Le retour du vinyle : un phénomène innovant

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illustration vinyle

L’arrivée du numérique a de plus en plus dématerialisé la musique : les ventes de CD ne cessent de chuter. Cependant, un objet prend le contre pied de cette tendance : le vinyle fait (enfin) son grand retour. Profitant de cette mode, les artistes se servent de ce support pour proposer des expériences inédites. 

L’apparition du CD dans les années 1990 suivie rapidement par la montée en puissance du numérique aura eu raison du disque microsillon qui, peu à peu, avait disparu des bacs. Cependant, la recherche du meilleur son possible et la quête du bel objet ont fait revivre ces disques vintage.

Aux Etats-Unis, d’après les chiffres publiés par Billboard, les ventes de vinyles ont augmentées de 16,3% sur les 9 premiers mois de l’année 2012. La croissance est continue depuis 5 ans. Parallèlement les ventes de CD ont chutées de 13 % tandis que les ventes numériques ont augmentées de 14 %, toujours moins que le disque microsillon. En 2009, le vinyle représentait à peine 30% du chiffre d’affaire des disquaires. Aujourd’hui le pourcentage tourne entre 70 et 80%. En France, on est passés de 145 010 vinyles vendus en 2006 à 329 439 l’an dernier.

Cet essor s’explique, entre autre, par le fait qu’une nouvelle population d’acheteurs est apparue : les plus jeunes sont venus s’ajouter aux collectionneurs. Les disquaires s’accordent à dire que la moyenne d’âge s’est déplacée de 30-40 ans à 20-40. Certains d’entre eux découvrent même l’objet qui avait déjà passé l’âge d’or pour cette génération.

Il est encore tôt pour parler de « raz de marée » mais le retour du vinyle se ressent jusque dans les enseignes culturelles où ce dernier avait quasiment disparu. Les surfaces dédiées ont plus que doublé. La plupart des enseignes Fnac, par exemple, accueillent désormais un rayon par style musical (raggae, jazz, hip-hop …).

La Face B de la tendance

Face à l’essort des commandes soudaines (de plus en plus d’artistes sortent leurs titres sur ce format), les moyens de production tendent vers une incapacité à répondre à la demande et les usines sont saturées. La chute des ventes dans les années 1990, a entrainé l’arrêt des productions de machines à vinyle, faute de rentabilité.

Malgrès un succès certain, il faut relativiser le bilan. A l’âge d’or du vinyle, une petite commande représentait 10 000 exemplaires. Il est même arrivé d’avoir des commandes montant jusqu’à 1 million. Aujourd’hui une commande normale est en moyenne de 500 exemplaires. L’usine leader française fondée en 1967 ne compte aujourd’hui plus que 16 presses, contre 50 dans les années 80. Les usines sont alors forcées de travailler dans l’urgence et les délais de fabrication peuvent durer plusieurs mois.

Des idées innovantes 

Grâce à son format, le vinyle permet la customization au niveau du graphisme et du visuel des pochettes mais aussi au niveau du disque lui même. Originalement de couleur noire, on a vu se multiplier les disques colorés, transparents ou encore découpés.

Aujourd’hui l’industrie du disque pousse la customisation encore plus loin grâce à l’appuie des nouvelles technologies.

Quelques exemples :

  • Breakbot et son vinyle en chocolat :Pour son album, By Your Side, l’artiste du label Ed Banger Breakbot à frappé fort : il édite 100 exemplaires du vinyle de l’album en … chocolat ! Le vinyle peut-être lu entre 3 et 5 fois et contient 3 titres bonus.

  • Jack White, record de vente. Pour son vinyle Lazaretto, Jack White redouble d’inventité. L’une d‘elle consiste à la mise en place de deux hologrammes représentant des anges. Ce vinyle consitue la meilleure vente de LP depuis 1994 avec 60 000 copies écoulées. (hologramme présent à 6min28 sur la vidéo ci-dessous)

  • Docteur Popular et sa carte musicale. L’artiste américain a sorti son single Dazzler sur carte postale. Au verso, la matière de la carte a permis de recréer les microsillons propre à sa musique dans l’objectif de s’en servir comme d’un véritable vinyle. Un concept qui fonctionne sur toutes les platines et qui est beaucoup plus pratique et transportable qu’un vinyle habituel.

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  • Le label allemand, Kontor Records : un vynile sans platine. Pour promouvoir un de ces artistes, le label spécialisé en musique électronique a choisi un support original pour ces envois promotionnels. Un disque 33 ou 45 tour qui est entièrement lisible avec son smartphone (Android, iOS ou autres). C’est le packaging du disque avec une enveloppe en papier qui fait office de support au disque. Cela permet aux téléphones de capter le QR Code nécessaire à la lecture du signal audio.

Sources :

 

La place de la musique dans les séries américaines aujourd’hui

"Six Feet Under", "Stalker", "Grey's Anatomy", "Newport Beach", "Vampire Diaries", "Les Frères Scott", des séries à la bande-son importante - Jérémie D. CC BY-NC

« Six Feet Under », « Stalker », « Grey’s Anatomy », « Newport Beach », « Vampire Diaries », « Les Frères Scott », des séries à la bande-son importante – Jérémie D. CC BY-NC

Qu’elle soit présente pour accompagner une séquence, pour donner son sens à un numéro chanté, ou encore qu’elle serve parfois d’univers dans lequel évoluent les personnages, la musique dans les séries télé n’a jamais été aussi importante que depuis une dizaine d’années. Elle passionne les fans, au même titre que les intrigues qu’ils suivent religieusement chaque semaine, permet de mettre en lumière certains artistes et, il faut bien le reconnaître, constitue à elle seule un business que les producteurs de télévision et de musique ne peuvent indéniablement négliger.

