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Le futur community manager

L’arrivée du digital a révolutionné le paysage informationnel et communicationnel dès sa naissance.

Le développement du digital et de ses nouveaux usages réforme en profondeur la manière de communiquer. La communication évolue dans toutes ses dimensions, que ce soit dans son contenu, sa forme, son auteur ou encore dans son support. Il faut sans cesse s’adapter aux nouvelles pratiques.

La communication est conversationnelle. La communication n’est plus à sens unique, la digitalisation de celle-ci donne lieu à l’interactivité. En quelques années seulement, les réseaux sociaux ont transformé la manière de communiquer, ils sont devenus une norme. L’instantanéité est devenue le maître mot de la communication. Une nouvelle peut aujourd’hui faire le tour du monde en quelques secondes. Les réseaux sociaux diffusent une information que les différents médias peuvent ensuite reprendre rapidement. Ils sont ainsi considérés comme de véritables médias. Les hommes sont sans cesse connectés, et reçoivent l’information de n’importe où. La communication se fait en temps réel et le communicant doit s’adapter à ce fonctionnement. Aujourd’hui, le monde devient transparent, on connaît tout, sur tout le monde, que ce soit sur le plan professionnel que personnel. Avec le partage instantané de l’information et les nouveaux moyens de communication, l’entreprise ne peut plus rien cacher. L’e-réputation d’une structure est donc façonnée par les réseaux sociaux, au travers de l’image qu’elle y renvoi. Ses moindre faits et gestes sont divulgués aux clients, qui réagissent à travers les différents réseaux sociaux. La communication à l’ère du digital devient collective. Tout le monde peut désormais contribuer à la création de contenu. L’accès, ainsi que l’émission de l’information se sont démocratisés.

Le support de communication change avec le digital, puisqu’il dématérialise celle-ci. Les avancées technologiques façonnent la communication mais aussi ses différents canaux. Les avancées technologiques façonnent donc le futur des réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux aujourd’hui, font ceux de demain

Les réseaux sociaux ont une place très important aujourd’hui. Ils ont tous des finalités diverses. Ils sont notamment très prisés chez les jeunes pour suivre l’actualité. Moyens d’accès à l’information, Facebook et Twitter sont plus que de simples relais d’informations. Facebook reste le réseau social préféré des français, et pour les applications de messagerie Facebook messenger est la plus utilisée avec 40% d’utilisateurs mensuels devant Skype (23%) et Whatsapp (22%) selon une étude d’Harris Interactive, entreprise d’études marketing et de sondages d’opinion. Les technologies façonnent le futur des réseaux sociaux. Cependant, le comportement des utilisateurs intervient aussi dans l’évolution de ceux-ci. L’usage des réseaux est dépendant des relations entre humains, mais aussi de leur rapport à la confidentialité des données. On peut ainsi imaginer qu’un jour, les réseaux sociaux prendront le pas sur tout le reste. La présence d’une personne sur les réseaux sociaux sera vitale. Elle ne pourra exister que grâce aux réseaux sociaux. Une personne pourra gérer ses différentes « personas » automatiquement sur les multiples réseaux sociaux, et les technologies telles que SIRI pourraient poster du contenu à sa place, sans que l’utilisateur n’ait à se connecter, en fonction de ses habitudes. Les appareils pourront poster du contenu en permanence. Nous vivrons dans une société hyper communicante.

En 2017, cela n’existe pas encore, mais il faut avoir conscience que d’ici 2032, tout aura changé. De nouvelles interfaces apparaîtront, personnalisées et prédictive en fonction de chaque utilisateur, la réalité augmentée sera notre quotidien, le nombre de capteurs de données sensorielles aura explosé, et la sécurité des données sera une vraie question de société.

Facebook, le premier réseau social ayant connu un succès planétaire, est né il y 12 ans, le 4 février 2004. Aujourd’hui, il est possible de tout savoir sur votre entourage en tout temps, grâce à Twitter, Instagram et tous les autres réseaux sociaux. Il est également possible de donner votre avis sur plus ou moins n’importe quel sujet. Il ne suffit que d’avoir un écran de pc, tablette, smartphone. On partage aujourd’hui principalement du texte et des photos, mais petit à petit, la vidéo et le live prennent de plus en plus de place dans notre quotidien. Sur les réseaux sociaux, il est possible maintenant d’interagir directement, et les relations entre chacun, grâce aux vidéos, se rapprochent de plus en plus de la réalité. Il y a un effet de proximité physique, qui rend les échanges plus vraisemblables. La vidéo prend donc une place de plus en plus d’importance, dans le sens où elle rend les échanges entre utilisateurs plus réels. La réalité virtuelle devient plus réelle. Le Live vidéo de Facebook, par exemple, fait partie de ces réseaux sociaux qui rendent l’expérience encore plus intense. Le monde des réseaux sociaux va aller encore plus loin dans les années à venir. Il va faire disparaitre certains réseaux, mais en faire naître de nouveaux également. La réalité augmentée, l’intelligence artificielle et les drones feront bientôt partie de notre quotidien. Les réseaux sociaux, considérés comme de véritables médias, deviendront encore plus importants dans notre vie qu’ils ne le sont déjà.

