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L’installation d’Ubisoft au Canada : le tremplin d’un succès mondial

Licences qui ont fait le succès d'Ubisoft.

Depuis sa création, Ubisoft produit des licences dont le succès n’a rien à envier aux éditeurs américains et japonais.

La franchise Assassin’s Creed® s’est vendue à plus de 78 millions d’exemplaires dans le monde et est à ce titre le bestseller n°1 d’Ubisoft. Difficile de croire que l’éditeur de jeux vidéo français ait pu atteindre un tel succès quand on sait d’où l’entreprise a démarré, et pourtant…

Avant toute chose, Ubisoft est née en Bretagne et n’avait rien à voir avec l’édition de jeux vidéo comme on connaît la firme aujourd’hui. Aussi surprenant que cela puisse paraître, celle-ci était à l’origine une entreprise familiale dans le secteur de machines agricoles. C’est la fratrie Guillemot qui va amener l’affaire paternelle à se tourner, d’abord vers l’informatique, puis vers le secteur vidéo ludique. Ainsi, en 1984, l’aîné Michel Guillemot commence à introduire la vente de petits ordinateurs pour diversifier l’entreprise, avant de se rendre compte du potentiel du marché du jeu vidéo. En 1986, il lance l’activité d’import et de distribution de jeux vidéo en France, avant de confier les rênes d’Ubisoft à son frère Yves deux ans plus tard.

Pour les frères Guillemot, de la distribution à l’édition, il n’y a qu’un pas 

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Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft depuis 1988.

La nomination d’Yves Guillemot en tant que PDG de l’entreprise marque l’entrée d’Ubisoft dans le secteur de l’édition. En effet, non seulement la franchise s’occupe de la distribution de jeux, mais elle va aussi commencer à développer sa propre structure de création et ainsi entrer dans le monde de l’édition. Ubisoft sort alors en 1990 Zombi sur l’Atari ST, qui ne se vend qu’à 600 exemplaires en France –on est encore loin des 9 millions de Watch Dogs– mais qui n’empêche pas les frères Guillemot d’enchaîner la production de jeux vidéo. C’est le lancement de la licence Rayman® qui marque le tournant de la firme en 1995. Le jeu se retrouve classé dans les 10 premières ventes mondiales et booste les affaires d’Ubisoft qui vend alors chaque année de plus en plus de jeux. La société fait son entrée en bourse et s’exporte en Europe puis au États-Unis.

Un succès made in France… ou presque 

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Ubisoft représente la 2e force de production interne de jeux vidéo dans le monde avec 29 studios dans 19 pays.

Vous l’aurez compris, dès le milieu des années 90, l’éditeur français commence à entrevoir la route du succès, et s’étend de plus en plus à l’étranger. Aujourd’hui, l’entreprise compte d’ailleurs plus de 9 200 collaborateurs répartis dans 28 pays différents. Mais Ubisoft aurait-il atteint son statut de 4e éditeur indépendant aux États-Unis si l’éditeur ne s’était pas installé à Montréal ? Pas si sûr, car Ubisoft Montréal représente tout de même à lui seul 35% de la production de l’éditeur et a donné naissance à des licences à succès telles que Splinter Cell®, Prince of Persia® ou encore Assassin’s Creed®.

Une arrivée au Canada qui n’est pas passée inaperçue 

Locaux du studio de production Ubisoft Montréal.

Locaux du studio de production Ubisoft Montréal.

L’installation de l’éditeur français au Québec n’est pas un hasard, puisque c’est en grande partie grâce à l’intervention du lobbyiste québécois Sylvain Vaugeois qu’elle a pu se concrétiser. Il ne connaît rien à Ubisoft ni aux jeux vidéo mais sait – par son ami Bernard Landry, ministre des Finances – que le gouvernement du Québec cherche à moderniser son économie. Il décide alors, sans vraiment en faire part au gouvernement, d’aller voir Yves Guillemot et lui propose des subventions de 25 000$ par employé par an. En parallèle M. Vaugeois présente son projet de subvention d’emploi au gouvernement et annonce qu’il est en pourparlers avancés avec une entreprise française du multimédia qui envisage de s’implanter à Montréal. Après quelques discussions, l’éditeur de jeux doit renoncer aux subventions mais obtient des crédits d’impôt de 50% sur les salaires. Ubisoft et le gouvernement du Québec annoncent donc conjointement le 17 avril 1997, l’implantation d’un studio de développement de jeux vidéo à Montréal.

Or à l’époque, les entreprises québécoises se scandalisent de ne pas bénéficier du même traitement, le gouvernement généralise donc l’aide à l’ensemble de l’industrie du multimédia. Ubisoft, qui ambitionnait de créer 500 emplois en dix ans, emploie aujourd’hui environ 3 000 personnes dans tout le Québec, qui est quant à lui devenu le troisième pôle d’excellence mondial dans le jeu vidéo, derrière le Japon et la Californie.

Pour finir, on vous propose une petite visite du studio d’Ubisoft Montréal (vidéo de Game Informer) :

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L’adaptation d’œuvres littéraires en séries télévisées d’animation

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Le 8 octobre 2014 sortait sur grand écran le film français Lou ! Journal Infime, l’adaptation de la bande-dessinée Lou ! publiée aux Éditions Glénat depuis 2004.
Quel rapport avec les dessins animés et la télévision ? Tout simplement que ce film n’est pas la première adaptation de l’œuvre, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une adaptation en série télévisée d’animation, diffusée d’abord sur M6, puis sur Disney Channel France et plus récemment sur la chaîne 6Ter.

Affiche du film et couverture du premier tome de la BD de Lou !