Quand chanson rime avec bande-son

Au même titre que les films, la plupart des épisodes de séries américaines sont aujourd’hui rythmés par une bande-son plus que jamais pensée comme un élément incontournable, indissociable du reste de l’oeuvre télévisuelle produite. Et comme dans la majorité des films réalisés aujourd’hui, cette bande-son alterne morceaux purement orchestraux et chansons interprétées par des artistes plus ou moins connus suivant les cas. Et à chaque fois, peu importe le type de série que l’on regarde, ces morceaux et ces chansons en question sont toujours là pour appuyer ou renforcer ce que l’on voit à l’écran, notamment lors de séquences à fort potentiel émotionnel (en gros, sortons les violons et vous sortirez les mouchoirs!). Des séquences qui, bien souvent, dans les séries dramatiques en tout cas, interviennent à la fin des épisodes, au moment du fameux climax, lorsque les personnages sont confrontés à des moments ou des événements marquants qui changeront potentiellement le cours de la série et de leur vies (et qui, surtout, vous donnerons envie de ne pas manquer le prochain épisode, évidemment!). C’est encore plus flagrant lors du fameux season finale (dernier épisode d’une saison), où une ballade efficace accompagne presque toujours les dernières minutes de l’épisode, créant à coup sûr un moment culte pour les fans, qu’ils se repasseront parfois en boucle, en attendant la saison suivante et la résolution de l’abominable cliffhanger qui leur fera retenir leur souffle des mois durant.

Pochettes des premiers albums des séries "Buffy contre les vampires" et "Dawson" - Jérémie D. CC BY-NC

Pochettes des premiers albums des séries « Buffy contre les vampires » et « Dawson » – Jérémie D. CC BY-NC

Si l’on se penche un peu plus sur cette tendance qui fait des musiques entendues dans les séries américaines un élément essentiel pour les fans, on peut dire qu’elle semble avoir réellement commencé à prendre de l’ampleur à la fin des années 1990, avec des séries comme Buffy contre les vampires ou Dawson, qui font d’ailleurs partie des premières séries à avoir commercialisé des CD reprenant les musiques entendues au cours des épisodes, à la façon des bande-originales de films (quel fan de ces deux séries ne se souvient pas de « Close Your Eyes », le thème musical de Buffy et Angel, composé par Christophe Beck et entendu à de nombreuses reprises au cours des saisons 2 et 3 de Buffy, ou encore des chansons « Kiss Me » et « Feels Like Home », entendues durant la saison 2 emblématique de Dawson ?). Ce procédé commercial s’est ensuite répandu, devenant de plus en plus fréquent au fil des ans, notamment avec des séries comme Newport Beach, Les Frères Scott ou encore Grey’s Anatomy qui ont toutes fait l’objet de plusieurs compilations sous forme de CD, la musique ayant une part plutôt importante dans ces trois séries (et ne parlons pas des génériques de Newport Beach, des Frères Scott ou même, avant ça, de Dawson, qui sont tous devenus cultes).

Il ne faut évidemment pas oublier que les séries ont une dimension tout autant commerciale qu’artistique et c’est pour cela que les producteurs savent très bien qu’elles représentent un formidable moyen de mettre en lumière certains artistes, qu’ils soient déjà connus ou plus confidentiels, voire même débutants parfois. La série Les Frères Scott a par exemple fait découvrir le chanteur Gavin DeGraw, qui interprète notamment « I Don’t Want to Be », le générique de la série, la série Vampire Diaries a utilisé la reprise de « Skinny Love », interprétée par Birdy, dans l’avant-dernier épisode de sa saison 2 (avant que Birdy n’explose réellement au niveau mondial), et la série médicale Grey’s Anatomy a fait découvrir à un plus large public le chanteur Andrew Belle et les groupes The Fray et Snow Patrol (la dernière séquence de l’épisode final de la saison 2, devenue culte et durant laquelle on peut entendre le titre « Chasing Cars » interprété par Snow Patrol justement, est d’ailleurs à découvrir ou re-découvrir ci-dessous).

A noter également que depuis quelques temps la tendance aux États-Unis semble être à l’utilisation de reprises dans les séries. On peut citer le cas, là encore, de Grey’s Anatomy qui, durant sa saison 10 (diffusée entre septembre 2013 et mai 2014), a utilisé des reprises de titres connus dans ses épisodes, avec par exemple des versions plutôt réussies de « Total Eclipse of the Heart » de Bonnie Tyler (interprétée pour l’occasion par Jill Andrews) et de « Man in the Mirror » de Michael Jackson (reprise par J2), et plus récemment le cas de la série Stalker, lancée à la rentrée sur la chaîne américaine CBS, et qui, à la fin de chacun de ses épisodes, gratifie ses téléspectateurs d’une reprise de chanson célèbre dans une version plutôt sombre, collant bien à l’esprit de la série (le premier épisode de la série se termine par exemple par une reprise hypnotique de « Creep » du groupe Radiohead interprétée par Michelle Branch, à écouter ci-dessous).

En résumé, on peut dire que les fans aiment les séries qu’ils regardent pour leurs personnages, leurs intrigues, mais aussi pour leur musique. Chacun a ses épisodes préférés, ses séquences cultes, et ci-dessous voici deux de mes séquences cultes (que je me suis moi aussi passées en boucle), extraites du tout dernier épisode de Six Feet Under et du dernier épisode de la saison 2 de Newport Beach, histoire d’étayer un peu plus encore mon propos (attention aux spoilers!).

La mode des comédies musicales 

On le sait, les comédies musicales, à travers le théâtre, et notamment Broadway, ou encore par le biais de nombreux films sortis au cinéma, font partie du patrimoine culturel américain et les Américains en sont très friands. Il est donc normal que la télévision ait décidé de surfer sur cette tendance des oeuvres de fiction intégrant des scènes chantées à leur histoire, et c’est d’autant plus vrai depuis quelques années.

Pochette de l'album "The music of Glee - season 1, volume 1" - Source: www.amazon.com

Pochette de l’album « The music of Glee – season 1, volume 1 » – Source: www.amazon.com

Aujourd’hui, si on pense « comédies musicales » à la télévision on pense forcément à la série Glee. Lancée en mai 2009 sur la chaîne américaine Fox, avec un épisode pilote vu par plus de 9,6 millions de téléspectateurs, Glee, qui raconte l’histoire des membres de la chorale (« glee club » en anglais) du lycée William McKinley, est très rapidement devenue un vrai phénomène, surtout auprès des adolescents. Les deux premières saisons ont rassemblé en moyenne 9,77 et 10,11 millions de téléspectateurs respectivement, un épisode de la saison 2, en 2011, a été diffusé après le Super Bowl (preuve de son succès et de la confiance que la Fox accordait alors à la série), et la série a accueilli des invités prestigieux tels que Britney Spears (à qui deux épisodes ont été entièrement consacrés en 2010 et 2012), Ricky Martin ou encore Gwyneth Paltrow. Et forcément, devant le succès grandissant de la série, tout un dispositif de merchandising s’est mis en place.

