Le nouveau-né Facebook

Le compte à rebours affiche désormais une heure. Les panneaux lumineux du métro tournent en boucle depuis plusieurs jours sur celui-ci. Tout le monde en parle, les journaux, la radio, la télévision mais l’effervescence est à son comble sur la toile et surtout sur les réseaux sociaux.

Il laissa échappé un soupir en pensant à la longue journée qui l’attendait. Sa montre affichait déjà des appels manqués, des mails en attentes et une dizaine de notifications sur le réseau social de l’entreprise.

Arrivé à sa station, il se dirigea rapidement vers la sortie avant de prendre la direction des bureaux de son entreprise. En entrant au siège de la banque, il pris la direction, non pas du service digital mais de celui de la communication client.

La communication sur les réseaux sociaux et plus précisément le community management, est devenu un point crucial dans la relation client et surtout dans le marketing. Plusieurs années auparavant, au commencement des réseaux sociaux, les entreprises ont eu du mal à s’approprier ces nouveaux canaux de communication. Et pourtant, elles ont très vite compris l’enjeu que représentait les réseaux sociaux, au vu de l’engouement des internautes pour ces outils.

En près de 10 ans Facebook à pu réunir 1 milliards d’inscrit. Si au début, les internautes aimaient un peu tout et n’importe quoi, ils ont vite commencé à se détacher des marques qui les sollicitaient de toute part sur internet. Envahit par la publicité dans leur espace personnel, les réseaux sociaux représentant pour eux une sorte de journal intime, les marques ont du redoubler d’effort pour toucher leur client et augmenter leur visibilité.

Et pour cela, elles ont commencé à cibler leur publicité. Un ciblage rendu possible par le nombres de données collectées sur la toile. Données de géolocalisation, intérêts, sujet de discussion, autant de points sur lesquels s’appuient les entreprises pour personnaliser le message le plus finement possible, dans un contexte où le client assommé de publicité, rejette de plus en plus violemment les publicités ne lui correspondant pas.

La visibilité étant importante pour les marques, Facebook a donc décidé le 15 janvier 2013 de rendre cela payant.  Alors qu’avant, un message touchait plus de 50% de sa communauté Facebook, désormais à peine 3% de celle-ci est atteinte par ce même message. Il a donc fallu aux marques investir de l’argent. Ainsi les publicités sponsorisées sont nées sur les réseaux sociaux et le prix à payer n’a cessé d’augmenter en même temps que les marques prenaient conscience de l’importance de leur présence sur la toile. Et aujourd’hui que nous réserve le géant Facebook ?

Il sortit de ses pensées en entrant dans l’open space. Ils étaient tous là, prêts pour le lancement. Marie s’approcha de lui en toute hâte, le salua avant de lui lancer : « Ça y est tout le monde est en place, Eric. Plus que 30 minutes ». Il la remercia et s’installa devant son propre ordinateur. Les équipes étaient effectivement prêtes. La modération sur les réseaux sociaux avait déjà commencée, et pour ceux ayant terminé, on voyait apparaître sur leur écran le compte à rebours dont les secondes défilaient. Le « bébé Facebook » comme certains aimaient l’appeler, allait bientôt être lancé.

Le géant bleu, avait annoncé un an auparavant sa volonté de créer un nouveau réseau social, laissant le suspense planer sur les nouvelles fonctionnalités de celui-ci. Les avis avaient été très mitigés à cette annonce. Certains ne voyant pas très bien qu’elle pourrait être ce nouveau réseau social, d’autres impatients de savoir ce qu’on nous réservait, si bien sur le plan personnel que professionnel. Mais la campagne de communication lancée par Facebook avait eu raison de tous les doutes. Spots publicitaires, affiches, et les nombreux messages sur leur réseau social avaient fini par emballer les médias et la population mondiale sans compter ce fameux compte à rebours qui ajoutait au suspense.

