Les albums concept

Un album concept est un terme qui définit une œuvre musicale où toutes les pistes sont liées à un thème, une idée ou une histoire. Contrairement à un album classique ou les pistes n’ont pas de lien apparent entre elle. Un album est dit concept lorsqu’une certaine cohérence et unité apparaissent sur le plan des thèmes abordés et de l’esthétique choisie.

Historique

Historiquement on attribue la naissance des albums concept aux chanteurs tels que Frank Sinitra ou encore Miles Davis. Il prend vraiment son envol et se développe fortement grâce à Bob Dylan avec son album Blonde on Blonde sorti en 1966. En France c’est Serge Gainsbourg qui a introduit le thème avec Melody Nelson (1971).

À ses débuts — fin des années 1960, début des années 1970 —, l’album-concept est quelque peu atypique dans l’univers des musiques nouvelles, en particulier dans l’univers pop/rock. Un album n’étant envisagé que comme une compilation de diverses chansons, souvent composées et/ou enregistrées à des moments différents.

Les albums concept qui sont une réelle rupture avec le format de l’époque, sont un modèle dont toutes les chansons se suivent et racontent une même histoire. On pourrait presque assimiler ca à un Opéra rock, à la différence que tous les morceaux sont interprétés par un seul chanteur (duo/trio dans le cas d’un groupe).

Il arrive même que certains artistes consacrent leur discographie entière à des albums concept. C’est le cas des pionniers de la musique électronique Kraftwerk avec Radioactivité et the Man machine (basé sur la robotisation).

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Pochette de l’album Man machine (1978)

L’un des albums concept les plus notoires est The wall des Pink Floyd (1979). Cet album a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation cinématographique. La film ne comporte pas beaucoup de dialogue et se compose en majorité des paroles de l’album.

L’histoire de l’album raconte la vie d’un anti-héros nommé Pink : son père meurt durant la Seconde Guerre mondiale. Il devient une « rock star » et sombre dans la paranoïa ou il construit un mur pour se protéger du monde extérieur. Mais sa conscience finit par se révolter et le soumet à un procès dans lequel il est à la fois accusé et plaignant. Le jugement est qu’il doit détruire son mur et s’ouvrir au monde qui l’entoure.

Pourquoi faire un album concept ?

C’est une plus-value pour la mise en avant de l’album. Une fois qu’on l’a commencé on est presque obligé de l’écouter jusqu’à la fin pour se faire son idée.
Il arrive souvent que les artistes construisent leurs univers autour et part les albums concepts qu’ils produisent. Les Beatles ont fait plusieurs albums concepts et certains d’entre eux ont donnés lieu à des films (plus ou moins réussi). Help !, A hard days night…Le succès de ces films s’est fait grâce à la Beatlemania ou tout ce qui touchait les Beatles marchait. Car pour être honnête, la qualité de ces films laisse fortement à désirer.

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band est le huitième album des Beatles. Cet album est souvent cité comme leur plus grande œuvre et l’un des albums les plus influents par les critiques, figurant entre autres à la première place dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps du magazine Rolling Stone.

Dans cet album, la « fanfare du club des cœurs solitaires du sergent Poivre » accueille le public à son concert. Si Sgt. Pepper n’est pas un album-concept au sens strictement musical, il en est un tout simplement parce que ses auteurs l’ont pensé ainsi et l’ont fait savoir. De plus c’était la première fois que des produits dérivés et des goodies –qui ne s’appelaient pas comme ca à l’époque- sont disponibles.

Des albums conçus pour être joués sur scène

Mais la ou les albums concept prennent leur ampleur reste sur scène. En effet, comme tout morceau de musique il prend sa finalité en live avec toutes les mises en scène d’un concert. En 2012 Roger Waters en solo est parti en tournée en reprenant uniquement les chansons et l’album concept de the Wall. Cette tournée a durée 2 ans et a été joué 192 fois à travers le monde. Cette tournée a été classé parmi les 5 plus lucratives de l’année 2012 avec a peu près 132 millions $ de recettes.

Les 3 albums concepts les plus influents: St pepper des Beatles, Tommy des Who et The wall des Pink floyd.

Pour certains albums on parle d’opéra rock plutôt que d’album concept :

Tommy (The who) raconte l’histoire d’un garçon aveugle, sourd et muet qui devient un célèbre champion de flipper, passant par diverses expériences afin de retrouver ses sens. Lorsque cela se produit, il se transforme en une sorte de guide spirituel pour de nombreux adeptes qui finissent par le rejeter.

Pour conclure il ne faut pas assimiler et confondre album concept ou opéra rock avec les comédies musicales. Par définition, ce sont des comédies racontés par et à travers le chant. The wall n’est donc pas une comédie musicale et Mozart l’opéra rock n’est pas un album concept.

Sources:

rollingstone.com
forbes.com
thebeatles.com
senscritique.com
musique.premiere.fr

Les jeux télévisés

Le jeu le plus ancien de l’histoire de la télévision

Il s’agit de Voulez-vous jouer avec nous présenté par le journaliste Jean Thévenot en 1950.  Cette émission n’est que très peu connu du public car à l’époque seuls 3794 postes de télévision étaient recensés en France, soit très peu. Le jeu le plus ancien et le plus populaire est Télé Match, présenté par Pierre Bellemare de 1954 à 1961. Sa séquence la plus connue est « la tête et les jambes » qui devient une émission à part entière de 1960 à 1966.

[cryout-button-color url= »http://player.ina.fr/player/embed/I00011354/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/560/315/0/148db8″ color= »#47AFFF »]Cliquez ici pour voir un extrait de cette séquence[/cryout-button-color]

Le jeu associe deux candidats : un (« la tête ») qui répond à des questions sur un thème précis (à savoir que les questions sont bien plus compliquées que celles des émissions actuelles). S’il commet une erreur, c’est un sportif de haut niveau (« les jambes ») qui devra le rattraper en effectuant une performance. Si les deux candidats arrivent au bout (soit 24 questions) ils gagnent 100 000 francs à partager à deux.

En 2010, plusieurs pilotes de cette émission ont été tournés sur TF1 avec comme animateur Jean-Pierre Foucault, Laurence Boccolini ou encore Vincent Lagaf. Malheureusement, l’émission ne verra pas le jour en cette année (peut-être dans quelques années qui sait).