Les personnages de Glee reprenant dans chaque épisode entre 5 et 8 titres issus d’un répertoire très varié allant des chansons extraites de comédies musicales à succès (Grease, West Side Story, Wicked, …) aux hits passant à ce moment-là à la radio (Lady Gaga, Katy Perry, Coldplay, Rihanna, …), plusieurs albums comprenant les chansons les plus emblématiques de la série sont évidemment sortis dans le commerce. En quelques mois, le premier album (Saison 1, Volume 1) s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux États-Unis et, si aujourd’hui les albums reprenant les titres de chaque saison ont cessé de paraître (en raison de ventes probablement en baisse), des albums plus événementiels voient encore le jour (le dernier en date était consacré au centième épisode de la série, diffusé outre-Atlantique en mars dernier) et chaque chanson entendue dans la série est disponible au format digital sur iTunes, juste après la diffusion des épisodes (plus de 13 millions de singles digitaux ont d’ailleurs été vendus entre 2009 et 2011).

Voici d’ailleurs deux exemples de chansons que l’on a pu entendre au cours des cinq premières saisons de la série. La première, une reprise de « Don’t Stop Believing » du groupe Journey, est devenue LE titre emblématique de Glee après avoir été interprété dans l’épisode pilote (le titre sera à nouveau chanté à la fin de la saison 1 et au cours du centième épisode notamment) et la seconde, une reprise du titre « Pompeii » de groupe Bastille, est la dernière chanson interprétée lors de l’épisode final de la saison 5 (le dernier épisode diffusé à ce jour).

Le business dérivé de Glee ne s’est pas arrêté là car sont également parus des romans, des applications mobiles et tablettes, des jeux vidéos karaoké, et deux séries de concerts ont même eu lieu en 2010 et 2011 aux États-Unis et au Royaume-Uni, donnant ensuite naissance au film Glee, le concert 3D, sorti au cinéma en août 2011, puis en DVD et Blu-ray quelques mois plus tard. La série a également fait émerger une nouvelle génération de comédiens-chanteurs talentueux, parmi lesquels on peut citer Lea Michele, la star de la série (qui a cette année sorti son premier album solo), Darren Criss, Jonathan Groff (qui a depuis prêté sa voix à un personnage de La Reine des Neiges de Disney et décroché le rôle principal de la série Looking, diffusée sur HBO), ou encore Naya Rivera.

Depuis environ deux saisons, les audiences de Glee sont pourtant en baisse (une baisse très nette surtout lors de la saison 5, diffusée entre septembre 2013 et mai 2014 et qui ne rassembla que 4,57 millions de téléspectateurs en moyenne) et la saison 6, qui compte seulement 13 épisodes et sera diffusée entre le 9 janvier et le 20 mars prochain sur la Fox, sera la dernière (la série ayant été profondément marquée par le décès d’un de ses comédiens principaux, Cory Monteith, en juillet 2013). Mais indéniablement, Glee est une série qui aura marqué l’histoire de la télévision américaine et des séries pour adolescents.

Pochette de l'album "Once More, with Feeling" de la série "Buffy contre les vampires" - Source: www.amazon.com

Pochette de l’album « Once More, with Feeling » de la série « Buffy contre les vampires » – Source: www.amazon.com

D’autres séries, souvent dramatiques et dont l’univers est tout sauf musical, ont également cédé aux sirènes de la comédie musicale, mais seulement le temps d’un épisode. La volonté d’offrir aux fans un tel épisode, détonnant complètement avec le reste de la série, provient souvent de l’envie pure et simple du créateur de la série de se faire plaisir. C’était notamment le cas de Shonda Rhimes, la créatrice de Grey’s Anatomy, qui a écrit en 2011 (au cours de la saison 7 de la série) un épisode musical reprenant certains titres emblématiques entendus au cours des premières saisons de la série médicale, et donc interprétés cette fois-ci par le staff de l’hôpital Seattle Grace (concept assez original pour une série plutôt sérieuse). L’épisode a été énormément critiqué et ne marquera pas les mémoires pour sa grande qualité, au contraire par exemple de « Once More, with Feeling », l’épisode musical de Buffy contre les vampires (issu de la saison 6 de la série) dans lequel un démon contraint les personnages à chanter et qui fait partie des épisodes remarquables de la série, notamment parce que presque toutes les chansons de l’épisode ont été composées et écrites spécialement pour l’occasion par Joss Whedon, le créateur de la série (exercice qu’il n’avait jamais fait auparavant).

Mais aujourd’hui, devant notamment la baisse d’audience de Glee, on peut se demander s’il n’y aurait pas, depuis quelques temps, une sorte de désamour du public pour les comédies musicales à la télévision. Dans ce sens, on peut citer par exemple l’échec récent de la série Smash, diffusée entre février 2012 et mai 2013, le temps de deux courtes saisons, sur la chaîne américaine NBC, et qui n’a pas vraiment trouvé son public. Malgré un thème original (la création d’une comédie musicale sur la vie de Marilyn Monroe, mettant ainsi en place un procédé de comédie musicale dans la comédie musicale) et un épisode pilote extrêmement réussi, les épisodes suivants ont déçu et le départ de la créatrice de la série à l’issue de la saison 1 n’a rien arrangé. À noter également qu’en janvier prochain la chaîne ABC lancera à son tour sa série sous forme de comédie musicale, Galavant (annoncée comme inscrite dans la tradition de Sacré Graal des Monty Python). Les critiques qui ont déjà vu l’épisode pilote sont peu enthousiastes à l’égard de la série et il faut bien avouer que la bande-annonce (visible ci-dessous), à coups de chevaliers qui se mettent tout à coup à chanter, donne plutôt envie de rire, et pas forcément pour les bonnes raisons.

Malgré tout, on peut faire confiance aux Américains pour arriver à donner un nouveau souffle aux comédies musicales à la télévision et on peut déjà parier que d’ici une ou deux saisons on verra arriver sur nos petits écrans une nouvelle série musicale à succès, comme eux seuls savent le faire.

