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L’infotainment

Votre émission qui décrypte la tendance de l’infotainment

 

Tendance médiatique mais surtout télévisuelle, l’infotainment mélange d’information et d’entertainment (divertissement en français) a fait ses débuts dans les années 80 aux États-Unis. Mais c’est dans les années 90 que la tendance prend véritablement une tournure à part entière.Très vite, l’infotainment débarque en France notamment par le biais d’émission produite par Jean-Luc Delarue ou Thierry Ardisson et conquiert aussi le reste du monde. Notion souvent dépeinte dans un contexte négatif, l’infotainment est accusée de faire l’éloge de la télévision peu qualitative, elle ne serait présente que pour divertir ou pour vendre de l’espace publicitaire. L’observatoire des médias Acrimed parle même d’information « à très faible teneur informative, toujours fédératrice des opinions. » Nous verrons dans quel contexte l’infotainment s’impose, quels sont les moyens utilisés pour produire des programmes ludiques et divertissants mais en même temps informatif. Puis nous étudierons également la réception globale de cette tendance médiatique, son avenir et ses limites visibles.

Les Émissions politiques : séduire le téléspectateur en démocratisant la politique

 

La vie privée des politiques

La tendance des émissions politiques actuelles est de mélanger l’information et le divertissement. Et aujourd’hui, force est de constater qu’elles sont de plus en plus à la recherche de polémiques, de buzz. La raison ? L’audience que cela engendre sur les réseaux sociaux lorsqu’ils y sont relayés. La télévision, par le biais des émissions politiques entre autres, offre des produits télévisuels qui répondent à la demande de la société spectacle qui est la nôtre, l’interview ou le débat politique doivent alors être ludiques et distrayants. Pour cela, les sociétés de production se focalisent sur la vie privée des hommes politiques. Il se dessine ici un véritable effet de mode où l’intérêt du public ne se porte que sur l’apparence, le futile plutôt que sur le fond
et le concret. Cette nouveauté rompt donc avec les codes des débats politiques, qui furent un temps, étaient sérieux. Cette tendance d’émissions de confessions où les politiques se mettent en scène s’est développée durant les années 80, tout d’abord sur TF1, avec Questions à domicile présentée par Anne Sinclair et Pierre Luc Séguillon dans laquelle ils interviewaient des hommes politiques à leurs domiciles tels que François Mitterrand, Jacques Chirac, Jean Marie Le Pen… Puis, récemment sur France 3 avec Marc Olivier Fogiel faisant allonger sur le divan de son émission Jean François Copé ou Jean Luc Mélenchon pour des séances de psychanalyses, mais encore Michel Drucker qui invite de manière hebdomadaire les politiques dans Vivement dimanche sur France 2.
Pour illustrer concrètement cette tendance, prenons pour exemple la nouvelle émission de Karine Le Marchand :« Une ambition intime » diffusée pour la première fois sur M6 le dimanche 9 octobre 2016. Une émission que l’on pourrait qualifier de politico-people qui consiste, au vu des premières images, à parler avec les politiques sans jamais parler de politique.
Dans Une Ambition Intime, Karine Le Marchand, installée sur un canapé, interviewe les possibles candidats à l’élection présidentielle de 2017. L’interview se fait dans une maison ou un appartement meublés où objets et photos faisant référence à différents événements de leur vie sont dispersés ici et là. La séance questions/réponses dure entre 20 et 40 minutes. La présentatrice essaie de cerner l’homme ou la femme appelés à diriger la France, en posant des questions décontractées ou décalées. Le but étant de pénétrer dans leur sphère privée et personnelle : vie intime, vie de famille, sexualité, enfance, amour, jeunesse, etc., et ce, pour en extraire des révélations intimes exclusives. On peut notamment connoter cette technique au voyeurisme. Vous l’aurez compris, la logique éditoriale d’Une Ambition Intime est avant tout, comme son nom l’indique,
concentrée sur l’intime. Dans l’émission du 9 octobre dernier, Marine Le Pen, dont le parti politique est plus que jamais décrié — et pour cause — se dévoile sous un autre jour, on s’aperçoit qu’elle n’hésite pas à montrer ses sentiments et à se confier à Karine. Le pari est de facto gagné, car l’émission a pour objectif premier de rendre les hommes et femmes politiques sensibles, humains, ayant des sentiments comme tout citoyen.
Avec « Une ambition intime », c’est un réel plan de communication qui s’opère pour le politique, il se dévoile comme jamais il ne l’a fait auparavant, il joue à outrance la carte de la proximité afin d’élargir son champ d’action et ainsi séduire de nouveaux électeurs. Par sa sympathie, il gagnera à coup sûr des points sur les différents sondages qui fleurissent quotidiennement.
On s’écarte in fine de tout contenu politique (idéologie, stratégie, proposition) pour se concentrer sur le portrait des candidats. Au niveau des audiences, c’est un succès, l’émission a fait 13,6 % de part d’audience (3 millions de téléspectateurs) soit plus que L’Émission politique de France 2 ; la « peopolitisation » aguiche donc.