Affiche du film et couverture du premier tome de la BD de Lou ! Montage de Irène Quaglia CC BY-NC

Mais l’adaptation de cette bande-dessinée en dessin animé est très loin d’être un cas unique.
On peut d’ailleurs catégoriser ces adaptations en fonctions de leur origine : Japon, USA et Europe. Dans une grande majorité les dessins animés télévisés sont adaptés de mangas, comics et bandes dessinées, et plus rarement de romans.

Le phénomène du pays du Soleil Levant

On peut dire que le phénomène vient du Japon, pays expert en adaptations puisque là-bas il est quasi systématique qu’un manga soit adapté en animé et vice-versa, ils sont même parfois produits simultanément.

En réalité, le 1er dessin animé adapté d’une œuvre littéraire diffusé à la télévision française est un manga japonais : Goldorak. C’est donc en 1978 que sur Antenne 2, les Français ont pu visionner le premier dessin animé adapté d’une version papier. Ont suivi Dragon Ball et Les Chevaliers du Zodiaque (adaptés des mangas éponymes) en 1988 dans l’émission culte Le Club Dorothée sur TF1.
Dans les exemples les plus récents, on peut citer les séries des Bleach, Naruto et One Piece, qui désormais passent le plus souvent sur des chaînes thématiques du type Game One ou D7 pour la TNT.

Mais le Japon est aussi connu dans le monde de l’animation télévisée pour ses adaptations de romans, notamment occidentaux, qui ont connu un fort succès chez nous. On pourra citer par exemple Tom Sawyer, adapté du héros de Mark Twain et diffusé en 1982 sur Antenne 2, Rémi sans famille, connu pour être le dessin animé le plus joyeux de tous les temps, diffusé la même année et adapté du roman Sans famille d’Hector Merlot. De même que Les Quatre Filles du Docteur March qui a fait l’objet de deux adaptations japonaise: la première en 1981 et la seconde en 1987.

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Les USA sous la domination des Super Héros

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Affiche de promotion pour l’arrivée de la série « Marvel Super-heroes » en 1966, première adaptation d’un comic en série animée à la télévision.

La situation aux États-Unis est assez semblable, puisque ce sont surtout les comics qui sont adaptés au petit écran. La première adaptation a vu le jour en 1966 et relate les aventures des héros de Marvel : Captain America,Thor, Hulk, Iron Man et Namar le Prince des Mers. La série intitulée The Marvel Super Heroes, tient plus de l’animation de planches de comics plus que de dessins animés comme on les connaît aujourd’hui, puisque les producteurs se sont contentés de reprendre les comics Marvel en impulsant de légers mouvements (de bouches, de bras) et en rajoutant des voix aux personnages.

Elle a eu un gros succès au USA mais n’a jamais été diffusée en France, chez qui les super-héros ont mis plusieurs décennies avant de percer le petit écran. En effet, ce n’est qu’en 1992 que le premier dessin animé de super héros est diffusé dans l’Hexagone : Batman. Les adaptations les plus récentes, diffusées en France, sont celles de Marvel’s Avenger Assemble (en 2013 sur la chaîne Disney XD) et les Tortues Ninja (en 2012 sur Nickelodéon, puis rediffusée sur France 4 en 2014). Rien que pour les Marvels, il y a eu au total (séries produites aux États-Unis) près de 14 adaptations en séries animées télévisées.

L’amour de l’Europe pour la bande dessinée

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Bandes dessinées européennes adaptées à la télévision. Montage de Irène Quaglia CC BY-NC

Chez nous ce sont également les bandes dessinées qui sont la meilleure source d’inspiration. Boule et Bill par exemple a connu sa première adaptation en 1975 et une nouvelle série est actuellement en production sous l’égide de France Télévision, Dargaud Média et Belvision (2014-2015). Lucky Luke débarque quant à lui à la télévision française en 1983. Cependant on peut remonter encore plus loin avec, en 1959, 9 films (de 13 minutes chacun), réalisés par les Studios TV Animation Dupuis mettant en scène les Schtroumpfs. On peut encore en citer beaucoup : Astérix et Obélix, Tintin, Garfield, Bécassine, le Marsupilami, Iznogoud, Titeuf, et bien d’autres.

Du côté des adaptations de romans on a pour les plus connus :

  • Le Petit Prince, visible en 2003 sur France 3.
  • Les Malheurs de Sophie, qui reprend la célèbre trilogie de la Comtesse de Ségur et diffusé 1997  sur France 3, Canal J, puis plus tard sur France 5 et TiJi.
  • Plus récemment, on peut compter l’adaptation de la saga Tara Duncan de l’auteur française Sophie Audouin-Mamikonian en 2010 et dont la suite est toujours en production, diffusée d’abord sur M6, puis sur Disney Channel.

On ne cite que quelques exemples parmi la ribambelle d’adaptations existantes mais cela donne déjà un aperçu de la quantité d’adaptations d’œuvres littéraires en animations à la télévision. En effet, selon le SPFA, ce sont 51% des dessins animés produits qui sont issus d’adaptations. Ce phénomène peut s’expliquer de par le fait que la bande dessinée est très semblable au cinéma, au théâtre et à la télévision. En effet, on note des similitudes au niveau de leur stratégie narrative, la construction des personnages, mais aussi le cadrage et la mise en scène. La bande dessinée s’impose ainsi par son univers narratif et visuel.
Il est également intéressant de noter que la télévision est le premier média à avoir adapté des albums de bande dessinée.

Rentrée 2014-2015 des dessins animés
(figurent ici seulement les animations issues d’adaptations)

 

tableau_rentree2014

 

Sources