Les théories étaient nombreuses et Eric, bien qu’il ne se soit très peu laissé embarqué dans les discussions spéculatrices, avait sa propre idée. Facebook avait effectivement énormément innové ces dernières années. Entre les vidéos de profil, les smileys omis présent qui ont surpassé le classique « J’aime » en quelques mois et les innovations en termes de partages d’images, les chaines YouTube intégrées directement dans le profil des utilisateurs, tout cela montre d’une part, la volonté de Facebook de se diversifier mais aussi de fidéliser sa communauté de plus en plus tentée d’aller voir ailleurs.

Les internautes ne se focalisent plus sur un seul et même réseau mais investissent toutes les plateformes possibles. Il est désormais rare de rencontrer une personne qui n’a qu’un seul profil sur la toile. Les réseaux sociaux se sont multipliés en quelques années. Des communautés ce sont dessinées autour de thème et de centres d’intérêts tel que la cuisine, le sport, la mode ou encore l’actualité, un thème sur le quel Twitter est devenu une référence. Désormais les internautes peuvent choisir leur réseau social en fonction de ce qu’ils aiment, échanger avec une communauté d’expert ou encore découvrir un univers. Si avant nous avions des réseaux sociaux destinés à un public large ou a des professionnels, désormais ils sont autant ciblés que les publicités .

Les différents profils et réseaux, représentent une difficultés pour les entreprises qui doivent s’adapter à ces différents supports qui utilisent des format de médias de plus en plus variés. Comme les vidéos, les images animés, les sons, ou ces manières d’interagir par hashtag, smileys, micro messages etc.

Mais cette diversité des profils et des réseaux sociaux, est aussi une aubaine pour les marques et ça, Eric l’a tout de suite compris. 20 ans dans le métier et jamais autant d’informations sur des consommateurs ont pu être récupérées ces 10 dernières années.

Les centres d’intérêt des internautes sont mis au grand jour, et les marques en profitent. Elles passent des accords entre elles pour récupérer de la data. Vous vous connectez avec votre compte Facebook sur Amazon ? Alors ne vous étonnez plus si après votre achat, un éditeur vient vous proposer sur votre réseau social ses nouveautés ou même si votre banque qui à enregistré votre carte de paiement comme lui appartenant vous propose ses nouvelles offres. Mais le plus effrayant pour Eric, est bien sur les données que nous récupérons au delà du virtuel. Montre connectée, maison connectée, lunettes connectées et même vêtement connecté, des données de santé ou de les habitudes chez soi sont collectées. Les données récupérées ne sont plus virtuelles mais bien physiques.

Et au vu des dernières actions financières de Facebook, cette tendance n’est pas prête de faiblir. Le géant a racheté ces dernières années de nombreux réseaux sociaux, Whatsapp, Instagram, plus récemment Snapchat, YouTube, sans parler de la multitude des petits réseaux sociaux qui ont été aspirés par le géant bleu.

Il ne restait désormais plus que 5 minutes. Autour de lui, tout le monde était fixé sur le compte à rebours. Dès le lancement de la plateforme les équipes devaient investir le réseau et découvrir les nouvelles fonctionnalités et réfléchir à comment au nom de la marque ils pourront se l’approprier. Bien sûr aucune annonce de Facebook n’avait laissé entendre que les entreprises pourrait investir le réseau social. Peut-être celui ci serait il destiné uniquement aux internautes pour une utilisation personnel ? Mais il en doutait fort. Pourquoi sinon développer des canaux  plus adaptés à la publicité ? De plus, au vu de l’argent investit par les marques dans la communication digitale, qui était devenue l’un des budgets les plus important pour la plupart des grands noms, il était quasiment certain que Facebook ne se couperait pas de ces revenus.

« Ça y est c’est parti » lança son voisin de bureau. effectivement le compte à rebours avait disparu de son écran laissant place à un mot de bienvenue. Le tutoriel commença. Des la dernière phrase lu, le message fracassé. Laissant place à un véritable mini-système solaire. Dès lors que ses yeux passaient sur l’une ou l’autre des planètes celles-ci affichaient des détails. C’était incroyable. Eric venait de comprendre, il ne s’agissait pas en réalité du « Bébé Facebook » mais d’un réseau social beaucoup plus gros.