PUNCHLINE : L’émission qui souhaite charmer les jeunes

Laurence Ferrari part du constat suivant : “les Français en ont marre des Politiques, mais pas de la politique”. Parmi eux se cachent plus de trois millions de jeunes Français qui voteront pour la première fois en 2017. Néanmoins, ce n’est un secret pour personne, il existe un véritable barrage entre les politiciens et la jeune population : ces derniers peinent à se faire entendre par l’élite gouvernante. Toutefois, c’est un électorat qu’il faut absolument séduire, des voix à acquérir plus que tout…L’objectif des politiques en campagne se dessine alors clairement : être en odeur de sainteté auprès des jeunes en vue de l’élection présidentielle de 2017. Avec Punchline, Laurence Ferrari donne la parole à ceux qui vont incarner la France de demain. Ainsi, leur discours, leurs maux, mais surtout leurs attentes seront une bonne fois pour toutes entendus par les politiques. A cet égard, chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, elle recevra les candidats en face à face. L’émission se compose de 60% d’images et de 40% d’interview. De la bande-annonce à son look en passant par son contenu, elle se révèle racée et différentes des autres où le temps se fait long. Son offre est rythmée, dynamique et plutôt fraîche.Grâce à Punchline donc, Laurence Ferrari ne perd plus de temps et va droit au but — comme les jeunes.

Les Talks Shows : entre humour et clashs

 

L’humour :  la carte incontournable

Le talk-show vient tout droit des États-Unis. Il est apparu dans les années 90 en France et illustre pleinement le mélange des genres : mêlant humour et interviews, divertissement et culture, programme ludique et actualité politique. Dans ces émissions se trouve une panoplie d’invités issus de milieux divers : cinéma, littérature, politique, télé-réalité, musique conversant d’une manière plutôt détendue : on peut retrouver notamment sur le même plateau une star du showbiz,un écrivain, un élu politique, une actrice, un journaliste/essayiste, un chanteur…Depuis un certain temps, beaucoup de talk-shows utilisent l’humour, la parodie voire la provocation pour divertir, accrocher le téléspectateur et rompre avec les anciennes émissions dites « sérieuses ». Il s’agit là plus de discuter que de débattre sur des sujets susceptibles d’intéresser les téléspectateurs. Tous ces éléments résultent de la formule de l’émission à la demande des animateurs et producteurs. L’influence du show-biz et des talk-shows a littéralementtransformé la télévision française. Citons les talk-shows les plus populaires mélangeant parodie et sérieux : Tout le monde en parle en 1999 présenté par Thierry Ardisson et son acolyte Laurent Baffie, le roi de la gaffe et de la provocation surnommé le « sniper ». Puis, On ne peut pas plaire à tout le monde de Marc Olivier Fogiel ou encore On a tout essayé qui est devenu le On n’est pas couché actuel dans lesquels se mettaient en scène des sketches humoristiques.

