Par Liam Lachaume

Chronique technologie - Liam Lachaume

© Liam Lachaume – Couple humain-IA

Tomber amoureux, avoir une relation intime avec un robot ou une Intelligence Artificielle (IA) n’a rien de nouveau. De nombreux cas similaires ont été recensés par le passé. Nous avons en tête le mariage entre un Japonais de trente- deux ans et un personnage virtuel en 2022. Sa décision était motivée par le fait que sa prétendante ne vieillissait pas et qu’elle était immortelle. À l’époque, cette information avait fait le tour du monde et avait suscité des interrogations, que ce soit sur le plan légal ou humain. 

Aujourd’hui, avec la montée en puissance de l’Intelligence Artificielle qui bouleverse de plus en plus nos quotidiens, les cas de personnes exprimant une affection envers ces algorithmes semblent augmenter. C’est en tout cas le constat de cet article de la revue Sciences & Vie, dont nous recommandons la lecture : « Tomber amoureux d’une IA : un phénomène en plein essor ! » (n°1299, décembre 2025). Cela ne pouvait pas mieux tomber pour écrire ces quelques lignes. Des IA telles que Candy.IA, Myaniama ou encore Replika sont en phase de devenir les nouveaux confidents de l’Homme.

Pendant sa lecture, un chiffre m’a effaré : 220 millions, selon Appfigures et le rapport de Common Sense Media. C’est le nombre de fois que des IA de compagnons ont été téléchargées sur les stores d’applications (Apple Store et Google Play Store). Mais aussi, le profil des utilisateurs : une personne sur trois utilisant l’IA pour converser est un adolescent. Le risque soulevé est une forme de dépendance vis-à-vis de l’IA, mais surtout l’enfermement de l’utilisateur dans une bulle sans la moindre contradiction. Le problème est de perdre toute forme de rationalité et de commettre l’irréparable. Un cas extrême : mettre fin à ses jours. C’est ce qui s’est passé le vingt-cinq juillet 2025 pour Zane Shamblin, un jeune Américain de vingt-trois ans, originaire du Texas. Il se trouvait dans une situation de détresse psychologique, et se confiait à ChatGPT. Malgré des messages très inquiétants indiquant qu’il était prêt à mettre fin à ses jours, ChatGPT ne l’a pas contredit, et l’a encouragé à passer à l’acte. 

Tout n’est pas à jeter, avoir recours à une IA conversationnelle peut être complémentaire d’un suivi psychologique. À condition qu’elle soit encadrée par des professionnels du secteur. Plus largement, c’est qu’on voit avec l’IA : c’est un bon assistant, mais elle ne remplacera personne (pour le moment). Suis-je en train de juger celles et ceux qui utilisent une IA pour se confier ? La réponse est non. La volonté est de mettre en lumière les différentes utilisations de l’Intelligence Artificielle par les humains. Avant d’écrire ces quelques lignes, je n’étais pas au courant que l’on pouvait entretenir une conversation de fond avec une IA. Je vais peut-être m’y mettre… Après, je préfère partager ma vie avec une véritable personne qu’une IA. Sur qui vais-je pouvoir crier quand la maison n’est pas rangée ou qu’on a rayé la voiture à mon insu ? Une IA ne peut pas faire tout ça.

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