Musique, ton univers impitoyable

Pour terminer ce tour d’horizon de la musique dans les séries télé américaines, il convient également de s’intéresser aux séries qui se passent dans l’univers de la musique (sans être pour autant des comédies musicales puisque les personnages ne se mettent pas à chanter sans raisons).

Sheryl Crow, Gavin DeGraw, Kid Cudi, des artistes apparus dans "Les Frères Scott" - Jérémie D. CC BY-NC

Sheryl Crow, Gavin DeGraw, Kid Cudi, des artistes apparus dans « Les Frères Scott » – Jérémie D. CC BY-NC

La première que l’on peut citer, pour sa longévité impressionnante (9 saisons, diffusées entre 2003 et 2012) et le fait qu’elle ait passionné toute une génération d’adolescents et de jeunes adultes, est la série Les Frères Scott (One Tree Hill en version originale). Bien que d’abord vendue comme une série principalement immergée dans l’univers du basketball, notamment à travers ses deux personnages principaux, Lucas et Nathan, deux lycéens (et accessoirement demi-frères) qui rêvent de jouer en NBA, la série a rapidement développé un important univers musical, que ce soit par sa bande-son, le fait que chacun de ses épisodes (en anglais) porte le titre d’une chanson ou d’un album, ou encore et surtout grâce à la trajectoire que prennent certains de ses personnages, dont Haley et Peyton, la première devenant chanteuse et la seconde ouvrant au cours de la saison 5 son propre label musical (repris ensuite par Haley lorsque Hilarie Burton, l’interprète de Peyton, quitta la série à la fin de la saison 6).

Et ce qui est certain c’est que si des personnages attachants et des intrigues parfois rocambolesques, proches du soap opera, ont contribué à fidéliser un public majoritairement jeune, la musique y a également grandement participé. Devant l’engouement des fans, le personnage d’Haley a par exemple pris de l’importance, trois albums reprenant les titres entendus dans la série sont sortis entre 2005 et 2007, et de nombreux artistes sont apparus au fil des neufs saisons, dont Sheryl Crow, Kid Cudi, le groupe Fall Out Boy ou encore bien sûr Gavin DeGraw, l’interprète du générique de la série, notamment apparu dans un épisode de la première saison et dans l’épisode final de la série, pour boucler la boucle.

Toujours dans la lignée des séries se déroulant dans l’univers de la musique, et cette fois-ci plus précisément dans celui de la musique country, Nashville. Lancée en septembre 2012 sur la chaîne ABC et actuellement en plein dans sa troisième saison, Nashville doit son titre à la ville dans laquelle son action se déroule, qui se trouve également être le berceau de la musique country. Reposant sur la rivalité entre ses deux personnages principaux, Rayna James, un star de la country dont les ventes d’albums faiblissent, et Juliette Barnes, une jeune starlette qui commence à lui faire de l’ombre, la série fait la part belle à la musique, à travers les différentes séquences chantées qui rythment les épisodes (séances d’enregistrements, performances sur scène, …).

Pochette de l'album "The music of Nashville - season 1, volume 2" - Source: www.amazon.com

Pochette de l’album « The music of Nashville – season 1, volume 2 » – Source: www.amazon.com

Plusieurs albums sont là encore sortis depuis le début de la série, reprenant la plupart des chansons interprétées par les différents personnages (et qui, en grande majorité, sont des chansons composées spécialement pour la série), et Nashville, portée notamment par les actrices Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et Hayden Panettiere (Heroes), est, il faut bien l’avouer, extrêmement addictive. De plus, elle propose une bande-son réussie qui a le mérite de mettre en lumière un genre musical assez peu connu en dehors du territoire américain.

Pour finir, au rayon des nouveautés, la chaîne Fox proposera dès le 7 janvier la série Empire, créée par Lee Daniels (le réalisateur des films Precious et Paperboy), qui, elle, se déroulera dans l’univers du hip-hop et racontera l’histoire de Lucious Lyon, un producteur qui, après avoir appris qu’il est malade, doit décider auquel de ses trois fils il va remettre son empire musical. Interprétée notamment par les comédiens Terrence Howard, Taraji P. Henson et Gabourey Sidibe (l’actrice principale de Precious, justement), Empire aura la particularité de proposer une bande-son écrite et produite tout spécialement par Timbaland, producteur et compositeur à succès, à qui l’on doit notamment les titres « Cry Me a River » de Justin Timberlake ou « Apologize » de OneRepublic. On peut donc supposer que, si le succès est au rendez-vous, des albums et autres produits dérivés verront là encore le jour et la Fox semble d’ailleurs croire beaucoup en Empire puisque la série sera diffusée juste après la grosse machine American Idol (version américaine du télé-crochet Nouvelle Star), qui rassemblait encore, la saison dernière, plus de 11 millions de téléspectateurs en moyenne. La bande-annonce est à découvrir ci-dessous:

De manière générale, on peut donc dire qu’aujourd’hui la musique contribue au succès des séries qu’elle accompagne, en participant autant à leur dimension narrative qu’à leur dimension esthétique. Et devant cet engouement des fans pour la musique entendue dans les séries, les producteurs capitalisent sur ce succès en proposant toute une gamme de merchandising et un placement d’artistes de grande ampleur, faisant alors des séries télé un business majeur, s’étendant bien au-delà du médium télévisuel.

Sources:

La Musicothérapie dans le monde

3 pouvoirs bienfaisants de la musique

1) Antidépresseur naturel

La musique réduit le stress et l’anxiété et apaise nos tensions. En régularisant les hormones du stress, elle remplace les anesthésiants dans certains cas.

Lénine confessa un jour, alors qu’il venait d’écouter un sonate de Beethoven:

« Je ne peux pas écouter de la musique trop souvent, cela me donne envie de dire des bêtises et de caresser la tête des gens »

2) Thérapie holistique : la musique agit sur le corps, l’esprit et l’âme

La musique agit sur le corps physique, elle réduit la tension musculaire.

La musique dynamise la santé dans sa globalité en renforçant le système immunitaire, en stimulant la digestion, en ralentissant et égalisant les ondes cérébrales ou encore en influençant la fréquence cardiaque. Elle accroît l’endurance, influence la température corporelle, le mouvement et la coordination physique…

La musique influence l’esprit et « adoucit les mœurs »
Voici une expérience récente réalisée dans le métro de Newcastle, en Angleterre. Les responsables de la sécurité des stations ont remplacé la diffusion de musique rock par de la musique baroque. Vandalisme et agressions ont diminué de moitié ! Depuis, tous les services ont reçu ordre de diffuser des mélodies douces.