Sur une seule et même plateforme les internautes peuvent connecter leurs différents réseaux sociaux. Chaque planète représentant un de ces réseaux. Ils ont ainsi la possibilité de glisser rapidement entre ces différentes plateformes. Plus besoin de télécharger plusieurs applications. Une seule suffit. Cela facilite grandement les échanges et les interactions. Une sorte de mur est aussi disponible mais qui cette fois laisse apparaître toutes les publications sur les réseaux sociaux connectés à la plateforme. Les notifications sont elles aussi regroupées. On peut même personnaliser son fil d’actualité en ne faisant apparaître qu’un seul profil ou plusieurs selon nos envies juste en cliquant sur le logo du réseau social.

Mais l’une des nouveautés est la possibilité de s’accrocher à des tendances grâce à des mots clés, sans être obligé de s’abonner à un compte pour voir les actualités sur un thème donné. Tout comme sur Twitter il suffit de taper quelques mots clés pour voir les messages, et même garder ces tendances pour en faire un fil d’actualités permanent. Cet outil est depuis longtemps utilisé par les marques pour leur veille de réputation ou concurrentielle.

Facebook a donc décidé de donner le pouvoir aux utilisateurs de choisir les messages qu’ils veulent recevoir. Un point non négligeable pour les marques qui vont certainement pouvoir utiliser ces données pour cibler d’avantage leurs clients. De même que de voir les réseaux sociaux qu’il connecteront et ainsi connaitre leur gout, leur centre d’intérêt et les messages auxquels ils sont sensibles selon leurs profils et leurs discussions.

Cette plate-forme semble une aubaine dans le regroupement de données, reste plus qu’a savoir comment Facebook va laisser les marques les utiliser et le prix à payer pour y accéder.

Outre le coté marketing, il est clair que le travail des équipes de community manager d’Eric va être grandement facilité. Chacune de celles-ci sont réparties selon les réseaux sociaux. Instagram par exemple, est sujet à modération de la part de l’équipe « Photo » comme il l’appel familièrement. Bien que les images soient utilisées sur d’autres plateformes, sur ces réseaux sociaux elles en sont les formats principaux. Les publications partagées les ne sont pas publicitaires comme sur Facebook, mais développé l’image de l’entreprise via les événements qu’elle organise ou au salon, conférence auxquels elle participe. D’autres équipes s’occupent de sujets plus spécifiques comme les partenariats avec le football et la cuisine qui investissent plusieurs réseaux sociaux dont ceux d’experts dans le sujet. En temps que banque, les activités de celle-ci se sont développée autour de sujet divers et variés afin de se donner de la visibilité sur des sujets sur lesquels on ne l’attend pas.

Chaque équipes est donc organisée sur des sujets différents, interagissant bien sûr en elles pour harmoniser les publications et promouvoir les actions sur les différentes plateformes. Ce point va donc être grandement facilité par la nouvelle plateforme de Facebook, ou l’on peut facilement accéder aux différents réseaux.

Il est désormais clair pour Eric que les réseaux sociaux ne sont pas mort et sont intarissable en terme de renouvellement et d’innovation. En tant que responsable social média, son métier n’a de cesse d’évoluer en fonction des réseaux sociaux  et  des demandes et des attentes des consommateurs, toujours plus exigeants.

Tout le monde était encore en  ébullition et continuait de découvrir de nouvelles fonctionnalités. Il décida finalement de lâcher son ordinateur et d’aller se chercher un café. Arrivé à la machine, il lui présenta sa montre, qui avait valeur de badge d’identification. A peine avait-elle lu les données qu’elle commençait déjà à lui servir son café. Il le prit et lâcha finalement un juron. Un café allongé, non sucré. Il avait beau râler, il le savait, quand il était de mauvaise humeur c’est toujours ce qu’il prenait et même s’il en avait envie, il jeta la boisson en lançant un lointain « Foutu machine ».