Les Clashs

En plus des débats sur l’actualité, le sel d’un bon talk-show réside également en ses clashs qui peuvent être parfois synonymes de succès d’audience. La fin d’année 2016 a en effet été marquée par de nombreuses joutes, soit en face à face ou par média interposés. De Quotidien, avec Hugo Clément qui accuse Nicolas Domenach de faire preuve de journalisme de complaisance, à Karine Lemarchand qui, sur le plateau de C l’Hebdo, défend bec et ongle son programme Une Ambition Intime devant à un Patrick Cohen pour le moins sceptique, ou encore Laurence Ferrari qui n’hésite pas à régler ses comptes avec Jean-Michel Apathie sur France 5 ; ce dernier ayant tenté d’écarter I-télé du deuxième débat de la primaire de la droite et du centre…Force est de constater que dans les talk-shows, les éclats de voix sont bien souvent de la partie. Pourquoi ? La raison est simple, les accrochages verbaux intéressent le plus grand nombre et les journalistes, eux, l’ont plus que jamais compris car ils n’hésitent pas à en traiter les moindres détails, peu importe le médium : radio, web, télévision, réseaux sociaux, tout est légitime pour relayer le conflit. En février dernier, le site web de l’hebdomadaire Challenges, dont la ligne éditoriale est majoritairement économique, titrait l’un de ses articles « Taubira à ONPC : une leçon de communication à Léa Salamé et Yann Moix » suite au passage de l’ancienne garde des Sceaux dans l’émission On n’est pas couché, talk-show diffusé tous les samedis soir sur France 2. Les commentaires du public y sont nombreux. Il est une nouvelle fois au rendez-vous, commentant, critiquant et argumentant aussi bien surle site que sur Twitter et Facebook.

La mise en scène

L’exemple le plus typique du talk-show français présent depuis 10 ans sur France 2 est On n’est pas couché. Cette mission d’infotainment réunit tous les codes du genre : elle met notamment son invité dans une position peu agréable. En effet, les dispositions sont telles que l’invité est assis seul sur un siège inconfortable lors de la « confrontation ». Face aux chroniqueurs, il est exposé de manière vulnérable parfaitement illustrée par de gros plans. De plus, le plateau est assez froid et intimidant à travers ses lumières projetées sur l’invité. La couleur majoritaire est le bleu (couleur symbolique de la vérité, comme l’eau limpide qui ne peut rien cacher), elle peut vite devenir étouffante si elle est trop présente. C’est également une couleur intimidante associée à la connaissance, l’intelligence. Tous ces moyens sont mis en oeuvre pour que l’invité se sente mal à l’aise (épaules rentrées, jambes croisées). Le réalisateur fait beaucoup de zoom pour montrer la gestuelle de l’invité qui est le plus souvent en position de défenseface aux chroniqueurs. Cela donne le ton de l’émission. Ce procédé scénique peut être lié à d’autres talk-shows notamment celui de Sébastien Cauet : « La méthode Cauet » diffusée sur TF1 de 2003 à 2008. La couleur principale du plateau était le bleu. L’invité installé dans un fauteuil était seul face au présentateur et public. Il était relié à un capteur cardiaque fixé au bout d’un doigt, plus ou moins à même de transcrire son état d’esprit et de stress ce qui pouvait le mettre dans une position inconfortable. Là encore la scénographie est telle que l’invité se sent mal à l’aise ; le clash est aussi recherché donc pas de complaisance. À l’inverse, dans l’émission de Michel Drucker, Vivement Dimanche, les invités se sentent nettement plus à l’aise, assis sur un canapé au même niveau que le présentateur (et son chien qui parfois fait son apparition sur le plateau). Ce qui donne un côté thérapeutique, le ton est alors plus doux, plus bienveillant. Le plateau majoritairement est rouge (couleur énergique, pénétrante et d’une certaine manière rassurante et enveloppante). Finalement, la scénographie est un élément phare du talkshow, c’est un propos clef de la ligne éditoriale. C’est une des premières choses que les téléspectateurs aperçoivent et avec lesquels ils se font une idée rapidement de l’émission, de son ton… D’où son importance. La décoration, la lumière sont choisies pour mettre l’ambiance autant pour les invités que les téléspectateurs. Rien n’est laissé au hasard. Les plateaux sont ainsi étudiés avec les producteurs et les rédacteurs en chef des émissions, ils sont loin d’être un détail à négliger. Le décor parle de lui même et en premier, avant le présentateur et les chroniqueurs… C’est alors le premier message qui est envoyé aux téléspectateurs.