Depuis 1950, la télévision a vu fleurir plus de 200 jeux. Parmi tous les jeux jusqu’ici diffusés à la télévision française…

Quel est celui qui fait gagner le plus d’argent à ses candidats ?

réponse : il s’agit de Qui veut gagner des millionsAvant le passage à l’euro, le jeu, qui existe depuis juillet 2000, a vu deux candidats remporter la somme maximale de 4 millions de francs. Depuis, une seule personne a gagné le million d’euro : il s’agit de Marie Freidel en 2004 (cette Gervoise qui avait alors 57 ans, nous a quitté à l’âge de 66 ans en janvier 2014).

[cryout-button-color url= »http://www.wat.tv/video/qvgdm-marie-3umsn_3umrj_.html » color= »#47AFFF »]Victoire de Marie en août 2014[/cryout-button-color]

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Top 3 des jeux qui rapportent le plus d’argent. Elodie R. CC BY-NC

Quel est le jeu le plus ancien toujours à l’antenne?

réponse : Des chiffres et des lettres. Le jeu a débuté en 1965 sous le nom Le mot le plus long, c’est en 1972 qu’il prend le nom que l’on connait aujourd’hui. C’est également l’émission la plus ancienne du PAF juste après Le Jour du Seigneur (1949).

Les jeux qui résistent et prouvent qu’ils existent :

  • Des chiffres et des lettres, France 3, 1972
  • Questions pour un champion, France 3, 1988
  • La roue de la fortune, TF1, 1987
  • Le Juste prix, TF1, 1987
  • Motus, France 2, 1990
  • Fort Boyard, France 2 puis Gulli, 1990
  • Une famille en or, TF1, 1990
  • Pyramide, France 2, 1991
  • Les Z’amours, France 2, 1995

Savez-vous quel est le jeu le plus ancien qui connait le même animateur depuis son lancement ?

réponse : Question pour un champion, présenté par Julien Lepers depuis 1988, est un format importé du Royaume Unis (Going for Gold). L’année dernière le programme a fêté ses 25 ans. Il comptabilise 28 000 candidats depuis son lancement et plus de 1 million de questions posées.

Question pour un champion n’est pas qu’un pilier de la télé française, c’est aussi des jeux de société qui existent depuis 1996, des Clubs (oui oui vous avez bien lu, il y a des gens qui se réunissent dans toute la France pour jouer dans des conditions réelles), il existe également le jeu vidéo en ligne et de nombreuses parodies dont la plus connue est celle des Inconnus : « Questions pour du pognon » :

 Mais surtout, Question pour un champion c’est les fameux « OUI OUI OUI » de Julien Lepers.

Juste pour le plaisir, (re)découvrez un des moments cultes du jeu, celui du candidat et de la mer Noire.

Enfin, quel est le jeu français le mieux exporté à l’étranger ?

réponse : Fort Boyard. Le jeu, créé en 1990, est diffusé dans près de 70 pays à travers le monde (Etats-Unis, Canada, Russie, Corée du Sud, Hongrie, un peu partout en Europe, etc). Son succès mondial contribue à un tourisme beaucoup plus important et ainsi à avoir des retombées économiques dans le département de Charente-Maritime.

Bien que le monde connaisse le jeu Fort Boyard, pas sûr qu’il ait entendu la chanson de Passe Partout :

Pour finir cette chronique, voici un tableau résumant tous les jeux de cette semaine :

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Tableau des jeux télévisés de la semaine du 17 novembre au 23 novembre 2014. – Elodie R. CC BY-NC

On constate qu’il y a un peu de tout : des anciens jeux toujours diffusés comme Motus, les Z’amours et Question pour un champion ; des formats réadaptés comme À prendre ou à laisser (2004) et le Maillon faible (2001) et tous les petits nouveaux comme Money Drop (2011), Harry ou Slam.

 

 

 

 

Sources :

Qu’est-ce que le Vjing ?

Le Vjing est un terme qui désigne la performance visuelle en temps réel. Cela se caractérise comme étant une création et une manipulation de l’image via la médiation technologique et en direction d’un public, le tout synchronisé avec de la musique. La personne qui fait du vjing est appelée un video jockey. Ces performances de vjing ont principalement lieu dans des concerts, festivals, clubs. Ces performances peuvent également inclurent des comédiens, des danseurs en même temps que la video live ou pré enregistrée. Le vjing regroupe donc d’une part le medium cinématographique et de l’autre un artiste qui propose dans un contexte donné son expression et son approche.

Le sigle VJ est la contraction du mot latin « video » (je vois) et de l’anglais jockey. Cela s’inspire directement du sigle DJ, qui est quant à lui propre à la musique. Le sigle se décline sous plusieurs formes : VJer (verbe), faire du vjing (créer de l’animation visuelle). Il semblerait que l’orthographe du terme ne soit pas définit car certains parlent de veejay ou de vijay.

Historique

Le vjing bien qu’ayant vu son apparition à la fin du 20eme siècle n’est pas une discipline académique. Chaque VJ à sa conception et sa définition du vjing. D’où les très nombreuses formes qu’il peut prendre. Il n’y a donc aucun discours globalisant et encore moins d’approche standardisée du vjing.

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RAQUEL MEYERS VJ solo show

Ce terme est apparu lorsque MTV l’a utilisé à ses débuts pour qualifier le présentateur qui introduisait les célèbres clips de la chaine. Mais on retrouve son origine dans les clubs new yorkais des années 70.

Petite anecdote : l’usage ecrit du terme « vidéo jockey » est apparu pour la premiere fois sur la fiche de paye de Merrill Aldighieri en mais 80 dans une boite de nuit de New York. En effet, elle aurait improvisé sur la musique grâce à une installation vidéo avec des projections de camera et des casettes. Les précurseurs travaillaient avec des projecteurs de diapositives, super-8 ou 16 mm.

L’ordinateur: l’outil de prédilection des VJ

C’est évidemment l’ordinateur qui permit vraiment de développer le VJing. Permettant de mettre en œuvre des montages ou mixage virtuelles et surtout permettant de limiter en termes de place physique le stockage des banques vidéo.

Avec les évolutions technologiques et l’expansion de la musique électronique, des effets visuels ont vu le jour. Toujours de plus en plus évoluée la pratique du vjing s’est très vite répandue au Etats Unis. Le fait d’associer animation visuelle et animation sonore n’était plus novateur à l’épopque, mais les avancées techniques ont permis sont expansion.

Dans le vjing le son est très important car c’est ce qui captera constamment l’attention du public. Mais le son ne représente pas un contexte d’ordre spatial ou temporel. C’est la bonne corrélation du son et de l’image qui donnera une performance de qualité.