 

Bibliographie :

HOSSLER Mélanie, MURAT Olivier, ALEXANDRE Jouane, Faire du marketing sur les réseaux sociaux, Eyrolles, 2014, 320 p.

MELTZ Raphaël, 7 janvier 2009, « Marc L*** », Le Tigre, [En ligne] Disponible sur : http://www.le-tigre.net/Marc-L.html

ZUBERT Thomas, DES ISNARDS Alexandre, 2011, Facebook m’a tuer, Nil Editions, 246 pages

Webographie :

BOUR Laurent, 2014, « Le community manager du futur est à la porte ! », Journal du Community Manager, [En Ligne] Disponible sur : http://journalducm.com/2014/09/29/community-manager-du-futur-4550/

FOURNIER Audrey, 2014, « Quatre questions sur l’avenir de Facebook », Le Monde [En Ligne] Disponible sur : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2014/04/24/quatre-questions-sur-l-avenir-de-facebook_4406297_651865.html

GRANT Robin, 2015, «  L’évolution du social média en 2015 », We are social, [En Ligne] Disponible sur : http://wearesocial.com/fr/thought-leadership/lvolution-du-social-media-en-2015

RONFAUT Lucie, 2016, « Facebook prépare son avenir loin de son réseau social », Le Figaro, [En Ligne] Disponible sur : http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2016/01/31/32001-20160131ARTFIG00131-facebook-prepare-son-avenir-loin-de-son-reseau-social.php

ROPARS Fabien, 2013, « Explications : la règle des 20% de texte dans les publicités Facebook », Le Blog du Modérateur, [En Ligne] Disponible sur : http://www.blogdumoderateur.com/la-regle-des-20-de-texte-dans-les-publicites-facebook/

SUTTER Béatrice, 2015, « Réseaux sociaux 2025 : 4 scénarios possibles », L’ADN, [En Ligne] Disponible sur : http://www.ladn.eu/actualites/reseaux-sociaux-2025-4-scenarios-possibles,article,29319.html

VIARD Rudy, 2015, « La liste des entreprises rachetées par Facebook », Webmarketing Conseil, [En Ligne] Disponible sur : http://www.webmarketing-conseil.fr/la-liste-des-entreprises-rachetees-par-facebook/

 

Les jeux télévisés

Le jeu le plus ancien de l’histoire de la télévision

Il s’agit de Voulez-vous jouer avec nous présenté par le journaliste Jean Thévenot en 1950.  Cette émission n’est que très peu connu du public car à l’époque seuls 3794 postes de télévision étaient recensés en France, soit très peu. Le jeu le plus ancien et le plus populaire est Télé Match, présenté par Pierre Bellemare de 1954 à 1961. Sa séquence la plus connue est « la tête et les jambes » qui devient une émission à part entière de 1960 à 1966.

[cryout-button-color url= »http://player.ina.fr/player/embed/I00011354/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/560/315/0/148db8″ color= »#47AFFF »]Cliquez ici pour voir un extrait de cette séquence[/cryout-button-color]

Le jeu associe deux candidats : un (« la tête ») qui répond à des questions sur un thème précis (à savoir que les questions sont bien plus compliquées que celles des émissions actuelles). S’il commet une erreur, c’est un sportif de haut niveau (« les jambes ») qui devra le rattraper en effectuant une performance. Si les deux candidats arrivent au bout (soit 24 questions) ils gagnent 100 000 francs à partager à deux.

En 2010, plusieurs pilotes de cette émission ont été tournés sur TF1 avec comme animateur Jean-Pierre Foucault, Laurence Boccolini ou encore Vincent Lagaf. Malheureusement, l’émission ne verra pas le jour en cette année (peut-être dans quelques années qui sait).