La réalité augmentée change la vie

La réalité augmentée commence déjà à s’immiscer dans notre vie quotidienne. Invizimals, Nearest Tube Augmented Reality App ou encore My Ikea existent déjà. Les réseaux sociaux, évoluant au rythme des nouvelles technologies, utiliseront certainement cette réalité augmentée en 2032. On pourra ainsi pointer son téléphone sur une personne que l’on croise, et obtenir une abondance d’informations, grâces à des algorithmes collecteurs d’informations et exerçant une veille constante sur tous les réseaux sociaux du monde. Il sera possible de créer des liens avec des gens qui auront les mêmes goûts, les mêmes sujets de conversation, les mêmes centres d’intérêt. Grâce à cette technologie, n’importe qui pourra avoir accès aux commentaires, qu’ils soient négatifs ou positifs, sur n’importe quelle personne, n’importe quelle entreprise, n’importe quelle marque. La réalité augmentée fera aussi apparaître l’hologramme. Les utilisateurs pourront ainsi voir leurs amis, collaborateurs, supérieurs comme s’ils y étaient.

L’évolution des médias sociaux donnent lieu à de nombreuses transformations, notamment dans les métiers de la communication

Le digital a impacté de plein fouet les métiers de la communication. Avec de nouveaux professionnels au sein des services de Communication. On peut ainsi évoquer le métier de community manager.

Opérationnel, tactique, réactif, le community manager a vite trouvé sa place dans les entreprises, sous la houlette du directeur de la communication ou du directeur marketing. Prenant en charge les aspects pratiques d’une communication parfois encore mal connue de son supérieur. Le community manager déniche les nouveaux consommateurs, les nouveaux comportements d’achat. Il a une nouvelle approche de l’information. Il mesure les risques et les opportunités pour les marques. Il analyse l’écosystème social, ses outils et les usages mobiles ou sédentaires des utilisateurs. Il gère la communication digitale de l’entreprise, et construit un plan d’actions opérationnel en alimentant la page Facebook, le compte Twitter, la chaîne Youtube, le blog ou Tumblr de l’entreprise, et décide quel média social est le plus judicieux pour l’entreprise. Le community manager doit connaître les différents types d’influenceurs et de concurrents et savoir les identifier, comme il doit identifier les différentes communautés digitales. Il doit jongler avec les mots et mesurer la teneur de chaque propos sur le web, tout en analysant le flux d’information. L’e-réputation est devenue majeure pour l’entreprise. Le community manager effectue un travail de veille, d’audit et de surveillance de cette e-réputation. Il doit gérer les crises sur internet, en mesurer les conséquences, et les anticiper celles à venir. Le community manager doit tout connaître d’internet et des internautes, ainsi que tous les outils à sa disposition pour maîtriser la vie digitale de l’entreprise. Un métier encore plus jeune que le community manager est en train de se faire une place dans notre société évoluant au gré des médias sociaux, celui de social media strategist.