Session Vjing Live pour un workshop à l’Eracom

A la fois artiste et technicien

Un VJ doit être très polyvalent et connaitre tous les aspects qui composent sont art. A la fois artiste, il se veut aussi parfois technicien. Il est responsable du rendu de sa performance, de ce fait il est responsable du bon fonctionnement de son matériel. Il doit donc savoir le monter, le réparer. Il doit s’adapter aux contraintes du lieu dans lequel il fera sa performance. Avant tout un VJ doit être capable de créer des boucles videos, du faire des samples, de créer des animations, de manipuler des cameras etc.

Où voir ces performances ?

On retrouve des performances de vjing dans les lieux aussi variés que les concerts, les clubs, les galeries d’art, des salons, des représentations théâtres etc. Par exemple, le lecteur windows media de Microsoft propose du vjing prédéfinie. Quand on met en lecteur un fichier mp3, des animations apparaissent. C’est du vjing à l’état pur.

Music: Serge Que (Monaque) – Exclusive Miller Tour Mix 2013

Elaboration d’une performance et écriture

Avant toute performance il faut trouver la direction et l’aspect que l’on veut donner au public. Dans la musique, on joue de la guitare et cela apparaitra comme faisant parti du morceau. Ici, si aucune image n’est diffusée, la performance perd tout son intérêt et ce qui la constitue. Beaucoup de VJ sont eux même réalisateurs, il est possible d’utiliser des images préexistantes, de les rassembler et de faire une composition qui sera en parfaite adéquation avec la musique.

Pour résumer il ne faut pas instrumentaliser le public. Le vjing n’est pas entièrement une expression culturelle divertissante, c’est encore une proposition expérimentale. Le vjing ne se pense pas comme une forme finie mais bien sur une branche du procédé cinématographique qui ne se développe pas sur une continuité linéaire mais bien sur une mise en avant de la notion de fragment.

Sources:

  • www.passeursdimages.fr
  • www.mappingfestival.com
  • www.flossmanualsfr.net

Focus: 3 séries à ne pas rater en 2014

Alors que 2014 touche bientôt à sa fin et que la rentrée des séries américaines, avec cette année, il faut bien le dire, son lot de déceptions, est désormais derrière nous, il est temps de faire le bilan et de s’arrêter sur trois nouveautés qui ont secoué nos petits écrans, trois séries américaines qui ont ou font toujours parler d’elles et qui sont d’ores et déjà visibles en France, grâce à divers offres légales.

Penny Dreadful

Capture d'écran Netflix

Interface de la version française de Netflix – Source: www.netflix.com


Après avoir fait trembler les foyers américains au printemps dernier, Penny Dreadful, qui doit son titre aux « penny dreadfuls » (terme qui désignait les « romans de quatre sous », souvent fantastiques ou horrifiques, vendus pour quelques pennys dans le Londres victorien), est disponible sur Netflix depuis son lancement en France le 15 septembre dernier.

Lancée le 11 mai 2014 sur la chaîne câblée Showtime, à qui l’on doit notamment Dexter, Homeland ou encore le revival de Twin Peaks prévu pour 2016, Penny Dreadful est vendue dans l’héxagone comme une série « Netflix original » mais cela signifie en fait seulement qu’elle a été achetée par Netflix pour le marché français, contrairement aux réelles séries originales Netflix telles que Orange is the New Black ou Hemlock Grove, qui elles sont produites exclusivement pour Netflix (laissons House of Cards hors de cette équation, car bien que produite pour Netflix aux États-Unis, Canal + en détient les droits exclusifs chez nous jusqu’à la saison 3).

Penny Dreadful posters

Affiches promotionnelles de la saison 1 de « Penny Dreadful » – Jérémie D. CC BY-NC

Créée par John Logan, notamment scénariste de films tels que Aviator ou Skyfall, le dernier James Bond, Penny Dreadful, qui compte pour le moment une première saison de huit épisodes (une saison deux de dix épisodes est prévue pour l’année prochaine), marque le grand retour de Josh Hartnett, qui avait, soyons honnêtes, un peu disparu des écrans radars depuis quelques années. Il interprète ici le rôle d’Ethan Chandler, sorte de cowboy écorché vif qui se retrouve un peu malgré lui plongé dans un univers fantastique qui le dépasse, et est plutôt convaincant dans ce rôle, tout comme Eva Green d’ailleurs, beaucoup moins insupportable que d’habitude, qui incarne l’énigmatique Vanessa Ives. Le casting est complété par Timothy Dalton, célèbre interprète de James Bond dans Tuer n’est pas jouer et Permis de tuer, sortis à la fin des années 1980.

À travers l’histoire d’un richissime explorateur anglais, Sir Malcolm Murray (Timothy Dalton), qui s’entoure de marginaux aux dons exceptionnels pour partir à la recherche de sa fille disparue, la série nous plonge dans les bas-fonds de la société anglaise du 19è siècle et revisite la mythologie du fantastique anglais, nous permettant ainsi de croiser au fil des épisodes des figures aussi célèbres que Dorian Gray, Mina Harker ou le Docteur Frankenstein.

Jouissant d’une ambiance sombre à souhait et d’une esthétique hyper travaillée, Penny Dreadful est une série qu’il faut découvrir, surtout si l’on est fan de fantastique. Alternant scènes d’actions et moments plus contemplatifs, son rythme peut dérouter au début mais plus la saison avance plus l’intérêt va grandissant et vous pouvez être certain qu’une fois arrivé au dernier épisode de cette « trop courte » première saison, vous n’aurez qu’une envie: être en 2015 pour voir la suite !

Gotham

 

Capture d'écran MyTF1vod

Interface de la page « en direct des USA » du site MyTF1vod – Source: //mytf1vod.tf1.fr

Nouveauté de la rentrée la plus attendue aux États-Unis, parmi toutes celles ayant déferlé entre mi-septembre et mi-octobre sur les grands networks américains (CBS, ABC, NBC, FOX et The CW), Gotham, lancée en grandes pompes le 22 septembre dernier sur la chaîne FOX, est disponible en France depuis le 23 septembre sur MyTF1 VOD (à la location) et sur iTunes (à l’achat), en version originale sous-titrée, au rythme de la diffusion américaine (une offre VOD qui contient également, entre autres, les nouvelles saisons de Grey’s Anatomy, The Vampire Diaries, Esprits Criminels ou encore The Blacklist).

