Par Nathan Ribeaud

© Pierre Manning – Affiche de la série Empathie

C’est rare pour le souligner : une série qui captive de A à Z. Empathie en est une. Dès les premières minutes, j’ai senti être embarqué et j’ai terminé la saison avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’humain, de douloureux, mais aussi d’assez lumineux. Une véritable claque, à laquelle je ne m’attendais pas.

Créée et interprétée par Florence Longpré, Empathie est une série québécoise à la fois humaine, drôle et poignante. Diffusée au printemps 2025 au Canada, puis en France sur Canal+ à partir du 1er septembre, elle a remporté le Prix du public au festival Séries Mania. Longpré y incarne Suzanne Bien-Aimé, psychiatre qui peine à se remettre d’un drame personnel. Elle rejoint l’institut Mont-Royal, une structure qui accueille des patients en grande souffrance, parfois après des actes criminels. À ses côtés, Mortimer Vaillant, magnifiquement interprété par Thomas Ngijol, veille avec douceur et humour, formant avec elle un duo d’une justesse rare.

Ce qui frappe d’abord, c’est la sincérité du regard porté sur la fragilité humaine. Empathie ne se contente pas de « montrer » un hôpital psychiatrique ou des crises : elle s’attarde sur la vulnérabilité, sur l’humain parfois « cassé » mais toujours debout. Elle porte bien son nom : rarement, une série n’aura suscité une telle compassion pour ses personnages. Chaque être, qu’il soit patient, médecin ou proche, mérite d’être entendu, soutenu, compris. Et le spectateur, lui aussi, est invité à ressentir, à dépasser ses jugements pour voir l’humain derrière chaque visage.

Tous les personnages sont travaillés avec tendresse et profondeur. Certains m’ont bouleversé. La série jongle avec finesse entre drame et légèreté, entre ombre et lumière. Les dialogues sont souvent percutants, parfois drôles, toujours justes. La bande sonore, subtile et inspirée, accompagne parfaitement les émotions. Certaines séquences flirtent même avec le surréalisme…

On pourrait reprocher à la série une certaine intensité, un manque de légèreté si l’on cherche simplement à se détendre. Mais c’est aussi ce qui fait sa force : Empathie demande de s’y investir émotionnellement, de se laisser atteindre. Et en retour, elle offre une expérience profondément humaine.

Ce que j’en retire, c’est que Empathie est avant tout une œuvre qui écoute. Elle écoute ses personnages, leurs douleurs, leurs espoirs. Elle nous rend attentifs à ce que nous ressentons, et à ce que nous pouvons ressentir pour les autres. C’est une série qui ne se contente pas de divertir : elle transforme. Si vous cherchez une œuvre qui vous fera réfléchir, pleurer et sourire à la fois, qui vous rappellera la beauté fragile de l’humain, alors ne passez pas à côté.

Et si je devais formuler un souhait : que la saison 2, déjà annoncée, continue à creuser cette matière humaine avec la même sincérité. Parce que des séries comme Empathie, on en rencontre peu dans une vie de spectateur.

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