Le social media strategist prend de la hauteur

Le social media strategist prend de la hauteur sur la fonction de community manager, en occupant clairement le poste décisionnaire, par la définition d’une stratégie d’influence sur les médias sociaux. Le community manager reste lui dans l’opérationnel, avec un profil plutôt junior. Le Social media manager a un ou plusieurs Community managers sous ses ordres. Les agences de communication ont elles aussi, recours à ces stratèges du web social pour conseiller leurs comptes de clientèle. Les postes de social media strategist sont encore peu répandus en France, le métier de community manager étant plus connu. Pour autant, son rôle et ses enjeux deviennent plus stratégiques à l’heure où la concurrence est rude et le marché de plus en plus international. Mais le social media strategist n’est peut-être seulement qu’un métier de passage. Les choses évoluant très vite dans le domaine de la communication, un nouveau métier remplacera complètement le social media strategist. La fonction de ce dernier est centrée sur les médias sociaux, cela est essentiel de nos jours, mais pas complet. Le métier de digital manager qui est moins spécifique, moins limité du fait de sa dénomination qui ne le restreint pas qu’aux médias sociaux, et ses compétences élargies au domaine du digital dans son ensemble, est le futur du social media strategist. Les médias sociaux sont devenus une politique majeure de la communication on-line d’une entreprise, mais ce n’est plus la seule. Le web devenant de plus en plus « social », englobe une notion primordiale : la mobilité. Les tablettes et smartphones deviendront le principal relais du digital. Le digital manager ne se limitera plus seulement aux réseaux sociaux, car le social media posera de nouveaux enjeux pour l’entreprise, et la fonction de digital manager sera un mélange de communication, de marketing, de commercial et de relation-client. Les frontières ne sont plus totalement hermétiques et définies, elles deviennent de plus en plus floues, et la tendance se renforcera d’autant plus en 2032. Le digital manager sera un métier fort de la communication, mais le community manager interne et le curateur seront aussi des métiers forts. Les réseaux sociaux sont de plus en plus considérés comme des outils de communication interne par une multitude d’entreprises, ce qui rend le community manager indispensable pour maîtriser cet outil, animer et faire vivre les communautés corporate. Il sera sous les ordres du digital manager.

Les métiers de la communication vont se transformer en 2032, avec de nouvelles compétences à avoir et de nouvelles technologies apparaîtront, qu’il faudra prendre en compte dans l’exercice de leur fonction. Les médias sociaux sont aujourd’hui un outil primordial dans le fonctionnement des entreprises, mais en 2032, ils le seront encore plus. Les nouvelles technologies greffées à ses réseaux sociaux, ou plutôt les réseaux sociaux qui utiliseront la réalité virtuelle et toutes ses nouvelles fonctionnalités, façonneront la communication d’une entreprise. Le digital manager, par conséquent, va devoir être encore plus proactif pour exister, mais aussi se démarquer, face à la grandissante concurrence dans le domaine de la communication. Il devra savoir utiliser toutes les nouvelles technologies à la perfection, et devra en trouver les points forts et les points faibles avant les autres pour exercer son métier.

 

Bibliographie

Webographie

www.gameblog.fr/news/20291-realite-augmentee-sur-3ds-nos-impressions

www.france24.com/fr/20140125-community-manager-m%C3%A9tier-plein-essor

www.monunivers3d.com/guide/consequence/

www.ladn.eu/news-business/les-rendez-vous-a-ne-pas-manquer/que-seront-les-reseaux-sociaux-en-2025/

www.studyrama.com/formations/fiches-metiers/publicite-marketing/social-media-strategist-92553

www.journalducm.com/2015/10/22/fabien-goupilleau-etre-community-manager-gaming-7499/

www.e-marketing.fr/Thematique/general-1080/Breves/Que-fait-un-digital-marketing-manager-Reponse-avec-les-fiches-metier-256136.htm

www.unow.fr/le-coin-des-experts/digital-et-innovation/comprendre-digital-enjeux-opportunites-entreprise

Articles

Galibert, O. (2014). ‪Approche communicationnelle et organisationnelle des enjeux du Community Management‪. Communication & Organisation, 46,(2), 265-278. http://www.cairn.info/revue-communication-et-organisation-2014-2-page-265.htm.

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L’infotainment

Votre émission qui décrypte la tendance de l’infotainment

 

Tendance médiatique mais surtout télévisuelle, l’infotainment mélange d’information et d’entertainment (divertissement en français) a fait ses débuts dans les années 80 aux États-Unis. Mais c’est dans les années 90 que la tendance prend véritablement une tournure à part entière.Très vite, l’infotainment débarque en France notamment par le biais d’émission produite par Jean-Luc Delarue ou Thierry Ardisson et conquiert aussi le reste du monde. Notion souvent dépeinte dans un contexte négatif, l’infotainment est accusée de faire l’éloge de la télévision peu qualitative, elle ne serait présente que pour divertir ou pour vendre de l’espace publicitaire. L’observatoire des médias Acrimed parle même d’information « à très faible teneur informative, toujours fédératrice des opinions. » Nous verrons dans quel contexte l’infotainment s’impose, quels sont les moyens utilisés pour produire des programmes ludiques et divertissants mais en même temps informatif. Puis nous étudierons également la réception globale de cette tendance médiatique, son avenir et ses limites visibles.