Depuis 1950, la télévision a vu fleurir plus de 200 jeux. Parmi tous les jeux jusqu’ici diffusés à la télévision française…

Quel est celui qui fait gagner le plus d’argent à ses candidats ?

réponse : il s’agit de Qui veut gagner des millionsAvant le passage à l’euro, le jeu, qui existe depuis juillet 2000, a vu deux candidats remporter la somme maximale de 4 millions de francs. Depuis, une seule personne a gagné le million d’euro : il s’agit de Marie Freidel en 2004 (cette Gervoise qui avait alors 57 ans, nous a quitté à l’âge de 66 ans en janvier 2014).

[cryout-button-color url= »http://www.wat.tv/video/qvgdm-marie-3umsn_3umrj_.html » color= »#47AFFF »]Victoire de Marie en août 2014[/cryout-button-color]

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Top 3 des jeux qui rapportent le plus d’argent. Elodie R. CC BY-NC

Quel est le jeu le plus ancien toujours à l’antenne?

réponse : Des chiffres et des lettres. Le jeu a débuté en 1965 sous le nom Le mot le plus long, c’est en 1972 qu’il prend le nom que l’on connait aujourd’hui. C’est également l’émission la plus ancienne du PAF juste après Le Jour du Seigneur (1949).

Les jeux qui résistent et prouvent qu’ils existent :

  • Des chiffres et des lettres, France 3, 1972
  • Questions pour un champion, France 3, 1988
  • La roue de la fortune, TF1, 1987
  • Le Juste prix, TF1, 1987
  • Motus, France 2, 1990
  • Fort Boyard, France 2 puis Gulli, 1990
  • Une famille en or, TF1, 1990
  • Pyramide, France 2, 1991
  • Les Z’amours, France 2, 1995

Savez-vous quel est le jeu le plus ancien qui connait le même animateur depuis son lancement ?

réponse : Question pour un champion, présenté par Julien Lepers depuis 1988, est un format importé du Royaume Unis (Going for Gold). L’année dernière le programme a fêté ses 25 ans. Il comptabilise 28 000 candidats depuis son lancement et plus de 1 million de questions posées.

Question pour un champion n’est pas qu’un pilier de la télé française, c’est aussi des jeux de société qui existent depuis 1996, des Clubs (oui oui vous avez bien lu, il y a des gens qui se réunissent dans toute la France pour jouer dans des conditions réelles), il existe également le jeu vidéo en ligne et de nombreuses parodies dont la plus connue est celle des Inconnus : « Questions pour du pognon » :

 Mais surtout, Question pour un champion c’est les fameux « OUI OUI OUI » de Julien Lepers.

Juste pour le plaisir, (re)découvrez un des moments cultes du jeu, celui du candidat et de la mer Noire.

Enfin, quel est le jeu français le mieux exporté à l’étranger ?

réponse : Fort Boyard. Le jeu, créé en 1990, est diffusé dans près de 70 pays à travers le monde (Etats-Unis, Canada, Russie, Corée du Sud, Hongrie, un peu partout en Europe, etc). Son succès mondial contribue à un tourisme beaucoup plus important et ainsi à avoir des retombées économiques dans le département de Charente-Maritime.

Bien que le monde connaisse le jeu Fort Boyard, pas sûr qu’il ait entendu la chanson de Passe Partout :

Pour finir cette chronique, voici un tableau résumant tous les jeux de cette semaine :

Tableau jeux tv

Tableau des jeux télévisés de la semaine du 17 novembre au 23 novembre 2014. – Elodie R. CC BY-NC

On constate qu’il y a un peu de tout : des anciens jeux toujours diffusés comme Motus, les Z’amours et Question pour un champion ; des formats réadaptés comme À prendre ou à laisser (2004) et le Maillon faible (2001) et tous les petits nouveaux comme Money Drop (2011), Harry ou Slam.

 

 

 

 

Sources :

L’évolution des télé-crochets

Le télé-crochet est un cours de chant dans lequel les candidats sont choisis par le public et jugés par un jury de professionnels. Il voit le jour dans les années 50 quand la télévision arrive en masse dans les foyers français. Il s’agit de la version télévisuelle du radio-crochet qui, lui, existe depuis les années 30.