Créée par Bruno Heller, scénariste à l’origine des séries Rome et The Mentalist (cette dernière entamant fin novembre sa septième et dernière saison aux États-Unis), Gotham reprend la mythologie de Batman, remontant aux origines de l’histoire de Bruce Wayne et constituant ainsi une sorte de « prequel » (histoire qui se passe avant) aux différentes aventures bien connues de l’homme chauve-souris. Sauf qu’ici, justement, point d’homme chauve-souris à l’horizon. Juste Gotham City. Une ville, ses méchants, et James Gordon.

Gotham posters

Affiches promotionnelles de la saison 1 de « Gotham » – Jérémie D. CC BY-NC

C’est justement les aventures de ce dernier que l’on suit au fil des épisodes. James (souvent abrégé en « Jim ») Gordon, futur commissaire et allié de Batman, qui n’est alors ici encore qu’un jeune inspecteur de la police de Gotham. Interprété par Ben McKenzie, révélé en 2003 par la série Newport Beach (The O.C. en version originale) et vu plus récemment dans l’excellente Southland, James Gordon croise dès l’épisode pilote de la série le chemin du jeune Bruce Wayne, alors âgé de douze ans, le soir où il assiste impuissant au meurtre de ses parents (histoire déjà bien connue des fans de la saga Batman, notamment présentée dans le Batman Begins de Christopher Nolan, et qui ici lance la série). Et la force de Gotham réside justement dans la galerie de personnages qui nous est offerte: Selina Kyle (future Catwoman), Alfred Pennyworth, le Pingouin, Edward Nygma (futur Homme Mystère), Poison Ivy enfant (qui apparait en clin d’oeil dans l’épisode pilote), ou encore Harvey Dent (qui deviendra plus tard Double Face), dont l’introduction est prévue pour l’épisode 9. Bref, ils sont (presque) tous là! À noter que le casting régulier de la série comprend également Jada Pinkett-Smith (l’épouse de Will Smith) dans le rôle de Fish Mooney, une gérante de boîte de nuit qui travaille pour le compte de Don Falcone.

Bénéficiant d’audiences correctes, bien que en dessous des attentes pour une telle série, Gotham a tout de même été confirmée pour une saison complète de 22 épisodes (six épisodes supplémentaires ayant été commandés en octobre, après une commande initiale de 16 épisodes). Après un pilote plus que prometteur et quelques épisodes un peu plus faibles, la série semble enfin trouver son rythme depuis l’épisode 5 et il faut avouer que le mélange entre formule de série policière classique (avec dans chaque épisode « l’enquête de la semaine »), complot de grande ampleur en fil rouge (avec la guerre mafieuse qui fait rage à Gotham City) et mythologie tout droit sortie de l’univers Batman  surprend et fonctionne de plus en plus au fil des semaines. Ajoutez à cela une ambiance alternant entre le sombre et un aspect plus « comic books », parfois un peu décalé (aspect plus accentué par exemple que dans les adaptations de Arrow ou The Flash, diffusée aux États-Unis sur la chaîne The CW), et vous obtenez une formule gagnante. Sans aucun doute LA nouveauté « grand public » de la rentrée à découvrir. En espérant juste qu’elle tienne toutes ses promesses une fois la première saison terminée.

 

The Affair

 

Canal + Séries à l'heure US

Publicité pour la programmation « à l’heure US » de la chaîne Canal + Séries – Source: www.canalplus.fr

Lancée le 12 octobre dernier sur Showtime aux États-Unis, The Affair, très attendue et très bien accueillie par la critique, est diffusée en France tous les mardis à 21h30 sur Canal + Séries, deux jours après sa diffusion américaine (en version originale sous-titrée là encore, délais obligent), dans le cadre de la programmation « à l’heure US » de la chaîne, qui comprend également la saison 2 de Brooklyn Nine-Nine, les saisons 4 de Homeland, Scandal et Revenge, et la saison 8 de The Big Bang Theory.

Créée par Sarah Treem, scénariste ayant travaillé sur des séries telles que How to Make it in America et House of Cards, et Hagai Levi, réalisateur et scénariste israélien à qui l’on doit la série Be Tipul (ensuite adaptée aux États-Unis sous le titre In Treatment, avec Gabriel Byrne dans le rôle principal), The Affair raconte la relation extraconjugale entre Noah Solloway, un père de famille new-yorkais, enseignant et également romancier, et Alison Lockhart, une serveuse dont la mariage vacille depuis un grave accident. Interrogés par la police quelques temps plus tard, ils se remémorent leur rencontre, chacun leur tour. La série alterne donc les points de vue, les perspectives, et on se rend peu à peu compte qu’ils n’ont peut-être pas vécus leur relation de la même façon. La narration, ponctuée par ces séances d’interrogatoire, offre une formidable autopsie de la liaison qui unit Noah et Alison et constitue un twist bienvenu qui éloigne la série des dramas romantiques plus classiques , le téléspectateur comprenant assez rapidement qu’à « l’affaire » du titre (qui signifie justement « liaison » en anglais) s’est mêlée une « affaire » criminelle (un meurtre ? un accident ?).

The Affair

Affiche et photo promotionnelles de la saison 1 de « The Affair » – Jérémie D. CC BY-NC

En plus d’être extrêmement bien écrite, The Affair jouit d’un casting exceptionnel. Les deux rôles principaux sont tenus par Dominic West, qui incarna notamment entre 2002 et 2008 l’inspecteur James McNulty dans la série The Wire, et Ruth Wilson, vue dans la série anglaise Luther. Leurs conjoints respectifs sont quant à eux interprétés par Maura Tierney (célèbre Abby Lockhart de Urgences) et Joshua Jackson (bien connu des fans de Dawson et de Fringe). Bref, c’est du lourd.

Peinant un peu au niveau des audiences aux Etats-Unis, la série, dont la première saison s’achèvera le 21 décembre prochain, est néanmoins déjà renouvelée pour une seconde saison de 10 épisodes, preuve si besoin est que les chaînes du câble savent donner leur chance aux séries de qualité. Et puis, c’est bien connu, audiences et qualité ne sont pas toujours synonymes…  Nombreuses sont les bonnes séries qui se sont arrêtées trop tôt, faute d’audience justement. Espérons que cela ne sera pas le cas de The Affair et qu’elle durera encore plusieurs saisons. Car c’est vraiment un petit bijou.

