, selon vous, fait la différence entre ceux qui tiennent et ceux qui lâchent ?

T.T.- Tout dépend des objectifs. Certains veulent perdre du poids, d’autres prendre du muscle, mais la clé, c’est la patience. Beaucoup se découragent parce qu’ils veulent des résultats immédiats. Je conseille toujours de se fixer des objectifs à court terme : quand on les atteint, on ressent une vraie satisfaction, et ça motive à continuer. Et bien sûr, l’entourage joue un rôle essentiel. Être soutenu, encouragé, ça change tout.

B.S.- Pour vous, qu’est-ce qu’avoir « le mental d’un sportif » ?

T.T.- C’est être déterminé, patient, travailleur et rigoureux. Ce sont, selon moi, les quatre piliers. Et c’est valable pour tous les sports, qu’ils soient individuels ou collectifs. Le mental, c’est ce qui te pousse à te dépasser quand ton corps veut abandonner.

B.S.- Vous parlez souvent de rigueur. Vous considérez-vous comme quelqu’un de discipliné au quotidien ?

T.T.- Oui, totalement. J’ai ma routine, et je n’aime pas la casser. Bien sûr, il y a toujours des imprévus, mais je reste fidèle à mon rythme. Si un lundi je ne fais pas mon foot, ça me frustre. Du coup, je compense à la salle de sport. C’est comme ça que je garde mon équilibre.

B.S.- À quoi pensez-vous quand vous êtes à la salle ou en train de courir ?

T.T.- À me donner à fond. Quand je m’entraîne, je ne veux pas perdre une minute. Mon objectif, c’est de tout donner pour ne rien regretter. Quand je sors de la salle, je veux être épuisé. Si je n’arrive plus à marcher, c’est que j’ai bien travaillé. Je prends les choses à cœur, c’est dans ma nature. Et c’est vrai qu’à force d’être aussi régulier et impliqué, certaines personnes à la salle ont commencé à venir me parler, à me demander des conseils sur les exercices ou sur la progression.

B.S.- Vous avez évoqué votre projet de devenir coach sportif …

T.T.- À force d’être à la salle, on m’a souvent demandé depuis combien de temps je m’entraîne, ou comment j’ai obtenu mes résultats. Ces remarques m’ont fait réfléchir. À ce moment-là, je n’y pensais pas encore sérieusement, mais petit à petit, je me suis dit : pourquoi ne pas en faire quelque chose de plus concret ? Pourquoi ne pas transmettre ce que j’ai appris ? J’ai discuté avec un ami coach sportif, qui m’a expliqué que ce métier ne se limite pas à l’entraînement. Il y a aussi un côté psychologique : certaines personnes viennent à la salle pour se reconstruire. Ce que j’aime, c’est aider les autres, les encourager, leur donner confiance. C’est un peu comme ça que l’idée de devenir coach a commencé à germer dans ma tête.

B.S.- Qu’est-ce qui vous attire le plus dans le fait de transmettre votre passion ?

T.T.- Pouvoir aider mon prochain, qu’il agisse de mes proches ou de gens que je ne connais pas. Si je peux avoir un impact positif, même petit, c’est gagné.

B.S.- Si vous deviez créer votre propre programme d’entraînement, à quoi ressemblerait-il ?

T.T.- Tout dépend des objectifs de la personne. Mais j’aime les programmes équilibrés : quatre séances par semaine, avec un jour pour les jambes, un jour pour le haut du corps (push/pull), et une séance cardio et abdos. Le but, c’est de progresser à son rythme, sans se blesser.

B.S.- D’après vous, le rôle d’un coach, c’est plus de motiver ou de former ?

T.T.- De motiver, sans hésiter. Bien sûr, on forme aussi, mais la motivation, c’est le moteur. Si la personne garde le mental et la discipline même après la fin du coaching, alors le travail est réussi.

B.S.- comment arrivez-vous à gérer vos études, votre travail et vos entraînements ?

T.T.- Je suis en alternance, donc trois jours en entreprise et deux à l’école. Je m’entraîne le soir, avant de rentrer chez moi. C’est mon moment pour évacuer la pression. Le week-end, je profite pour sortir, voir mes amis, aller au cinéma ou au restaurant. Et comme le sport ça creuse, je me fais plaisir.

B.S.- Qu’est-ce que le sport vous a appris sur vous-même ?

T.T.- Que j’avais le mental pour réussir. Je ne me laisse jamais abattre, peu importe les circonstances. Le sport m’a appris la patience, la rigueur et la persévérance.

B.S.- Enfin, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le sport ?

T.T.- Les débuts sont difficiles, mais la réussite est d’autant plus belle. Il faut être patient, ne pas chercher les résultats rapides. Comme on dit, la patience est une vertu.

Nos derniers articles