Définition de « crochet » selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales :
P. méton. Concours radiophonique où se produisent des amateurs qui peuvent être éliminés sur avis de la foule [les spectateurs sifflant ou criant crochet ! (cf. Lar. Lang. fr.)] ou d’un jury, le candidat exclu étant attrapé par un crochet. Crochet radiophonique; radio-crochet; organiser un crochet. − Vous irez samedi à la Salle des Fêtes ? − Voir cette troupe de music-hall ? − Il y aura un crochet, dit Ginette (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 128).

 

Historique

L'évolution des télé-crochets

L’évolution des télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

 Le premier télé-crochet diffusé à l’antenne est l’Eurovision en 1956. Puis en 1960, les plus âgés ont pu voir le Petit Conservatoire de la chanson de Mireille Hartuch, crochet qui a révélé entres autres Françoise Hardy, Pascal Sevran, Sylvie Jolie ou encore Danièle Évenou.

Suite à la réussite de ce télé-crochet d’autres s’en suivent comme Le Jeu de la chance de Raymond Marcillac dans les années 60 (présenté dans Télé Dimanche) qui fit connaître Mireille Mathieu et Thierry Le Luron, et Rideau, télé-crochet des années 70 présenté par Guy Lux sur Antenne 2. Enfin, Jacques Martin créé l’Ecole des fans en 1977, émission dans laquelle Vanessa Paradis a fait ses débuts à l’âge de 8 ans, en 1981.

Puis plus aucun télé-crochet ne voit le jour jusque dans les années 90/2000. En effet, le seul encore diffusé à l’antenne est l’Eurovision, qui devenait déjà de plus en plus ringard. D’ailleurs, encore aujourd’hui, ce télé-crochet international est très impopulaire en France.

Dans les années 2000 arrivent en masse tous les télé-crochets que l’on connait Star Academy, Popstars, Nouvelle Star, X factor, etc. Les téléspectateurs se lient d’affection pour ce genre de programme. Une aubaine pour les chaînes télévisées puisque ces émissions font beaucoup d’audience. Par exemple, le premier télé-crochet sur-médiatisé, Star Academy, a réuni en moyenne 6,1 millions de téléspectateurs allant jusqu’à quasiment 12 millions pour la finale de la première saison soit 51,4% du public. C’est d’ailleurs le programme de divertissement ayant généré le plus d’audiences dans les années 2000.

 Crise du disque : cause principale de l’arrivée des télé-crochets en 2000

 Pourquoi le télé-crochet est arrivé début 2000 ? Tout simplement parce que c’était également le début de la crise du disque. Ce n’est pas une coïncidence puisque cela a permis de relancer les ventes grâce à l’exploitation et à la commercialisation des disques des candidats. Par exemple en 2001, les artistes de la Star Academy et de Popstars représentaient 40% des ventes de singles en France.

Les stars de télé-crochets

Les stars de télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

Encore aujourd’hui, certains candidats de télé-crochet font le bonheur des maisons de disque comme le dernier gagnant de The Voice, Kendji Girac, qui est depuis plusieurs semaines numéro 1 des ventes d’albums. Il a d’ailleurs fait le meilleur démarrage de l’industrie musicale depuis Christophe Willem en 2007 (qui n’est autre que le gagnant de Nouvelle Star en 2006) vendant plus de 100 000 albums en 10 jours.

Ainsi, les candidats de télé-crochet représentent une part considérable des ventes. Par exemple Les L5, Christophe Mae, Chimène Badi, Olivia Ruiz et Nolwenn Leroy font partie des artistes français qui ont été disque de diamant en France, ce qui se fait très rare surtout depuis les années 2010 et l’essor d’internet.

 Pour info, la certification des disques a baissé à cause de la crise :

Certification Avant juillet 2006 Avant juillet 2009 Depuis juillet 2009
Diamant 1 000 000 750 000 500 000

 

Les années 2010: le Web 2.0 au centre de l’évolution des télé-crochets

Depuis les années 2010, après une lassitude des télé-crochets, le Web 2.0 a su donner un nouveau souffle à ce genre d’émission grâce à la télévision connectée qui devient « tendance ».