Les magazines télévisés : le sensationnel à tout prix ?

 

LES ÉMISSIONS JUDICIAIRES : entre réalité et fiction

Depuis quelques années, on assiste à une explosion d’émission traitant d’affaires judiciaires. La télévision dépasse alors son rôle d’informateur du public pour tenter de devenir un acteur actif du monde judiciaire, un informateur de la justice. Passant par Les enquêtes impossibles sur NT1, Faites entrer l’accusé sur France 2 ou Enquêtes criminelles sur W9, ces chroniques judiciaires ont un point commun, c’est de proposer du sensationnalisme, une ambiance de polar. Ce mélange de documentaire et fiction nous donne des frissons mais nous sommes paradoxalement attirés par ces émissions. Pourquoi aimons-nous avoir peur ? Sommes-nous tous masochistes ? Concentrons-nous sur le magazine d’enquêtes criminelles Crimes présenté par Jean Marc Morandini, diffusé sur NRJ 12. Chaque émission se rend dans une ville de France et revient sur trois faits divers qui se sont produits dans la région et qui ont marqué l’actualité. Chaque enquête met en lumière les personnes qui ont été au coeur d’un fait divers, comme les familles des victimes, les proches des criminels, leurs avocats, les enquêteurs, les journalistes locaux pour donner une sensation de réalité. Crimes donne aussi la parole à ceux qui ont souffert, qui souffrent encore pour que les téléspectateurs ressentent une certaine empathie. À côté de cela, l’ambiance du docu-fiction est glauque et morbide, c’est oppressant. La mise en scène est le plus souvent violente : les détails sordides du crime sont un à un relayé, des images où l’on peut voir le cadavre sont exposées, la musique fait quant à elle frissonner. Tous ces éléments procurent de la peur et en même temps de l’excitation comme si nous étions plongés dans un thriller haletant et nous voulions savoir la chute de l’histoire. Cette émission mi — fiction, mi-narrative, mi documentaire, mi-archives nous donne bel et bien un effet de réel et de trash !

Le sensationnel, synonyme de succès ?

Faut-il faire dans le sensationnel pour être entendu ? La question est posée, la réponse, elle, se révèle mitigée. D’une part, elle tendrait vers l’affirmation car de facto, le racoleur attire. Mais d’autre part, il n’est pas forcément gage de bonnes audiences à la télévision. Prenons pour exemple l’émission Cash Investigation présentée par Élise Lucet depuis 2012, la journaliste s’y illustre pugnace, pouvant perturber son interlocuteur, mais aussi frontale à la limite de l’impertinence. À l’image du numéro diffusé le 7 septembre 2015, intitulé « Mon président est en voyage d’affaires », qui met en évidence une séquence pour le moins musclée entre Rachida Dati et Élise Lucet. Cette scène a été isolée et mise en ligne sur YouTube afin d’aguicher le téléspectateur et lui donner l’envie de regarder l’émission. Le teaser a fait florès sur le web, mais ce numéro de Cash Investigation n’a pas brillé par son succès le jour de sa diffusion. Il s’agit même du pire score de la saison 2015-2016 pour le programme : 1 100 000 personnes étaient devant leur poste. L’audience moyenne se situe généralement entre 2 et 3 millions de téléspectateurs.