Les Émissions politiques : séduire le téléspectateur en démocratisant la politique

 

La vie privée des politiques

La tendance des émissions politiques actuelles est de mélanger l’information et le divertissement. Et aujourd’hui, force est de constater qu’elles sont de plus en plus à la recherche de polémiques, de buzz. La raison ? L’audience que cela engendre sur les réseaux sociaux lorsqu’ils y sont relayés. La télévision, par le biais des émissions politiques entre autres, offre des produits télévisuels qui répondent à la demande de la société spectacle qui est la nôtre, l’interview ou le débat politique doivent alors être ludiques et distrayants. Pour cela, les sociétés de production se focalisent sur la vie privée des hommes politiques. Il se dessine ici un véritable effet de mode où l’intérêt du public ne se porte que sur l’apparence, le futile plutôt que sur le fond
et le concret. Cette nouveauté rompt donc avec les codes des débats politiques, qui furent un temps, étaient sérieux. Cette tendance d’émissions de confessions où les politiques se mettent en scène s’est développée durant les années 80, tout d’abord sur TF1, avec Questions à domicile présentée par Anne Sinclair et Pierre Luc Séguillon dans laquelle ils interviewaient des hommes politiques à leurs domiciles tels que François Mitterrand, Jacques Chirac, Jean Marie Le Pen… Puis, récemment sur France 3 avec Marc Olivier Fogiel faisant allonger sur le divan de son émission Jean François Copé ou Jean Luc Mélenchon pour des séances de psychanalyses, mais encore Michel Drucker qui invite de manière hebdomadaire les politiques dans Vivement dimanche sur France 2.
Pour illustrer concrètement cette tendance, prenons pour exemple la nouvelle émission de Karine Le Marchand :« Une ambition intime » diffusée pour la première fois sur M6 le dimanche 9 octobre 2016. Une émission que l’on pourrait qualifier de politico-people qui consiste, au vu des premières images, à parler avec les politiques sans jamais parler de politique.
Dans Une Ambition Intime, Karine Le Marchand, installée sur un canapé, interviewe les possibles candidats à l’élection présidentielle de 2017. L’interview se fait dans une maison ou un appartement meublés où objets et photos faisant référence à différents événements de leur vie sont dispersés ici et là. La séance questions/réponses dure entre 20 et 40 minutes. La présentatrice essaie de cerner l’homme ou la femme appelés à diriger la France, en posant des questions décontractées ou décalées. Le but étant de pénétrer dans leur sphère privée et personnelle : vie intime, vie de famille, sexualité, enfance, amour, jeunesse, etc., et ce, pour en extraire des révélations intimes exclusives. On peut notamment connoter cette technique au voyeurisme. Vous l’aurez compris, la logique éditoriale d’Une Ambition Intime est avant tout, comme son nom l’indique,
concentrée sur l’intime. Dans l’émission du 9 octobre dernier, Marine Le Pen, dont le parti politique est plus que jamais décrié — et pour cause — se dévoile sous un autre jour, on s’aperçoit qu’elle n’hésite pas à montrer ses sentiments et à se confier à Karine. Le pari est de facto gagné, car l’émission a pour objectif premier de rendre les hommes et femmes politiques sensibles, humains, ayant des sentiments comme tout citoyen.
Avec « Une ambition intime », c’est un réel plan de communication qui s’opère pour le politique, il se dévoile comme jamais il ne l’a fait auparavant, il joue à outrance la carte de la proximité afin d’élargir son champ d’action et ainsi séduire de nouveaux électeurs. Par sa sympathie, il gagnera à coup sûr des points sur les différents sondages qui fleurissent quotidiennement.
On s’écarte in fine de tout contenu politique (idéologie, stratégie, proposition) pour se concentrer sur le portrait des candidats. Au niveau des audiences, c’est un succès, l’émission a fait 13,6 % de part d’audience (3 millions de téléspectateurs) soit plus que L’Émission politique de France 2 ; la « peopolitisation » aguiche donc.

PUNCHLINE : L’émission qui souhaite charmer les jeunes

Laurence Ferrari part du constat suivant : “les Français en ont marre des Politiques, mais pas de la politique”. Parmi eux se cachent plus de trois millions de jeunes Français qui voteront pour la première fois en 2017. Néanmoins, ce n’est un secret pour personne, il existe un véritable barrage entre les politiciens et la jeune population : ces derniers peinent à se faire entendre par l’élite gouvernante. Toutefois, c’est un électorat qu’il faut absolument séduire, des voix à acquérir plus que tout…L’objectif des politiques en campagne se dessine alors clairement : être en odeur de sainteté auprès des jeunes en vue de l’élection présidentielle de 2017. Avec Punchline, Laurence Ferrari donne la parole à ceux qui vont incarner la France de demain. Ainsi, leur discours, leurs maux, mais surtout leurs attentes seront une bonne fois pour toutes entendus par les politiques. A cet égard, chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, elle recevra les candidats en face à face. L’émission se compose de 60% d’images et de 40% d’interview. De la bande-annonce à son look en passant par son contenu, elle se révèle racée et différentes des autres où le temps se fait long. Son offre est rythmée, dynamique et plutôt fraîche.Grâce à Punchline donc, Laurence Ferrari ne perd plus de temps et va droit au but — comme les jeunes.