Le premier télé-crochet a s’y mettre est The Voice qui propose aux internautes de choisir les chansons des candidats et d’être le 5e coach. Il incite également à réagir sur les réseaux sociaux avec le hashtag #TheVoice. C’est d’ailleurs le programme le plus commenté en France avec 3 700 000 messages postés cette année.

 Le cas Rising Star sur M6

 Rising Star était vu comme l’émission qui allait révolutionner les télé-crochets, comme LE concours de chant 2.0, avec un concept basé sur l’interactivité entre la télévision et les téléspectateurs qui peuvent voter gratuitement via une application. Ces derniers choisissent quel candidat est sélectionné ou non. Malheureusement pour M6, les téléspectateurs ne sont pas suffisamment au rendez-vous puisque en seulement un mois le télé-crochet a perdu plus de la moitié de ses téléspectateurs passant de 3,7 à 1,9 million jeudi 30 octobre 2014 (soit de 16,9% à 8,4% de PDA). Une grosse déception pour M6 qui a déboursé un million d’euros pour adapter le format en France et qui débourse toutes les semaines quasiment la même somme pr avoir un plateau convenable.

Pourquoi un format aussi cher attire si peu de téléspectateurs ? Cela est sûrement dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord au niveau du programme lui-même :

  • les animateurs sont très moyens, d’ailleurs Guillaume Pley, surnommé « la tête à claque du PAF », est très peu populaire
  • le jury est agaçant surtout Cathy Guetta beaucoup trop enthousiaste ce qui l’a rend pas du tout naturelle
  • les descriptions des candidats virent constamment au pathos, du coup on a l’impression que tout le monde pleure tout au long de l’émission.

Et puis il y a aussi la concurrence, par exemple jeudi 30 octobre, beaucoup de films pour Halloween faisaient face au télé-crochet, également des séries comme Profilage qui cartonne sur TF1.

Programme TV du 6 novembre 2014

Programme TV du 6 novembre 2014 – Elodie R. CC BY-NC

En ce qui concerne Jeudi 6 novembre, Rising Star était face au foot (Everton-Lille), à plusieurs séries américaines, à Profilage toujours, à certains films comme Mystic River (qui a cartonné sur France 3 avec 2,8 millions de téléspectateurs) ou Robots sur 6ter, et surtout face à l’interview de François Hollande dans « En direct avec les français » présenté par Gilles Bouleau sur TF1 qui a réuni 7,9 millions de téléspectateurs. Rising Star ce soir là n’a réuni que 1,5 million de téléspectateurs. Et qui plus est, l’élément central de l’émission, le mur digital, est tombé en panne ! Un souci de plus pour la chaîne qui a vu son émission faire des audiences bien médiocres…jusqu’à s’arrêter complètement ! En effet coup de théâtre, l’émission a été écourté subitement. Contrairement à son confrère allemand qui a été déprogrammé, M6 a décidé de diffuser la finale non plus le 27 novembre comme prévue mais le 13 novembre, soit une semaine avant. D’ailleurs, un des membres du jury, le chanteur Cali, a ironisé sur la situation déclarant à une des candidates: «Il faut un talent énorme parce que tu es passée des quarts de finale à la finale directement. Moi je dis bravo». Une remarque qui a fait rire tout le pavillon Baltard.

Le gagnant du télé-crochet, Corentin Grevost, est passé quasiment inaperçu dans la sphère médiatique. Voici la chanson qu’il a interprété lors de cette fameuse finale:

Pour finir, je dirai à ceux qui souhaitent la fin des télé-crochets, qui en ont marre que ce genre de programme envahisse leur petit écran…ce n’est pas prêt de s’arrêter car encore beaucoup trop de personnes les regardent, et comme a si bien dit Françoise Giroud :

« La télévision n’est pas le reflet de ceux qui la font, mais de ceux qui la regardent »

sources :