Le reportage d’immersion

Une émission est particulière intéressante. Il s’agit d’Enquête Exclusive. C’est une émission d’investigation diffusée depuis 2005, en deuxième partie de soirée, présentée par Bernard de La Villardière. Souvent interdit au -10, voire -12 ans. Ses audiences sont bonnes, elle fonctionne bien, nous pouvons même parler de succès car elle passe de mensuelle à hebdomadaire en 2008. L’émission existe depuis presque douze ans maintenant, ce qui prouve que c’est une valeur sûre. Enquête exclusive joue avec des codes particuliers. Ces thèmes de prédilections sont les sans limites autour de la dépravation. Des sujets bien souvent racoleurs. Le trash, le cash, la controverse et les sujets chauds (prostitution, drogues, trafics…) sont récurrents. On s’aperçoit que l’émission crée un climat de peur et de paranoïa. Pour ce faire, ils utilisent des procédés comme la musique, graphisme de l’émission. (Noir rouge et blanc), ou par l’expression grave et l’intonation formelle. Enquête Exclusive subit de nombreuses critiques. La plus grave et plus fréquente, ils sont accusés de ne pas retranscrire la réalité. C’est une grosse attaque pour les journalistes. L’émission en fait trop, elle monte en épingle les situations, ou elle détourner les sujets pour servir le propos de l’émission. Enquête exclusive n’invente pas les faits mais les met en exergue, les accentue, les dramatise pour leur donner plus de poids et une dimension plus « entertainment », de divertissement, plus dramatique et pas seulement de sujet de société. Ce qui lui apporte une plus value, une valeur ajoutée. C’est ce qui lui vaut d’être sujet à des moqueries, des parodies. Bernard de La Villardière est moqué pour son ton formel alors que l’émission ne traite que de sujets racoleurs. Elle porte l’identité d’une émission de société bas de gamme où le sensationnaliste est roi. C’est tout de même une émission avec de grands reportages, durant laquelle l’immersion est faite par de vrais journalistes reporters. A noter, elle a gagné huit récompenses dans le milieu du journalisme. Mais c’est malheureusement son mélange avec des codes du divertissement qui la décrédibilise.

Mana Hosokawa

Karima Ikiou

Tom Robert

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Mode et Entertainment : une alliance qui a bon goût

De Dynasty à Gossip Girl

De Dynasty à Gossip Girl

 

Glamours et excitants, le monde de la mode et celui du 7ème art sont de véritables usines à fantasmes qui animent notre quotidien. Évoluant parallèlement au fil de l’histoire et des tendances, ces deux univers similaires sous bien des points, partagent une passion commune pour l’esthétisme et son renouveau. Et bien qu’ils aient toujours ouvertement flirté, en s’inspirant mutuellement, on observe depuis quelques années un croisement plus marqué entre eux, qu’il s’exprime sur le petit écran, au cinéma ou sur les podiums. Dans le contexte actuel d’une société de plus en plus superficielle, hyper informée et connectée, l’alliance de ces deux industries fait recette.

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La Mode tisse sa toile

Images tirées du film Sex and the city 2

Images tirées du film Sex and the city 2

 

Avec son lot de surprises, d’extravagances, de paillettes, et de stars, la Mode garantit toujours le show. Réunissant ses créateurs aux univers farfelus, ses journalistes impitoyables, en passant par ses mannequins aux mensurations d’exception, qu’on se la dise, la mode est un milieu qui fascine. Dans une société de plus en plus superficielle et matérialiste, c’est aujourd’hui une industrie qui fait rêver, et par conséquent, fait vendre. Les cinéastes l’ont bien compris et marient depuis quelques années déjà Mode et 7e art.    Continue Reading →

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Les jeux télévisés

Le jeu le plus ancien de l’histoire de la télévision

Il s’agit de Voulez-vous jouer avec nous présenté par le journaliste Jean Thévenot en 1950.  Cette émission n’est que très peu connu du public car à l’époque seuls 3794 postes de télévision étaient recensés en France, soit très peu. Le jeu le plus ancien et le plus populaire est Télé Match, présenté par Pierre Bellemare de 1954 à 1961. Sa séquence la plus connue est « la tête et les jambes » qui devient une émission à part entière de 1960 à 1966.

[cryout-button-color url= »http://player.ina.fr/player/embed/I00011354/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/560/315/0/148db8″ color= »#47AFFF »]Cliquez ici pour voir un extrait de cette séquence[/cryout-button-color]

Le jeu associe deux candidats : un (« la tête ») qui répond à des questions sur un thème précis (à savoir que les questions sont bien plus compliquées que celles des émissions actuelles). S’il commet une erreur, c’est un sportif de haut niveau (« les jambes ») qui devra le rattraper en effectuant une performance. Si les deux candidats arrivent au bout (soit 24 questions) ils gagnent 100 000 francs à partager à deux.