 

Sources:

 

L’adaptation d’œuvres littéraires en séries télévisées d’animation

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Le 8 octobre 2014 sortait sur grand écran le film français Lou ! Journal Infime, l’adaptation de la bande-dessinée Lou ! publiée aux Éditions Glénat depuis 2004.
Quel rapport avec les dessins animés et la télévision ? Tout simplement que ce film n’est pas la première adaptation de l’œuvre, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une adaptation en série télévisée d’animation, diffusée d’abord sur M6, puis sur Disney Channel France et plus récemment sur la chaîne 6Ter.

Affiche du film et couverture du premier tome de la BD de Lou !

Affiche du film et couverture du premier tome de la BD de Lou ! Montage de Irène Quaglia CC BY-NC

Mais l’adaptation de cette bande-dessinée en dessin animé est très loin d’être un cas unique.
On peut d’ailleurs catégoriser ces adaptations en fonctions de leur origine : Japon, USA et Europe. Dans une grande majorité les dessins animés télévisés sont adaptés de mangas, comics et bandes dessinées, et plus rarement de romans.

Le phénomène du pays du Soleil Levant

On peut dire que le phénomène vient du Japon, pays expert en adaptations puisque là-bas il est quasi systématique qu’un manga soit adapté en animé et vice-versa, ils sont même parfois produits simultanément.

En réalité, le 1er dessin animé adapté d’une œuvre littéraire diffusé à la télévision française est un manga japonais : Goldorak. C’est donc en 1978 que sur Antenne 2, les Français ont pu visionner le premier dessin animé adapté d’une version papier. Ont suivi Dragon Ball et Les Chevaliers du Zodiaque (adaptés des mangas éponymes) en 1988 dans l’émission culte Le Club Dorothée sur TF1.
Dans les exemples les plus récents, on peut citer les séries des Bleach, Naruto et One Piece, qui désormais passent le plus souvent sur des chaînes thématiques du type Game One ou D7 pour la TNT.

Mais le Japon est aussi connu dans le monde de l’animation télévisée pour ses adaptations de romans, notamment occidentaux, qui ont connu un fort succès chez nous. On pourra citer par exemple Tom Sawyer, adapté du héros de Mark Twain et diffusé en 1982 sur Antenne 2, Rémi sans famille, connu pour être le dessin animé le plus joyeux de tous les temps, diffusé la même année et adapté du roman Sans famille d’Hector Merlot. De même que Les Quatre Filles du Docteur March qui a fait l’objet de deux adaptations japonaise: la première en 1981 et la seconde en 1987.

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Les USA sous la domination des Super Héros

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Affiche de promotion pour l’arrivée de la série « Marvel Super-heroes » en 1966, première adaptation d’un comic en série animée à la télévision.

La situation aux États-Unis est assez semblable, puisque ce sont surtout les comics qui sont adaptés au petit écran. La première adaptation a vu le jour en 1966 et relate les aventures des héros de Marvel : Captain America,Thor, Hulk, Iron Man et Namar le Prince des Mers. La série intitulée The Marvel Super Heroes, tient plus de l’animation de planches de comics plus que de dessins animés comme on les connaît aujourd’hui, puisque les producteurs se sont contentés de reprendre les comics Marvel en impulsant de légers mouvements (de bouches, de bras) et en rajoutant des voix aux personnages.

Elle a eu un gros succès au USA mais n’a jamais été diffusée en France, chez qui les super-héros ont mis plusieurs décennies avant de percer le petit écran. En effet, ce n’est qu’en 1992 que le premier dessin animé de super héros est diffusé dans l’Hexagone : Batman. Les adaptations les plus récentes, diffusées en France, sont celles de Marvel’s Avenger Assemble (en 2013 sur la chaîne Disney XD) et les Tortues Ninja (en 2012 sur Nickelodéon, puis rediffusée sur France 4 en 2014). Rien que pour les Marvels, il y a eu au total (séries produites aux États-Unis) près de 14 adaptations en séries animées télévisées.

L’amour de l’Europe pour la bande dessinée

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Bandes dessinées européennes adaptées à la télévision. Montage de Irène Quaglia CC BY-NC

Chez nous ce sont également les bandes dessinées qui sont la meilleure source d’inspiration. Boule et Bill par exemple a connu sa première adaptation en 1975 et une nouvelle série est actuellement en production sous l’égide de France Télévision, Dargaud Média et Belvision (2014-2015). Lucky Luke débarque quant à lui à la télévision française en 1983. Cependant on peut remonter encore plus loin avec, en 1959, 9 films (de 13 minutes chacun), réalisés par les Studios TV Animation Dupuis mettant en scène les Schtroumpfs. On peut encore en citer beaucoup : Astérix et Obélix, Tintin, Garfield, Bécassine, le Marsupilami, Iznogoud, Titeuf, et bien d’autres.

Du côté des adaptations de romans on a pour les plus connus :

  • Le Petit Prince, visible en 2003 sur France 3.
  • Les Malheurs de Sophie, qui reprend la célèbre trilogie de la Comtesse de Ségur et diffusé 1997  sur France 3, Canal J, puis plus tard sur France 5 et TiJi.
  • Plus récemment, on peut compter l’adaptation de la saga Tara Duncan de l’auteur française Sophie Audouin-Mamikonian en 2010 et dont la suite est toujours en production, diffusée d’abord sur M6, puis sur Disney Channel.

On ne cite que quelques exemples parmi la ribambelle d’adaptations existantes mais cela donne déjà un aperçu de la quantité d’adaptations d’œuvres littéraires en animations à la télévision. En effet, selon le SPFA, ce sont 51% des dessins animés produits qui sont issus d’adaptations. Ce phénomène peut s’expliquer de par le fait que la bande dessinée est très semblable au cinéma, au théâtre et à la télévision. En effet, on note des similitudes au niveau de leur stratégie narrative, la construction des personnages, mais aussi le cadrage et la mise en scène. La bande dessinée s’impose ainsi par son univers narratif et visuel.
Il est également intéressant de noter que la télévision est le premier média à avoir adapté des albums de bande dessinée.

Rentrée 2014-2015 des dessins animés
(figurent ici seulement les animations issues d’adaptations)

 

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Sources

Les marques et les web-séries

Arrivées au début des années 2000, les web-séries ne cessent de se développer et de proposer des contenus éditoriaux de qualité. A la croisée de la série télévisée, du court métrage et du web, elles n’étaient au départ qu’un moyen d’expression utilisé par des amateurs ou des étudiants en cinématographie. Face à l’explosion des plateformes vidéo, les marques sont de plus en plus nombreuses à adopter cette forme de communication.