Les Talks Shows : entre humour et clashs

 

L’humour :  la carte incontournable

Le talk-show vient tout droit des États-Unis. Il est apparu dans les années 90 en France et illustre pleinement le mélange des genres : mêlant humour et interviews, divertissement et culture, programme ludique et actualité politique. Dans ces émissions se trouve une panoplie d’invités issus de milieux divers : cinéma, littérature, politique, télé-réalité, musique conversant d’une manière plutôt détendue : on peut retrouver notamment sur le même plateau une star du showbiz,un écrivain, un élu politique, une actrice, un journaliste/essayiste, un chanteur…Depuis un certain temps, beaucoup de talk-shows utilisent l’humour, la parodie voire la provocation pour divertir, accrocher le téléspectateur et rompre avec les anciennes émissions dites « sérieuses ». Il s’agit là plus de discuter que de débattre sur des sujets susceptibles d’intéresser les téléspectateurs. Tous ces éléments résultent de la formule de l’émission à la demande des animateurs et producteurs. L’influence du show-biz et des talk-shows a littéralementtransformé la télévision française. Citons les talk-shows les plus populaires mélangeant parodie et sérieux : Tout le monde en parle en 1999 présenté par Thierry Ardisson et son acolyte Laurent Baffie, le roi de la gaffe et de la provocation surnommé le « sniper ». Puis, On ne peut pas plaire à tout le monde de Marc Olivier Fogiel ou encore On a tout essayé qui est devenu le On n’est pas couché actuel dans lesquels se mettaient en scène des sketches humoristiques.

Les Clashs

En plus des débats sur l’actualité, le sel d’un bon talk-show réside également en ses clashs qui peuvent être parfois synonymes de succès d’audience. La fin d’année 2016 a en effet été marquée par de nombreuses joutes, soit en face à face ou par média interposés. De Quotidien, avec Hugo Clément qui accuse Nicolas Domenach de faire preuve de journalisme de complaisance, à Karine Lemarchand qui, sur le plateau de C l’Hebdo, défend bec et ongle son programme Une Ambition Intime devant à un Patrick Cohen pour le moins sceptique, ou encore Laurence Ferrari qui n’hésite pas à régler ses comptes avec Jean-Michel Apathie sur France 5 ; ce dernier ayant tenté d’écarter I-télé du deuxième débat de la primaire de la droite et du centre…Force est de constater que dans les talk-shows, les éclats de voix sont bien souvent de la partie. Pourquoi ? La raison est simple, les accrochages verbaux intéressent le plus grand nombre et les journalistes, eux, l’ont plus que jamais compris car ils n’hésitent pas à en traiter les moindres détails, peu importe le médium : radio, web, télévision, réseaux sociaux, tout est légitime pour relayer le conflit. En février dernier, le site web de l’hebdomadaire Challenges, dont la ligne éditoriale est majoritairement économique, titrait l’un de ses articles « Taubira à ONPC : une leçon de communication à Léa Salamé et Yann Moix » suite au passage de l’ancienne garde des Sceaux dans l’émission On n’est pas couché, talk-show diffusé tous les samedis soir sur France 2. Les commentaires du public y sont nombreux. Il est une nouvelle fois au rendez-vous, commentant, critiquant et argumentant aussi bien surle site que sur Twitter et Facebook.