En 2010, plusieurs pilotes de cette émission ont été tournés sur TF1 avec comme animateur Jean-Pierre Foucault, Laurence Boccolini ou encore Vincent Lagaf. Malheureusement, l’émission ne verra pas le jour en cette année (peut-être dans quelques années qui sait).

Depuis 1950, la télévision a vu fleurir plus de 200 jeux. Parmi tous les jeux jusqu’ici diffusés à la télévision française…

Quel est celui qui fait gagner le plus d’argent à ses candidats ?

réponse : il s’agit de Qui veut gagner des millionsAvant le passage à l’euro, le jeu, qui existe depuis juillet 2000, a vu deux candidats remporter la somme maximale de 4 millions de francs. Depuis, une seule personne a gagné le million d’euro : il s’agit de Marie Freidel en 2004 (cette Gervoise qui avait alors 57 ans, nous a quitté à l’âge de 66 ans en janvier 2014).

[cryout-button-color url= »http://www.wat.tv/video/qvgdm-marie-3umsn_3umrj_.html » color= »#47AFFF »]Victoire de Marie en août 2014[/cryout-button-color]

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Top 3 des jeux qui rapportent le plus d’argent. Elodie R. CC BY-NC

Quel est le jeu le plus ancien toujours à l’antenne?

réponse : Des chiffres et des lettres. Le jeu a débuté en 1965 sous le nom Le mot le plus long, c’est en 1972 qu’il prend le nom que l’on connait aujourd’hui. C’est également l’émission la plus ancienne du PAF juste après Le Jour du Seigneur (1949).

Les jeux qui résistent et prouvent qu’ils existent :

  • Des chiffres et des lettres, France 3, 1972
  • Questions pour un champion, France 3, 1988
  • La roue de la fortune, TF1, 1987
  • Le Juste prix, TF1, 1987
  • Motus, France 2, 1990
  • Fort Boyard, France 2 puis Gulli, 1990
  • Une famille en or, TF1, 1990
  • Pyramide, France 2, 1991
  • Les Z’amours, France 2, 1995

Savez-vous quel est le jeu le plus ancien qui connait le même animateur depuis son lancement ?

réponse : Question pour un champion, présenté par Julien Lepers depuis 1988, est un format importé du Royaume Unis (Going for Gold). L’année dernière le programme a fêté ses 25 ans. Il comptabilise 28 000 candidats depuis son lancement et plus de 1 million de questions posées.

Question pour un champion n’est pas qu’un pilier de la télé française, c’est aussi des jeux de société qui existent depuis 1996, des Clubs (oui oui vous avez bien lu, il y a des gens qui se réunissent dans toute la France pour jouer dans des conditions réelles), il existe également le jeu vidéo en ligne et de nombreuses parodies dont la plus connue est celle des Inconnus : « Questions pour du pognon » :

 Mais surtout, Question pour un champion c’est les fameux « OUI OUI OUI » de Julien Lepers.

Juste pour le plaisir, (re)découvrez un des moments cultes du jeu, celui du candidat et de la mer Noire.

Enfin, quel est le jeu français le mieux exporté à l’étranger ?

réponse : Fort Boyard. Le jeu, créé en 1990, est diffusé dans près de 70 pays à travers le monde (Etats-Unis, Canada, Russie, Corée du Sud, Hongrie, un peu partout en Europe, etc). Son succès mondial contribue à un tourisme beaucoup plus important et ainsi à avoir des retombées économiques dans le département de Charente-Maritime.

Bien que le monde connaisse le jeu Fort Boyard, pas sûr qu’il ait entendu la chanson de Passe Partout :

Pour finir cette chronique, voici un tableau résumant tous les jeux de cette semaine :

Tableau jeux tv

Tableau des jeux télévisés de la semaine du 17 novembre au 23 novembre 2014. – Elodie R. CC BY-NC

On constate qu’il y a un peu de tout : des anciens jeux toujours diffusés comme Motus, les Z’amours et Question pour un champion ; des formats réadaptés comme À prendre ou à laisser (2004) et le Maillon faible (2001) et tous les petits nouveaux comme Money Drop (2011), Harry ou Slam.