La musique, langage de l’âme

« La musique est un moyen plus puissant que tout autre parce que le rythme et l’harmonie ont leur siège dans l’âme. Elle enrichit cette dernière, lui confère la grâce et l’illumine. » Platon.

3) Voyage en douceur dans l’inconscient

La musique peut agir comme une madeleine de Proust. Elle berce nos souvenirs, stimule notre mémoire et notre imagination. Certaines musiques jouent sur notre état émotionnel comme un sédatif, d’autres comme un remontant.

 Alzheimer et la musique6861837-sundance-revele-le-pouvoir-therapeutique-de-la-musique-contre-l-alzheimer

Si elle n’a pas le pouvoir de guérir de la démence ou de la maladie d’Alzheimer, la musique peut néanmoins aider les malades à « réveiller » leurs souvenirs, comme le révèle un documentaire présenté au festival américain de Sundance.

« Alive Inside: A Story of Music and Memory » (« Vivant à l’intérieur : une histoire de musique et de mémoire »), premier long métrage de Michael Rossato-Bennett, a été en compétition au festival du cinéma indépendant, qui s’est tenu jusqu’au 26 janvier dernier à Park City, dans les montagnes de l’Utah (ouest des États-Unis).

Le film, souvent très émouvant, suit les efforts de Dan Cohen, fondateur de l’association Music and Memory, pour convaincre les maisons de retraite américaines des bénéfices de la musique sur les patients souffrant de démence et d’Alzheimer.

Armé de casques et de baladeurs numériques, il montre, à la surprise des personnels soignants eux-mêmes, comment des patients enfermés dans le mutisme et perdus dans les méandres de la démence sénile, semblent retrouver certains souvenirs et sensations dès qu’ils entendent la musique qu’ils aiment.

L’expérience, réalisée devant la caméra, est impressionnante et nombre de patients se mettent à parler, sourire, chanter, voire esquisser des pas de danse devant leurs familles stupéfaites, à l’écoute du jazz de leur jeunesse ou des musiques de leurs premiers flirts

Musique et stress

Voici-la-musique-la-plus-relaxante-du-monde

                                          Musique la plus relaxante du monde

Cette musique ralentit votre rythme respiratoire et réduit l’activité de votre cerveau à un tel point que des chercheurs affirment qu’il s’agirait de la musique la plus relaxante du monde.

Composé par Marconi Union (un groupe de Manchester), le morceau Weightless serait le fruit de la collaboration entre le groupe de musique et des professionnels de la thérapie par le son. Le but étant de tirer le meilleur parti des harmonies, des rythmes et des lignes de basse. Et le résultat ? un rythme cardiaque ralenti, une pression sanguine réduite et des niveaux de cortisol (l’hormone du stress) plus bas.

L’étude a été réalisée sur 40 femmes. Et la musique de Marconi Union s’avère être plus relaxante que Enya, Mozart ou Coldplay. Mieux, selon l’étude, la musique de Marconi Union serait plus relaxante qu’un massage, une balade ou une tasse de thé (oui, on est en Angleterre).

Le morceau Weightless s’est avéré 11% plus relaxant que n’importe quelle autre chanson utilisée. Elle produirait une baisse de l’anxiété de 65%. Le rythme de la musique passe de 60 pulsations par minute et ralentit progressivement à 50 pulsations par minute. Pendant qu’on écoute ce morceau, notre rythme cardiaque se calerait sur ce rythme.

https://www.youtube.com/watch?v=nKsEqFgKhoA

Chamanisme

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-Il y a plus de 5000 ans, la médecine traditionnelle indienne et chinoise utilisait déjà les effets spécifiques des sons.
Par exemple, depuis des millénaires, des peuples pratiquent les cercles de rythme (tam-tam, djembé, tambours). Ces cercles rythmiques font partie des grandes traditions chamaniques.
Une étude menée par le docteur Barry Bittman aux Etats-Unis a démontré récemment que la participation à un cercle de rythme joue sur notre état physiologique : le cortisol est en baisse, la DHEA, en hausse et surtout, l’activité des cellules naturelles tueuses (ces globules blancs qui éliminent les cellules cancéreuses autant que les virus et les bactéries) augmente notablement

La musique dans la tradition amérindienne a un statut très particulier ; en effet, dans cette tradition, tout est rempli de la puissance de la « médecine ». Le mot « médecine », dans le vocabulaire amérindien, est utilisé pour désigner quelque chose ou quelqu’un remplissant un rôle de communication entre le monde visible et le monde invisible ».
Il faut noter que, bien que la musicothérapie puisse être efficace sur tous les niveaux d’être, elle est traditionnellement utilisée en conjonction avec plusieurs autres approches thérapeutiques.

Evergig, la start-up des concerts

Il est indéniable que ces dernières années, la foule des concerts est assaillie par une horde d’appareils de toutes sortes. Fini les classiques appareils photos qu’il était encore possible d’interdire, place aux smartphones.

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Cette mode est régulièrement montrée du doigt et critiquée par les habitués de concert et les professionnels qui ont du mal à comprendre que l’on vienne pour regarder un concert à travers en écran. A ce propos, Glenn Max (producteur ayant travaillé notamment avec Patty Smith) s’exprime : « Les gens qui préfèrent enregistrer un concert plutôt que de le regarder de leurs propres yeux » ne vivent pas « l’essence-même d’une expérience live ». ll poursuit,  «Les artistes ont clairement l’impression que le public vit de moins en moins la musique en direct et préfère la vivre à travers leur téléphone. »

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Pour prévenir l’apparition d’un mur virtuel lors des concerts, le groupe Yeah Yeah Yeah avait placardé des affiches à l’attention des fans sur les murs d’une salle de concert de New York « vous êtes priés de ne pas regarder le concert à travers l’écran de votre smartphone … »

A l’inverse, d’autres artistes font preuve d’inventivité pour prendre le contrepied de cette tendance :

L’artiste Mathieu Chedid (M) propose à son public lors sa chanson « La bonne étoile » de mettre leur flash d’appareil photo en marche, simulant ainsi un ciel étoilé. Dans le même esprit Robbie Williams avait demandé à la foule d’activer tous leurs flash en même temps. L’effet était clairement impressionnant.