La mise en scène

L’exemple le plus typique du talk-show français présent depuis 10 ans sur France 2 est On n’est pas couché. Cette mission d’infotainment réunit tous les codes du genre : elle met notamment son invité dans une position peu agréable. En effet, les dispositions sont telles que l’invité est assis seul sur un siège inconfortable lors de la « confrontation ». Face aux chroniqueurs, il est exposé de manière vulnérable parfaitement illustrée par de gros plans. De plus, le plateau est assez froid et intimidant à travers ses lumières projetées sur l’invité. La couleur majoritaire est le bleu (couleur symbolique de la vérité, comme l’eau limpide qui ne peut rien cacher), elle peut vite devenir étouffante si elle est trop présente. C’est également une couleur intimidante associée à la connaissance, l’intelligence. Tous ces moyens sont mis en oeuvre pour que l’invité se sente mal à l’aise (épaules rentrées, jambes croisées). Le réalisateur fait beaucoup de zoom pour montrer la gestuelle de l’invité qui est le plus souvent en position de défenseface aux chroniqueurs. Cela donne le ton de l’émission. Ce procédé scénique peut être lié à d’autres talk-shows notamment celui de Sébastien Cauet : « La méthode Cauet » diffusée sur TF1 de 2003 à 2008. La couleur principale du plateau était le bleu. L’invité installé dans un fauteuil était seul face au présentateur et public. Il était relié à un capteur cardiaque fixé au bout d’un doigt, plus ou moins à même de transcrire son état d’esprit et de stress ce qui pouvait le mettre dans une position inconfortable. Là encore la scénographie est telle que l’invité se sent mal à l’aise ; le clash est aussi recherché donc pas de complaisance. À l’inverse, dans l’émission de Michel Drucker, Vivement Dimanche, les invités se sentent nettement plus à l’aise, assis sur un canapé au même niveau que le présentateur (et son chien qui parfois fait son apparition sur le plateau). Ce qui donne un côté thérapeutique, le ton est alors plus doux, plus bienveillant. Le plateau majoritairement est rouge (couleur énergique, pénétrante et d’une certaine manière rassurante et enveloppante). Finalement, la scénographie est un élément phare du talkshow, c’est un propos clef de la ligne éditoriale. C’est une des premières choses que les téléspectateurs aperçoivent et avec lesquels ils se font une idée rapidement de l’émission, de son ton… D’où son importance. La décoration, la lumière sont choisies pour mettre l’ambiance autant pour les invités que les téléspectateurs. Rien n’est laissé au hasard. Les plateaux sont ainsi étudiés avec les producteurs et les rédacteurs en chef des émissions, ils sont loin d’être un détail à négliger. Le décor parle de lui même et en premier, avant le présentateur et les chroniqueurs… C’est alors le premier message qui est envoyé aux téléspectateurs.

Les magazines télévisés : le sensationnel à tout prix ?

 

LES ÉMISSIONS JUDICIAIRES : entre réalité et fiction

Depuis quelques années, on assiste à une explosion d’émission traitant d’affaires judiciaires. La télévision dépasse alors son rôle d’informateur du public pour tenter de devenir un acteur actif du monde judiciaire, un informateur de la justice. Passant par Les enquêtes impossibles sur NT1, Faites entrer l’accusé sur France 2 ou Enquêtes criminelles sur W9, ces chroniques judiciaires ont un point commun, c’est de proposer du sensationnalisme, une ambiance de polar. Ce mélange de documentaire et fiction nous donne des frissons mais nous sommes paradoxalement attirés par ces émissions. Pourquoi aimons-nous avoir peur ? Sommes-nous tous masochistes ? Concentrons-nous sur le magazine d’enquêtes criminelles Crimes présenté par Jean Marc Morandini, diffusé sur NRJ 12. Chaque émission se rend dans une ville de France et revient sur trois faits divers qui se sont produits dans la région et qui ont marqué l’actualité. Chaque enquête met en lumière les personnes qui ont été au coeur d’un fait divers, comme les familles des victimes, les proches des criminels, leurs avocats, les enquêteurs, les journalistes locaux pour donner une sensation de réalité. Crimes donne aussi la parole à ceux qui ont souffert, qui souffrent encore pour que les téléspectateurs ressentent une certaine empathie. À côté de cela, l’ambiance du docu-fiction est glauque et morbide, c’est oppressant. La mise en scène est le plus souvent violente : les détails sordides du crime sont un à un relayé, des images où l’on peut voir le cadavre sont exposées, la musique fait quant à elle frissonner. Tous ces éléments procurent de la peur et en même temps de l’excitation comme si nous étions plongés dans un thriller haletant et nous voulions savoir la chute de l’histoire. Cette émission mi — fiction, mi-narrative, mi documentaire, mi-archives nous donne bel et bien un effet de réel et de trash !

Le sensationnel, synonyme de succès ?

Faut-il faire dans le sensationnel pour être entendu ? La question est posée, la réponse, elle, se révèle mitigée. D’une part, elle tendrait vers l’affirmation car de facto, le racoleur attire. Mais d’autre part, il n’est pas forcément gage de bonnes audiences à la télévision. Prenons pour exemple l’émission Cash Investigation présentée par Élise Lucet depuis 2012, la journaliste s’y illustre pugnace, pouvant perturber son interlocuteur, mais aussi frontale à la limite de l’impertinence. À l’image du numéro diffusé le 7 septembre 2015, intitulé « Mon président est en voyage d’affaires », qui met en évidence une séquence pour le moins musclée entre Rachida Dati et Élise Lucet. Cette scène a été isolée et mise en ligne sur YouTube afin d’aguicher le téléspectateur et lui donner l’envie de regarder l’émission. Le teaser a fait florès sur le web, mais ce numéro de Cash Investigation n’a pas brillé par son succès le jour de sa diffusion. Il s’agit même du pire score de la saison 2015-2016 pour le programme : 1 100 000 personnes étaient devant leur poste. L’audience moyenne se situe généralement entre 2 et 3 millions de téléspectateurs.