 

 

 

 

Sources :

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L’évolution des télé-crochets

Le télé-crochet est un cours de chant dans lequel les candidats sont choisis par le public et jugés par un jury de professionnels. Il voit le jour dans les années 50 quand la télévision arrive en masse dans les foyers français. Il s’agit de la version télévisuelle du radio-crochet qui, lui, existe depuis les années 30.

Définition de « crochet » selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales :
P. méton. Concours radiophonique où se produisent des amateurs qui peuvent être éliminés sur avis de la foule [les spectateurs sifflant ou criant crochet ! (cf. Lar. Lang. fr.)] ou d’un jury, le candidat exclu étant attrapé par un crochet. Crochet radiophonique; radio-crochet; organiser un crochet. − Vous irez samedi à la Salle des Fêtes ? − Voir cette troupe de music-hall ? − Il y aura un crochet, dit Ginette (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 128).

 

Historique

L'évolution des télé-crochets

L’évolution des télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

 Le premier télé-crochet diffusé à l’antenne est l’Eurovision en 1956. Puis en 1960, les plus âgés ont pu voir le Petit Conservatoire de la chanson de Mireille Hartuch, crochet qui a révélé entres autres Françoise Hardy, Pascal Sevran, Sylvie Jolie ou encore Danièle Évenou.

Suite à la réussite de ce télé-crochet d’autres s’en suivent comme Le Jeu de la chance de Raymond Marcillac dans les années 60 (présenté dans Télé Dimanche) qui fit connaître Mireille Mathieu et Thierry Le Luron, et Rideau, télé-crochet des années 70 présenté par Guy Lux sur Antenne 2. Enfin, Jacques Martin créé l’Ecole des fans en 1977, émission dans laquelle Vanessa Paradis a fait ses débuts à l’âge de 8 ans, en 1981.

Puis plus aucun télé-crochet ne voit le jour jusque dans les années 90/2000. En effet, le seul encore diffusé à l’antenne est l’Eurovision, qui devenait déjà de plus en plus ringard. D’ailleurs, encore aujourd’hui, ce télé-crochet international est très impopulaire en France.

Dans les années 2000 arrivent en masse tous les télé-crochets que l’on connait Star Academy, Popstars, Nouvelle Star, X factor, etc. Les téléspectateurs se lient d’affection pour ce genre de programme. Une aubaine pour les chaînes télévisées puisque ces émissions font beaucoup d’audience. Par exemple, le premier télé-crochet sur-médiatisé, Star Academy, a réuni en moyenne 6,1 millions de téléspectateurs allant jusqu’à quasiment 12 millions pour la finale de la première saison soit 51,4% du public. C’est d’ailleurs le programme de divertissement ayant généré le plus d’audiences dans les années 2000.

 Crise du disque : cause principale de l’arrivée des télé-crochets en 2000

 Pourquoi le télé-crochet est arrivé début 2000 ? Tout simplement parce que c’était également le début de la crise du disque. Ce n’est pas une coïncidence puisque cela a permis de relancer les ventes grâce à l’exploitation et à la commercialisation des disques des candidats. Par exemple en 2001, les artistes de la Star Academy et de Popstars représentaient 40% des ventes de singles en France.

Les stars de télé-crochets

Les stars de télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

Encore aujourd’hui, certains candidats de télé-crochet font le bonheur des maisons de disque comme le dernier gagnant de The Voice, Kendji Girac, qui est depuis plusieurs semaines numéro 1 des ventes d’albums. Il a d’ailleurs fait le meilleur démarrage de l’industrie musicale depuis Christophe Willem en 2007 (qui n’est autre que le gagnant de Nouvelle Star en 2006) vendant plus de 100 000 albums en 10 jours.

Ainsi, les candidats de télé-crochet représentent une part considérable des ventes. Par exemple Les L5, Christophe Mae, Chimène Badi, Olivia Ruiz et Nolwenn Leroy font partie des artistes français qui ont été disque de diamant en France, ce qui se fait très rare surtout depuis les années 2010 et l’essor d’internet.