Une web-série est une série composée d’épisodes courts, moins de cinq minutes en général, diffusée essentiellement sur Internet. Elle apparait en particulier sur les plateformes d’hébergement de vidéos telles que YouTube, Dailymotion et plus modestement Vimeo. L’accès au haut débit dans les foyers et la multiplication des écrans individuels (smartphones, tablettes, ordinateurs), permettent aux Français de consommer de plus en plus la vidéo, mais également de la commenter, de la partager et ou de la « liker » via l’intermédiaire de leurs réseaux sociaux préférés. Les consommateurs délaissent de plus en plus le poste de télévision même si leur appétit pour les contenus audiovisuels ne cesse de croître. Ainsi, le téléfilm du soir n’est plus une référence pour les annonceurs.

Le financement des web-séries

http://webseriesmag.blogs.liberation.fr/.a/6a01a511726f8d970c01a73e129af1970d-pi

La websérie « Noob » – webseriesmag.blogs.liberation.fr

Les web-séries connaissent différents modes de financement. Ils peuvent être par fonds propres venant du réalisateur, grâce au crowdfunding (financement participatif) avec Noob par exemple, une série en ligne française qui a réussi à lever 682 161€ auprès de ses fans sur la plateforme Ulule en mai 2013, en vue de réaliser un long-métrage. Les plateformes de diffusion permettent également de financer ses nouvelles séries réservées à Internet. Fort de son succès, l’entreprise américaine Netflix a ainsi produit la web-série House of Cards, qui elle, se rapproche du format classique des séries télévisées. A l’origine du « binge-watching », pratique qui consiste à regarder tous les épisodes d’une série à la suite, House of Cards séduit les internautes mais aussi les chaines de télévision qui s’empressent de la diffuser.

Les marques sont également de plus en plus nombreuses à produire leur propre programme dans le but de promouvoir leur image.

Eviter la publiphobie pour une meilleure promotion

Ce format de communication constitue un intérêt majeur pour les marques puisqu’il permet de capter l’attention de leur cible sans employer un discours commercial, souvent perçu comme agressif, et ainsi éviter de générer un phénomène de rejet (publiphobie). Par ailleurs, selon une étude faite par Australie fin 2013, 38 % des Français trouvent la publicité « inutile et désagréable » et 55 % l’estiment « ennuyeuse ».

En adoptant le « Branded Entertainment » ou marketing du divertissement, les enseignes s’impliquent dans la production de divertissement et veillent à véhiculer d’une manière plus ludique et subtile une histoire en lien avec leur identité, leur territoire et leurs valeurs. La marque s’immisce ainsi dans l’espace digital de l’internaute dans l’espoir qu’il adhère et qu’il diffuse la web-série sur les médias sociaux.

Il y a eu plusieurs tentatives : Allociné avec « Dedans Allociné », Le Monde avec « La petite histoire » ou encore HEC Paris avec la série « Melting Potes ». L’une des plus célèbres est certainement la web-série d’Oasis Be Fruit, « l’Effet Papayon » apparue en avril dernier. Avec 7 millions de vues pour les trois premiers épisodes, la série d’Oasis a attiré plus de 80 000 fans supplémentaires sur la page YouTube de la marque.

Un dispositif transmédia au-delà du réel

La websérie « L’effet Papayon » – www.oasisbefruit.com

En collaboration avec l’agence de communication Marcel, l’Effet Papayon met en scène un couple de fruits connu des fans, Ramon Tafraise et Frambourgeoise. De nombreux bloggeurs ont d’ailleurs reçu un faire-part les invitant au mariage des deux protagonistes. Mieux encore, il était possible de voir l’annonce de cet évènement dans les journaux tels que le Parisien ou Libération.

D’autre part, Oasis Be Fruit a invité les internautes à trinquer avec eux en envoyant une cannette à toutes les personnes qui postaient le Hashtag « #JeTrinqueAvecRamonEtFramb » sur les réseaux sociaux. La marque a également permis à un fan de gagner une lune de miel en postant « #MariageDeRamonEtFramb ».

Le dispositif transmédia mis en place ici tente d’effacer la frontière qui sépare le virtuel du réel. Par exemple, la marque a créé un site internet qui parodie un célèbre site pornographique : youpomm (http://www.youpomm.com/). L’humour permet de faire adhérer totalement le consommateur en transformant ainsi leurs émotions en actes d’achat. C’est pour cela que les consommateurs sont intégralement impliqués dans leur communication.

Toutefois, coûteuse à réaliser, une web-série doit respecter un certain nombre de règles pour espérer un retour sur investissement : teasing en amont du lancement, stratégie de médiatisation, qualité du contenu, format court, incitation au partage, etc. De même que, le nombre de vues des vidéos n’est pas représentatif de l’efficacité de celles-ci. D’autres facteurs comme le nombre de partages ou la consultation de contenus additifs (à travers le site de la marque par exemple) doivent aussi être pris en compte dans les résultats.

Enfin, les nouvelles tendances montrent de cette façon que les web-séries ont dorénavant leur place dans les stratégies de communication des grandes marques.

Sources images :

 Sources :

L’évolution des télé-crochets

Le télé-crochet est un cours de chant dans lequel les candidats sont choisis par le public et jugés par un jury de professionnels. Il voit le jour dans les années 50 quand la télévision arrive en masse dans les foyers français. Il s’agit de la version télévisuelle du radio-crochet qui, lui, existe depuis les années 30.

Définition de « crochet » selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales :
P. méton. Concours radiophonique où se produisent des amateurs qui peuvent être éliminés sur avis de la foule [les spectateurs sifflant ou criant crochet ! (cf. Lar. Lang. fr.)] ou d’un jury, le candidat exclu étant attrapé par un crochet. Crochet radiophonique; radio-crochet; organiser un crochet. − Vous irez samedi à la Salle des Fêtes ? − Voir cette troupe de music-hall ? − Il y aura un crochet, dit Ginette (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 128).

 

Historique

L'évolution des télé-crochets

L’évolution des télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

 Le premier télé-crochet diffusé à l’antenne est l’Eurovision en 1956. Puis en 1960, les plus âgés ont pu voir le Petit Conservatoire de la chanson de Mireille Hartuch, crochet qui a révélé entres autres Françoise Hardy, Pascal Sevran, Sylvie Jolie ou encore Danièle Évenou.