Le reportage d’immersion

Une émission est particulière intéressante. Il s’agit d’Enquête Exclusive. C’est une émission d’investigation diffusée depuis 2005, en deuxième partie de soirée, présentée par Bernard de La Villardière. Souvent interdit au -10, voire -12 ans. Ses audiences sont bonnes, elle fonctionne bien, nous pouvons même parler de succès car elle passe de mensuelle à hebdomadaire en 2008. L’émission existe depuis presque douze ans maintenant, ce qui prouve que c’est une valeur sûre. Enquête exclusive joue avec des codes particuliers. Ces thèmes de prédilections sont les sans limites autour de la dépravation. Des sujets bien souvent racoleurs. Le trash, le cash, la controverse et les sujets chauds (prostitution, drogues, trafics…) sont récurrents. On s’aperçoit que l’émission crée un climat de peur et de paranoïa. Pour ce faire, ils utilisent des procédés comme la musique, graphisme de l’émission. (Noir rouge et blanc), ou par l’expression grave et l’intonation formelle. Enquête Exclusive subit de nombreuses critiques. La plus grave et plus fréquente, ils sont accusés de ne pas retranscrire la réalité. C’est une grosse attaque pour les journalistes. L’émission en fait trop, elle monte en épingle les situations, ou elle détourner les sujets pour servir le propos de l’émission. Enquête exclusive n’invente pas les faits mais les met en exergue, les accentue, les dramatise pour leur donner plus de poids et une dimension plus « entertainment », de divertissement, plus dramatique et pas seulement de sujet de société. Ce qui lui apporte une plus value, une valeur ajoutée. C’est ce qui lui vaut d’être sujet à des moqueries, des parodies. Bernard de La Villardière est moqué pour son ton formel alors que l’émission ne traite que de sujets racoleurs. Elle porte l’identité d’une émission de société bas de gamme où le sensationnaliste est roi. C’est tout de même une émission avec de grands reportages, durant laquelle l’immersion est faite par de vrais journalistes reporters. A noter, elle a gagné huit récompenses dans le milieu du journalisme. Mais c’est malheureusement son mélange avec des codes du divertissement qui la décrédibilise.

Mana Hosokawa

Karima Ikiou

Tom Robert

Publicité Renault Kadjar
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Quand l’automobile fait sa star à l’écran !

Qu’ils sont loin les temps où l’on ne pouvait choisir sa nouvelle voiture qu’entre une Ford T noire et une Ford T noire… Et pour cause, il existe aujourd’hui une multitude de constructeurs d’automobiles. Chaque constructeur doit pouvoir se démarquer en innovant, pour ensuite mieux se mettre en valeur aux yeux des consommateurs à travers des campagnes publicitaires.
Ce sont les campagnes publicitaires télévisées pour automobiles que nous allons analyser dans cet article, afin d’en dégager les principales tendances.

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Parfum et publicité, un duo de charme.

Se parfumer est devenue une action banale, quotidienne. Si le geste est simple, trouver le bon parfum peut s’avérer plus compliqué qu’il n’y paraît ! Suivant l’occasion, la saison, on ne va pas forcément utiliser le même parfum. Les marques de beauté ont bien compris les enjeux de l’industrie cosmétiques. Dans ce secteur où la concurrence est accrue, les industriels rivalisent d’idées pour se démarquer.

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Résiste, la comédie musicale de France Gall

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La comédie musicale de France Gall, Résiste, a fait son avant-première en octobre au Palais des Sports à Paris. La chanteuse de 68 ans y rend hommage à l’auteur-compositeur Michel Berger, qui était aussi son époux, et qui est mort d’un arrêt cardiaque en 92. Pour rappel c’est lui qui avait écrit la comédie musicale Starmania.

Le spectacle contient environ 30 chansons de Michel Berger et France Gall, aussi bien des tubes mythiques que des morceaux un peu oubliés. France Gall y dévoile même un titre inédit de Michel Berger, enregistré dans les années 80 et intitulé « un dimanche au bord de l’eau ». Les orchestrations sont les mêmes, les titres restent fidèles aux originaux, et l’orchestre joue bien sûr en direct. Continue Reading →

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Esthétique de la communication: The Mini Factory, le nouveau terrain de jeu de Petit Bateau.