Evergig, la solution ? 

En 2012, Arthur Dagard et Guillaume Jouannet ont l’idée de créer Evergig après un concert où ils ont été impressionnés du « nombre de spectateurs qui souhaitaient repartir avec une vidéo souvenir  ». Ils font alors le constat que 5 à 6 % des vidéos présentent sur les plateformes de partage en ligne sont des vidéos prises lors de concerts par des amateurs.

Evergig consiste en la création collective de vidéos collaboratives. Arthur Dagard explique le concept : « Le principe d’Evergig, c’est d’être une plateforme collaborative qui va agréger les vidéos prises depuis les smartphones des spectateurs d’un même concert, afin de réaliser une vidéo restituant l’ambiance de celui-ci« .

Le fonctionnement est simple : les robots de la société parcours les plateformes web à la recherche des meilleures vidéos de concert filmées par les fans. Si un nombre suffisant d’extraits est atteint un algorithme les assemble et en améliore le son pour délivrer automatiquement une vidéo multi-angles. Cela ne s’arrête pas là, les outils intelligents mis en place par la start-up française permettent une mise à jour des vidéos des que des séquences de meilleures qualités sont mises en ligne sur le site.

Le seul souci (majeur) reste que le son est de qualité très moyenne. Pour répondre à cette problématique, Evergig lance une version pro, payante qui permet de remplacer la bande son générée par les appareils mobiles par le son capté par la console.

La liste des concerts peut être à l’initiative des utilisateurs qui demandent eux même à voir un concert qui n’est pas présent sur le site.

Une promotion gratuite pour les « jeunes » artistes

Via ce concept, les créateurs d’Evergig entendent d’une part attraper l’instant au cœur du concert mais surtout permettre aux artistes de promouvoir leur live sans engager de moyens financier.De plus, les fans sont ainsi impliqués dans la communication de l’article : chacun pouvant s’identifier via twitter sur la partie de la vidéo qui lui appartient.

Le site n’a par ailleurs, pas tardé à séduire les autres pays : plus de deux tiers des utilisateurs viennent des États-Unis. Fin septembre 2014, le site annonçait le million de concerts hébergés. Elle vise désormais un développement en Corée du Sud et au Japon.

Musiques du monde : Les musiques engagées

La musique du monde pour Dénoncer et s’engager

chanson-engagc3a9eLa musique un immense pouvoir de persuasion notamment grâce:

  • A la mémorisation des paroles

Lorsque nous apprécions certaines paroles, il nous est plus facile de mémoriser une chanson. De même, lorsque nous apprécions une musique qui n’est pas dans notre langue d’origine , certaines sonorités plaisantes ou amusantes peuvent êtres très facilement mémorisées, à l’exemple du célèbre titre de O-zone Dragostea din tei .

  • Aux mélodies touchantes qui servent à mieux faire passer les idées.

Souvent c’est l’air de la mélodie que l’on retiens le plus. Si les paroles ont tendance à facilement s’oublier, une mélodie elle, se retiens plus aisément.

 

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MANHATTAN KABOUL : Chanson engagée

Cette chanson de Renaud et d’Axel Red : « Manhattan Kaboul », est une chanson engagée, écrite par Renaud en 2002, peu de temps après l’attentat des tours jumelles à New York le 11 septembre 2001. Elle a également été créée après la guerre d’Afghanistan entre septembre et novembre 2001. Cette guerre a été déclenchée par Georges Bush ( avec mandat de l’ONU) pour lutter contre le terrorisme.

de même :

Angélique Kidjo, engagée auprès des femmes

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Angélique Kidjo est une des grandes voix du monde. Cette artiste d’origine béninoise côtoie les plus grands, Aretha Franklin, Desmond Tutu, Alicia Key, ou même le Président Obama lors de son arrivée au pouvoir. Ses voyages pour l’UNICEF, auprès des femmes, lui ont inspiré un nouvel album, Eve, enregistré entre l’Afrique et New York

 

La musique du monde pour rallier les foules

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La musique du monde permet également de rallier les foules. Pour prendre l’exemple de la musique tibétaine et des chants religieux des moines qui, lorsqu’on l’écoute, connote un engagement, des idéaux. En effet ce n’est pas tout le monde qui écoute ce type de musique.D’autant plus, dans le cas du Tibet qui est un pays sous l’oppression chinoise depuis des années. Écouter de la musique tibétaine , c’est en quelque sorte défendre le combat d’un pays, les droits humains de ce dernier.

 

La musique du monde engagée, comme mémoire intemporelle

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La musique est un bien immatériel.Cela signifie qu’avec le temps la musique ne se dégrade pas. La musique du monde peut rendre hommage à une mémoire,un combat,une personne. Dans le cas des artistes décédés,réécouter des chansons permet de conserver la pensée interprétative de l’artiste dans ses œuvres.

 

Le phénomène Helly Luv & MIA

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HELLY LUV : Porte parole des femmes kurdes qui prennent les armes contre les djihadistes en Irak.

Une jeune chanteuse indépendantiste Kurde très connue au Kurdistan, menacée de mort depuis des mois par l’état islamique.

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La chanteuse et rappeuse M.I.A bénéficie d’une popularité dont elle use pour continuer de dénoncer le sort des Tamouls au Sri Lanka, non sans prendre de risques. (menaces de mort…)

 

 

 

 

 

 

En conclusion:

La musique du monde transmet parfois des valeurs fortes.

  • Elle permet de faire passer des messages engagés en touchant un public de masse
  • Elle permet en chantant dans la langue d’un peuple de mettre en avant son identité: ex Tibet
  • Elle fait déplacer les foules et contribue à changer les comportements: ex Helly Luv et M.I.A

Les albums concept

Un album concept est un terme qui définit une œuvre musicale où toutes les pistes sont liées à un thème, une idée ou une histoire. Contrairement à un album classique ou les pistes n’ont pas de lien apparent entre elle. Un album est dit concept lorsqu’une certaine cohérence et unité apparaissent sur le plan des thèmes abordés et de l’esthétique choisie.