Suite à la réussite de ce télé-crochet d’autres s’en suivent comme Le Jeu de la chance de Raymond Marcillac dans les années 60 (présenté dans Télé Dimanche) qui fit connaître Mireille Mathieu et Thierry Le Luron, et Rideau, télé-crochet des années 70 présenté par Guy Lux sur Antenne 2. Enfin, Jacques Martin créé l’Ecole des fans en 1977, émission dans laquelle Vanessa Paradis a fait ses débuts à l’âge de 8 ans, en 1981.

Puis plus aucun télé-crochet ne voit le jour jusque dans les années 90/2000. En effet, le seul encore diffusé à l’antenne est l’Eurovision, qui devenait déjà de plus en plus ringard. D’ailleurs, encore aujourd’hui, ce télé-crochet international est très impopulaire en France.

Dans les années 2000 arrivent en masse tous les télé-crochets que l’on connait Star Academy, Popstars, Nouvelle Star, X factor, etc. Les téléspectateurs se lient d’affection pour ce genre de programme. Une aubaine pour les chaînes télévisées puisque ces émissions font beaucoup d’audience. Par exemple, le premier télé-crochet sur-médiatisé, Star Academy, a réuni en moyenne 6,1 millions de téléspectateurs allant jusqu’à quasiment 12 millions pour la finale de la première saison soit 51,4% du public. C’est d’ailleurs le programme de divertissement ayant généré le plus d’audiences dans les années 2000.

 Crise du disque : cause principale de l’arrivée des télé-crochets en 2000

 Pourquoi le télé-crochet est arrivé début 2000 ? Tout simplement parce que c’était également le début de la crise du disque. Ce n’est pas une coïncidence puisque cela a permis de relancer les ventes grâce à l’exploitation et à la commercialisation des disques des candidats. Par exemple en 2001, les artistes de la Star Academy et de Popstars représentaient 40% des ventes de singles en France.

Les stars de télé-crochets

Les stars de télé-crochets – Elodie R. CC BY-NC

Encore aujourd’hui, certains candidats de télé-crochet font le bonheur des maisons de disque comme le dernier gagnant de The Voice, Kendji Girac, qui est depuis plusieurs semaines numéro 1 des ventes d’albums. Il a d’ailleurs fait le meilleur démarrage de l’industrie musicale depuis Christophe Willem en 2007 (qui n’est autre que le gagnant de Nouvelle Star en 2006) vendant plus de 100 000 albums en 10 jours.

Ainsi, les candidats de télé-crochet représentent une part considérable des ventes. Par exemple Les L5, Christophe Mae, Chimène Badi, Olivia Ruiz et Nolwenn Leroy font partie des artistes français qui ont été disque de diamant en France, ce qui se fait très rare surtout depuis les années 2010 et l’essor d’internet.

 Pour info, la certification des disques a baissé à cause de la crise :

Certification Avant juillet 2006 Avant juillet 2009 Depuis juillet 2009
Diamant 1 000 000 750 000 500 000

 

Les années 2010: le Web 2.0 au centre de l’évolution des télé-crochets

Depuis les années 2010, après une lassitude des télé-crochets, le Web 2.0 a su donner un nouveau souffle à ce genre d’émission grâce à la télévision connectée qui devient « tendance ».

Le premier télé-crochet a s’y mettre est The Voice qui propose aux internautes de choisir les chansons des candidats et d’être le 5e coach. Il incite également à réagir sur les réseaux sociaux avec le hashtag #TheVoice. C’est d’ailleurs le programme le plus commenté en France avec 3 700 000 messages postés cette année.

 Le cas Rising Star sur M6

 Rising Star était vu comme l’émission qui allait révolutionner les télé-crochets, comme LE concours de chant 2.0, avec un concept basé sur l’interactivité entre la télévision et les téléspectateurs qui peuvent voter gratuitement via une application. Ces derniers choisissent quel candidat est sélectionné ou non. Malheureusement pour M6, les téléspectateurs ne sont pas suffisamment au rendez-vous puisque en seulement un mois le télé-crochet a perdu plus de la moitié de ses téléspectateurs passant de 3,7 à 1,9 million jeudi 30 octobre 2014 (soit de 16,9% à 8,4% de PDA). Une grosse déception pour M6 qui a déboursé un million d’euros pour adapter le format en France et qui débourse toutes les semaines quasiment la même somme pr avoir un plateau convenable.

Pourquoi un format aussi cher attire si peu de téléspectateurs ? Cela est sûrement dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord au niveau du programme lui-même :

  • les animateurs sont très moyens, d’ailleurs Guillaume Pley, surnommé « la tête à claque du PAF », est très peu populaire
  • le jury est agaçant surtout Cathy Guetta beaucoup trop enthousiaste ce qui l’a rend pas du tout naturelle
  • les descriptions des candidats virent constamment au pathos, du coup on a l’impression que tout le monde pleure tout au long de l’émission.

Et puis il y a aussi la concurrence, par exemple jeudi 30 octobre, beaucoup de films pour Halloween faisaient face au télé-crochet, également des séries comme Profilage qui cartonne sur TF1.

Programme TV du 6 novembre 2014

Programme TV du 6 novembre 2014 – Elodie R. CC BY-NC

En ce qui concerne Jeudi 6 novembre, Rising Star était face au foot (Everton-Lille), à plusieurs séries américaines, à Profilage toujours, à certains films comme Mystic River (qui a cartonné sur France 3 avec 2,8 millions de téléspectateurs) ou Robots sur 6ter, et surtout face à l’interview de François Hollande dans « En direct avec les français » présenté par Gilles Bouleau sur TF1 qui a réuni 7,9 millions de téléspectateurs. Rising Star ce soir là n’a réuni que 1,5 million de téléspectateurs. Et qui plus est, l’élément central de l’émission, le mur digital, est tombé en panne ! Un souci de plus pour la chaîne qui a vu son émission faire des audiences bien médiocres…jusqu’à s’arrêter complètement ! En effet coup de théâtre, l’émission a été écourté subitement. Contrairement à son confrère allemand qui a été déprogrammé, M6 a décidé de diffuser la finale non plus le 27 novembre comme prévue mais le 13 novembre, soit une semaine avant. D’ailleurs, un des membres du jury, le chanteur Cali, a ironisé sur la situation déclarant à une des candidates: «Il faut un talent énorme parce que tu es passée des quarts de finale à la finale directement. Moi je dis bravo». Une remarque qui a fait rire tout le pavillon Baltard.