Si vous aviez vu Charlie et la Chocolaterie, alors vous ne serez pas déçus du détour, en découvrant « L’Usine secrète » de l’une des plus grandes marques de l’enfancePetit Bateau – créée rappelons le, en 1893.

La marque continue de voguer sur les flots de la fantaisie. Et,à quelques semaines de Noël, la dernière campagne publicitaire(1), dédiée aux enfants, fait le plein de folie et de fantaisie!


PETIT BATEAU
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Esthétique de la communication: Pretty woman, walking down the street in Total Shaper!

                             

Si vous êtes un tant soit peu fan de notre Pretty Woman internationale, j’ai nommé …Julia Roberts, alors vous n’aurez pas manqué le dernier spoimage 26t publicitaire de la marque italienne Calzedonia spécialisée dans le legwear (1) et, aux faux airs de remake. En cet automne 2015 -et à 48 ans –  Julia Roberts est l’égérie élégante et ce,pour la deuxième année consécutive, de la griffe implantée dans le monde entier depuis la fin des années ’80.

La marque met -ici- à l’honneur un accessoire phare de la garde-robe féminine, indispensable pour certaines en cette saison: le collant…Total Shaper.

C’est dans une boutique franchisée reconstituée pour le tournage, à Los Angeles, sous la direction de Grant Heslov(2) que se déroule cette « comédie drôle et légère, pleine de charisme», précise la marque mais aussi – ne manquons pas de le noter- toute en hauteur. Continue Reading →

Par défaut

Esthétique de la communication: Prochaine destination, la collab’ H&M/Balmain.

 

Hystérie collective, portants dépouillés, bacs dévalisés...si vous observez ce phénomène, dans vos magasins H&M, ce jeudi 5 novembre 2015, ne soyez pas étonnés, ce sera certainement du à ceci:


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Pour la planète mode et les fashionistas qui ont toujours rêvé de s’offrir une pièce haute-couture, c’est l’événement le plus attendu de la saison: la collaboration H&M/ Balmain.Composée de 44 pièces et 29 accessoires pour le prêt- à -porter féminin ainsi que de 30 pièces pour le vestiaire masculin, cette collection capsule annoncée depuis mai sur les réseaux sociaux sera disponible  dans 13 enseignes -exclusivement- en France. Continue Reading →

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Le cinéma à de la suite dans les idées

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StarWars, jurassic Park, Indiana Jones, Alien… Il est évident que nous sommes entrés dans l’ère de la prise de risque, de l’originalité et de l’innovation… Bref vous l’auriez compris, nous sommes dans l’ère des suites cinématographiques !  On s’en gave, on s’étouffe avec et pourtant on y court à chaque fois. Bien sûr les majors hollywoodiennes ne sont pas les seules à produire de la suite à la chaîne. Le cinéma français à aussi son lot – les pathétiques Bronzés 3; Visiteurs 4; Camping 3, Boule et Bill 2 – mais vous conviendrez que cela reste minime par rapport au raz-de-marée de films américains. Concentrons-nous donc sur les majors hollywoodiennes. Pourquoi nous inondent-elles de leurs films au kilomètre ? Et surtout quels sont les ressors, outils et stratégies, utilisés pour s’assurer argent et succès à chaque sortie? 

 

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Comment les comédies musicales surfent sur les tendances

Lorsqu’on s’intéresse aux gros succès des comédies musicales françaises ces dernières années, on peut dégager certains thèmes récurrents:

  • la tendance noblesse du 17e/18e siècle avec Le roi soleil, 1789 les amants de la bastille, et Mozart Opéra Rock. On reste un peu dans les mêmes costumes, mêmes décors

roi-soleil  A ce sujet je suis tombée sur un article assez intéressant du chercheur Guy Spielmann qui notait l’engouement pour Versailles dans les années 2000. Il cite plusieurs documentaires, livre et téléfilm sur le sujet qui sont sortis à cette période, et évoque aussi la comédie musicale Le Roi Soleil. Il finit par pointer la Une de l’hebdomaire Le Point, fin décembre 2005, qui titrait sur un portrait de Louis 14 « Quand la France dominait le monde ». Pour le chercheur, il s’agit en fait de restituer la gloire de la France dans la tête des français à une période où ils ont mauvaise estime de leur pays et un manque de repères. Voilà pour la petite parenthèse explicative. Continue Reading →