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Le retour du vinyle : un phénomène innovant

vinyl

illustration vinyle

L’arrivée du numérique a de plus en plus dématerialisé la musique : les ventes de CD ne cessent de chuter. Cependant, un objet prend le contre pied de cette tendance : le vinyle fait (enfin) son grand retour. Profitant de cette mode, les artistes se servent de ce support pour proposer des expériences inédites. 

L’apparition du CD dans les années 1990 suivie rapidement par la montée en puissance du numérique aura eu raison du disque microsillon qui, peu à peu, avait disparu des bacs. Cependant, la recherche du meilleur son possible et la quête du bel objet ont fait revivre ces disques vintage.

Aux Etats-Unis, d’après les chiffres publiés par Billboard, les ventes de vinyles ont augmentées de 16,3% sur les 9 premiers mois de l’année 2012. La croissance est continue depuis 5 ans. Parallèlement les ventes de CD ont chutées de 13 % tandis que les ventes numériques ont augmentées de 14 %, toujours moins que le disque microsillon. En 2009, le vinyle représentait à peine 30% du chiffre d’affaire des disquaires. Aujourd’hui le pourcentage tourne entre 70 et 80%. En France, on est passés de 145 010 vinyles vendus en 2006 à 329 439 l’an dernier.

Cet essor s’explique, entre autre, par le fait qu’une nouvelle population d’acheteurs est apparue : les plus jeunes sont venus s’ajouter aux collectionneurs. Les disquaires s’accordent à dire que la moyenne d’âge s’est déplacée de 30-40 ans à 20-40. Certains d’entre eux découvrent même l’objet qui avait déjà passé l’âge d’or pour cette génération.

Il est encore tôt pour parler de « raz de marée » mais le retour du vinyle se ressent jusque dans les enseignes culturelles où ce dernier avait quasiment disparu. Les surfaces dédiées ont plus que doublé. La plupart des enseignes Fnac, par exemple, accueillent désormais un rayon par style musical (raggae, jazz, hip-hop …).

La Face B de la tendance

Face à l’essort des commandes soudaines (de plus en plus d’artistes sortent leurs titres sur ce format), les moyens de production tendent vers une incapacité à répondre à la demande et les usines sont saturées. La chute des ventes dans les années 1990, a entrainé l’arrêt des productions de machines à vinyle, faute de rentabilité.

Malgrès un succès certain, il faut relativiser le bilan. A l’âge d’or du vinyle, une petite commande représentait 10 000 exemplaires. Il est même arrivé d’avoir des commandes montant jusqu’à 1 million. Aujourd’hui une commande normale est en moyenne de 500 exemplaires. L’usine leader française fondée en 1967 ne compte aujourd’hui plus que 16 presses, contre 50 dans les années 80. Les usines sont alors forcées de travailler dans l’urgence et les délais de fabrication peuvent durer plusieurs mois.

Des idées innovantes 

Grâce à son format, le vinyle permet la customization au niveau du graphisme et du visuel des pochettes mais aussi au niveau du disque lui même. Originalement de couleur noire, on a vu se multiplier les disques colorés, transparents ou encore découpés.

Aujourd’hui l’industrie du disque pousse la customisation encore plus loin grâce à l’appuie des nouvelles technologies.

Quelques exemples :

  • Breakbot et son vinyle en chocolat :Pour son album, By Your Side, l’artiste du label Ed Banger Breakbot à frappé fort : il édite 100 exemplaires du vinyle de l’album en … chocolat ! Le vinyle peut-être lu entre 3 et 5 fois et contient 3 titres bonus.

  • Jack White, record de vente. Pour son vinyle Lazaretto, Jack White redouble d’inventité. L’une d‘elle consiste à la mise en place de deux hologrammes représentant des anges. Ce vinyle consitue la meilleure vente de LP depuis 1994 avec 60 000 copies écoulées. (hologramme présent à 6min28 sur la vidéo ci-dessous)

  • Docteur Popular et sa carte musicale. L’artiste américain a sorti son single Dazzler sur carte postale. Au verso, la matière de la carte a permis de recréer les microsillons propre à sa musique dans l’objectif de s’en servir comme d’un véritable vinyle. Un concept qui fonctionne sur toutes les platines et qui est beaucoup plus pratique et transportable qu’un vinyle habituel.