 Pour info, la certification des disques a baissé à cause de la crise :

Certification Avant juillet 2006 Avant juillet 2009 Depuis juillet 2009
Diamant 1 000 000 750 000 500 000

 

Les années 2010: le Web 2.0 au centre de l’évolution des télé-crochets

Depuis les années 2010, après une lassitude des télé-crochets, le Web 2.0 a su donner un nouveau souffle à ce genre d’émission grâce à la télévision connectée qui devient « tendance ».

Le premier télé-crochet a s’y mettre est The Voice qui propose aux internautes de choisir les chansons des candidats et d’être le 5e coach. Il incite également à réagir sur les réseaux sociaux avec le hashtag #TheVoice. C’est d’ailleurs le programme le plus commenté en France avec 3 700 000 messages postés cette année.

 Le cas Rising Star sur M6

 Rising Star était vu comme l’émission qui allait révolutionner les télé-crochets, comme LE concours de chant 2.0, avec un concept basé sur l’interactivité entre la télévision et les téléspectateurs qui peuvent voter gratuitement via une application. Ces derniers choisissent quel candidat est sélectionné ou non. Malheureusement pour M6, les téléspectateurs ne sont pas suffisamment au rendez-vous puisque en seulement un mois le télé-crochet a perdu plus de la moitié de ses téléspectateurs passant de 3,7 à 1,9 million jeudi 30 octobre 2014 (soit de 16,9% à 8,4% de PDA). Une grosse déception pour M6 qui a déboursé un million d’euros pour adapter le format en France et qui débourse toutes les semaines quasiment la même somme pr avoir un plateau convenable.

Pourquoi un format aussi cher attire si peu de téléspectateurs ? Cela est sûrement dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord au niveau du programme lui-même :

  • les animateurs sont très moyens, d’ailleurs Guillaume Pley, surnommé « la tête à claque du PAF », est très peu populaire
  • le jury est agaçant surtout Cathy Guetta beaucoup trop enthousiaste ce qui l’a rend pas du tout naturelle
  • les descriptions des candidats virent constamment au pathos, du coup on a l’impression que tout le monde pleure tout au long de l’émission.

Et puis il y a aussi la concurrence, par exemple jeudi 30 octobre, beaucoup de films pour Halloween faisaient face au télé-crochet, également des séries comme Profilage qui cartonne sur TF1.

Programme TV du 6 novembre 2014

Programme TV du 6 novembre 2014 – Elodie R. CC BY-NC

En ce qui concerne Jeudi 6 novembre, Rising Star était face au foot (Everton-Lille), à plusieurs séries américaines, à Profilage toujours, à certains films comme Mystic River (qui a cartonné sur France 3 avec 2,8 millions de téléspectateurs) ou Robots sur 6ter, et surtout face à l’interview de François Hollande dans « En direct avec les français » présenté par Gilles Bouleau sur TF1 qui a réuni 7,9 millions de téléspectateurs. Rising Star ce soir là n’a réuni que 1,5 million de téléspectateurs. Et qui plus est, l’élément central de l’émission, le mur digital, est tombé en panne ! Un souci de plus pour la chaîne qui a vu son émission faire des audiences bien médiocres…jusqu’à s’arrêter complètement ! En effet coup de théâtre, l’émission a été écourté subitement. Contrairement à son confrère allemand qui a été déprogrammé, M6 a décidé de diffuser la finale non plus le 27 novembre comme prévue mais le 13 novembre, soit une semaine avant. D’ailleurs, un des membres du jury, le chanteur Cali, a ironisé sur la situation déclarant à une des candidates: «Il faut un talent énorme parce que tu es passée des quarts de finale à la finale directement. Moi je dis bravo». Une remarque qui a fait rire tout le pavillon Baltard.

Le gagnant du télé-crochet, Corentin Grevost, est passé quasiment inaperçu dans la sphère médiatique. Voici la chanson qu’il a interprété lors de cette fameuse finale:

Pour finir, je dirai à ceux qui souhaitent la fin des télé-crochets, qui en ont marre que ce genre de programme envahisse leur petit écran…ce n’est pas prêt de s’arrêter car encore beaucoup trop de personnes les regardent, et comme a si bien dit Françoise Giroud :

« La télévision n’est pas le reflet de ceux qui la font, mais de ceux qui la regardent »

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