Historique

Historiquement on attribue la naissance des albums concept aux chanteurs tels que Frank Sinitra ou encore Miles Davis. Il prend vraiment son envol et se développe fortement grâce à Bob Dylan avec son album Blonde on Blonde sorti en 1966. En France c’est Serge Gainsbourg qui a introduit le thème avec Melody Nelson (1971).

À ses débuts — fin des années 1960, début des années 1970 —, l’album-concept est quelque peu atypique dans l’univers des musiques nouvelles, en particulier dans l’univers pop/rock. Un album n’étant envisagé que comme une compilation de diverses chansons, souvent composées et/ou enregistrées à des moments différents.

Les albums concept qui sont une réelle rupture avec le format de l’époque, sont un modèle dont toutes les chansons se suivent et racontent une même histoire. On pourrait presque assimiler ca à un Opéra rock, à la différence que tous les morceaux sont interprétés par un seul chanteur (duo/trio dans le cas d’un groupe).

Il arrive même que certains artistes consacrent leur discographie entière à des albums concept. C’est le cas des pionniers de la musique électronique Kraftwerk avec Radioactivité et the Man machine (basé sur la robotisation).

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Pochette de l’album Man machine (1978)

L’un des albums concept les plus notoires est The wall des Pink Floyd (1979). Cet album a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation cinématographique. La film ne comporte pas beaucoup de dialogue et se compose en majorité des paroles de l’album.

L’histoire de l’album raconte la vie d’un anti-héros nommé Pink : son père meurt durant la Seconde Guerre mondiale. Il devient une « rock star » et sombre dans la paranoïa ou il construit un mur pour se protéger du monde extérieur. Mais sa conscience finit par se révolter et le soumet à un procès dans lequel il est à la fois accusé et plaignant. Le jugement est qu’il doit détruire son mur et s’ouvrir au monde qui l’entoure.

Pourquoi faire un album concept ?

C’est une plus-value pour la mise en avant de l’album. Une fois qu’on l’a commencé on est presque obligé de l’écouter jusqu’à la fin pour se faire son idée.
Il arrive souvent que les artistes construisent leurs univers autour et part les albums concepts qu’ils produisent. Les Beatles ont fait plusieurs albums concepts et certains d’entre eux ont donnés lieu à des films (plus ou moins réussi). Help !, A hard days night…Le succès de ces films s’est fait grâce à la Beatlemania ou tout ce qui touchait les Beatles marchait. Car pour être honnête, la qualité de ces films laisse fortement à désirer.

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band est le huitième album des Beatles. Cet album est souvent cité comme leur plus grande œuvre et l’un des albums les plus influents par les critiques, figurant entre autres à la première place dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps du magazine Rolling Stone.

Dans cet album, la « fanfare du club des cœurs solitaires du sergent Poivre » accueille le public à son concert. Si Sgt. Pepper n’est pas un album-concept au sens strictement musical, il en est un tout simplement parce que ses auteurs l’ont pensé ainsi et l’ont fait savoir. De plus c’était la première fois que des produits dérivés et des goodies –qui ne s’appelaient pas comme ca à l’époque- sont disponibles.

Des albums conçus pour être joués sur scène

Mais la ou les albums concept prennent leur ampleur reste sur scène. En effet, comme tout morceau de musique il prend sa finalité en live avec toutes les mises en scène d’un concert. En 2012 Roger Waters en solo est parti en tournée en reprenant uniquement les chansons et l’album concept de the Wall. Cette tournée a durée 2 ans et a été joué 192 fois à travers le monde. Cette tournée a été classé parmi les 5 plus lucratives de l’année 2012 avec a peu près 132 millions $ de recettes.

Les 3 albums concepts les plus influents: St pepper des Beatles, Tommy des Who et The wall des Pink floyd.

Pour certains albums on parle d’opéra rock plutôt que d’album concept :

Tommy (The who) raconte l’histoire d’un garçon aveugle, sourd et muet qui devient un célèbre champion de flipper, passant par diverses expériences afin de retrouver ses sens. Lorsque cela se produit, il se transforme en une sorte de guide spirituel pour de nombreux adeptes qui finissent par le rejeter.

Pour conclure il ne faut pas assimiler et confondre album concept ou opéra rock avec les comédies musicales. Par définition, ce sont des comédies racontés par et à travers le chant. The wall n’est donc pas une comédie musicale et Mozart l’opéra rock n’est pas un album concept.

Sources:

rollingstone.com
forbes.com
thebeatles.com
senscritique.com
musique.premiere.fr

L’évolution des télé-crochets

Le télé-crochet est un cours de chant dans lequel les candidats sont choisis par le public et jugés par un jury de professionnels. Il voit le jour dans les années 50 quand la télévision arrive en masse dans les foyers français. Il s’agit de la version télévisuelle du radio-crochet qui, lui, existe depuis les années 30.

Définition de « crochet » selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales :
P. méton. Concours radiophonique où se produisent des amateurs qui peuvent être éliminés sur avis de la foule [les spectateurs sifflant ou criant crochet ! (cf. Lar. Lang. fr.)] ou d’un jury, le candidat exclu étant attrapé par un crochet. Crochet radiophonique; radio-crochet; organiser un crochet. − Vous irez samedi à la Salle des Fêtes ? − Voir cette troupe de music-hall ? − Il y aura un crochet, dit Ginette (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 128).

 

Historique

L'évolution des télé-crochets

L’évolution des télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

 Le premier télé-crochet diffusé à l’antenne est l’Eurovision en 1956. Puis en 1960, les plus âgés ont pu voir le Petit Conservatoire de la chanson de Mireille Hartuch, crochet qui a révélé entres autres Françoise Hardy, Pascal Sevran, Sylvie Jolie ou encore Danièle Évenou.

Suite à la réussite de ce télé-crochet d’autres s’en suivent comme Le Jeu de la chance de Raymond Marcillac dans les années 60 (présenté dans Télé Dimanche) qui fit connaître Mireille Mathieu et Thierry Le Luron, et Rideau, télé-crochet des années 70 présenté par Guy Lux sur Antenne 2. Enfin, Jacques Martin créé l’Ecole des fans en 1977, émission dans laquelle Vanessa Paradis a fait ses débuts à l’âge de 8 ans, en 1981.

Puis plus aucun télé-crochet ne voit le jour jusque dans les années 90/2000. En effet, le seul encore diffusé à l’antenne est l’Eurovision, qui devenait déjà de plus en plus ringard. D’ailleurs, encore aujourd’hui, ce télé-crochet international est très impopulaire en France.