Le gagnant du télé-crochet, Corentin Grevost, est passé quasiment inaperçu dans la sphère médiatique. Voici la chanson qu’il a interprété lors de cette fameuse finale:

Pour finir, je dirai à ceux qui souhaitent la fin des télé-crochets, qui en ont marre que ce genre de programme envahisse leur petit écran…ce n’est pas prêt de s’arrêter car encore beaucoup trop de personnes les regardent, et comme a si bien dit Françoise Giroud :

« La télévision n’est pas le reflet de ceux qui la font, mais de ceux qui la regardent »

sources :

Le cinéma de banlieue s’étire mais ne s’éteint pas

Tantôt rigolote, tantôt ultra-violente, tantôt les deux comme dans  Bande de filles – le film de Céline Sciamma qui suit quatre jeunes femmes dans un quartier non défini en Ile-de-France – la banlieue est une tendance désormais inépuisable pour le cinéma français. Elle demeure manichéenne et sans demi-mesure. Etirée au drame, au réaliste ou à la comédie selon la géographie et le message que l’on veut bien vous montrer.

Le cinéma de banlieue émerge au début des années 1990. Les épanchements récurrents pour ce genre viennent d’une part des vagues de films « ghettos» ou des « hood film» avec Do the Right Thing de Spike Lee filmé à Brooklin le quartier juif de New York en 1988 ou Boyz’n Hood de John Siggleton en 1991 dans le quartier de South Central à Los Angeles. Deux films qui retracent la vie au sein de communautés distinctes dans des géographies diamétralement opposées.

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Do the right thing, réalisé par Spike Lee en 1989

Spike Lee, qui inspirera plus tard La haine à Kassowitz, se sert de la chaleur torride d’une journée de juillet appelée « Dog Day » aux Etats-Unis pour accélérer le processus d’observation des conflits au sein des communautés ethniques et sociales, au travers de personnages à différents stades de leur vie. La limite, il la trace en employant tantôt la violence banalisée à la manière de Malcom X ou des tons pacifistes en référence à Martin Luther King. Boyz N the hood retrace l’histoire de Tre, un garçon issu d’un milieu social défavorisé souhaitant évoluer socialement par les études. A la suite d’une bagarre, il se fait expulser de son lycée pour être parachuté chez son père dans la banlieue de South Central. Tre symbolise le choix dualiste décliné  maintes fois dans les films du genre : l’élévation sociale et honnête versus le banditisme à plus ou moins grande échelle. Il y a d’un côté les gangs, la prolifération des armes, de la drogue, du racisme, de la violence et de l’autre, le mirage de l’ascenseur social et du self made man par l’éducation ou l’audace dont les américains  sont si friands.

 

La violence…

En France, un des premiers films du genre est le De Bruit et de Fureur  de Jean-Claude Brisseau, inspiré par son expérience d’enseignant à Bagnolet et son éducation jugée modeste. On trouve ici Bruno, jeune ado qui s’installe à Montreuil dans la cité des Guillands, confronté à la violence familiale, l’échec scolaire et les trafics de drogue.

la haine

Vincent Cassel, dans La haine de Matthieu Kassowitz

La Haine de Matthieu Kassowitz en 1995, appuie sur la détente et marquera les esprits à jamais. Sur le modèle de Do the right thing, La Haine,  nous dépeint sur une journée la vie de trois amis, partagés entre violence et envies d’ailleurs dans la cité des « Muguets » à Chanteloup-les-Vignes, après une nuit d’émeute entre les habitants de la cité et les forces de police, consécutive à une bavure policière. La présence de noir et blanc est là comme pour rappeler continuellement le bien et le mal et ne pas se laisser influencer par le superflu. Le langage fleuri  du « transpirer sa race » et du « nique sa mère » pose les jalons du genre voué depuis à être imité, copié, voire critiqué par souci de réalisme ou d’émancipation. A noter que ce long-métrage sur fond de miroir politique a  révélé le désormais incontournable Vincent Cassel.

Et la légèreté.

Luc Besson s’essaie aussi au genre en produisant le film grand public  Yamakasi  en 2003 qui ratisse au plus large avec sept jeunes de banlieue qui ont créé l’art du déplacement (ADD). Escaladant les murs, effectuant des sauts vertigineux, pour dérober les 400 000 francs aux docteurs qui réclament vraisemblablement cette somme pour transplanter le cœur d’un enfant du quartier, victime d’un accident.

Dans la Haine, les flics sont pourris et enchaînent les bavures, dans celui-ci ce sont les chirurgiens qui sont noircis en salauds assoiffés de frics, tandis que les « banlieusards » sont pauvres et sympas. Une comédie américaine n’aurait sans doute pas fait mieux.

Dans Intouchables d’Eric Toledano et Olivier Nakache, Neuilly sa mère, de Gabriel Julien La Ferrière, et Tout ce qui brille, de Géraldine Nakache et Hervé Mimran, pour n’en citer que quelques-uns qui ont fait un buzz hexagonal, les réalisateurs travaillent sur « le choc des cultures » dans la douceur et l’humour de répliques non corrosives, au cœur de cet intra-muros qui stigmatise les habitants d’une même région ou pays.

Le jeu des stéréotypes

Le thème de la banlieue est devenu récurrent en France, mais il constitue un thème fragile, empreint de clichés qui peuvent amuser, mais aussi agacer, surtout quand la tonalité se révèle politique comme dans La Haine. Le fil rouge du cinéma de banlieue – c’est le jargon employé – demeure dans des symboles récurrents comme celui de la figure de la mère célibataire et courageuse, le modèle du meilleur ami de mauvais conseil, le père absent souvent parti tôt ou purgeant sa peine de prison, les grands-parents religieux et respectueux de la morale, l’importance de la « black pride », la difficulté d’être d’une origine dite minoritaire, la mixité, l’échange interculturel, dans des décors souvent communs, teintés de gris et inspirant à la masse.

Index

Le Ghetto définit à l’origine un quartier réservé ou imposé aux juifs où ils peuvent vivre selon leurs lois et coutumes. Depuis le XXème siècle, le ghetto désigne un quartier (en général dans une grande cité urbaine) où est regroupé une minorité ethnique, religieuse, culturelle.

Hood Film est un genre cinématographique américain qui présente les caractéristiques et coutumes de la culture africaine. Les thématiques récurrentes du genre sont souvent : le Hip Hop, la discrimination raciale, les gangs de rue, les familles brisées, la consommation et le trafic de drogue des jeunes et moins jeunes afro-américains.

Sources

Allocine.fr
Mise au point, Article Carole MilleliriSources Images : IMDB