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  • Le label allemand, Kontor Records : un vynile sans platine. Pour promouvoir un de ces artistes, le label spécialisé en musique électronique a choisi un support original pour ces envois promotionnels. Un disque 33 ou 45 tour qui est entièrement lisible avec son smartphone (Android, iOS ou autres). C’est le packaging du disque avec une enveloppe en papier qui fait office de support au disque. Cela permet aux téléphones de capter le QR Code nécessaire à la lecture du signal audio.

Sources :

 

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Evergig, la start-up des concerts

Il est indéniable que ces dernières années, la foule des concerts est assaillie par une horde d’appareils de toutes sortes. Fini les classiques appareils photos qu’il était encore possible d’interdire, place aux smartphones.

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Cette mode est régulièrement montrée du doigt et critiquée par les habitués de concert et les professionnels qui ont du mal à comprendre que l’on vienne pour regarder un concert à travers en écran. A ce propos, Glenn Max (producteur ayant travaillé notamment avec Patty Smith) s’exprime : « Les gens qui préfèrent enregistrer un concert plutôt que de le regarder de leurs propres yeux » ne vivent pas « l’essence-même d’une expérience live ». ll poursuit,  «Les artistes ont clairement l’impression que le public vit de moins en moins la musique en direct et préfère la vivre à travers leur téléphone. »

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Pour prévenir l’apparition d’un mur virtuel lors des concerts, le groupe Yeah Yeah Yeah avait placardé des affiches à l’attention des fans sur les murs d’une salle de concert de New York « vous êtes priés de ne pas regarder le concert à travers l’écran de votre smartphone … »

A l’inverse, d’autres artistes font preuve d’inventivité pour prendre le contrepied de cette tendance :

L’artiste Mathieu Chedid (M) propose à son public lors sa chanson « La bonne étoile » de mettre leur flash d’appareil photo en marche, simulant ainsi un ciel étoilé. Dans le même esprit Robbie Williams avait demandé à la foule d’activer tous leurs flash en même temps. L’effet était clairement impressionnant.

Evergig, la solution ? 

En 2012, Arthur Dagard et Guillaume Jouannet ont l’idée de créer Evergig après un concert où ils ont été impressionnés du « nombre de spectateurs qui souhaitaient repartir avec une vidéo souvenir  ». Ils font alors le constat que 5 à 6 % des vidéos présentent sur les plateformes de partage en ligne sont des vidéos prises lors de concerts par des amateurs.

Evergig consiste en la création collective de vidéos collaboratives. Arthur Dagard explique le concept : « Le principe d’Evergig, c’est d’être une plateforme collaborative qui va agréger les vidéos prises depuis les smartphones des spectateurs d’un même concert, afin de réaliser une vidéo restituant l’ambiance de celui-ci« .

Le fonctionnement est simple : les robots de la société parcours les plateformes web à la recherche des meilleures vidéos de concert filmées par les fans. Si un nombre suffisant d’extraits est atteint un algorithme les assemble et en améliore le son pour délivrer automatiquement une vidéo multi-angles. Cela ne s’arrête pas là, les outils intelligents mis en place par la start-up française permettent une mise à jour des vidéos des que des séquences de meilleures qualités sont mises en ligne sur le site.

Le seul souci (majeur) reste que le son est de qualité très moyenne. Pour répondre à cette problématique, Evergig lance une version pro, payante qui permet de remplacer la bande son générée par les appareils mobiles par le son capté par la console.

La liste des concerts peut être à l’initiative des utilisateurs qui demandent eux même à voir un concert qui n’est pas présent sur le site.

Une promotion gratuite pour les « jeunes » artistes

Via ce concept, les créateurs d’Evergig entendent d’une part attraper l’instant au cœur du concert mais surtout permettre aux artistes de promouvoir leur live sans engager de moyens financier.De plus, les fans sont ainsi impliqués dans la communication de l’article : chacun pouvant s’identifier via twitter sur la partie de la vidéo qui lui appartient.

Le site n’a par ailleurs, pas tardé à séduire les autres pays : plus de deux tiers des utilisateurs viennent des États-Unis. Fin septembre 2014, le site annonçait le million de concerts hébergés. Elle vise désormais un développement en Corée du Sud et au Japon.