Dans les années 2000 arrivent en masse tous les télé-crochets que l’on connait Star Academy, Popstars, Nouvelle Star, X factor, etc. Les téléspectateurs se lient d’affection pour ce genre de programme. Une aubaine pour les chaînes télévisées puisque ces émissions font beaucoup d’audience. Par exemple, le premier télé-crochet sur-médiatisé, Star Academy, a réuni en moyenne 6,1 millions de téléspectateurs allant jusqu’à quasiment 12 millions pour la finale de la première saison soit 51,4% du public. C’est d’ailleurs le programme de divertissement ayant généré le plus d’audiences dans les années 2000.

 Crise du disque : cause principale de l’arrivée des télé-crochets en 2000

 Pourquoi le télé-crochet est arrivé début 2000 ? Tout simplement parce que c’était également le début de la crise du disque. Ce n’est pas une coïncidence puisque cela a permis de relancer les ventes grâce à l’exploitation et à la commercialisation des disques des candidats. Par exemple en 2001, les artistes de la Star Academy et de Popstars représentaient 40% des ventes de singles en France.

Les stars de télé-crochets

Les stars de télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

Encore aujourd’hui, certains candidats de télé-crochet font le bonheur des maisons de disque comme le dernier gagnant de The Voice, Kendji Girac, qui est depuis plusieurs semaines numéro 1 des ventes d’albums. Il a d’ailleurs fait le meilleur démarrage de l’industrie musicale depuis Christophe Willem en 2007 (qui n’est autre que le gagnant de Nouvelle Star en 2006) vendant plus de 100 000 albums en 10 jours.

Ainsi, les candidats de télé-crochet représentent une part considérable des ventes. Par exemple Les L5, Christophe Mae, Chimène Badi, Olivia Ruiz et Nolwenn Leroy font partie des artistes français qui ont été disque de diamant en France, ce qui se fait très rare surtout depuis les années 2010 et l’essor d’internet.

 Pour info, la certification des disques a baissé à cause de la crise :

Certification Avant juillet 2006 Avant juillet 2009 Depuis juillet 2009
Diamant 1 000 000 750 000 500 000

 

Les années 2010: le Web 2.0 au centre de l’évolution des télé-crochets

Depuis les années 2010, après une lassitude des télé-crochets, le Web 2.0 a su donner un nouveau souffle à ce genre d’émission grâce à la télévision connectée qui devient « tendance ».

Le premier télé-crochet a s’y mettre est The Voice qui propose aux internautes de choisir les chansons des candidats et d’être le 5e coach. Il incite également à réagir sur les réseaux sociaux avec le hashtag #TheVoice. C’est d’ailleurs le programme le plus commenté en France avec 3 700 000 messages postés cette année.

 Le cas Rising Star sur M6

 Rising Star était vu comme l’émission qui allait révolutionner les télé-crochets, comme LE concours de chant 2.0, avec un concept basé sur l’interactivité entre la télévision et les téléspectateurs qui peuvent voter gratuitement via une application. Ces derniers choisissent quel candidat est sélectionné ou non. Malheureusement pour M6, les téléspectateurs ne sont pas suffisamment au rendez-vous puisque en seulement un mois le télé-crochet a perdu plus de la moitié de ses téléspectateurs passant de 3,7 à 1,9 million jeudi 30 octobre 2014 (soit de 16,9% à 8,4% de PDA). Une grosse déception pour M6 qui a déboursé un million d’euros pour adapter le format en France et qui débourse toutes les semaines quasiment la même somme pr avoir un plateau convenable.

Pourquoi un format aussi cher attire si peu de téléspectateurs ? Cela est sûrement dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord au niveau du programme lui-même :

  • les animateurs sont très moyens, d’ailleurs Guillaume Pley, surnommé « la tête à claque du PAF », est très peu populaire
  • le jury est agaçant surtout Cathy Guetta beaucoup trop enthousiaste ce qui l’a rend pas du tout naturelle
  • les descriptions des candidats virent constamment au pathos, du coup on a l’impression que tout le monde pleure tout au long de l’émission.

Et puis il y a aussi la concurrence, par exemple jeudi 30 octobre, beaucoup de films pour Halloween faisaient face au télé-crochet, également des séries comme Profilage qui cartonne sur TF1.

Programme TV du 6 novembre 2014

Programme TV du 6 novembre 2014 – Elodie R. CC BY-NC

En ce qui concerne Jeudi 6 novembre, Rising Star était face au foot (Everton-Lille), à plusieurs séries américaines, à Profilage toujours, à certains films comme Mystic River (qui a cartonné sur France 3 avec 2,8 millions de téléspectateurs) ou Robots sur 6ter, et surtout face à l’interview de François Hollande dans « En direct avec les français » présenté par Gilles Bouleau sur TF1 qui a réuni 7,9 millions de téléspectateurs. Rising Star ce soir là n’a réuni que 1,5 million de téléspectateurs. Et qui plus est, l’élément central de l’émission, le mur digital, est tombé en panne ! Un souci de plus pour la chaîne qui a vu son émission faire des audiences bien médiocres…jusqu’à s’arrêter complètement ! En effet coup de théâtre, l’émission a été écourté subitement. Contrairement à son confrère allemand qui a été déprogrammé, M6 a décidé de diffuser la finale non plus le 27 novembre comme prévue mais le 13 novembre, soit une semaine avant. D’ailleurs, un des membres du jury, le chanteur Cali, a ironisé sur la situation déclarant à une des candidates: «Il faut un talent énorme parce que tu es passée des quarts de finale à la finale directement. Moi je dis bravo». Une remarque qui a fait rire tout le pavillon Baltard.

Le gagnant du télé-crochet, Corentin Grevost, est passé quasiment inaperçu dans la sphère médiatique. Voici la chanson qu’il a interprété lors de cette fameuse finale:

Pour finir, je dirai à ceux qui souhaitent la fin des télé-crochets, qui en ont marre que ce genre de programme envahisse leur petit écran…ce n’est pas prêt de s’arrêter car encore beaucoup trop de personnes les regardent, et comme a si bien dit Françoise Giroud :

« La télévision n’est pas le reflet de ceux qui la font, mais de ceux qui la regardent »

sources :